Tabagisme passif


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Ce site est destiné aux professionnels de santé. Dernier ajout le 20 avril 2012.


SOMMAIRE


- France - Nombre de décès annuel par tabagisme passif 10/02/2012
- France - Les effets sur la santé du tabagisme passif 31/05/2011
- France - Restauration de la fonction endothéliale après arrêt du tabagisme passif 19/02/2009
- Grande-Bretagne - Le tabagisme passif mauvais pour la mémoire 12/02/2009
- USA - La fumée passive nuit la fécondité féminine 15/12/2008
- France - Pollution des terrasses fumeurs 20/11/2008
- Suisse - Tabagisme passif : la pression sur le Parlement augmente 28/09/2008
- France - Justice et tabagisme passif à Nice 23/11/2006
- France - Qualité de l’air dangereuse dans les lieux publics enfumés 28/09/2006
- Monde - La qualité de l’air est dangereuse à cause du tabac 28/09/2006
- USA - Étude menée dans 24 pays sur la pollution liée au tabagisme 19/09/2006
- Chine - La vérité sur le tabagisme passif ? 17/07/2006
- France - Tabagisme passif : revirement de jurisprudence 04/2006
- Irlande - Air pur dans les pubs 16/03/2006
- UE - Le politiquement incorrect du tabagisme passif 27/02/2006
- Suisse - Rentabilité des cafés et des restaurants sans fumée 02/2006
- Suède - Tabagisme passif : les enfants inhalent aussi des métaux lourds ! 23/12/2005

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- Suède - Tabagisme passif : les enfants inhalent aussi des métaux lourds !

La fumée de tabac est un aérosol, mélange de gaz et de particules, qui contient plus de 4 000 produits chimiques.
La combustion d’une cigarette entraîne la formation de très nombreuses substances : goudrons, monoxyde de carbone, oxyde d’azote, acide cyanhydrique, ammoniaque et métaux lourds (cadmium, mercure, plomb, chrome).
Une équipe suédoise s’est interrogée sur l’exposition des enfants aux métaux lourds par l’intermédiaire de la fumée de tabac.
Elle a mené un travail sur 23 enfants asthmatiques âgés en moyenne de 8 ans.
L’exposition passive à la fumée de tabac a été mise en évidence par l’intermédiaire de la concentration urinaire en cotinine (un métabolite majeur de la nicotine) et de la concentration de nicotine dans la poussière de maison (fine et grossière) recueillie au domicile de l’enfant.
Les concentrations en cadmium et en plomb ont été mesurées dans les mêmes échantillons.
Une solide association a été retrouvée entre le tabagisme passif et la cotinine urinaire (rs = 0,62 ; p < 0,002) ainsi qu’avec la nicotine dans la poussière de maison (rs = 0,7 ; p < 0,001).
Une forte corrélation a été également mise en évidence entre les concentrations en plomb et en cadmium à la fois dans la poussière fine (rs = 0,86 ; p < 0,001) et dans la poussière grossière (rs = 0,57 ; p = 0,02).
Aucune association significative n’a pu être notée entre les concentrations en métaux et en nicotine dans la poussière de maison en dehors d’une faible relation entre plomb et nicotine dans la poussière fine (rs = 0,52 ; p = 0,06).
Les concentrations urinaires en cadmium se sont avérées bien corrélées avec celles en cotinine (rs = 0,50 ; p = 0,02).
L’association entre plomb et cotinine urinaires n’était par contre pas statistiquement significative (rs=0,41 ; p = 0,06).
Une inhalation directe des métaux lourds contenus dans la fumée est donc possible chez l’enfant. L’atteinte des petites voies aériennes chez les enfants asthmatiques pourrait également augmenter le dépôt pulmonaire.
Une pierre de plus au dossier déjà lourd du tabagisme passif…

Willers S et coll. : « Environmental tobacco smoke (ETS) exposure in children with asthma—relation between lead and cadmium, and cotinine concentrations in urine. » Respiratory Medicine 2005 : 99 (12) : 1521-1527.
Dr Geneviève Démonet. http://www.jim.fr 23/12/2005


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- Suisse - Rentabilité des cafés et des restaurants sans fumée

L’introduction légale de lieux de travail sans fumée fait baisser les coûts des cafés et des restaurants. Sans oublier que les clients non-fumeurs constituent un important potentiel de croissance, déclare l’Association suisse de prévention du tabagisme.
Les locaux enfumés pèsent sur le budget des cafés et des restaurants. Quand les lieux de travail à l’intérieur deviennent sans fumée, la baisse des coûts se répercute à plusieurs niveaux :
– Les frais de nettoyage et d’entretien diminuent largement ; les installations d’aération nécessitent un entretien moins fréquent.
– Les employés sont en meilleure santé et plus productifs, qu’il s’agisse de fumeurs arrêtant leur tabagisme ou de non-fumeurs qui ne sont plus soumis à la fumée passive.
– De même, la diminution du nombre d’employés victimes des maladies dues au tabac abaisse les coûts d’engagement de nouveaux travailleurs. Ces conclusions sont issues d’un rapport intitulé Smoke Free Europe makes Economical Sense (une Europe sans fumée est économiquement rentable) publié en 2005 à Bruxelles par les cinq principales organisations spécialisées dans le domaine des maladies respiratoires, cardiaques et cancéreuses.

