Pathologies tabagiques


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Ce site est destiné aux professionnels de santé. Dernier ajout le 25 février 2017.


SOMMAIRE


- Atteintes génétiques
- Pathologies andrologiques
- Pathologies cardio-vasculaires
- Pathologies dermatologiques
- Pathologies digestives
- Pathologies endocrino
- Pathologies gynéco-obsétriques
- Pathologies ORL et ophtalmo
- Pathologies psychiques
- Pathologies respiratoires
- Pathologies rhumatologiques
- Pathologies stomatologiques
- Pathologies urinaires

- USA - Fumer retarde de 6 semaines la guérison d’une fracture 05/04/2013
- USA - Consommation de fruits et légumes et arrêt du tabac 03/07/2012
- France - Le centre de la motivation localisé 22/02/2012
- USA - La nicotine dangereuse, même froide 9/02/2010
- France - Agitation en réanimation : quand le sevrage tabagique est en cause... 27/03/2009
- France - Les risques d’irradiation liés au tabac revus à la baisse 6/01/2009
- Suède - Le tabagisme est un facteur de risque de fractures vertébrales chez les hommes âgés 28/10/2008
- USA - Décroissance des risques à l’arrêt du tabac 7/05/2008
- USA - Quels sont les facteurs non génétiques associés à la longévité exceptionnelle ? 30/04/2008
- France - Conseil au futur opéré fumeur 2/03/2007
- France - Le tabagisme réduit l’espérance de vie 30/11/2006
- France - Tabagisme et opérations chirurgicales 18/09/2006
- Grande-Bretagne - Le tabac et la santé 18/08/2006
- Suède - Ragnar Rylander fraudeur scientifique 17/08/2006
- France - Tabac et chirurgie 18/07/2006
- USA - La nicotine nuit à la chimiothérapie 29/06/2006

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- France - Les risques d’irradiation liés au tabac revus à la baisse

Le Monde fait savoir que, lors d’une étude présentée devant l’Académie nationale de médecine, « une équipe de spécialistes français, dirigée par Jacques Simon et Anne Julian (service central de médecine nucléaire, CHU Toulouse-Purpan), apporte un éclairage nouveau, réévaluant à la baisse les estimations de "radioexposition" qui prévalaient jusque-là » chez les consommateurs de cigarettes.
Le quotidien rappelle que « la question est posée depuis mars 2006, lorsque les experts de l’Agence internationale de l’énergie atomique ont fait savoir que la "radioexposition" liée à la consommation de 20 cigarettes par jour représentait une dose moyenne annuelle de 53 millisieverts ».
Le Monde note qu’« une telle exposition aux radiations est loin d’être négligeable : elle équivaut à plus de 20 fois l’exposition naturelle moyenne annuelle en France (environ 2,4 mSv) et à 2,5 fois la limite individuelle annuelle que la réglementation admet pour les travailleurs du nucléaire (20 mSv/an) ».
« Elle correspondrait à un risque statistiquement significatif de cancers radio-induits », poursuit le journal.
Le quotidien revient cependant sur diverses études menées depuis, et à leurs « discordances », indiquant que « l’équipe française a procédé à l’analyse méthodique de l’ensemble des publications disponibles ».
« Après avoir exposé les différentes approches scientifiques permettant d’évaluer les niveaux d’exposition à ce type de radioactivité, les auteurs estiment que le tabagisme "délivre une dose efficace d’irradiation artificielle minime, de l’ordre de 0,4 mSv par an" », indique Le Monde.
Les auteurs écrivent ainsi : « L’estimation de l’AIEA de 53 mSv par an ne peut pas être retenue. Les données contradictoires sur l’irradiation artificielle liée au tabagisme sont dues à l’utilisation par l’IAEA d’un mode inhabituel et non conforme aux usages scientifiques en vigueur d’expression et de quantification de l’exposition de l’homme aux rayonnements ionisants ».

Revue de presse rédigée par Laurent Frichet - TSAVO PRESSE 6/01/2009

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- USA - La nicotine nuit à la chimiothérapie

PARIS MATCH affirme que « Le tabac nuit à la chimiothérapie » car selon une étude américaine, l’exposition à la nicotine joue un rôle majeur dans la résistance au traitement chez les patients restés tabagiques, en inhibant l’effet apoptique (mort cellulaire) induit par les molécules chimiques sur les cellules cancéreuses.
D’après l’hebdo, les patchs à la nicotine seraient également à éviter.

MILDT 29/06/2006

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- France - Tabac et chirurgie

Dans une brève, AVANTAGES indique que fumer avant et après une intervention chirurgicale multiplie par 6 le risque de complications telles que les infections post opératoires, les retards à la cicatrisation ou à la consolidation osseuse. D’après le magazine « à opération égale, les fumeurs passent en moyenne deux jours de plus à l’hôpital que les non fumeurs », c’est pourquoi il est recommandé d’arrêter de fumer environ 8 semaines avant une intervention et 3 semaines après.

