Tabagisme féminin


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Ce site est destiné aux professionnels de santé. Dernier ajout le 13 novembre 2013.


SOMMAIRE


- Syrie - Impact du tabagisme passif ou actif comme facteur de risque pour l’asthme et la BPCO chez les femmes syriennes vues aux centres de soins primaires 27/10/2013
- USA - Le tabagisme de la grand-mère enceinte fait de l’asthme aux petits-enfants 10/03/2013
- France - De plus en plus de femmes meurent à cause du tabac 25/01/2013
- Suisse - Les femmes plus vulnérables aux carcinogènes du tabac dans le cancer du poumon 5/05/2009
- USA - Des règles plus douloureuses chez les fumeuses ! 30/03/2009
- USA - Des dangers du tabagisme au féminin 4/06/2008
- Suisse - Arrêtez la cigarette, elle fait « tomber » les seins ! 12/01/2008
- USA - Tabagisme plus élevé chez les jeunes femmes au régime 17/09/2007
- France - Mon enfant fume ! 3/09/2007
- USA - Sensibilité plus grande des seins féminins pendant la jeunesse 30/07/2007
- Suède - Fumeuses, fumeurs mêmes risques /05/2007
- France - Nuage de fumée sur la reproduction féminine 8/03/2007
- USA - Anneau vaginal et nestorone 27/02/2007
- France - Hormones féminines et système de récompense 20/02/2007
- France - Les conséquences multiples du tabagisme sur la fertilité 2/01/2007


- USA - Des dangers du tabagisme au féminin

Beaucoup de médecins redoutent les dangers pour la santé publique de l´extension du tabagisme féminin dans les pays développés. Les données de la cohorte de la Nurses´Health Study, qui a suivi 104 519 femmes de 1980 à 2004, semblent leur donner raison.
Qu´on en juge ! L´analyse des 12 483 décès constatés au cours des 24 ans de la période d´étude a montré que la mortalité globale était multipliée par plus de 2,8 chez les femmes fumeuses de cette série (28 % de l´effectif en 1980) en comparaison des 46 % de femmes non fumeuses. De plus, 64 % des décès et 69 % des décès vasculaires ont été considérés comme étant imputables au tabagisme parmi les fumeuses.
Le risque relatif de maladies vasculaires, de coronaropathies et de maladies cérébrovasculaires était augmenté par respectivement 3,3, 3,9 et 2,8 en analyse multivariée chez les fumeuses. Néanmoins, les accroissements de risque les plus importants ont été notés pour la BPCO (risque relatif de plus de 39 chez les fumeuses) et le cancer bronchique (risque relatif de plus de 21 chez les fumeuses).
L´impact du sevrage tabagique semble différer pour les maladies vasculaires et les maladies respiratoires. Pour les maladies coronaires et les affections cérébro-vasculaires, un effet favorable est rapidement observé après l´arrêt du tabac et, respectivement, 61 % et 42 % de la diminution du risque est constatée au cours des cinq premières années. En revanche, la baisse de risque n´était que de 18 % après 5 à 10 ans d´arrêt pour les maladies respiratoires et de 21 % à 5 ans pour le cancer bronchique. La relation entre le risque et le nombre de cigarettes consommées par jour est également moins nette pour les maladies vasculaires que pour les affections respiratoires, ce qui pourrait être dû, estiment les auteurs, au fait que les effets nocifs du tabac apparaissent plus rapidement dans le premier cas.

Dr Corinne Tutin www.egora.fr 4/06/2008
Kenfield SA et al. Smoking and smoking cessation in relation to mortality in women. Department of Epidemiology, Harvard School of Public Health, and Channing Laboratory, Department of Medicine, Brigham and Women’s Hospital, Boston, Massachusetts 02115, USA. skenfiel@hsph.harvard.edu

Résumé en anglais : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18460664?ordinalpos=1&itool=EntrezSystem2.PEntrez.Pubmed.
Pubmed_ResultsPanel.Pubmed_RVDocSum


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- USA - Tabagisme plus élevé chez les jeunes femmes au régime

Lorsqu’une jeune femme entame un régime, le risque qu’elle se mette à fumer régulièrement est 1,9 fois plus élevé, comme le montre une étude de l’université de Floride. Les jeunes femmes qui surveillent constamment leur poids sont aussi plus nombreuses à fumer. Des jeunes femmes qui ne font pas de régime ont été prises comme comparaison.
Un comportement inverse a pu être observé chez les jeunes hommes : le risque qu’un jeune homme devienne un fumeur régulier est 1,7 fois plus élevé s’il ne fait pas de régime.
Cette étude représentative auprès de 7 795 jeunes s’appuie sur une étude longitudinale nationale sur la santé des jeunes aux États-Unis entre 1996 et 1998.

Source : Mildred M. Maldonado-Molina et al., Prospective Association Between Dieting and Smoking Initiation Among Adolescents, in : American Journal of Health Promotion 2007 ; 22 : 25 www.healthpromotionjournal.com
http://www.at-suisse.ch 17/09/2007


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- Suisse - Arrêtez la cigarette, elle fait "tomber" les seins !
Comme en chaque début d’année, un grand nombre de fumeurs écrasent leur dernier mégot, en espérant ne jamais y retoucher. Vous en faites partie ? Bravo ! On le sait, la cigarette est un concentré de poisons, nocif pour celui qui fume et pour son entourage. Poumon, gorge, œsophage, vessie, etc. la liste des cancers qui frappent les fumeurs est longue et connue. Sans parler du risque d’accidents cardiovasculaires qui grimpe en flèche. Mais d’autres menaces guettent. Elles sont de plus en plus souvent décrites par les scientifiques.

