Vie quotidienne et tabac


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Ce site est destiné aux professionnels de santé. Dernier ajout le 25 février 2017.


SOMMAIRE



- Associations tabagiques
- Entreprise et tabac
- La Francophonie
- Politique et tabac
- Publicité et tabac
- Tourisme tabagique
- Société

France - Le tabagisme coûte 47 milliards d’euros par an à la collectivité 06/06/2013
France - Le tabagisme, le plus grand des dangers pour la santé 01/03/2013
France - Les fumeurs sont manipulés par les industriels... 10/05/2012
France - Et si on interdisait le tabac ? 02/02/2012
France - La grogne des non-fumeurs 27/01/2012
France - Dopage à la nicotine : du tabac mélangé à du verre pilé… 06/01/2012
France Île de la Réunion - Licence de vente de tabac : inquiétude et colère des petits commerçants 08/07/2011
France - Le prix des cigarettes devrait repartir à la hausse en 2010 20/07/2009
France - Réduction des particules fines dans l’air ambiant 23/03/2009
France - Faire de son habitation une zone non-fumeur 13/01/2009
France - Le tabac fait partie de la panoplie de l’exclu 6/01/2009
Gabon - Journée nationale sans tabac ni alcool 7/11/2008
France - Élaboration du prochain plan cancer 21/10/2008
France - Vers des images choc sur les paquets de cigarettes 19/10/2008
France - Cigarettiers et douaniers unis contre la contrebande 4/09/2008
France - Photos chocs sur les paquets de cigarette 27/08/2008
France - L’assurance-maladie bénéficiera de tous les droits tabac et alcoo 31/07/2008l
France - Pauvre et fumeur 1/12/2006
France - Les buralistes ont été gâtés 27/11/2006
France - Vente de tabac aux moins de 16 ans : loi peu appliquée 27/10/2006
France - Combien gagne un buraliste 23/10/2006
France - Un point sur les mesures concernant l’interdiction 9/10/2006
France - Représentations du fumeur 6/10/2006
France - Le chanteur Renaud et le tabac 2/10/2006
France - Remboursement des substituts nicotiniques : une idée qui persiste 5/09/2006
France - Les buralistes ferment les yeux sur l’âge des clients 6/07/2006
France - La majorité des buralistes vendent aux - de 16 ans 5/07/2006
France - Vente de tabac aux mineurs 14/06/2006

- Tabagisme passif
- Tourisme tabagique

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- France - Le tabac fait partie de la panoplie de l’exclu