MILDT 18/07/2006

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- Grande-Bretagne - Le tabac et la santé

L’AFP fait état d’une étude publiée dans la revue médicale « The Lancet » qui révèle que « fumer peut tripler le risque de crise cardiaque et que l’exposition au tabac sous toutes ses formes (cigarettes, pipes, cigares, beedies, chicha, tabac à mâcher, tabagisme passif) est mauvaise pour le cœur ». Les scientifiques affirment qu’il y a une « relation claire » entre le nombre de cigarettes fumées quotidiennement et le risque d’infarctus qui augmente de « 63 % pour les personnes fumant actuellement moins de dix cigarettes par jour, qui est multiplié par 2,6 pour celles consommant 10 à 19 cigarettes quotidiennes et par 4,6 pour 20 cigarettes et plus ». Ils précisent que le risque diminue après l’arrêt du tabac même si un « excès de risque résiduel (environ 22 %) subsiste vingt ans après l’arrêt de tabac » pour les gros fumeurs. Les auteurs de l’étude signalent également que le tabagisme passif augmente de 62 % le risque de crise cardiaque pour les personnes exposées à la fumée des autres plus de 21 heures par semaine. Et, le professeur Yusuf de plaider « en faveur de politiques de santé publique visant à éviter que les gens commencent à fumer ou à favoriser l’arrêt chez les fumeurs actuels qui aurait, selon lui, un large impact pour prévenir les crises cardiaques dans le monde ».

MILDT 18/08/2006

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- Suède - Ragnar Rylander fraudeur scientifique

Dans sa rubrique, « les plus belles arnaque scientifiques », MARIANNE explique « comment des théories fumeuses affirmant que le tabac est inoffensif ont enrichi un chercheur et fait bien des victimes ».
Le magazine rapporte que le suédois Ragnar Rylander, professeur associé de la faculté de médecine à Genève, a « produit des résultats tronqués » puisque « pendant trente ans, (...) il a été financé en douce par Philip Morris » pour « mener des recherches qui étayent les thèses des ‘cigarettiers’ en niant ou minimisant les effets néfastes du tabac ».
Indiquant qu’il a été reconnu coupable de « fraude scientifique sans précèdent, dans le domaine du tabagisme passif », le 15 décembre 2003 par la cour de justice de Genève, après trois ans de procédure, l’hebdo précise que ce procès « éclabousse non seulement sa réputation d’homme de science intègre mais, beaucoup plus grave, révèle des falsifications toxiques dans ses travaux à but lucratif ».
Et, MARIANNE de revenir sur la façon dont cette « intox » a été découverte et sur la manière dont fonctionnait la « collaboration » entre le docteur Rylander et Philip Morris.
Le magazine observe que « le professeur suédois travaillait comme un sabot et martelait à longueur de temps qu’il n’y avait rien à craindre », allant même jusqu’à assurer que « la fumée passive serait bonne pour la santé, et qu’inhalée à petites doses, elle immuniserait les poumons contre le cancer ».

MILDT 17/08/2006

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- France - Tabagisme et opérations chirurgicales

L’AFP rapporte que selon le Pr Dautzenberg, président de l’Office français de prévention du tabagisme, fumer avant et après une opération chirurgicale multiplie par trois le risque de complications.
D’après l’AFP, ces complications peuvent concerner les cicatrices cutanées, les sutures sur les organes, et des retards dans les consolidations osseuses en cas de fractures. D’après le Pr Dautzenberg, il faut renoncer à la cigarette dans les six à huit semaines qui précèdent l’opération pour que le risque retombe à un niveau normal et l’abstinence doit être maintenue « au moins trois semaines après les opérations les plus courantes et jusqu’à trois mois quand les os doivent cicatriser ». Selon lui, l’abstinence garantit également deux fois moins de passages en unité de réanimation et un séjour plus court à l’hôpital. Indiquant que ces conclusions d’experts ont fait l’objet de brochures qui seront prochainement diffusées auprès des professionnels de santé et du grand public, l’agence souligne que selon une étude, seuls 20 % des patients ont déclaré avoir été interrogés sur leur tabagisme éventuel avant une opération, et qu’interrogés séparément 41 % des personnels de santé ont déclaré avoir posé la question aux patients. Pour le Pr Dautzenberg « c’est bien trop peu » et « il s’agit de mettre en place toute une logistique afin de dépister précocement les fumeurs en amont des opérations » afin de « soigner mieux et moins cher ».

MILDT 18/09/2006

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- France - Le tabagisme réduit l’espérance de vie*

Le tabagisme est la première cause évitable de décès. Il est actuellement responsable de un décès sur 10 dans le monde, ce qui correspond à 5 millions de décès chaque année. Si l´épidémie actuelle du tabagisme n´est pas bloquée, le tabagisme entraînera 10 millions de décès en 2020. La moitié des personnes qui fument aujourd´hui, environ 650 millions, seront tuées par leur tabagisme.
Le tabagisme est considéré aujourd´hui comme un trouble de santé chronique, évoluant par périodes d´abstinence et de rechute, et dont la cause profonde est le développement de la dépendance. La persistance de la dépendance mène, presque inévitablement, au développement des maladies liées au tabac.
La dépendance au tabac se développe, en général, à l´adolescence. Elle est la cause ultime des maladies liées au tabac qui apparaissent des dizaines d´années plus tard et qui, à leur tour, réduisent de plusieurs années l´espérance de vie. De plus, la fumée du tabac dans l´air ambiant est la cause des maladies dues au tabagisme passif, responsable par an de quelques milliers de décès prématurés de non-fumeurs et de l´utilisation supplémentaire de soins par des enfants et des adultes exposés.
Plusieurs organismes ont élaboré des recommandations à l´intention des praticiens pour favoriser la prise en charge des problèmes du tabagisme. Ces recommandations ont deux objectifs principaux : empêcher le développement de la dépendance chez les jeunes et aider les adultes à arrêter de fumer. Or, ces recommandations sont très difficiles à appliquer en raison des contraintes de temps et de la surcharge de travail des médecins, mais aussi de l´absence de formation pendant les études médicales et, plus tard, au cours des enseignements postuniversitaires 2, 3. Puisque le tabagisme est un trouble de santé très fréquent, les médecins généralistes rencontrent des fumeurs tous les jours. S´ils sont bien formés, ils peuvent aborder efficacement les problèmes individuels de leurs patients fumeurs. Leur rôle est donc primordial dans la réduction de la prévalence et de l´incidence du tabagisme.
La Revue du Praticien – Médecine Générale va publier une série d´articles dont l´ensemble permettra de répondre à une grande partie des questions que se posent les médecins généralistes. La publication de ces articles a comme objectif de compléter la formation des lecteurs, stimuler leur intérêt pour ce problème majeur de santé publique et promouvoir toute activité médicale en médecine générale qui peut contribuer à la réduction de la prévalence et de l´incidence du tabagisme en France.