Les seins qui tombent
Alors qu’ils se penchaient sur l’effet de l’allaitement sur l’affaissement de la poitrine des femmes, des chirurgiens anglais ont réalisé que donner le sein n’augmente pas en soi le risque de voir sa poitrine tomber. D’autres facteurs, par contre, jouent un rôle, tels que l’âge, le nombre de grossesses et... la cigarette ! Leur explication ? Le tabac provoque une altération des fibres de collagène et d’élastine, responsables de l’élasticité de la peau. Mais la cigarette, qui provoque une contraction des vaisseaux sanguins et une mauvaise oxygénation de la peau, a déjà été mise en cause dans l’accélération du vieillissement de l’épiderme, notamment du visage (ridules autour de la bouche et des yeux surtout chez les femmes).

Geneviève Comby - Le Matin Dimanche www.lematin.ch 12/01/2008


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- France - Mon enfant fume !

Dans sa chronique « SOS parents », LE PARISIEN de lundi conseille les parents dont l’enfant fume. Selon Christel Petitcollin, spécialiste de la communication familiale, « le plus simple et le plus sain, c’est de réagir, pas de commencer à espionner ou à traquer le briquet dans ses affaires ». Elle ajoute que si l’enfant nie fumer, « il faudra lui laisser le bénéfice du doute » mais « forcément s’il nie mal, ou avoue à moitié, une discussion s’impose ».
Le journal affirme que même si l’adolescent minimise sa dépendance, les parents doivent montrer leur désaccord car il en a besoin. Selon Christel Petitcollin, les parents peuvent également faire part à leur enfant de leur tristesse de le voir se faire « piéger bêtement ». Elle explique : « la notion de piège, ça leur parle. Les adolescents d’aujourd’hui se targuent de ne pas se faire manipuler, d’être écolos, de vouloir une planète plus juste et plus équitable. Un paquet par jour, à 5 euros le paquet, ça fait plus de 1 800 euros par an.... Et tout ça pour quoi ? Pour enrichir les cigarettiers ! ».

MILDT 3/09/2007


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- Suède - Fumeuses, fumeurs mêmes risques

Comme les hommes, les femmes qui fument beaucoup doublent, voire triplent leur risque de décès par rapport aux personnes qui n’ont jamais fumé.
Ainsi le montre une vaste étude réalisée à l’université de Lund en Suède portant sur un groupe de population suffisamment important pour calculer l’influence directe de la consommation de cigarettes sur la mortalité. Elle a été réalisée de 1974 à 1992 auprès de 8 499 femmes et de 13 888 hommes, en relevant les décès parmi eux jusqu’en 2005.
Les fumeuses consommant entre 10 et 19 grammes de tabac / jour augmentent en moyenne :
– leur mortalité de 2,4 fois ;
– leur risque de maladie cardiovasculaire de 4,5 fois.
Pour les ex-fumeuses :
– mortalité supérieure de 1,3 fois en moyenne ;
–risque de cancer (hormis le cancer du poumon) > de 1,4 fois ;
–risque de cancer du poumon > de 2,7 fois.
Aucune augmentation du taux de mortalité due aux maladies cardiovasculaires ou des voies respiratoires n’a été trouvée chez les ex-fumeuses.
La mortalité des femmes d’âge moyen qui fumaient beaucoup était de deux à trois fois supérieure.

Source : M. Ekberg-Aronsson et al., Mortality risks among heavy-smokers with special reference to women : a long-term follow-up of an urban population, in : European Journal of Epidemiology 2007 ; 22 : 301-309.
www.springerlink.com /05/2007

Résumé en anglais : http://www.ingentaconnect.com/content/klu/ejep/2007/
00000022/00000005/00009120 ;jsessionid=
6h0hjcv4tfgec.alice ?format=print


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- USA - Sensibilité plus grande des seins féminins pendant la jeunesse

La poitrine féminine réagit de manière particulièrement sensible aux substances toxiques de la fumée du tabac pendant la puberté et au début de l’âge adulte, selon un travail de recherche américain.
L’équipe de recherche du National Cancer Institute a voulu déterminer les liens entre le tabagisme et les risques de cancer du sein pendant les différentes périodes de vie. Elle a procédé à une évaluation de 906 cas de cancer du sein parmi un groupe national de 56 042 femmes.
Le risque augmente nettement entre les premières menstruations et le premier enfant. Le risque de cancer du sein augmente de 3 % par année pendant laquelle la femme a fumé un paquet de cigarettes par jour.
L’équipe de recherche n’a plus constaté d’augmentation du risque après le premier enfant. En effet, dans cette phase ultérieure de la vie, le tissu mammaire est entièrement formé.