Un an après l’interdiction du tabac dans les lieux de convivialité, qui ne s’est pas traduite par une baisse notable de la consommation, le tabacologue Robert Molimard revient sur le lien entre précarité et addiction au tabac.
Dans une revue scientifique, vous parlez d’un lien entre tabagisme et précarité…
Une étude suédoise de 2006 portant sur 31 164 personnes a relevé un tabagisme beaucoup plus intense chez les chômeurs. La cigarette fait partie de la panoplie du déclassé, de l’exclu. Elle trompe l’ennui, la solitude. Elle coupe la faim. Mais surtout, le tabac est un antistress puissant. Un des effets de la nicotine est de provoquer un phénomène de détente. Alors, quand un fumeur traverse une période de difficile, il va naturellement ressentir le besoin de fumer plus.
La précarité modifie-t-elle les comportements des fumeurs ?
Le tabac est une drogue qui coûte cher. Alors, quand vous êtes dans la misère, vous avez tendance à optimiser votre consommation de cigarettes. Mais on sait que cela entraîne des conduites encore plus dangereuses. Par exemple, fumer les cigarettes jusqu’à la limite du filtre ou réutiliser des mégots déjà fumés.
Comment agir sur ce tabagisme ?
C’est très difficile. La catégorie de population que l’on appelle « les précaires » est celle qui consulte le moins les médecins et, a fortiori, qui ne va pas chez les tabacologues. C’est la population la plus touchée et la moins protégée. Si on veut aider les fumeurs, il ne faut pas les traiter seulement comme des malades, mais aussi comme des êtres humains à la recherche de plaisir.
Certains préconisent une hausse du prix du tabac…
J’ai peur qu’en augmentant le prix du tabac, on ne fasse qu’accentuer l’exclusion d’une partie des plus défavorisés. Le prix ne freine pas systématiquement l’addiction. Au contraire, on risque de provoquer un phénomène de tabagisme retranché, en marge de la société, qui s’appuierait sur le tabac de contrebande ou sur les ventes frontalières.
Pourtant, la hausse du prix en 2004 a fait chuter les ventes de cigarettes…
Je pense que la hausse des prix peut avoir une influence sur les petits fumeurs. Mais pour beaucoup de fumeurs dépendants, cela n’a pas d’incidence. Certains vont préférer réduire leurs loisirs, leurs dépenses en alimentation. Il y a aussi une part de morale judéo-chrétienne dans ce type de mesure qui consisterait à dire que le fumeur doit payer pour son vice. Mais pour amener les grands fumeurs à abandonner la cigarette, il faut susciter en eux le désir d’arrêter. Et le désir ne naît pas de la culpabilité, ni de la peur…
Avec la crise, faut-il craindre une hausse de la consommation de cigarettes ?
Toute période de crise favorise les comportements addictifs. Pendant les guerres, l’alcoolisme et le tabagisme croissent. Je crains qu’avec la période difficile qui s’annonce, et la paupérisation, aussi paradoxal que cela puisse paraître, le nombre de gros fumeurs ne diminue pas.

Recueilli par Yann Saint-Sernin, Libération.fr, 6/01/2009
http://www.liberation.fr/societe/0101309678-le-tabac-fait-partie-de-la-panoplie-de-l-exclu

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- France - Vente de tabac aux mineurs

D’après l’AFP, la filiale française du fabricant de tabac BAT s’est dite favorable à l’interdiction des ventes du produit du tabac aux mineurs. Le communiqué du groupe indique « si la vente d’alcool est interdite aux mineurs, la vente de tabac est autorisée à partir de 16 ans. Cela ne semble pas logique (...) BAT n’est favorable qu’à une vente (...) aux personnes majeures ». Le groupe qui estime que « cette disposition nouvelle serait un renforcement hautement symbolique du plan cancer », rappelle que plusieurs pays dans le monde ont déjà adopté cette mesure, et précise qu’il fera à nouveau cette proposition aujourd’hui à la Mission parlementaire d’information sur l’interdiction du tabac dans les lieux publics.
Dans LE PARISIEN, une interview de Christina Dora, directrice de BAT France, qui dit que cette proposition va être faite par le groupe car « le tabac comporte de vrais risques pour les jeunes » et que son groupe « entend se comporter de manière responsable ».
Quand on lui demande si cette proposition n’est pas une manière de freiner la volonté du gouvernement d’interdire le tabac dans les lieux publics, elle répond « Non » et assure que la raison est liée aux « risques pour la santé » des jeunes, l’objectif étant de « limiter leur consommation ». Et Christina Dora de conclure « nous trouvons étonnant qu’on ne fasse pas plus pour la santé des jeunes en France ».

MILDT 14/06/2006

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- France - Les buralistes ferment les yeux sur l’âge des clients