*Ivan Berlin, Président de la Société française de tabacologie Groupe hospitalier universitaire Pitié-Salpêtrière, 75013 Paris.

1. World Health Organisation. Why is tobacco a public health priority ? http://www.who.int/tobacco/en/ (relevé le 11 septembre 2006).
2. Brotons C, Björkelund C, et al. On behalf of the EUROPREV network. Prevention and health promotion in clinical practice : the views of general practitioners in Europe. Preventive Medicine 2005 ;40:595–601.
3. Twardella D, Brenner H. Lack of training as a central barrier to the promotion of smoking cessation : a survey among general practitioners in Germany. Eur J Public Health 2005 ;15:140-5.

Revue du praticien médecine générale du 21/11/2006
Article paru le 30/11/2006

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- Suède - Le tabagisme est un facteur de risque de fractures vertébrales chez les hommes âgés

Le tabagisme est considéré comme un facteur de risque d’ostéoporose et de fractures chez les femmes.
Dans une cohorte de 3 014 hommes âgés de 69 à 80 ans examinés dans 3 centres spécialisés suédois, 17 % avaient au moins une fracture vertébrale à la radiographie (24 % chez les fumeurs contre 14 % chez les sujets n’ayant jamais fumé).
Le tabagisme était inversement corrélé à la densité minérale osseuse à la hanche, au col fémoral, au trochanter et au rachis lombaire.
Au cours des 3 ans de suivi sont survenues 209 fractures radiologiques : le risque relatif de fracture incidente chez les fumeurs par rapport aux non-fumeurs était particulièrement élevé au niveau des vertèbres et des hanches (HR= 2,72 et 3,27 respectivement).

Jutberger H et coll. : Smoking is an Independent Predictor of Low Bone Mineral Density, Prevalent Vertebral Fractures and Incident Fractures in Elderly Men. Mr OS Sweden. 30th Annual Meeting, American Society for Bone and Mineral Research (Montréal, Canada) : 12-16 septembre 2008.
Dr Odile Biechler 28/10/2008

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- USA - Décroissance des risques à l’arrêt du tabac