Source : Mina Ha et al., Smoking Cigarettes before First Childbirth and Risk of Breast Cancer, in : American Journal of Epidemiology 2007 : 166 ; 62-70 http://aje.oxfordjournals.org 30/07/2007


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- France - Nuage de fumée sur la reproduction féminine

Chez les femmes, l’épidémie des maladies liées au tabagisme n’en est qu’à ses débuts, souligne le Dr Nathalie Wirth*. Elles sont exposées aux mêmes risques que les hommes concernant les cancers, les maladies pulmonaires et cardio-vasculaires, et à certains risques spécifiques, notamment dans le domaine de la reproduction.
Aux États-Unis, la mortalité par cancer pulmonaire dépasse la mortalité par cancer du sein (Phanie).
La prévalence forte du tabagisme chez les femmes a commencé quelques décennies après celle des hommes. Elles ont démarré après 1968. Il y a eu un forcing des industries du tabac en direction des femmes. On a proposé des produits spécifiques : fumée plus douce, cigarettes plus fines, emballages élégants… Les messages publicitaires ont fait associer des images de mode, de minceur, de sensualité. Mais les risques de dépendance et de morbidité des cigarettes fines ou légères sont identiques aux autres et les mentions « légère » ou « light » sont désormais interdites en Europe.
En France, la mortalité attribuable au tabac chez les femmes est encore modeste : « L’épidémie n’en est encore qu’à ses débuts chez les femmes, en raison du décalage qui existe entre l’entrée dans le tabagisme et l’apparition des maladies liées au tabac. » Les femmes sont-elles plus vulnérables que les hommes ? Elles sont exposées aux mêmes risques pour la santé que les hommes fumeurs (cancers pulmonaires, maladies respiratoires et cardio- vasculaires, cancers de la vessie…), ainsi qu’à des risques supplémentaires spécifiques.
En ce qui concerne le risque de cancer pulmonaire, on sait que le facteur durée est l’élément majeur : doubler la dose de tabac double l’excès de risque, mais doubler la durée multiplie l’excès de risque par environ vingt (1).
Le facteur de précocité est important aussi : plus le sujet commence tôt, plus le risque est augmenté.
Aux États-Unis, chez les femmes, la mortalité par cancer pulmonaire dépasse la mortalité par cancer du sein.
Pour le risque cardio-vasculaire, c’est la notion de dose-effet qui prévaut : plus les quantités sont importantes, plus le risque s’élève.

Pas de seuil d’innocuité
Il n’y a pas de seuil d’innocuité, contrairement à ce que l’on a longtemps présumé. Fumer un petit nombre de cigarettes fait courir un risque. Et il est maintenant prouvé que le tabagisme passif peut entraîner des problèmes cardio-vasculaires. En témoigne, par exemple, une étude dans le Montana, aux États-Unis (2), qui a montré que l’interdiction de fumer dans les lieux publics et sur les lieux de travail réduit significativement le nombre des admissions aux urgences à l’hôpital pour infarctus du myocarde. Cette réduction du risque cardio-vasculaire a été récemment confirmée en Italie, à la suite de la nouvelle législation : baisse de 11 % des admissions à l’hôpital pour infarctus (3).
En outre, les femmes ont aussi des risques spécifiques, qui touchent aux domaines gynéco- obstétricaux :
– le risque de cancer du col utérin s’accroît chez la fumeuse ;
– la contraception orale et le tabagisme font mauvais ménage : thromboses, AVC, phlébites, infarctus du myocarde et embolies pulmonaires sont augmentés ;
– moins connue est la survenue des ménopauses précoces en relation avec le tabagisme ;
– plus alarmants sont les troubles de la fertilité. Ils ont été étudiés dans le cadre des procréations médicalement assistées : la fécondité est réduite, les réserves d’ovocytes sont diminuées et le taux de fausses couches est plus important chez les femmes fumeuses. Le risque d’échec des PMA augmente. Mais il faut souligner que ces anomalies régressent rapidement après l’arrêt du tabagisme ;
– le risque des GEU est augmenté en relation avec le tabagisme, et de manière dose-dépendante : il est multiplié par un facteur de 1,5 à 2,5. Mais il existe déjà pour des consommations faibles de tabac (4) ;
– le risque de retard de croissance in utero augmente, tout comme celui d’accouchement prématuré.
« Beaucoup de femmes enceintes essaient de réduire leur consommation, mais elles ignorent que c’est insuffisant. Quand on diminue le nombre des cigarettes fumées, on tend à inhaler davantage pour retrouver la même dose de nicotine ».
Elles s’intoxiquent tout autant avec les autres composants du tabac, en particulier le monoxyde de carbone, qui traverse facilement la barrière placentaire et expose directement le fœtus à de nombreuses complications ;
– il est montré que le risque de mort subite du nourrisson augmente, dans un environnement imprégné de fumée (x 2), mais encore davantage si la mère a fumé pendant et après la grossesse (x 3) (4).
Il y a une tendance à la baisse du tabagisme dans la population générale en France depuis quelques années : elle a été constatée entre 2000 et 2003. Les hommes sont plus nombreux à fumer, mais les femmes tendent à les rattraper. Chez les plus de 18 ans, une enquête « Baromètre santé » (5) en 2005 donne un taux de 27,5 % de femmes fumeuses et de 35,5 % d’hommes.
Les soucis des professionnels de santé concernent les jeunes, avec, à 17 ans, des taux de tabagisme quotidien de 34 % chez les garçons et de 32 % chez les filles (6). Les filles sont aussi nombreuses que les garçons à fumer, et elles fument les mêmes quantités, ce qui n’était pas le cas dans les générations antérieures.
La prévalence tend ensuite à diminuer avec l’âge. Toutefois, elle reste très élevée chez les femmes en âge de procréer, avec 30 % de fumeuses chez les 18-44 ans.
Le taux est aussi élevé au cours de la grossesse : 21,8 % poursuivent leur consommation au troisième trimestre (enquête réalisée en 2003 [7], elles étaient 25 % en 1998).