Clients non-fumeurs : fort potentiel de croissance
Le besoin de cafés et de restaurants sans tabac croît parmi la population. Les locaux enfumés connaissent une baisse de fréquentation. En Suisse, 26 % de la population entre 14 et 65 ans évitent systématiquement ou souvent les cafés, restaurants ou bars enfumés, et 17 % les évitent occasionnellement, comme le montre l’enquête suisse sur la consommation de tabac (2004). Les clients non-fumeurs représentent un potentiel de croissance pour les cafés et restaurants, confirme l’Association suisse pour la prévention du tabagisme, puisque deux tiers de la population suisse sont non-fumeurs.
Des enquêtes menées à l’étranger confirment que les cafés et les restaurants sans fumée attirent une nouvelle clientèle. Les derniers chiffres en date proviennent de Nouvelle-Zélande, où les lieux de travail à l’intérieur sont devenus entièrement sans fumée en décembre 2004. Entre 2003 et 2005, la fréquentation des cafés par les non-fumeurs a augmenté de 12 %, celle des bars de 48 %. Parallèlement, les bars n’ont pas connu la baisse de fréquentation par les fumeurs qu’ils redoutaient.
Des études antérieures, réalisées au Canada, en Grande-Bretagne, aux États-Unis, en Australie, en Afrique du Sud, en Espagne et à Hong Kong, montrent également que les cafés et restaurants n’ont absolument pas vu leur chiffre d’affaires diminuer en devenant sans fumée. Ces études ont comparé le chiffre d’affaires de ces établissements sur plusieurs années sur la base des données officielles avant et après l’introduction de réglementations légales. A y regarder de plus près, il s’avère que c’est l’industrie du tabac qui est à l’origine des allégations concernant le recul du chiffre d’affaires des cafés et restaurants sans fumée. Les rapports qu’elle a financés dans ce domaine s’appuient le plus souvent sur les déclarations de quelques personnes.

Protection plus stricte contre la fumée passive : une nécessité
La fumée du tabac est la source principale de pollution atmosphérique dans les locaux fermés où fumer est autorisé. Or, la fumée passive entraîne des maladies et la mort. En subissant régulièrement la fumée d’autrui, on s’expose notamment à des problèmes respiratoires, au cancer du poumon et aux maladies cardio-vasculaires. En Suisse, les estimations indiquent que la fumée passive fait un millier de victimes par an. Voilà plusieurs décennies qu’on accumule, dans le monde entier, des expériences sur les répercussions nocives de la fumée passive sur la santé. L’installation de systèmes d’aération et de filtres à air, ainsi que la création de zones fumeurs ont montré leurs limites. La seule protection valable contre la fumée passive consiste à créer des locaux entièrement sans fumée.

Source : The Smoke Free Europe partnership. Smoke free Europe makes economic sense. A report on the economic aspects of Smoke free policies, 2005 www.smokefreeeurope.com
Ce communiqué peut être téléchargé directement sur le site www.at-suisse.ch

Informations : Verena El Fehri, directrice AT.


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- UE - Le politiquement incorrect du tabagisme passif

Le tabagisme passif diminue, montrant une plus large prise de conscience de ses effets néfastes. La proportion des victimes de la fumée des autres accuse une baisse de 40 %. Quant au nombre des fumeurs, il y en aurait 15 % de moins dans les pays développés.

Moins 40 % de victimes du tabagisme passif et moins 15 % de fumeurs
Il semblerait que la lutte contre le tabac, tant actif que passif, porte progressivement ses fruits, que les mesures législatives se révèlent efficaces et qu’il existe enfin un changement dans les mentalités. Ces résultats proviennent d’une enquête internationale menée dans 14 pays, dont 12 pays européens, l’Australie et les États-Unis. Près de 9 000 personnes ont été interrogées, une première fois au début des années 1990 puis dix ans plus tard.
Entre 1990 et 1994, 40,6 % de la population étudiée était touchée par le tabagisme passif, contre 24 % aujourd’hui. Si les lois prises dans différents pays y sont pour quelque chose, il existe aussi un changement très net dans les mentalités. Il est devenu politiquement incorrect d’enfumer son voisin. Les populations ont, semble-t-il, enfin pris conscience de la grande nocivité du tabagisme passif.
Le recul du tabagisme actif est également en baisse avec 33,9 % de fumeurs début 1990, contre 28,7 % dix ans plus tard, soit une diminution de 15 %.
On note que cette diminution est davantage marquée chez les plus de 30 ans, tandis que ce sont surtout les hommes qui fument moins : le recul est de 7,5 % chez ces derniers, contre 4,5 % chez les femmes. Ce phénomène pourrait s’expliquer par la crainte d’une prise de poids. En effet, on constate que les femmes en surpoids sont deux fois moins nombreuses à arrêter que les plus minces.