Les caps des cinq et vingt ans de sevrage chez les femmes
Après vingt-deux ans de suivi de l’étude « Nurses’ Health Study », Stacey et coll. décrivent les relations entre le tabagisme et la mortalité après l’arrêt du tabac. Cinq ans après l’arrêt, on note une réduction des décès de toutes causes et liés aux maladies vasculaires, dont le risque rejoint celui des non-fumeuses après vingt ans. Le risque de cancer pulmonaire décroît après cinq ans, mais persiste à vingt ans.
Le risque de cancer ne disparaît jamais totalement après sevrage (S. Toubon/« LE QUOTIDIEN »)
L’étude observationnelle longitudinale « Nurses’ Health Study », menée entre 1980 et 2004, compte 104 519 participantes. Pendant ce laps de temps, il y a eu 12 483 décès, dont 4 485 (35,9 %) chez des femmes qui n’avaient jamais fumé, 3 602 (28,9 %) parmi les fumeuses et 4 396 (35,2 %) parmi celles qui avaient cessé de fumer.
Les investigateurs indiquent une multiplication par 2,81 du risque de décès dans le groupe des fumeuses par rapport aux femmes qui n’ont jamais fumé. Ils trouvent une réduction de 13 % du risque de mortalité de toutes causes pendant les cinq premières années après l’arrêt du tabagisme, par comparaison aux femmes qui continuent à fumer. Au bout de vingt ans après l’arrêt, l’excès de risque s’est réduit, pour atteindre celui des femmes qui n’ont jamais fumé.
Déclin plus rapide du risque vasculaire. Certaines pathologies ont mis plus ou moins de temps pour retrouver le niveau de base du non-fumeur. Ainsi, un déclin plus rapide du risque de maladie vasculaire, comparativement aux autres causes, est observé pendant les cinq premières années après l’arrêt. Une comparaison des risques relatifs des abstinentes récentes (moins de cinq ans) et plus lointaines (vingt ans et plus) a été réalisée. Ainsi, « la majeure partie de la réduction de l’excès de risque par atteinte vasculaire est réalisée pendant les cinq premières années : 61 % du bénéfice pour la mortalité coronarienne et 42 % pour la mortalité cérébro-vasculaire ».
Pour les décès par maladie respiratoire, une réduction de 18 % du risque est atteinte entre cinq et dix ans après l’arrêt tabagique. Dans ce cas également, le risque revient au niveau de celles qui n’ont jamais fumé après vingt ans d’abstinence.
Dans le cas du cancer pulmonaire aussi, la réduction dans les cinq ans est significative, atteignant 21 %, comparativement au groupe des femmes qui continuent à fumer.
Toutefois, les auteurs soulignent que l’excès de risque de cancer pulmonaire ne disparaît pas totalement, même après 30 ans. « Les anciennes fumeuses entre vingt et trente ans après l’arrêt présentent une réduction de 87 % de la mortalité par cancer pulmonaire comparativement aux fumeuses. » Cette mortalité ne retourne pas au niveau de base.
Dans le cas des autres cancers associés au tabagisme (LMC, œsophage, vessie, col utérin, rein, larynx, oropharynx, pancréas, estomac et trachée), l’excès de risque s’approche davantage du niveau des non-fumeuses après vingt ans. Les données suggèrent aussi un accroissement du risque de cancer colorectal (RR de 1,63) et non de cancer de l’ovaire.
Globalement, les chercheurs indiquent que, dans cette cohorte, approximativement 64 % des décès parmi les fumeuses et 28 % des décès chez les anciennes fumeuses sont attribués au tabagisme.
Les auteurs se sont par ailleurs intéressés à l’âge auquel les personnes ont commencé à fumer. Ils notent qu’un âge plus précoce est associé à une augmentation de la mortalité, les chiffres indiquant une tendance et n’atteignant pas le seuil de significativité (13 % fument leur première cigarette à 11 ans et 22 % des élèves dans le secondaire sont des fumeurs habituels).
Ces derniers résultats sont en faveur « d’une mise en place et d’un renforcement des programmes de prévention du tabagisme à l’école, ainsi que d’une restriction de l’accès des plus jeunes à l’achat du tabac et des cigarettes ».

« JAMA », vol. 299, n° 17, pp. 2037-47 et en complément, pp. 2083-5.
Dr Béatrice Vuaille, Le Quotidien du Médecin, 7/05/2008

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- USA - Quels sont les facteurs non génétiques associés à la longévité exceptionnelle ?

La longévité est en grande partie déterminée par des programmes génétiques qui, pour l’instant, n’ont pas été décryptés. Les déterminants non génétiques, a priori modifiables, jouent certainement un rôle significatif. Les données épidémiologiques prospectives font actuellement défaut, a fortiori quand il s’agit d’une longévité, dite exceptionnelle, celle qui est l’apanage des sujets très âgés (> 90 ans), en nombre restreint pour l’instant, mais celui-ci est appelé à augmenter sérieusement dans les années à venir.
Une étude de cohorte prospective, en l’occurrence la Physicians’ Health Study (1981-2006), a inclus 2 357 sujets de sexe masculin (âge moyen de 72 ans). Un auto-questionnaire rempli à l’état basal, puis tous les ans, par la suite, a permis d’obtenir des informations sur divers facteurs environnementaux propres à influer sur la longévité, mais aussi sur les comorbidités.
La mortalité et la fréquence des maladies graves ont été appréciées à partir des observations médicales. Les capacités fonctionnelles chez le sujet très âgé ont été testées, 16 ans après l’inclusion dans l’étude, grâce à la version abrégée (36 items) d’un outil d’évaluation, en l’occurrence la SF36 Health Survey.
Au total, 970 participants (41 %) de la cohorte initiale ont survécu au moins jusqu’à l’âge de 90 ans. Certains facteurs ont été significativement associés à un risque élevé de décéder avant cet âge :
– 1) tabagisme (risque relatif [RR]=2,10) ;
– 2) diabète (RR=1,86) ;
– 3) obésité (RR= 1,44) ;
– 4) hypertension artérielle (RR=1,28).
En revanche, l’exercice régulier a été associé à une diminution de près de 30 % de ce risque (RR=0,72).
La probabilité de vivre 90 ans chez les sujets âgés de 70 ans a été estimée à 54 % en l’absence de tabagisme, de diabète, d’obésité, d’hypertension artérielle ou encore de sédentarité. Avec deux de ces facteurs de risque, elle a oscillé entre 22 % et 36 %, pour tomber à 4 % quand ces cinq facteurs étaient réunis.
Les nonagénaires se distinguent de ceux qui sont décédés avant l’âge de 90 ans par une meilleure hygiène de vie (moins d’un facteur de risque, 67 % versus 53 %) et une moindre fréquence de maladies chroniques, en règle de début plus tardif (3 à 5 années plus tard). Les performances physiques à l’âge de 90 ans ou plus se sont avérées supérieures (p<0,001), de même que le bien-être mental (p=0,03). La majorité de ces nonagénaires (plus de 68 %) jugeaient leur qualité de vie comme excellente ou très bonne (versus 45 %) tandis qu’un état de santé médiocre n’était rapporté que par 8 % d’entre eux (versus 22 %, p<0,001). La qualité des fonctions physiques tardives a été associée à la pratique d’exercices physiques réguliers, à la différence du tabagisme et du surpoids qui ont eu un effet inverse. Le tabagisme a également été associé à une altération des fonctions mentales.
Cette étude de cohorte prospective n’aboutit à aucune révélation fracassante. Ses résultats sont néanmoins importants, car ils suggèrent que la lutte contre certains facteurs de risque modifiables favorise probablement la longévité exceptionnelle. L’absence de tabagisme, le contrôle du poids et de la pression artérielle, mais aussi l’exercice physique régulier sont autant d’atouts qu’il faut avoir dans son jeu, d’autant que ces derniers semblent aussi garantir le maintien des performances physiques et mentales, tout autant que la qualité de vie chez les nonagénaires. Encore faut-il que ces mesures trouvent un écho génétique favorable.