(1) Hill C, Laplanche A. Tabagisme et mortalité : aspects épidémiologiques. « BEH », 2003, n° 22-23 : 98-100.
(2) Sargent RP et coll. Reduced Incidence of Admissions for Myocardial Infarction Associated with Public Smoking abn : Before and After Study. « BMJ », 2004 ; 328 : 977-980.
(3) Barone-Adesi F et coll. Short-term Effects of Italian Smoking Regulation on Rates of Hospital Admission for Acute Myocardial Infarction. « Eur Heart J », 2006 ; 27 : 2468-2472.
(4) British Medical Association. Smoking and Reproductive Life : the Impact of Smoking on Sexual, Reproductive and Child Health. 2004.
(5) Beck F et coll. Les niveaux d’usage des drogues en France en 2005, exploitation des données du « Baromètre santé » 2005, « Tendances », n° 48, 4 p., 2006.
(6) Beck F et coll. Les drogues à 17 ans. Évolutions, contextes d’usages et prises de risque. Résultats de l’enquête nationale ESCAPAD 2005, « Tendances », n° 49, 4 p., 2006.
(7) Blondel B et coll. Enquête nationale périnatale 2003 : situation en 2003 et évolution depuis 1998. 2005.

* D’après un entretien avec le Dr Nathalie Wirth
Unité de tabacologie du CHU de Nancy
Service de pneumologie, hôpital de Brabois.

Dr Béatrice Vuaille - Le Quotidien du Médecin Numéro Spécial du 08/03/2007


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- USA - Anneau vaginal et nestorone

L´augmentation du risque de thromboses veineuses (TV) au cours de l´utilisation de contraceptifs oraux (CO) est liée à l´exposition du foie aux stéroïdes qui modifient la synthèse des facteurs de coagulation. La dose d´éthinyl estradiol (EE) contenue dans les CO a été constamment réduite pour tenter d´éviter cette augmentation de risque ; une autre façon de diminuer cette exposition du foie au passage des stéroïdes consiste à modifier la voie d´administration, en choisissant par exemple une voie d´administration non orale. Dans cet objectif, le Population Council a développé un anneau vaginal contraceptif (AVC) délivrant un progestatif, la nestorone, associé à de l´EE.
Cet AVC est utilisé pendant 3 semaines, retiré pendant une semaine, il permet des cycles réguliers et évite la prise quotidienne d’une pilule, ce qui garantit l´observance. Il libère les hormones à des taux constants aboutissant à des taux plasmatiques faibles.
La nestorone est un dérivé 19-norprogestérone inactif par voie d´administration orale, et actif sous forme d´implants, d´AVC et de systèmes transdermiques. Il a la particularité de ne se fixer que sur le récepteur de la progestérone et ne se fixe ni sur le récepteur des androgènes ni sur le récepteur des estrogènes.
Comparée aux autres progestatifs disponibles pour la CO, la nestorone a une puissance progestative supérieure, évaluée par le test de MacPhail et par le test de l´inhibition de l´ovulation chez les rats. L´objectif de cette étude a été de comparer les effets sur les variables de l´hémostase et sur le taux plasmatique de la Sex hormone binding globuline (SHBG) de Stediril 30, CO de deuxième génération largement utilisé contenant 150 µg de levonorgestrel (LNG) et 30 µg d´EE avec l´AVC développé par le Population Council délivrant 150 µg de nestorone et 15 µg d´EE chez des femmes préménopausées en bonne santé. Il s´agit d´une étude ouverte randomisée parallèle réalisée dans un centre unique. Les femmes incluses avaient entre 18 et 34 ans et avaient eu au moins deux cycles réguliers sans traitement hormonal avant l´entrée dans l´étude.
Étaient exclues de l´étude les femmes ayant des antécédents personnels ou familiaux de TV et celles ayant une mutation du facteur de V de Leiden. Les femmes incluses dans l´étude étaient randomisées pour recevoir soit l´AVC soit le CO, chaque période de traitement durant 77 jours en tout. Pendant cette période, les femmes utilisaient l´AVC ou le CO pendant 3 périodes consécutives de 21 jours, séparées par deux périodes de 7 jours sans traitement. Quarante-huit femmes ont été incluses, et, compte tenu de 3 sorties d´essai, les résultats ont été analysés sur 45 femmes au total. 12 variables de l´hémostase ont été analysées.
AVC a entraîné des modifications de chacune de ces variables de façon comparable au CO, mais pour certaines de ces variables il y avait des différences de modification significatives entre les deux traitements.
AVC augmentait significativement plus que le CO le facteur VII (28 % à 49 %), la résistance à la protéine C activée extrinsèque (14 % à 65 %) et le taux de SHBG (117 % à 210 %).Il diminuait davantage la protéine S (-32 % à -16 %).