A en croire LE FIGARO « Les buralistes ferment les yeux sur l’âge des clients » car selon un « testing » du Comité national contre le tabagisme, « plus de « 70 % des débitants de tabac acceptent de vendre des cigarettes aux moins de 16 ans ».
Le journal, qui indique que cette enquête est présentée aujourd’hui à la Mission d’information parlementaire sur l’interdiction de fumer dans les lieux publics, souligne qu’elle a été menée conjointement par le CNCT et la Ligue nationale contre le cancer, selon la méthode du testing utilisée pour épingler les pratiques discriminatoires.
Précisant que plusieurs dizaines de jeunes de 12 à 15 ans ont poussé les portes de 400 bureaux de tabac pour acheter des cigarettes, le quotidien relève que plus de 70 % des débitants ont accepté de leur vendre un paquet et que 42 % ont vendu des cigarettes à des enfants de 12 ans qu’ils ne connaissaient pas, sachant que dans 92 % des établissements le vendeur n’a pas cherché à connaître l’âge du jeune client. Le CNCT parle de « résultats accablants » et souhaite « une prise de conscience des pouvoirs publics ».
Le Figaro qui assure que le comité antitabac « espère aussi mettre en difficulté les buralistes qu’il accuse de bloquer depuis des mois, la nouvelle loi sur l’interdiction de fumer dans les lieux publics », observe toutefois que ses conclusions sont corroborées par des témoignages recueillis dans les cafés tabac parisiens. Florent, 15 ans, affirme « les buralistes ne me demandent pour ainsi dire jamais ma carte d’identité ». Chloé, même âge, pour qui il est facile de se procurer des cigarettes, car dit-elle « on me croit plus âgée », indique que ses copines paraissant plus jeunes s’en procurent aussi en allant les acheter « aux heures de pointe quand personne ne prend le temps de vérifier les dates de naissance ». Autre irrégularité pointée par l’enquête, le fait que 45 % des buralistes n’aient pas apposé l’affichette indiquant l’interdiction de vente aux moins de 16 ans ou l’aient mise de manière peu visible. Commentaire du quotidien « l’arrêté d’interdiction de vente aux moins de 16 ans ne joue donc pas le rôle qu’on attendait de lui ».
Évoquant une récente enquête de la Fédération française de cardiologie qui montre que plus d’un tiers des adolescents de 10 à 16 ans ont fumé au moins une fois et que 60 % des jeunes fumeurs réguliers se disent « accros », le journal juge cela « d’autant plus inquiétant » que selon la FFC « un adolescent sur deux cache son tabagisme à ses parents » et que c’est souvent sur leur pression qu’ils arrêtent de fumer.
En encadré le journal estime que la question « la plus épineuse » à laquelle devra répondre la Mission parlementaire sur l’interdiction de fumer dans les lieux publics, est celle de savoir s’il sera possible de continuer à fumer dans les bars tabac.
D’après le journal, la « très active » Confédération des débitants de tabac fait pression sur le gouvernement pour échapper à l’interdiction, sachant que Dominique de Villepin ne s’est pas prononcé sur ce point mais que Nicolas Sarkozy est favorable à cette dérogation.
Le quotidien relève toutefois que selon le CNCT, nombre de débitants seraient prêts à bannir la fumée pour protéger la santé de leurs salariés et qu’ils sont de plus en plus nombreux à séparer l’espace vente de cigarettes de l’espace café brasserie.

MILDT 6/07/2006

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- France - La majorité des buralistes vendent aux - de 16 ans

"Je m’inscris en faux contre les résultats et la méthode de cette opération de testing qui n’a rien à voir avec un sondage, encore moins avec une enquête sérieuse" proteste René Le Pape, président de la Confédération nationale des débitants de tabac, suite à la parution dans le Figaro de ce matin, d’un article suggérant que la grande majorité des buralistes vendent au moins de 16 ans. "Cela fait 3 ans qu’à la demande de la Confédération nationale des débitants de tabac l’interdiction de vente aux moins de 16 ans est appliquée par les buralistes ceci, alors que les décrets d’application ne sont parus que depuis 2 ans. Depuis nous n’avons été informés d’aucune plainte ni de problème majeur concernant l’application de cette mesure".
Comme l’indique l’article du Figaro, il apparaît que cette opération de testing est un moyen de pression par rapport à la mission parlementaire sur le projet d’interdiction de fumer dans les lieux publics qui se tient en ce moment même et devant laquelle la Confédération demande une dérogation pour les bars tabacs. "Je regrette que les travaux de la mission parlementaire qui devaient se dérouler dans la sérénité risquent d’être perturbés par ce genre d’opération médiatique. D’autant plus que cette même mission fait ressortir des défaillances importantes d’autres secteurs en ce qui concerne la lutte contre le tabagisme, à savoir : l’éducation nationale et même les professions hospitalières". Tout en rappelant sa volonté d’accompagner les pouvoirs publics dans leur politique de prévention contre le tabagisme, la Confédération s’insurge contre le climat de stigmatisation contre les fumeurs et contre les buralistes qu’essaient d’instaurer certains.