Inégalités sociales
Les différences en fonction des facteurs sociaux restent importantes. Ainsi, le fait de travailler avec des fumeurs diminue les chances d’arrêter de 55 %. De même, un lieu de travail fumeur les baisse de 30 %. Et enfin, les personnes ayant le niveau d’éducation le plus bas sont 30 % moins nombreux à avoir arrêté de fumer.
De telles données devraient contribuer à orienter davantage les campagnes de lutte contre le tabac vers les populations les plus à risque : les jeunes, les femmes et les sujets défavorisés.
Rappelons que se faire aider augmente considérablement les chances de réussite à l’arrêt…

Enquête European Community Health Survey (ECRHS), European Respiratory Journal, 2006, vol 27 (3).
Isabelle Eustache 27/02/2006


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- Irlande - Air pur dans les pubs

Le taux de pollution de l’air dans les pubs d’Irlande est neuf fois inférieur à celui des nombreux pubs irlandais qu’on trouve dans le monde entier. C’est le résultat d’une enquête internationale réalisée sur la base d’échantillons d’air prélevés dans 128 pubs irlandais de 15 pays différents. Depuis la fin mars 2004, il est interdit de fumer en Irlande dans tous les lieux de travail fermés, y compris les bars et les restaurants.
La comparaison entre les échantillons de 41 pubs situés dans des villes où les lieux de travail ont été déclarés légalement sans fumée et ceux de 87 pubs situés dans des villes qui ne connaissent pas de telles réglementations montre une nette différence statistique.
La charge moyenne en particules fines (PM 2,5) est de 23 dans les locaux sans fumée contre 340 microgrammes par mètre cube dans les locaux enfumés. La pollution est donc inférieure de 93 pour cent dans les pubs sans fumée.
Ces particules fines proviennent souvent, dans les locaux fermés, des cigarettes qui se consument. Une fois inhalées, elles parviennent jusqu’aux vésicules pulmonaires et peuvent engendrer des maladies des voies respiratoires.

Sources : at-suisse.ch et Harvard School of Public Health, How Smoke-free Laws Improve Air Quality : A Global Study of Irish Pubs

www.hsph.harvard.edu/irish_pubs 16/03/2006


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- France - Tabagisme passif : revirement de jurisprudence

Dans sa rubrique « Confidentiel » LE FIGARO MAGAZINE évoque un revirement de jurisprudence signalé par le rapport de l’IGAS et « passée inaperçu » mais qui est toutefois « lourd de conséquences » puisque le 29 juin dernier la Cour de cassation a donné raison à un barman non fumeur, frappé par un cancer typique du fumeur, qui souhaitait se retourner contre son employeur. Considérant que cette décision revient « à établir une responsabilité sans faute des chefs d’entreprise vis-à-vis de leurs salariés en matière de tabagisme passif », le magazine souligne qu’elle « ouvre la voie à d’innombrables actions judiciaires(…) sur le modèle de ce qui se profile pour l’amiante ».

LIBERATION de samedi évoque pour sa part le droit de retrait qu’a fait valoir une employée non fumeuse de France Télécom Nancy, malade à cause des fumées de cigarettes sur son lieu de travail.
Signalant qu’elle a passé cinq jours dans sa voiture au pied de l’immeuble, le journal précise que l’entreprise lui a donné le choix entre deux autres postes de travail dans des locaux non fumeurs.

D’après LE JOURNAL DU DIMANCHE, « la cabine pour fumeurs évoquée cette semaine(…) existe déjà dans 150 entreprises en France » et c’est une société suédoise qui est leader européen du marché.
Le journal qui explique que cette cabine peut contenir de deux à six fumeurs, qu’elle est « équipée d’un système révolutionnaire d’aspiration des particules de tabac et de nicotine » et que « le système d’aération restitue un air pur à 100% », affirme que les non fumeurs peuvent converser avec les fumeurs sans être indisposés. La responsable des aménagements de la société suédoise assure « nous avons renoué les liens entre les pros et les anti-tabac ».
L’hebdo qui précise que c’est l’argument de vente de Smoke Free System, souligne que « l’autre argument massue » est l’argent que cette installation fait économiser à l’employeur en évitant à ses salariés d’aller fumer dehors. Indiquant que 150 sociétés françaises ont passé commande (dont des ministères), le JDD estime que le marché est exponentiel.

FEMME ACTUELLE a partagé « la journée marathon d’une non fumeuse » qui débute dans le métro avec un voyageur qui allume une cigarette sur le quai « pile poil sous le panneau interdiction de fumer ».
La journaliste qui dit avoir envie de « hurler dans ses oreilles » le problème de son odorat sensible, des 3 000 morts du tabagisme passif et de l’amende qu’il encourt, ne veut pas être prise pour "une redresseuse de torts" et « subit sans broncher tout en jetant au fautif des coups d’œil menaçants ». Réunion au bureau qui commence très en retard parce que la chef de service était « au premier étage » « le trou à rat pompeusement appelé espace fumeurs ».
Et la journaliste de commenter « il est sympa notre patron car dans l’entreprise d’en face, les fumeurs sont jetés à la rue ». Suit un « déjeuner dans un restau non fumeur » avec Alex, ce qui n’a pas été facile car il a fallu convaincre Alex, mais aussi parce qu’il y a seulement 80 établissements ayant signé la charte « 100 % sans tabac » dans Paris.
Disant ne pas comprendre pourquoi les restaurateurs manifestent leur mécontentement face à une interdiction car cet établissement est toujours bondé, la journaliste voit soudain sa conversation avec Alex interrompue par le besoin qu’a celle-ci d’aller fumer une cigarette à l’extérieur. A 19 heures c’est « l’apéro chez Valentin ».
La journaliste qui attend une amie place de la République s’est déjà faite accoster deux fois par des passants demandant « t’as pas une clope, STP ? ». Elle « inspire » avant de monter chez Valentin où « l’asphyxie la guette », car dit-elle « mes amis sont à l’image de la population française 29,9 % de fumeurs » et pas de balcon « où renvoyer les impies » alors on laisse la fenêtre ouverte « et tout le monde se gèle ».
Puis « resto » où il n’est « pas question de scinder le groupe » et où l’on va dans l’espace fumeur, sachant que l’espace non fumeur est un îlot « coincé entre les toilettes et les cuisines incapable de (les) recevoir tous ». Elle déplore « mes camarades ont explosé la consommation moyenne des fumeurs (…) mes yeux sont rouges et au dessert je ne distingue plus trop qui est en face de moi ». Retour chez elle avec au programme : laver tous les vêtements et faire trois shampoings.