Yates LB et coll. : Exceptional Longevity in Men. Modifiable Factors Associated With Survival and Function to Age 90 Years. Arch Intern Med. 2008 ; 168 : 284-290.
Dr Peter Stratford www.jim.fr 30/04/2008

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- France - Conseil au futur opéré fumeur

Le jeûne tabagique est un minimum
Le tabagisme est responsable d’une augmentation importante du risque opératoire. L’arrêt périopératoire est bénéfique, mais insuffisamment préconisé. En cas de chirurgie programmée, le minimum est de recommander un « jeûne tabagique », au même titre que le jeûne alimentaire.
Le pourcentage de fumeurs dans la population générale est fonction de l’âge et du sexe. Il était de 33 % chez les hommes et de 27 % chez les femmes en 2004. Environ 8 millions de personnes de plus de 15 ans sont anesthésiées chaque année. Le tabagisme chez ces patients n’est vraisemblablement pas différent de celui de la population générale. On peut alors estimer que près de 2 millions d’interventions chirurgicales concernent chaque année des fumeurs.
Un accroissement important du risque local et général. De nombreux travaux ont apporté la preuve que le tabagisme augmente le risque opératoire. Selon une étude prospective réalisée en chirurgie générale, comparativement aux non-fumeurs, le risque relatif de mortalité chez les fumeurs serait de 2,56. Le risque de complication générale est également augmenté : le risque d’être transféré en réanimation est doublé, le risque infectieux est multiplié par 2 à 3 et le risque d’accident coronaire est triplé. Enfin, les effets sur le site opératoire ont été qualifiés de désastreux. En effet, le tabagisme augmente le risque dans toutes les études. Cela s’explique par les effets du tabac sur la microcirculation. C’est par exemple le cas des complications de cicatrice, en particulier infectieuses, des thromboses vasculaires et du risque d’absence de consolidation osseuse, multiplié par 8. Dans trois études, l’ensemble des complications opératoires concerne respectivement 31, 48 et 39 % des opérés fumeurs, contre, respectivement, 5, 15 et 25 % des non-fumeurs. La fréquence des complications dépend, bien entendu, du type de chirurgie. Enfin, le risque est également augmenté chez les enfants dont les parents fument.
Les conclusions de la première conférence d’experts sur le tabagisme péri-opératoire, organisée conjointement par la Société française d’anesthésie et de réanimation, l’Association française de chirurgie et l’Office français de prévention du tabagisme (OFT), ont été rendues publiques en octobre 2005. Selon cette conférence, l’arrêt du tabac au moins six à huit semaines avant l’intervention et pendant la période postopératoire, jusqu’à la cicatrisation, s’accompagne d’une disparition de l’excès de risque lié au tabagisme. Les bénéfices d’un arrêt plus proche de l’intervention sont également réels mais moins bien documentés.
L’objectif de cette conférence était de modifier durablement les comportements des soignés, mais aussi ceux des soignants. Les acteurs de santé concernés par l’évocation d’un acte chirurgical programmé sont le médecin généraliste et le spécialiste, qui ont un rôle majeur. Le chirurgien et l’anesthésiste ont également une place capitale dans l’information et la prise en charge du tabagisme péri-opératoire, mais ils ne voient en règle générale le patient que peu de temps avant l’intervention.
Deux enquêtes sur la prise en charge du tabagisme péri-opératoire, sous forme de questionnaires, ont été réalisées afin de mieux évaluer la situation actuelle. La première enquête a été réalisée auprès de 475 soignants et l’autre auprès de 447 patients. Selon les résultats de ces questionnaires, deux faits saillants sont à observer. Le premier concerne la faible proportion de soignants qui déclarent demander « toujours » ou « souvent » aux patients s’ils fument avant une intervention programmée. Ils ne sont en effet que 36 % chez les anesthésistes, 23 % chez les médecins généralistes, 21 % parmi les chirurgiens, 15 % chez les médecins spécialistes et 6 % parmi les infirmières. Le second est la grande disparité des réponses fournies par les soignants et les patients. Pour ces derniers, en effet, la proportion de soignants qui posent la question est beaucoup plus faible.
Ces notions ne sont pas sans soulever des questions juridiques. En l’absence de données sur ce point dans la littérature, il semble indispensable de laisser une trace écrite de proposition structurée de sevrage dans le dossier médical et de signaler l’augmentation du risque de complications locales et générales liées au tabac.
« Ne pas manger, boire et fumer avant une intervention ». Le temps requis pour cette prise en charge du tabagisme péri-opératoire n’est pas nécessairement très important. Un modèle d’action possible est celui qui a été mis en œuvre aux États-Unis dans le cadre de la Smoking Cessation Initiative (SCI). La méthode dite des « 5 A » (Ask, Advise, Assess, Assist, Arrange) est préconisée par des équipes américaines et européennes depuis 1996. En quatre étapes, elle consiste à établir le statut du patient, à donner des informations, à évaluer la décision d’arrêt et à donner un matériel spécifique pour arrêter de fumer. En France, elle pourrait être transposée sous forme de conseil minimal. _ En cas de réponse positive à la question « fumez-vous ? », le soignant demande si le patient veut arrêter. Si c’est le cas, il propose alors un document approprié et souligne l’innocuité des substituts nicotiniques, comme cela a été démontré par J. J. Mahmarian et coll. en 1997 et comme les recommandations de l’Afssaps le soulignent. Le « jeûne tabagique » devrait en tout état de cause être recommandé selon les mêmes règles que le jeûne alimentaire : « ne pas manger, boire et fumer avant une intervention ».