Communiqué de presse de la Confédération suite à l’article paru le 5 /07/2006 dans le Figaro intitulé :
"Les Buralistes ferment les yeux sur la vente aux mineurs".

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- France - Remboursement des substituts nicotiniques : une idée qui persiste

La lutte française contre le tabagisme, notamment ces cinq dernières années, a été jalonnée de fortes augmentations du prix du tabac, agrémentées de réflexions sans suite sur l’opportunité d’une interdiction de fumer dans les lieux publics, rapidement rattrapées par des craintes de voir s’essouffler les efforts mis en œuvre et assaisonnées de quelques effets d’annonce sur les bienfaits du remboursement par la Sécurité sociale des substituts nicotiniques.
On se souvient en effet comment en mai 2004, alors qu’il se sentait contraint (?!) d’annoncer un gel des augmentations du prix du tabac (pour 4 ans, hélas !), le gouvernement avait lancé l’idée d’un remboursement, sous certaines conditions, des substituts nicotiniques. Une étude avait même été lancée dans trois régions de France : en Alsace, en Basse Normandie et en Languedoc-Roussillon, les 170 000 bénéficiaires de la Couverture médicale universelle (CMU) ont pu recevoir gratuitement au cours des vingt quatre derniers mois différents produits d’aide au sevrage.
Cependant, en l’absence des résultats de ce projet, certains avaient sans doute songé que l’idée s’était envolée en fumée légère. Pourtant, le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, a rappelé, la semaine dernière, son attachement à cette mesure. Alors que la mission parlementaire sur l’interdiction du tabac dans les lieux publics l’entendra le 27 septembre prochain, le ministre vient d’annoncer qu’il interrogeait les différentes autorités responsables sur la possibilité de mettre en place le remboursement des substituts nicotines et traitements d’aide au sevrage. La mesure pourrait concerner tant les patches et les gommes à mâcher que les inhalateurs de comprimés à base de Nicotine ou encore le Zyban. Une estimation du coût d’une telle mesure a déjà été demandée par le ministère à l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (UNCAM). En fonction de celle-ci, ce sera à la commission de transparence de l’UNCAM de se prononcer sur le bien fondé d’un tel remboursement, tandis que le Comité économique des produits de santé (CEPS) et les différents laboratoires concernés s’entendront sur la fixation des prix. Lors de son audition du 27 septembre, le ministre devrait se contenter de présenter l’estimation de la CNAM, ainsi que les résultats du projet-pilote mené en Alsace, Basse Normandie et Languedoc-Roussillon. Pour le ministre, il pourrait s’agir d’une décision accompagnant l’interdiction de fumer dans les lieux publics. Le cabinet de Xavier Bertrand rappelle à ce titre que la France serait alors le seul pays à concilier ces deux aspects de la lutte contre le tabagisme.
L’Alliance contre le tabac s’est pour sa part prononcée en faveur du remboursement des « traitements pharmacologiques efficaces », mais pour le maintien d’un accès direct aux substituts nicotiniques aujourd’hui délivrés sans ordonnance. Si le président de l’Alliance, Gérard Dubois, estime difficile d’évaluer le coût de la mesure, le professeur Bertrand Dautzenberg considère pour sa part qu’il pourrait s’élever entre 60 et 70 millions d’euros, sur la base d’un remboursement à hauteur de 35 % de produits dont les prix auront baissé de 25 %.