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- Chine - La vérité sur le tabagisme passif ?

Les dangers du tabagisme passif sont pour certains (les plus nombreux) devenus un véritable dogme, justifiant toutes les mesures d’interdiction du tabac dans les lieux publics, pour d’autres (plus isolés) les méfaits du tabagisme passif tels qu’ils ressortent de plusieurs méta-analyses relèveraient en fait essentiellement de biais méthodologiques et de facteurs de confusion mal pris en compte. Le débat est loin d’être serein puisque la publication en 2003 d’une étude épidémiologique californienne incluant plus de 118 000 adultes suivis pendant 39 ans ne retrouvant aucune corrélation entre tabagisme passif et mortalité coronarienne ou par cancer du poumon avait valu à ses auteurs une volée de bois vert (1). Il est vrai que ceux-ci étaient subventionnés par l’industrie du tabac !
Même si cette proximité financière jetait quelque suspicion sur leur conclusion, deux arguments d’Enstrom et coll. étaient particulièrement à prendre en compte. D’une part le fait que la preuve d’une nocivité significative du tabagisme passif repose essentiellement sur des méta-analyses et non sur les résultats d’études épidémiologiques individuelles. D’autre part (et surtout) la difficulté à expliquer de façon rationnelle une surmortalité évaluée à 30 % par certaines sociétés savantes chez les fumeurs passifs alors que selon des estimations généralement admises vivre avec un fumeur équivaut en moyenne à la consommation directe d’une cigarette par jour, quantité de tabac qui directement ne peut entraîner une telle surmortalité.
Pour éclairer le débat une nouvelle étude épidémiologique bien conduite était donc la bienvenue. Une équipe chinoise a donc remis le sujet sur le métier en surveillant de façon prospective 72 829 femmes de plus de 40 ans (se déclarant non fumeuses) habitant à Shanghai durant 5,7 ans en moyenne. Ces femmes ont été répartis en plusieurs groupes selon qu’elles étaient exposées ou non à domicile au tabagisme de leur mari, qu’elles étaient soumises à la fumée de tabac au travail ou épargnées, ou qu’elles avaient été élevées dans un environnement tabagique ou non. Le tabagisme passif féminin semble spécialement élevé en chine puisque 83,1 % de ces femmes se déclaraient exposées.
Les résultats mettent en évidence une relation significative entre tabagisme conjugal et mortalité globale (9,1 % de décès à 70 ans parmi les femmes exposées contre 7,8 % chez les femmes non exposées ; p=0,009 avec un risque relatif accru de 15 % [intervalle de confiance à 95 % entre + 1 et + 31 %]). Dans le détail, la mortalité à 70 ans par maladie cardiovasculaire est apparue accrue de 37 % (IC 95 entre 6 et 78 %) chez les épouses de fumeurs. Enfin une surmortalité par cancer du poumon (mais non par cancer en général) a été constatée chez les femmes exposées à la fumée de tabac au travail (+ 79 % avec un intervalle de confiance très large entre + 9 et 193 %). De plus, une relation dose-effet a pu être mise en évidence entre niveau de consommation conjugale et surmortalité par accidents vasculaires cérébraux et cancer du poumon chez les femmes de fumeurs.
Cependant il faut aussi signaler que plusieurs associations entre surmortalité et exposition au tabagisme passif se sont révélées non significatives dans ce travail : exposition au travail (en dehors du cancer du poumon) et exposition lors des premières années de la vie pour toutes les causes étudiées considérées globalement ou séparément. La cause est-elle entendue comme le pensent les auteurs et le tabagisme conjugal est-il assurément une cause directe de surmortalité de 15 % ?
En fait comme toujours dans ce domaine de multiples biais et facteurs de confusion restent possibles. Sans revenir sur le fait qu’être le conjoint d’un fumeur expose à un veuvage précoce, ce qui est en soi une cause de surmortalité d’après de nombreuses études, ou sur l’association possible entre habitudes alimentaires familiales délétères et tabagisme marital, on ne peut s’empêcher d’évoquer une sous-déclaration du tabagisme actif chez ces femmes chinoises d’âge mur. En effet lors du recrutement de cette cohorte, les auteurs n’ont éliminé de l’étude que 2 113 femmes (2,8 %) qui avaient affirmé avoir fumé à un moment quelconque de leur vie. Ce taux très faible de fumeuses déclarées comparé à celui de 83,1 % chez leurs maris est-il le reflet de la réalité ou celui d’une réticence culturelle à avouer son tabagisme ?
Quoi qu’il en soit, si le politiquement correct ne doit pas faire oublier le scientifiquement correct, la lutte contre la consommation de tabac est une priorité de santé publique qui ne peut avoir que des conséquences positives, même si elles sont difficiles à évaluer, en terme de complications liées au tabagisme passif.

1) Enstrom J et coll. : “Environmental tobacco smoke and tobacco related mortality in a prospective study of Californians, 1960-98.” Br Med J 2003 ; 326 : 1057-61.
2) Wen Wanqing et coll. : “Environmental tobacco smoke and mortality in Chinese women who have never smoked : prospective cohort study.” Br Med J 2006, publication avancée en ligne le 12 juillet 2006 (doi:10.1136/bmj.38834.522894.2F).