Conclusion
AVC malgré son administration non orale modifie les paramètres de l´hémostase et le taux plasmatique de SHBG : les modifications entraînées par l´AVC diffèrent de celles entraînées par les pilules de deuxième génération telles que Stediril.
Si on compare ces résultats avec ceux de la littérature, on constate que les effets observés de l´AVC sur les paramètres de l´hémostase sont les mêmes que ceux observés avec les CO de troisième génération, à la fois sur les paramètres d´hémostase et sur la synthèse de SHBG. Ces résultats ne permettent pas de conclure que l´incidence des TV sous cet AVC sera la même que sous une pilule de troisième génération, mais le suggèrent.

Rad M, Kluft C, Menard J, et al. Comparative effects of a contraceptive vaginal ring delivering a nonandrogenic progestin and continuous ethinyl estradiol and a combined oral contraceptive containing levonorgestrel on hemostasis variables. Am J Obstet Gynecol 2006 ;195:72-7.

En pratique
AVC délivrant 150 µg de nestorone et 15 µg d´EE entraîne donc des modifications hépatiques sur l´hémostase et la synthèse hépatique de SHBG comparables à celles d´un CO de troisième génération.
Les différents paramètres de l´hémostase étudiés semblent pouvoir être considérés comme des facteurs prédictifs du risque thrombotique veineux, bien que cela n´est pas encore été démontré, et d´autre part l´évaluation de cet AVC doit être envisagée sur un plus long terme.
Il est en revanche indispensable de considérer que les mêmes précautions de prescription et les mêmes contre-indications que celles des pilules CO doivent être respectées pour cet AVC. Son avantage repose donc essentiellement sur l´amélioration de l´observance qu´il offre par rapport aux autres moyens contraceptifs.

Par Claire Bricaire, service d’endocrinologie – médecine de la reproduction Hôpital La Pitié-Salpêtrière, Paris

Revue du praticien gynécologie obstétrique de février 2007
Article paru le 27/02/2007
A recommander à nos fumeuses ? Mais ce n’est pas remboursé en France ! (Ndlr)


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- France - Hormones féminines et système de récompense

Sous le titre « De l’influence des hormones sur le cerveau féminin » LIBERATION fait état d’une étude menée par des chercheurs français (CNRS) et américains (Institute of Mental Health) qui montre que le cycle menstruel a un effet sur les systèmes cérébraux impliqués dans le système dit de « traitement de récompense » et que les réseaux de récompense seraient plus actifs dans la première moitié du cycle que dans la seconde, ce qui selon « une traduction un peu brutale » signifie « que les femmes sont plus enclines à rechercher du plaisir avant l’ovulation ».
Notant que les chercheurs ont mesuré les activités cérébrales liées au jeux d’argent, expérience dans lesquelles les cobayes se voyaient projeter des images de machine à sous avec des indications sur les probabilités de gains, le quotidien rapporte que c’était durant la phase pré-ovulatoire, riche en œstrogène, que les femmes étaient le plus enclines à stimuler leur système de récompense, d’où le lien établi entre hormone et recherche de récompense.
Le journal qui relève que « ce n’est pas entièrement une surprise » car on savait que les rats prenaient plus de cocaïne après qu’on leur eut administré des œstrogènes, souligne que pour les drogues, le jeu ou le sexe, le système de récompense fonctionne de manière similaire.
D’après Libé « Cette étude (...) pourrait aider à comprendre les addictions féminines, et par ailleurs expliquer pourquoi les femmes sont moins vulnérables à la schizophrénie que les hommes. Deux phénomènes dans lesquels les hormones sexuelles pourraient jouer un rôle ».

MILDT 20/02/2007


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- France - Les conséquences multiples du tabagisme sur la fertilité

La consommation de tabac a été « expérimentée » par la quasi-totalité des jeunes. Ses conséquences sur la reproduction sont multiples, notamment diminution de la fertilité des femmes et du pouvoir fécondant chez les hommes.
Le tabac est, après l’alcool, l’un des psychotropes le plus consommés en France. Les toxiques comportementaux sont définis en fonction de leurs effets sur le cerveau. Il est classique d’en distinguer trois catégories : les stimulants, les hallucinogènes et les dépresseurs. Les psychotropes sont habituellement consommés pour lutter contre l’angoisse, améliorer ses performances, résoudre des difficultés comportementales ou tout simplement à titre récréatif. Une enquête sur la santé et les consommations lors de l’appel de préparation à la journée de défense a été mise en place par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies en 2000, avec la collaboration et le soutien logistique de la Direction centrale du service national. Cette enquête a considérablement contribué à améliorer les connaissances sur les consommations de substances psychoactives par les jeunes Français. La méthode employée consiste à interroger régulièrement, lors de leur journée d’appel de préparation à la défense, un échantillon représentatif des jeunes de 17 et 18 ans sur leurs usages d’alcool, de tabac, de médicaments psychotropes et de drogues illicites. Cette enquête constitue ainsi un baromètre de ces comportements. La version 2002-2003 de ce travail a porté sur 21 151 jeunes.