A. H.http://www.jim.fr 05/09/2006 et
MILDT 5/09/2006

Et en cas de reprise du tabagisme, doit-on rembourser les cigarettes jusqu’à la prochaine tentative ? (Ndlr)

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- France - Le chanteur Renaud et le tabac

Le chanteur Renaud évoque sa consommation de tabac et d’alcool dans LE PARISIEN de lundi et dans FEMME ACTUELLE. Il confie au PARISIEN fumer « 60 cigarettes par jour » et avoir « arrêté dix fois avant de replonger ». Il dit « prendre sa bagnole à trois heures du matin pour trouver un paquet, je connais hélas ! Cela me fait peur. J’aimerais voir grandir mon fils ». Il reconnaît aussi que cigarette et alcool ont "altéré" sa voix.
Quand Femme Actuelle lui demande si il interprète la chanson « arrêter la clope » parce qu’il pense être un mauvais exemple pour les jeunes, Renaud répond « Peut -être. J’aimerais inspirer les mômes à écrire pas à fumer. C’est une sacrée saloperie que de donner son argent à des multinationales américaines et tout ça pour finir avec un cancer du poumon. J’admire les gens qui n’y ont jamais touché ».

MILDT 2/10/2006

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- France - Un point sur les mesures concernant l’interdiction

Dans LE PARISIEN DIMANCHE un encadré sur les contrôles où le quotidien indique qu’un second décret qui devrait être publié dans les prochaines semaines va habiliter un nombre important de fonctionnaires à procéder aux contrôles et à verbaliser. « Plus de 200 000 agents seront potentiellement responsables de l’application du décret » selon un haut fonctionnaire ».
Le journal qui indique que l’ensemble des officiers de police judiciaire (police, gendarmerie, douane) seront habilités à dresser procès verbal et qu’ils seront épaulés par les médecins et inspecteurs de santé publique, souligne que les inspecteurs et contrôleurs du travail ont prévenu qu’ils ne s’occuperaient pas du tabac au sein des entreprises et que la répression des fraudes a été exclue du contrôle car il aurait fallu une loi spécifique.
D’après LE PARISIEN, le gouvernement devrait lancer toute une série de contrôles les premiers mois de l’application de la mesure.
« Le gouvernement bannit le tabac » titre LE FIGARO de lundi qui développe les principales mesures et précise notamment que la seule dérogation à l’interdiction générale consiste en la possible installation de fumoirs hermétiquement clos dotés d’extracteurs d’air dont les portes devront être munies d’un système d’ouverture manuelle et de fermeture automatique, sachant que leur surface ne devra pas être inférieure à 30 m² et représenter 20 % maximum de la surface totale ».
"Autant dire que peu d’établissement auront les moyens de (les) installer" commente le journal. Suivent des développements sur les contrôles, les amendes, et les aides au sevrage avec cette précision qu’une campagne de communication sur le tabagisme passif est prévue en novembre et qu’une autre sera lancée lors de la mise en œuvre du décret.
L’AFP indique que le tabac sera interdit par un décret pris en novembre à compter du 1er février 2007 dans tous les lieux publics-écoles, collèges, lycées, magasins et hôpitaux sans dérogation possible alors que les cafés, tabacs, restaurants discothèques auront jusqu’au 1er février 2008 pour s’adapter et éventuellement installer des fumoirs.
D’après l’agence, les entreprises pourront également installer ces espaces fumeurs en respectant les normes très strictes prévues par le décret, toutefois « dans les hôpitaux, les écoles, les lycées et les collèges, il n’y aura pas ce type d’espace fumeurs » selon le ministre de la santé.
L’AFP qui précise que 100 millions d’euros seront débloqués pour l’aide au sevrage avec substituts nicotiniques et doublement des consultations de tabacologie, note que par ailleurs le "contrat d’avenir" sera renégocié avec les débitants de tabac.
Dans une deuxième dépêche l’agence observe que la profession n’est pas unanime puisque le groupe Flo qui a interdit la cigarette dans certains de ses restaurants, dit ne pas avoir subi de perte de chiffre d’affaire, ni enregistré de baisse de fréquentation, et que pour sa part le président du Syndicat national des hôteliers, restaurateurs, cafetiers traiteurs est satisfait de cette interdiction qui « va dans le sens d’une véritable protection de la santé des professionnels , salariés et patrons, ainsi que de celle (des) clients ».