Dr Céline Dupin http://www.jim.fr 17/07/2006


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- USA - Étude menée dans 24 pays sur la pollution liée au tabagisme

L’AFP fait état d’une étude réalisée dans 24 pays et publiée à Washington, qui montre que les bars, restaurants ou moyens de transports fumeurs sont en moyenne neuf fois plus pollués que ceux qui sont non fumeurs.
D’après l’agence, la proportion de fines particules en suspension « PM 2,5 » susceptibles de pénétrer dans les alvéoles des poumons était en moyenne de 36 microgrammes par mètre cube dans les établissements non fumeurs et de 317 dans les établissements fumeurs.
Précisant que les taux de pollution varient beaucoup d’un pays à l’autre, l’agence note que l’écart entre les lieux non fumeurs et fumeurs reste partout le même, sachant que certains lieux fumeurs sont plus pollués que d’autres, ainsi les transports en commun ont une moyenne de 248, les restaurants de 261 et les bars de 494.
L’agence rapporte que selon les autorités sanitaires américaines, la santé est menacée quand l’exposition moyenne quotidienne sur une année est supérieure à 15 microgramme par m3 ou quand elle dépasse 65 microgrammes pendant plus de 24 heures.

MILDT 19/09/2006


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- Monde - La qualité de l’air est dangereuse à cause du tabac

L’AFP et 20 MINUTES font état de l’étude internationale qui montre qu’en France dans 42 % des lieux publics la qualité de l’air est « dangereuse » à cause du tabac, sachant qu’en la matière la France se situe au 6e plus mauvais rang derrière la Syrie et la Roumanie notamment.

L’AFP indique que cette étude, menée dans 24 pays par le Centre international de recherche sur le cancer de Lyon et le Roswell Park Institute, a mesuré le nombre de particules fines, (principalement issues de la cigarette) en suspension dans l’air de divers lieux publics.
Soulignant que le seuil de dangerosité a été fixé à 250 microgrammes par m3 d’air, l’agence observe que la France affiche une moyenne de 380 µg/m3, avec un taux de supérieur au seuil de dangerosité dans 42 % des 53 lieux testés, le taux maximal ayant été atteint dans une discothèque parisienne avec 2 397 µg/m3. A titre d’exemple, l’Irlande qui a banni la cigarette de tous ses lieux publics, atteint une moyenne de 29 µg/m3.
D’après l’agence, cette étude établit toutefois une différence entre les lieux publics où l’interdiction est respectée, ceux où elle est outrepassée et ceux où il n’y a pas de règles, ainsi dans les aéroports, hôpitaux et universités, la qualité de l’air est « bonne à modérée », dans les gares elle est « malsaine », et dans les bars et discothèques l’air est « dangereux ».
L’agence rapporte qu’au regard de ces résultats, Nicolas Villain du CNCT estime que « prendre la mesure (d’interdiction) par palier (...) serait incompréhensible puisque ce sont les lieux les plus pollués » et il observe de plus « qu’une interdiction partielle de fumer (...) n’est pas une bonne mesure de protection » puisque à l’étage non fumeur d’un restaurant la qualité de l’air s’est révélée « malsaine ».
« Le tabac asphyxie les lieux publics » titre 20 MINUTES qui rend compte des grandes lignes de l’étude, pour estimer que si la France est le 6e pays le plus pollué, ce ne sera « plus pour longtemps » puisque Xavier Bertrand vient d’annoncer qu’une décision définitive concernant l’interdiction de fumer dans les lieux publics à partir du 1er janvier 2007, sera prise à la mi -octobre.

MILDT 28/9/2006


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- France - Qualité de l’air dangereuse dans les lieux publics enfumés

D’après une étude internationale coordonnée par le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer à Lyon), menée dans 24 pays, « 42 % des lieux publics en France présentent une qualité de l’air « dangereuse » pour la santé », en raison du trop grand nombre de particules fines (principalement issues de la fumée de cigarettes) en suspension dans l’air.
« L’hexagone se situe au 6e plus mauvais rang - derrière la Syrie, la Roumanie, le Liban, la Belgique et Singapour », souligne Le Quotidien du Médecin. Les particules fines en suspension ont été mesurées « dans l’air de bars, restaurants, discothèques, mais aussi gares, aéroports, universités et hôpitaux ».
Leur taux était supérieur à la limite de dangerosité dans 42,1 % des 53 lieux testés. L’agence américaine de protection environnementale a fixé ce seuil à 250 µg/m3, et il était en France en moyenne de 380 µg/m3. Record dans une discothèque de Paris : 2 397 µg/m3 ! Bonne nouvelle, on observe tout de même une différence » « entre les lieux où l’interdiction de fumer est respectée (...) et ceux où il n’y a pas de règles ».

