Pologne - Analyse de substances toxiques dans la vapeur de cigarettes électroniques (06/03/2013)


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- Analyse de substances toxiques dans la vapeur de cigarettes électroniques

Après la conférence de la SRNT à Boston, Maciej Goniewicz et Neal Benowitz, les auteurs de ce travail, ont donnés quelques explications supplémentaires sur cette première étude à tester la vapeur de plusieurs e-cigarettes avec une machine à fumer développée spécialement pour l’e-cigarette.
Les auteurs ont préalablement établi une sorte de standard de la manière de vapoter après avoir analysé la topographie des inhalations de 10 vapoteurs expérimentés (au moins 1 mois d’utilisation). Basé sur les mesures effectuées chez ces 10 vapoteurs, le standard retenu correspond à une bouffée de 70 ml (2 fois celle de la cigarette conventionnelle), prise en 1,8 s toutes les 10 s, pour un total de 15 bouffées, censées représenter l’équivalent de la consommation d’une cigarette conventionnelle. Pour obtenir des données fiables, les auteurs ont réalisé 10 séries de 15 bouffées (à 5 min d’intervalle) avec chaque type d’e-cigarette (n = 12).
Les 12 types d’e-cigarettes ont été sélectionnés comme étant les plus utilisées en Pologne, pays où a eu lieu la recherche. Les données de ces 12 e-cigarettes ont aussi été comparées au cours de l’étude à celle provenant d’un inhaleur de nicotine (Nicorette®). Les substances toxiques ont été extraites de la vapeur en phase liquide (solvant) ou solide (adsorbant), puis analysées par méthodes spectroscopiques ou chromatographique, selon les cas. Les analyses se sont limitées aux 4 groupes de composés toxiques les plus fréquents dans la fumée de cigarette (composés carbonyles, composés organiques volatiles, nitrosamines spécifiques du tabac, et métaux lourds).
Parmi 15 composés carbonyles analysés, seulement 4 ont été trouvés dans presque toutes les e-cigarettes (formaldéhyde, acétaldéhyde, o-méthylbenzaldéhyde et acroléine), mais aussi, en plus faible quantité, dans l’inhaleur de nicotine (sauf l’acroléine). Ces composés ont des propriétés carcinogéniques ou irritantes.
Parmi 11 composés organiques volatiles, seulement 2 ont été retrouvés dans presque toutes les e-cigarettes, mais aucun dans la vapeur de l’inhaleur (toluène et m,p-xylène). Cependant, le m,p-xylène a aussi été retrouvé dans les mêmes proportions dans les échantillons témoins sans vapeur (contrôle d’éventuelles contaminations au cours de l’analyse).
Les deux nitrosamines recherchées (NNN et NNK) ont été retrouvées dans toutes les e-cigarettes, sauf 3, et aucune trace n’a été détectée dans la vapeur de l’inhaleur.
Enfin, parmi les 12 métaux lourds recherchés, 3 ont été retrouvés dans presque toutes les e-cigarettes, mais aussi dans la vapeur de l’inhaleur et dans les échantillons témoins à plus faible concentration (donc possibilité de contamination).
Il faut préciser que les valeurs du tableau ci-dessous pour la cigarette conventionnelle proviennent d’autres études (en comparaison) mais n’ont pas été mesurées dans celle-ci, et ne sont donc pas totalement comparables (topographie des bouffées différentes).
Pas de tableau !
Les auteurs concluent que la vapeur de e-cigarette peut contenir des substances potentiellement toxiques, mais que les niveaux relevés sont de 9 à 450 fois moindre (selon les substances, voir tableau ci-dessus) que dans la fumée de cigarettes, et pour certaines, dans les mêmes proportions que dans la vapeur de l’inhaleur de nicotine.
Ces résultats soutiennent l’hypothèse que la vapeur d’e-cigarette est moins toxique que celle de cigarette de tabac, et peut réduire de façon substantielle l’exposition à ces substances toxiques. Toutefois, ces substances n’ont pas été mesurées dans les liquides biologiques des utilisateurs, on ne peut donc pas conclure de leur biodisponibilité et de leurs concentrations plasmatiques, ni de leur élimination chez l’homme. D’autres études sont néanmoins nécessaires, car cette étude est limité par le petit nombre de e-cigarettes testées et la reproductibilité du régime d’inhalation utilisé (qui semble un peu exagéré selon les vapoteurs, une bouffée toute les 10 sec semble un peu rapide). Il se peut aussi que des facteurs comme la puissance de la résistance chauffante, ou la durée ou le volume des bouffées aient un impact sur ces mesures de substances toxiques (une étude de Tom Eissenberg allant dans ce sens a été aussi présentée sous forme de poster au congrès de la SRNT).

Goniewicz ML et al. Tob Control. 06/03/2013. [Epub ahead of print]
En anglais http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23467656


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