Dr Gérard Bozet
D’après les communications de K. Abdenbi (Saint-Denis), C. Chouaid, B. Dautzenberg et D. Thomas (Paris)
Congrès-Hebdo du 02/03/2007
Transmis par le Dr Geneviève Sajus (F-93) 2/03/2007

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- France - Agitation en réanimation : quand le sevrage tabagique est en cause...

_Le sevrage tabagique brutal pourrait être facteur d’agitation et/ou de delirium chez les fumeurs intubés ventilés en réanimation. Selon les résultats d’une étude menée par des auteurs de Caen, 42 % des fumeurs (chez lesquels l’arrêt du tabagisme a été brutal et complet du fait de l’hospitalisation en réanimation) auraient eu au moins un épisode d’agitation et 28 % un delirium.
Les épisodes d’agitation chez les fumeurs ainsi sevrés apparaissent significativement plus fréquents que chez les non-fumeurs.
La fréquence des accidents liés à l’agitation ou au delirium, comme l’auto-extubation, l’arrachement de cathéters, était elle aussi plus grande chez les fumeurs que chez les non-fumeurs, et il en était de même pour le nombre de jours sous neuroleptiques, plus élevé, et pour la fréquence accrue de recours à la contention physique.
En revanche, dans cette étude, ni la mortalité, ni le taux d’infections nosocomiales, ne différaient significativement d’un groupe à l’autre.

Lucidarme O. et coll. : Évaluation prospective de l’impact clinique d’un sevrage nicotinique brutal en réanimation. 37e Congrès de la Société de réanimation de langue française (Paris) : 14-16 janvier 2009.

Dr Julie Perrot 27/03/2009

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- USA - La nicotine dangereuse, même froide

On connaissait les dangers du tabagisme, y compris passif, mais une nouvelle étude américaine du Département de l’environnement intérieur, à l’Environmental Technologies Berkeley Lab’s Division de l’énergie montre que la fumée de cigarette est mauvaise pour la santé même sous forme de résidu déposé sur les murs ou les meubles.
L’étude montre que la nicotine de la fumée s’accroche aux surfaces comme les murs, les planchers, les tapis, les tentures et les meubles longtemps après qu’une cigarette ait été éteinte et réagit avec un polluant commun de l’air intérieur l’acide nitreux et produit des nitrosamines cancérogènes dangereuses.
Et ceci pendant des jours, des semaines voire des mois selon Hugo Destaillats, chimiste.
Ces niveaux résiduels de nicotine peuvent s’accumuler au fil du temps après plusieurs cycles de fumage, et nous savons que grâce au processus de vieillissement de la fumée peut devenir plus toxique au fil du temps », dit Destaillats.
C’est la première étude visant à quantifier les réactions de la fumée avec de l’acide nitreux.
Dans leurs tests en laboratoire, les niveaux de nitrosamines nouvellement formées détecté sur la surface de cellulose étaient 10 fois plus élevés que celles initialement présente dans l’échantillon après une exposition de trois heures avec une concentration d’acide nitreux, de 60 parties par milliard en volume.
Les nitrosamines se forment rapidement : jusqu’à 0,4 % de conversion de la nicotine dans la première heure.
« Compte tenu de l’absorption rapide et de la persistance de niveaux élevés de nicotine sur les surfaces intérieures, y compris les vêtements et la peau humaine, nos résultats indiquent que la fumée représente un danger pour la santé méconnu par exposition cutanée, inhalation de poussières et d’ingestion » a déclaré Sleiman.
La fumée semble présenter le plus grand danger pour les nourrissons et les tout-petits.
Les conclusions de l’étude indiquent que l’ouverture d’une fenêtre ou en utilisant un ventilateur pour aérer la pièce pendant la combustion de cigarettes ne fait pas disparaître le danger de la fumée tertiaire.
"Fumer à l’extérieur est meilleur que fumer à l’intérieur mais les résidus de la nicotine colleront à la peau du fumeur et de son habillement », explique Lara Gundel, co-auteur. "Ces résidus suivent un fumeur à l’intérieur et se répandent partout. Le plus grand risque est pour les jeunes enfants. L’absorption cutanée de la nicotine par la peau d’un enfant est susceptible de se produire lors du retour du fumeur si l’acide nitreux est présent dans l’air"
Les appareils à gaz non ventilés sont la principale source d’acide nitreux intérieur. Comme la plupart des moteurs de véhicules émettent peu d’acide nitreux qui peuvent s’infiltrer dans les compartiments voyageurs, des tests ont également été réalisées sur les surfaces à l’intérieur du camion d’un gros fumeur, y compris la surface d’une boite à gants en acier inoxydable. Ces mesures ont également montré des niveaux substantiels de nitrosamines.
Dans les deux cas, l’un des principaux produits trouvé, était une nitrosamine qui n’existe pas dans la fumée du tabac fraîchement émise - la NNA. Le cancérigènes NNN et NNK ont également été formés dans cette réaction.
« Considérant que la fumée secondaire de cigarette sur cigarette contient au moins 100 nanogrammes équivalent nitrosamine total, nos résultats indiquent que plusieurs centaines de nanogrammes par mètre carré de nitrosamines peuvent se former sur les surfaces intérieures en présence d’acide nitreux, dit Sleiman.
La nicotine, la substance addictive dans la fumée de tabac, a jusqu’à présent été considéré comme non toxique au sens strict du terme », dit Kamlesh Asotra de l’Université de Californie du tabac-Related Disease Research Program, qui a financé cette étude". Ce que nous voyons dans cette étude est que les réactions de la nicotine résiduelle avec de l’acide nitreux aux interfaces de surface sont un risque potentiel de cancer, et ces résultats mai être que la pointe de l’iceberg ».
Les dangers du grand public et la fumée secondaire du tabac des autres ont été bien documentés comme une cause de cancer, les maladies cardio-vasculaires et accidents vasculaires cérébraux, la maladie pulmonaire et de malformations congénitales. Mais la menace posée par la fumée n’a pas été bien compris.
" Le troisième terme, la fumée tertiaire, a été inventé dans une étude parue dans l’édition de janvier 2009 de la revue "Pediatrics", dans lequel il a été signalé que seulement 65 % des non-fumeurs et 43 % des fumeurs interrogés sont d’accord avec l’affirmation : « respirer aujourd’hui l’air d’une pièce où des gens fumaient hier peut nuire à la santé des nourrissons et des enfants ».
James Pankow co-auteur souligne que les résultats de cette étude devraient soulever des inquiétudes quant à la sécurité présumé de cigarettes électronique, la « e-cigarettes ».