La Tribune, Libération, Les Échos, Le Quotidien du Médecin 28/09/2006


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- France - Justice et tabagisme passif à Nice

L’AFP indique que des salariés du Casino Ruhl à Nice, soutenus par les syndicats CFDT et Fo-cadres, ont demandé devant le tribunal d’instance, 50 000 euros de dommages et intérêts à la direction s’estimant victimes de tabagisme passif.
D’après l’agence, la plainte est étayée par plusieurs constats d’huissiers de 2005 qui mettent l’accent sur des « dysfonctionnements » dans l’établissement et notamment le fait que les signalétiques sur les zones fumeurs et non fumeurs n’étaient pas respectées.
L’agence qui relève que pour sa part la direction a fourni un constat d’huissier du 26 octobre dernier d’où il ressort que le casino respecte les dispositions légales et notamment la signalétique, l’aménagement de zones fumeurs et non fumeurs ainsi que le système de ventilation, précise que l’avocat du casino a toutefois reconnu de possibles entorses à la loi en 2005 en raison de travaux, alors que les salariés ont affirmé qu’une dizaine de salariés sont tombés malades des suite de ce tabagisme passif (dont un cancer de la gorge). (Délibéré au 30 janvier).

MILDT 23/11/2006


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- USA - La fumée passive nuit la fécondité féminine

Une femme qui, enfant ou adulte, a subi ou subit le tabagisme passif a plus de difficultés à être enceinte.
Un groupe de recherche de l’Université de Rochester aux États-Unis a interrogé 4 804 femmes n’ayant jamais fumé sur la grossesse et la fausse couche.
La fumée passive dans l’enfance diminue de 1,3 fois la capacité à attendre un enfant et multiplie de plus de 1,3 fois la durée d’attente pour être enceinte (jusqu’à plus d’une année).
La fumée passive dans l’enfance comme à l’âge adulte entraîne 1,4 fois plus de risques de fausse couche et 1,6 fois plus de risques de fausses couches multiples.
Plus une femme adulte a été exposée quotidiennement à la fumée passive, plus ses chances d’être enceinte diminuent et plus le risque de fausse couche augmente.

Source : Luke Joseph Peppone et al., Associations Between Adult and Childhood Secondhand Smoke Exposures with Fecundity and Fetal Loss Among Women who Visited a Cancer Hospital, in : Tobacco Control. Publié en ligne le 27/11/2008. doi:10.1136/tc.2008.027961
http://tobaccocontrol.bmj.com , 15/12/2008


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- France - Pollution des terrasses fumeurs

Selon l’association Droit des non-fumeurs (DNF), l’interdiction de fumer dans les lieux publics n’a pas les bénéfices escomptés dans les cafés et de restaurants qui ont aménagé des espaces réservés aux fumeurs.
De février à octobre 2008, la DNF a réalisé près de 600 mesures des taux de particules fines (inférieures à 2 microns) dans 250 lieux à Paris et en province.
L’étude révèle que l’air de ces salles est contaminé par la fumée venue des terrasses, la pollution pénétrant à l’intérieur des espaces par les portes, parfois ouvertes en permanence, ou encore par les bouches d’aération des systèmes d’extraction d’air.
Malgré le strict respect de l’interdiction de fumer à l’intérieur, les établissements avec terrasses fumeurs ont en moyenne un air trois fois plus pollué que ceux sans terrasse fumeur. Et les taux en particules relevés dans ces salles dépassent les seuils de recommandation fixés par l’OMS et l’Union européenne. Lorsque la terrasse est close et couverte, ils atteignent en moyenne 116 000 particules par cm³. Quand l’espace fumeur extérieur est couvert par un auvent ou des parasols, les taux s’élèvent à 63 500 PM 0,1/cm3.
A titre de comparaison, l’association a mesuré des valeurs de 23 000 PM 0,1/cm3 dans les rues de Paris, 56 000 dans des parkings souterrains et 142 200 sur le périphérique parisien aux heures de pointe.

France 5, Le magazine de la santé, diffusé le 20/11/2008
www.jim.fr 21/11/2008
http://www.univadis.fr/medical_and_more/fr_FR_
CQVosPatients_Detail ?sparam=lve,,2008-11-21


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- Suisse - Tabagisme passif : la pression sur le Parlement augmente

Zurich et Bâle sont venus s’ajouter ce dimanche à la désormais longue liste des cantons qui bannissent la fumée dans les cafés et les restaurants. Les milieux anti-tabac appellent les Chambres fédérales à suivre le mouvement.
Les Zurichois et les Bâlois ont accepté deux initiatives similaires de la Ligue pulmonaire, qui exigent que le tabac soit prohibé dans tous les lieux publics. Les cafés, bars et autres restaurants pourront toutefois installer des fumoirs self-service. Zurich a accepté le texte par 56,6% des suffrages. A Bâle-Ville, le soutien a été encore moins fort. Seuls 52,8% des votants se sont prononcés en faveur de l’initiative populaire.
Les citoyens de Nidwald ont accepté eux d’interdire la fumée dans tous les lieux publics sauf dans les cafés et les restaurants. Ils ont adopté par 52,1 % des voix une nouvelle loi sur la santé qui force uniquement les cafetiers-restaurateurs à déclarer s’ils sont fumeurs ou non. Nidwald devient ainsi le premier canton dont la population refuse de restreindre la consommation de tabac dans les cafés et restaurants.
A ce jour, les citoyens de huit cantons (TI, SO, GR, AR, GE, UR, ZH, BS) se sont déjà prononcés pour des cafés, des restaurants et des bars sans fumée. Dans cinq autres cantons (BE, FR, VD, VS, SG), c’est le parlement qui a adopté une législation contre la fumée passive dans les lieux publics. Plusieurs associations appellent maintenant les Chambres à légiférer dans le même sens au niveau national.