Le tabagisme commence très tôt
Selon ses résultats, alors que 28 % de la population générale consomme régulièrement du tabac, 93 % des jeunes de 17 à 18 ans ont déjà expérimenté ce produit, la proportion atteignant 78 % pour l’alcool, 53 % pour le cannabis, 26 % pour les médicaments psychotropes et de 1 à 3 % pour les drogues dites dures. Le tabagisme commence souvent très tôt dans la vie, vers 12-13 ans, et augmente jusqu’à 18 ans. Globalement, la consommation de tabac a diminué chez les femmes entre 1986, date à laquelle elles étaient 32 % à fumer, et 2002, où elles sont 25 %. Un arrêt pendant la grossesse est pratiqué par 63 % d’entre elles.
Les résultats des études sur les effets de la consommation du tabac sur la reproduction, en dehors de la grossesse, ne doivent être analysés qu’avec précaution. En effet, ils comportent des biais multiples. Ils concernent la quantification de l’intoxication tabagique, l’existence de facteurs potentialisant les effets du tabac, le caractère multifactoriel de l’infertilité et, enfin, la difficulté liée au nombre élevé de substances que contient la fumée.
Le tabagisme est associé à une diminution de la fertilité chez la femme. Cette diminution varie de 15 à 40 % suivant les études. Le délai de conception est augmenté de six à douze mois (1).

Une infertilité, des causes multiples
Ces risques seraient proportionnels à la consommation de tabac et réversibles à l’arrêt de l’intoxication. Pendant la grossesse, le risque de fausse couche serait augmenté en raison d’une altération de la fonction lutéale, selon certains auteurs. Enfin, la ménopause est plus précoce de deux ans en moyenne chez les fumeuses et la prévalence de la défaillance ovarienne prématurée est plus importante (1).
Les données issues de l’assistance médicale à la procréation évoquent une diminution du nombre des ovocytes, du taux d’implantation et du taux de grossesses en cas de consommation tabagique. Les ovocytes seraient altérés. Enfin, le tabac pourrait également avoir des conséquences sur les capacités de reproduction des enfants issus de mère fumeuse (1).
Chez les hommes, une diminution du pouvoir fécondant a été constatée. Les travaux portant sur ce point évoquent une tendance à l’oligospermie, une diminution de la vitalité des spermatozoïdes et une altération de leur morphologie (1).
Lorsque le père est fumeur avant la conception, les données de la littérature mettent en évidence une augmentation des anomalies de la morphologie des embryons, une augmentation du nombre de fausses couches et l’apparition de certains cancers, notamment les leucémies, les lymphomes et les tumeurs cérébrales chez les enfants jusqu’à 5 ans (1).

Bibliographie
De Mouzon J (Inserm U569, Le Kremlin-Bicêtre), Sépaniak S (centre d’assistance médicale à la procréation, maternité régionale et universitaire A.-Pinard, Nancy). Revue de la littérature, 37e Journée thématique de la Société française pour l’étude de la fertilité, 18 mai 2006.

Dr Gérard Bruneau, le Quotidien du médecin paru le 02/01/2007
Info transmise par Marie-Paule Herb (F-66)


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- USA - Des règles plus douloureuses chez les fumeuses !

Dites-le à votre fille : si elle fume, elle double son risque de souffrir d’un syndrome prémenstruel (symptômes survenant juste avant les règles). Et plus elle fumera à un âge précoce, pire ce sera !

Le syndrome prémenstruel : des symptômes physiques et psychiques
Le syndrome prémenstruel désigne un ensemble de symptômes se manifestant en dernière partie du cycle et soulagé par l’arrivée des règles. Les symptômes sont très divers, à la fois psychiques et physiques : poitrine gonflée, acné, douleurs abdominales, maux de tête, rétention d’eau, gain de poids, modification de l’appétit, dépression, irritabilité.
Près de 20 % des femmes en souffrent de façon plus ou moins intense. Chez 15 à 20 % d’entre elles, ce syndrome prémenstruel entraîne une gêne suffisamment importante pour retentir sur les activités quotidiennes et nécessiter un traitement.

Le tabac double le risque de syndrome prémenstruel
Les fumeuses sont-elles plus souvent touchées par le syndrome prémenstruel ? La réponse est affirmative comme démontré par cette étude ayant porté sur une population de plus de 100 000 infirmières américaines âgées de 25 à 42 ans (American Nurses’ Health Study).
Le tabagisme (présent ou passé) et la survenue d’un syndrome prémenstruel ont été renseignés grâce à des questionnaires.
On constate ainsi que les fumeuses souffrent deux fois plus d’un syndrome prémenstruel que les femmes n’ayant jamais fumé. Le risque est multiplié par un facteur 2,1. A noter que les anciennes fumeuses présentent, elles aussi, un risque accru : il est multiplié par 1,8 chez les femmes qui fumaient autrefois plus de 25 cigarettes par jour.

Le risque est d’autant plus grand que le tabagisme a été initié tôt !
Autre fait très important, le risque de survenue d’un syndrome prémenstruel est d’autant plus grand que le tabagisme a été précoce. Ainsi, les jeunes filles qui ont fumé avant l’âge de 15 ans voient leur risque multiplié par 2,5 par rapport aux non-fumeuses !