Annales de l’Académie américaine des Sciences (PNAS)
Berkeley, Californie 9/02/2010

La même étude est reprise en quelques mots par l’AFP (Ndlr).
Lorsque une cigarette est allumée, la nicotine est libérée sous forme de fumée qui se dépose sur les surfaces de la maison (murs, moquettes, rideaux, meubles), où elle peut rester des mois, rappelle cette étude publiée dans les Annales de l’Académie américaine des Sciences (PNAS).
"Notre étude montre que lorsque cette nicotine résiduelle réagit avec l’acide nitreux ambiant, elle forme des nitrosamines cancérigènes spécifiques au tabac", explique Hugo Destaillats, l’un des auteurs de l’étude. Or, ces nitrosamines "sont parmi les cancérigènes les plus actifs et puissants" liés au tabac, souligne-t-il.
L’exposition à ces nitrosamines passe le plus souvent par l’inhalation de poussière ou par le contact de la peau avec les moquettes et tapis ou avec les vêtements, ce qui rend les jeunes enfants particulièrement vulnérables.
Le fait d’ouvrir une fenêtre ou de ventiler une pièce pendant qu’une cigarette est allumée n’élimine pas le danger, pas plus que de fumer à l’extérieur.

AFP 09/02/2010

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- France - Le centre de la motivation localisé

En réalisant des tests sous IRM fonctionnelle chez des volontaires, l’équipe du Centre Inserm de recherche en neurosciences de la Pitié-Salpêtrière a trouvé que le striatum ventral et ses connexions au centre du cerveau font office de centre de la motivation.
Les efforts consacrés à une activité physique ou mentale sont dépendants de la motivation, cette dernière pouvant être soutenue par une récompense. Que se passe-t-il dans le cerveau lorsque des efforts physiques et mentaux sont mis en jeu pour atteindre un objectif ? Y a-t-il un centre de motivation unique ou cela correspond-il à des fonctions dispersées dans le cerveau ?
Pour répondre à ces questions, les chercheurs de la Pitié-Salpêtrière (Mathias Pessiglione et coll.) ont fait exécuter un certain nombre de tâches à 20 volontaires tout en réalisant une imagerie IRM fonctionnelle. Les tâches associent une action cognitive et une action motrice. Ainsi, les participants ont dû caractériser un chiffre parmi une série et actionner une poignée lorsqu’il était trouvé. Un gain s’associait aux bonnes réponses, mais il était plafonné à la première fausse réponse dans une série. Un récapitulatif des gains était projeté à la fin de chaque série pour motiver le participant.
C’est ainsi que les images IRMf montrent l’existence d’« un système motivationnel général », une région qui s’active lors des efforts mentaux (se concentrer sur ce qu’on fait) comme des efforts physiques (serrer la poignée) : le striatum ventral. Plus la somme en jeu est importante et donc plus la motivation est forte, plus cette structure est activée. Le striatum ventral se connecte au noyau caudé (la partie médiane du striatum) lorsque la tâche est difficile sur le plan cognitif. Et le striatum ventral se connecte au putamen (la partie latérale du striatum) lorsque la difficulté se situe sur le plan moteur. « Le striatum ventral pourrait commuter les connexions en fonction de la demande, c’est-à-dire amplifier l’activité neuronale dans le noyau caudé pour une opération cognitive et dans le putamen pour une action physique », explique Mathias Pessiglione.