Romandie News ATS, 28/09/2008
http://www.romandie.com/infos/ats/display2.asp?page=
20080928173818431172194810700_brf040.xml


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- France - Restauration de la fonction endothéliale après arrêt du tabagisme passif

L´arrêt de l´exposition au tabagisme passif améliore la fonction endothéliale, et ce relativement rapidement après la fin de l´exposition.
L´étude DILATER, conduite au CHU de Toulouse, vient élégamment de le confirmer. Cette étude cas-témoins a été conduite chez 46 volontaires sains non fumeurs, 23 étant soumis au tabagisme passif et 23 ne l´étant pas. L´origine du tabagisme passif était exclusivement professionnelle en milieu CHRDC (Cafés, Hôtels, Restaurants, Discothèques et Casinos). Les candidats ont passé des tests avant l´entrée en vigueur de l´extension du décret du 15 novembre 2006 sur l´interdiction de fumer dans les lieux clos et couverts à usage collectif puis trois mois après sa mise en application au 1er janvier 2008. Ils ont bénéficié d´un bilan cardiovasculaire comprenant entre autres une échographie des artères de l´avant bras durant et après gonflement d´un brassard pneumatique. Cette technique permet de calculer, à partir des diamètres artériels obtenus, le flow Mediated Dilatation (FMD), reflet de la fonction endothéliale.
Le FMD médian à la première mesure est de 5,8 % dans le groupe exposé versus 9,1 % chez les témoins. Le tabagisme passif multiplierait par 5 le risque de dysfonction endothéliale, après analyse multivariée (LDL, fibrinogène...). A la deuxième mesure, si le FMD médian reste similaire dans le groupe témoin, il augmente à 8,3% dans le groupe des exposés. En d´autres termes, l´arrêt du tabagisme passif s´accompagne d´une normalisation de la fonction endothéliale. Cette donnée est importante car on sait combien la dysfonction endothéliale intervient dans la survenue des IDM. Ce processus, avec l´activation plaquettaire et l´inflammation, conduit à la constitution d´un thrombus coronaire. Le bénéfice observé devrait se mesurer à terme par la réduction de l´incidence des IDM en France (résultats de l´étude Evincor attendus pour 2010).
En revanche, le versant biologique de cette étude, nommé AERER, n´a étonnamment pas montré de modifications majeures des paramètres de la coagulation après arrêt de l´exposition au tabagisme passif. Les investigateurs ont étudié des paramètres du risque thrombotique de la maladie coronaire du sujet jeune, l´agrégation plaquettaire dans des conditions variées (ADP, épinéphrine….), la constitution de complexes neutro ou leuco-plaquettaires et le degré d´expression de certains antigènes de surface. On ne retrouve pas de différence majeure entre les deux groupes, exposé ou non exposé. Il en est de même pour les D-dimères, les qualités du Facteur de Willebrand ou certains paramètres endothéliaux. Certains paramètres rhéologiques sont encore en cours d´analyse.

Session « Bénéfices de l´interdiction de fumer dans les lieux publics » B Dautzenberg (Paris), JP Cambou (Toulouse), JP Collet (Paris), D Thomas (Paris). 19es Journées européennes de la Société Française de Cardiologie, Paris 14-17 janvier 2009.

Dr Agnès Mallet www.sfcardio.fr 19/02/2009


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- Grande-Bretagne - Le tabagisme passif mauvais pour la mémoire

L’étude menée par le Dr David Llewellyn a mis en relation la quantité de nicotine présente dans l’organisme et les performances cognitives. L’exposition à la fumée de cigarette absorbée a été évaluée chez plus de 4 800 non-fumeurs de plus de 50 ans à partir de tests salivaires de cotinine et d’un questionnaire. Parallèlement, des tests neuropsychologiques ont été conduits afin d’évaluer certaines fonctions cérébrales : mémoire et fluidité verbales, capacité de calcul, orientation dans le temps...
Parmi les personnes interrogées, les 10 % présentant scores les plus bas ont été considérées comme ayant des problèmes cognitifs.
D’après leurs résultats, les auteurs ont conclu que le tabagisme passif était relié à une augmentation du risque de développer des problèmes cognitifs, incluant des démences. Les non fumeurs très exposés verraient même ce risque augmenter de 44 %.
Même si le lien reste à confirmer, les scientifiques estiment que les dégâts cardiovasculaires (risque d’accident vasculaire cérébral et risque d’infarctus...) occasionnés par la fumée pourraient être directement lié à l’augmentation du risque de démence.
Aucune étude scientifique n’avait encore établi sur cette base le rapport entre tabagisme passif et baisse des capacités intellectuelles.
Il est nécessaire d’approfondir ses résultats par des recherches, à l’échelle nationale, concernant les facteurs de déclin des fonctions cognitives.

Source : “Exposure to second-hand smoke and cognitive impairment in non-smokers : national cross sectional study with cotinine measurement”, D.J. Llewellyn, British Medical Journal, 12/02/2009

British Medical Journal 12/02/2009
Résumé en anglais : http://www.bmj.com/cgi/content/abstract/338/feb12_2/b462


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- France - Les effets sur la santé du tabagisme passif

Résumé
Les effets sur la santé du tabagisme passif ont été récemment mis en doute. Or, les données disponibles qui permettent de conclure à la réalité de ces effets sont considérables.
Les principaux effets sont, chez l’adulte, une augmentation d’environ 25 % des risques de cardiopathie ischémique et de cancer du poumon. Chez les enfants, l’exposition à la fumée de tabac augmente le risque de mort subite du nourrisson, d’infections respiratoires, d’otites et d’asthme.
Avant l’interdiction de fumer dans les lieux publics, le tabagisme passif était la cause de plusieurs centaines de décès chaque année en France. La récente législation réduisant l’exposition à la fumée de tabac est une bonne mesure si elle est respectée.