Bertone-Johnson E. et coll., Am. J. Epidemiol., 168 : 938-45, 2008.
Isabelle Eustache www.e-sante.fr 30/03/2009
http://www.e-sante.fr/fr/article.asp?idarticle=14648&IDR=107&IDF=8


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- Suisse - Les femmes plus vulnérables aux carcinogènes du tabac dans le cancer du poumon

Les femmes seraient plus vulnérables aux carcinogènes du tabac, selon de nouveaux résultats présentés à la Conférence multidisciplinaire sur l’oncologie thoracique (EMCTO) le dimanche 3/05/2009 à Lugano (Suisse).
Certaines études ont déjà montré une plus grande fragilité des femmes par rapport au tabagisme, d’autres non. Le Dr Martin Frueh de l’hôpital Saint-Gall (Suisse) et ses collègues ont revu les données concernant 683 patients traités dans leur centre pour un cancer du poumon entre janvier 2000 et décembre 2005, et ils ont comparé les hommes et les femmes sur l’âge, le tabagisme, l’histologie, le stade et le traitement.
Les patients étaient des hommes à 70 %. Les femmes étaient touchées plus jeunes avec un âge médian au diagnostic de 64 ans contre 67 ans pour les hommes. Parmi les patients de moins de 50 ans, 30 étaient des femmes (14 % de la cohorte) et 28 (6 %) des hommes.
Les hommes fumaient plus que les femmes (50 versus 30 paquet-années). Les hommes avaient plus souvent un carcinome épidermoïde (37 % vs 17 %), alors que les femmes avaient plus d’adénocarcinomes (50 % vs 28 %). Le taux de cancers à petites cellules était similaire (17 % vs 15 %).
La proportion de cancers de stade IV était élevée chez les hommes et chez les femmes (41 %). Les traitements étaient similaires. La médiane de la survie globale était de 10 mois.
"Nos résultats suggèrent que les femmes ont une susceptibilité accrue aux carcinogènes du tabac", concluent les médecins suisses dans un communiqué de l’EMCTO.
Ces données renforcent la prise de conscience actuelle sur les risques plus élevés des femmes vis-à-vis du tabagisme, commente le Dr Enriqueta Felip de l’Hôpital universitaire Val d’Hébron à Barcelone, co-président de la conférence.
Une autre étude présentée à la conférence montre que les femmes ont de meilleurs résultats que les hommes après la chirurgie. Le Dr Bassel Al-Alao de l’Hôpital St-James à Dublin et ses collègues ont étudié 640 patients opérés pour un cancer du poumon non à petites cellules (NAPC) sur une période de 10 ans dont 239 femmes (37,3 %). La cohorte comptait 38 % de fumeurs, 55,4 % d’anciens fumeurs et 6,6 de non fumeurs.
La médiane de la survie après la chirurgie était de 2,1 ans pour les hommes contre 4,7 ans pour les femmes.
L’étiologie épidermoïde était associée au tabagisme et au sexe masculin. L’analyse multivariée montre que le sexe féminin, un âge plus jeune, une tumeur plus petite et un stade histologique postopératoire plus bas étaient des facteurs indépendants de meilleure évolution.

D’après APM Santé - /sl/tn/ajr 5/05/2009
Transmis par Pascale Sommero OFT 12/05/2009

Encore des paquets année ! Certains sont vraiment indécrottables ! (Ndlr)


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- France - De plus en plus de femmes meurent à cause du tabac

Dans les années 1970, les femmes se sont mises à fumer comme les hommes ; elles commencent aujourd’hui à mourir autant qu’eux. Une étude publiée jeudi dans le New England Journal of Medicine montre que le risque de souffrir d’un cancer du poumon a dramatiquement augmenté dans la population féminine ces dernières décennies aux États-Unis.
Les chercheurs, qui ont étudié la mortalité entre 1959 et 2010 sur trois périodes distinctes, font désormais état d’une convergence entre les courbes des deux sexes. Alors que, dans les années 1960, les hommes avaient cinq fois plus de risque de mourir d’un cancer du poumon que les femmes, la probabilité est devenue identique pour les deux sexes depuis 2000. « Il faut du temps pour mesurer l’ampleur des dégâts, analyse Catherine Hill, épidémiologiste à l’Institut Gustave Roussy (Villejuif). Les femmes qui sont entrées en masse dans le tabagisme dans leur jeunesse voient leur risque augmenter quand elles vieillissent, c’est-à-dire des décennies plus tard. La mortalité attribuable au tabac chez les femmes va donc continuer à augmenter au moins jusqu’en 2020 ».

Dix ans d’espérance de vie
En France, le tabac est responsable de 73 000 décès, dont 59 000 chez les hommes et 14 000 chez les femmes. Comme aux États-Unis, cet écart a tendance à disparaître : la mortalité diminue chez les hommes dont la consommation a beaucoup baissé, mais elle augmente dans la population féminine, « chez qui le cancer du poumon va bientôt tuer plus que le cancer du sein », selon Catherine Hill.
Une autre étude également parue dans l’édition du 24 janvier confirme les dommages que le tabac fait peser sur la santé. La mortalité des fumeurs, quel que soit le sexe, est trois fois plus élevée que celle des non-fumeurs. En cause, l’augmentation des cancers du poumon, des maladies pulmonaires chroniques (comme la broncho-pneumopathie chronique obstructive), des crises cardiaques et des accidents vasculaires cérébraux.
Les personnes ayant fumé toute leur existence voient leur espérance de vie raccourcie de dix ans. « Mais il est toujours temps d’arrêter, car le risque dépend beaucoup plus de la durée que de la dose », selon l’épidémiologiste. A contrario, fumer des cigarettes dites « légères » ne diminue pas la mortalité.