Dr Béatrice Vu lequotidiendumedecin.fr 22/02/2012

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- USA - Consommation de fruits et légumes et arrêt du tabac

Une étude menée par des chercheurs de l’Université de Buffalo et publiée dans l’édition en ligne du 21 mai 2012 de la revue Nicotine and Tobacco Research, est la première à démontrer la relation entre la consommation de fruits et légumes et l’arrêt du tabac.
L’étude, portant sur 1 000 individus et sur 25 ans, apporte des éléments intéressants pour favoriser l’arrêt du tabac. Manger quotidiennement 5 fruits et légumes, au-delà de procurer une bonne hygiène de vie, aurait une forte influence sur la facilité à arrêter de fumer (3 fois plus de chance).
Les chercheurs ont ainsi constaté que :
- les fumeurs qui souhaitent arrêter sont 3 fois plus susceptibles de ne pas avoir fumé dans les 30 derniers jours lorsqu’ils ont consommé plus de fruits et légumes que ceux qui consomment la plus faible quantité de fruits et légumes. Ces résultats persistent même après ajustement avec d’autres facteurs comme l’âge, le sexe, la race / ethnicité, l’éducation, le revenu du ménage et l’état de santé.
- les fumeurs à plus forte consommation de fruits et légumes fument moins de cigarettes par jour, fument leur première cigarette de la journée plus tard et ont un score plus faible de dépendance à la nicotine, sur la base d’un test standard.
Les chercheurs avancent plusieurs explications :
- une dépendance moins importante à la nicotine chez les mangeurs de fruits et légumes ;
- un effet rassasiant d’une consommation élevée de fibres ;
- le fait que les fruits et légumes peuvent aggraver le mauvais goût des cigarettes.
À l’inverse, certains aliments favorisent l’addiction. Il en va ainsi des viandes, de l’alcool et des boissons caféinées.

D’après la Lettre bimensuelle DNF 03/07/2012

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- USA - Fumer retarde de 6 semaines la guérison d’une fracture

C’est un méfait peu connu du tabagisme sur l’organisme. Fumer n’encrasse pas seulement nos poumons, cela entrave également la résorption des fractures osseuses et augmente le risque de complications, selon l’étude de chercheurs américains de l’université de médecine de Pennsylvanie. Au point que la guérison d’un tibia cassé prend en moyenne six semaines de plus chez un fumeur que chez un non-fumeur, ont-ils révélé lors du congrès annuel de l’académie américaine de chirurgie orthopédique fin mars.
Les chercheurs ont analysé une vingtaine d’études concernant au total 6 480 patients, dont 1 457 fumeurs. Tous ont été soignés pour des fractures diverses (tibia, fémur, hanche, cheville, humérus, os longs des membres), à l’aide de différentes techniques (fixateur externe, fixateur interne du type vis, plaque vissée, clou) pouvant être combinées.
Il ressort de leur analyse que la guérison d’une fracture chez un non-fumeur prend en moyenne 24,1 semaines et six semaines de plus chez les tabagiques. Dans le cas plus spécifique du tibia, la différence s’accroît encore : 25,1 semaines pour les non-fumeurs, mais sept semaines de plus pour les fumeurs.
Le tabagisme s’accompagne aussi d’un nombre accru de complications. La fréquence des retards de consolidation de la fracture, étape indispensable au traitement du traumatisme, augmente de 15 % chez les fumeurs présentant l’os d’un membre brisé. De même, le risque d’infections superficielles ou profondes chez les fumeurs (7 %) est supérieur à celui constaté chez les non-fumeurs (2 à 4 %).

Une cicatrisation difficile
Lors d’un congrès consacré à ce sujet en 2010, la société française de chirurgie orthopédique et traumatologique (Sofcot) indiquait de son côté qu’en cas de fracture, un fumeur s’interdisant de fumer pendant 6 semaines présentait deux fois moins de complications que celui qui maintenait sa consommation.
Le tabagisme gêne la réparation de l’organisme via deux mécanismes, rappelle la Sofcot. « Fumer entraîne une absorption de monoxyde de carbone, qui empêche une oxygénation suffisante des tissus. Quant à la nicotine, elle diminue la production de collagène. Ce sont principalement ces deux agents, extrêmement nocifs pour la santé, qui entraînent une cicatrisation plus difficile et, surtout, qui favorisent l’infection des plaies chirurgicales et nuisent à la consolidation osseuse ».
« Cette étude nous donne la possibilité d’aider les patients à comprendre que le tabagisme ne concerne pas seulement la santé de leur cœur, commente de son côté le Dr Samir Mehta, chef du service d’orthopédie traumatologique à l’hôpital universitaire de Pennsylvanie et co-auteur de l’article. Le risque doit être pris en compte au moment de la blessure et quand on envisage une intervention chirurgicale ».
Selon les chercheurs, d’autres recherches sont nécessaires, notamment sur les effets de la nicotine dégagée par les e-cigarettes, qui connaissent un succès grandissant.

Pauline Fréour Le Figaro.fr 05/04/2013
http://sante.lefigaro.fr/actualite/2013/04/05/20180-fumer-allonge-6-semaines-guerison-dune-fracture

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