Catherine Hill (catherine.hill@igr.fr) BEH n° 20, 21 31/05/2011
Institut Gustave Roussy, Villejuif, France
http://www.invs.sante.fr/beh/2011/20_21/index.htm


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France - Nombre de décès annuel par tabagisme passif

Combien le tabagisme passif tue-t-il de personnes chaque année en France ? Le ministère de la santé semble éprouver quelques difficultés pour apporter une réponse claire à cette question, alors que la loi anti-tabac, entrée en application en 2007 puis en 2008 sur l’argument de ce qui était alors décrit comme un "problème de santé publique", montre des résultats mitigés.
En novembre 2006, au moment de défendre l’entrée en vigueur du décret interdisant de fumer sur le lieu de travail, puis dans tous les lieux publics, Xavier Bertrand, alors ministre de la santé, avait systématiquement expliqué que le tabagisme passif causait la mort de 6 000 personnes chaque année.
Ce chiffre faisait partie de tous ses argumentaires – ici, par exemple, dans un discours de novembre 2006 pour présenter le décret. L’interdiction de fumer dans les lieux publics devait permettre de réduire ce nombre. Pourtant, en se référant à la source à laquelle il avait tiré cette statistique, le gouvernement ne pouvait pas espérer sauver des volutes assassines plus de... 107 non-fumeurs.

Une étude contestable
Pour le comprendre, il faut revenir à l’étude européenne où le chiffre des 6 000 morts trouve son origine. Publiée en 2006, celle-ci s’intitule "Lifting the smokescreen", "Lever l’écran de fumée". Donnant des chiffres très précis, ses auteurs dénombrent 5 863 morts dues au tabagisme passif, en France, en 2002.
Les 5 863 morts avancées par cette étude sont une estimation statistique. En effet, pour attribuer un décès au tabagisme passif, il faudrait mener une enquête approfondie sur le mort afin de connaître tous les moments de sa vie où il a été exposé au tabac, et dans quelles proportions... C’est pourquoi les résultats, pourtant formulés à l’unité près, sont une estimation basée sur d’autres statistiques (nombre de fumeurs, temps d’exposition au domicile, au travail...)

De la distinction entre fumeurs et non-fumeurs
Mais de manière plus troublante, cette étude établit aussi une distinction, au sein même des victimes du tabagisme passif, entre... les fumeurs et les non-fumeurs. Les auteurs n’expliquent nulle part comment déterminer qu’un fumeur est mort de tabagisme passif plutôt que de son propre tabagisme actif, mais cela ne les empêche pas de livrer ce tableau concernant la France :

Voir tableau sur le site du Monde.fr
Nombre de décès de non-fumeurs attribuables au tabagisme passif en France en 2002
selon l’étude européenne "Lifting the Smokescreen".

En France, donc, le total des non-fumeurs tués par le tabagisme passif ne s’élèverait pas, comme on pouvait le croire, à 6 000, mais à 1 114. Et si l’on ne considère que les travailleurs non-fumeurs, le total serait de 107. Une lecture attentive de cette étude, dont la méthodologie a été plusieurs fois critiquée par les professeurs Robert Molimard, tabacologue, ou Philippe Even, pneumologue, aurait dû inciter le gouvernement à davantage de prudence quand il a construit son argumentaire autour de ces 6 000 victimes supposées.

De 6 000 à 5 000 morts
Aujourd’hui, sur son site consacré à l’arrêt du tabac, le ministère de la santé livre une autre estimation : 5 000 morts. Lorsqu’on l’interroge sur la provenance de ce chiffre, le ministère redirige vers la Fédération française de cardiologie. L’ancien président de celle-ci, le professeur Daniel Thomas, affirme que son organisme n’a jamais avancé un tel nombre.
Il l’a pourtant bien fait, le 3 octobre 2006, dans un communiqué de presse qui affirmait que "le tabagisme passif représente 5 000 décès par an en France (soit l’équivalent du nombre de décès par accidents de la route en 2005), dont 3 000 sont d’origine cardiovasculaire".
Aujourd’hui, le professeur Thomas se réfère à une étude de l’académie de médecine de 1997, à laquelle il a contribué, et qui était parvenue à la conclusion que le tabagisme passif causait de 2 500 à 3 000 victimes en France. Mais cette étude a également été critiquée par le professeur Molimard, qui lui a reproché d’être une extrapolation à partir de données américaines, alors que les maladies cardio-vasculaires sont plus courantes aux États-Unis.
"Personne n’est capable de donner un nombre précis", reconnaît aujourd’hui le professeur Thomas, qui estime qu’il vaut mieux, pour avoir "une idée la plus honnête possible des choses", s’en tenir à l’augmentation, constatée elle, du risque d’infarctus chez les non-fumeurs fréquentant un fumeur. Des dangers existent donc, même si le gouvernement, en mettant en avant des chiffres approximatifs, n’a pas contribué à préciser leur ampleur.

Franz Durupt lemonde.fr 10/02/2012
http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/02/10/le-tabagisme-passif-tue-t-il-vraiment-6-000-non-fumeurs-chaque-annee_1638269_3224.html

Espérons que cet éclaircissement mettra fin aux allégations des non-fumeurs et des non tabacologues ! (Ndlr)


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