D’après Delphine Chayet Le Figaro 25/01/2013
http://www.lefigaro.fr/sciences/2013/01/24/01008-20130124ARTFIG00642-tabac-la-mortalite-des-femmes-augmente.php?m_i=TeUTj%2B3t9d1DTTMRloYOgedXECvWX%2BYYleGe_Dpb6ASIYAJnu


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- USA - Le tabagisme de la grand-mère enceinte fait de l’asthme aux petits-enfants

Conclusion marquante de cette étude de l’Université de Californie (UCLA) qui associe les habitudes tabagiques de la grand-mère à l’asthme de ses petits-enfants. Une transmission multi-générationnelle qui suggère que les facteurs environnementaux d’aujourd’hui laisseraient leur marque épigénétique sur les générations à venir. Des résultats présentés dans l’édition de mars de la Review of Obstetrics & Gynecology.
Les chercheurs, le Pr John S. Torday et le Dr Virender K. Rehan ont mené leur étude sur des rats femelles enceintes qui, ayant reçu de la nicotine mettent au monde des petits asthmatiques qui eux-mêmes donneront naissance à des petits rats asthmatiques, malgré l’absence d’exposition à la nicotine. Ces résultats suggèrent la marque épigénétique laissée par la nicotine sur le génome, rendant la future progéniture plus sensible aux maladies respiratoires. Une autre étude menée auprès d’enfants du sud de la Californie avait déjà montré que le tabagisme de la grand-mère durant la grossesse augmente le risque d’asthme chez les petits-enfants indépendamment du tabagisme, ou non, de la mère.
La nicotine, un facteur épigénétique : les chercheurs concluent ainsi que les facteurs environnementaux vécus pendant la grossesse affectent non seulement l’enfant in utero, mais aussi les futures générations. Ils suggèrent que cette transmission multi-générationnelle pourrait expliquer pourquoi 98 % des maladies héréditaires humaines ne rentrent pas dans le cadre des règles de la génétique mendélienne. Car ici la cause de l’asthme de la deuxième génération résulte bien d’une modification épigénétique, la nicotine ayant impacté à la fois les cellules pulmonaires et les cellules sexuelles, entraîné un développement des poumons à partir de cellules se développant anormalement, entraînant finalement l’asthme.
Le tabagisme durant la grossesse, un impact sur plusieurs générations : le Dr Rehan, qui a mené de nombreuses études sur les effets de la nicotine note également que la prévalence de l’asthme augmente, tout comme celle du tabagisme chez les femmes… Ainsi, aux États-Unis, 12 % des femmes continueraient à fumer pendant leur grossesse. Éliminer le tabagisme pendant la grossesse permettrait déjà de réduire considérablement la prévalence de l’asthme non seulement chez la prochaine génération, mais plus que probablement chez les suivantes.
« L’asthme est la maladie chronique la plus fréquente de l’enfance, qui a un impact significatif sur la vie des enfants et font augmenter les frais médicaux pour tous », a déclaré M. Rehan.

Source : Review of Obstetrics & Gynecology March 2013, DOI 10.1586/eog.12.79 An epigenetic ‘smoking gun’ for reproductive inheritance

Santélog Actualité publiée le 10/03/2013
http://www.santelog.com/news/addictions/grossesse-et-tabac-la-cigarette-de-grand-mere-fait-l-asthme-de-ses-petits-enfants_10019_lirelasuite.htm#lirelasuite
Review of Obstetrics & Gynecology


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- Syrie - Impact du tabagisme passif ou actif comme facteur de risque pour l’asthme et la BPCO chez les femmes syriennes vues aux centres de soins primaires

L’Alliance Mondiale contre les Affections Respiratoires Chroniques OMS www .who.int/gard a lancé une enquête épidémiologique pour aider les pays en développement à tracer la fréquence et les facteurs de risque des maladies respiratoires chroniques au niveau des soins de santé primaire. L’objectif principal fut d’aider pour une politique de santé s’appuyant sur des preuves et ainsi aider à une meilleure prise en charge d ses maladies.
La Syrie a appliqué ce Survey en 22 centres de différents départements du pays en 2010.
Nous avons mis la lumière sur la situation particulière des femmes :
• 788 femmes ont répondu a un questionnaire sur les symptômes respiratoires chroniques suivi par un mesure de souffle (spirométrie) ;
• L’asthme est diagnostiqué chez 11 % de ces femmes et la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) chez 4,8 % ;
• La spirométrie montre un trouble ventilatoire obstructive chez 15 % (VEMS/CVF < 70 %) ; ce qui pourrait être attribué aussi bien à la BPCO qu’à l’asthme mal soigné et en conséquence non contrôlé ;
• Le résultat, si surprenant, était de voir l’exposition au tabagisme passif provenant de la fumé environnementale de cigarette ou de narguilé chez ces femmes, statistiquement liées à la BPCO et à l’obstruction spirométrique, tandis le tabagisme actif paradoxalement ne l’est pas.
Ceci pourrait être attribué aux coutumes sociales pour ses femmes orientales de ne pas fumer en société ou devant leur mari, ce qui fait qu’elles fument peu de cigarettes.
L’ensemble de ce travail est publié en anglais à :
http://www.dovepress.com/impact-of-active-and-passive-smoking-as-risk-factors-for-asthma-and-co-peer-reviewed-article-COPD


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