MILDT 9/10/2006

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- France - Représentations du fumeur

L’AFP qui souligne que l’image du fumeur s’est profondément modifiée depuis trente ans dans les sociétés occidentales dans un sens de plus en plus négatif, estime que « cette évolution traduit des années de lutte des pouvoirs publics et des acteurs de santé pour mettre à terre l’image flatteuse du tabac bâtie par les fabricants de cigarettes ». Philippe Lamoureux, directeur de l’INPES déclare « En face de nous il y a une industrie qui communique pour faire du tabac un produit glamour et de consommation courante. La stratégie des pouvoirs publics consiste à dénormaliser le tabac, à diminuer son acceptabilité sociale »
D’après l’agence, cette action suscite parfois des interrogations, et le psychiatre Gérard Apfeldorfer qui juge que l’on est passé d’une image « d’indépendance » et de « liberté » à celle « d’un pauvre type sale qui n’arrive pas à se contrôler », observe que « le fumeur qui essaie d’arrêter est en quête d’une restauration de l’estime de soi (...) dans une société très moralisante ». Le Pr Dautzenberg, président de l’Office français de prévention du tabagisme, qui se dit ancien fumeur lui-même, souligne qu’il « ne s’agit en aucun cas d’une guerre contre les fumeurs » et il martèle « mais je veux qu’ils restent en vie » précisant « ce n’est pas un problème de vice ou de vertu. On ne combat pas les fumeurs mais le tabac (...) qui tue la moitié de ses consommateurs ». Philippe Lamoureux se défend « Les campagnes des pouvoirs publics évitent de stigmatiser les fumeurs » et il explique « on a mis l’accent sur les composants toxiques de la cigarette, on a montré aux jeunes que l’industrie du tabac les manipulait - un argument qui fait mouche. Aux jeunes filles on a expliqué qu’elles risquaient de perdre leur potentiel de séduction ». Il souligne aussi « c’est vraiment une bataille perpétuelle entre nous et l’industrie du tabac qui cherche toujours des parades ».
D’après l’agence, une étude Ipsos de 2003 montre que la présence du tabac persiste au cinéma, particulièrement dans les films français.

MILDT 6/10/2006

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- France - Pauvre et fumeur

« Pauvre et fumeur, fatale équation pour 2030 » titre LIBÉRATION qui affirme que « si on tient jusqu’en 2030, malgré le réchauffement climatique, les licenciements en rafales et l’insomnie chronique, on a de fortes chances à ce moment là de mourir du tabac. Surtout si l’on vit dans une région peu développée ».
Le journal qui relève que le nombre de morts du tabac va baisser dans les pays riches et doubler dans les pays pauvres, estime que « la responsabilité en incombe largement aux fabricants de tabac qui ciblent à grand renfort de publicité la jeunesse des pays pauvres pour compenser la baisse de leurs ventes dans les zones industrialisées ».
Évoquant également l’épidémie de sida et le fait qu’en Afrique un homme aura toujours autant de mal à atteindre 55 ans en 2030, le quotidien affirme que « les pays à bas revenus sont de toutes façons voués à subir les pires maux ».

MILDT 1/12/2006

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- France - Faire de son habitation une zone non-fumeur

Vos patients fumeurs ont peut-être adopté certaines règles concernant la cigarette au sein de leur logement, notamment quand des enfants y habitent également : fumer dans une pièce réservée à cet usage, se mettre à la fenêtre pour en « griller » une ou encore aérer régulièrement leur habitation.
Une étude américaine publiée dans la revue Pediatrics montre qu’aucune de ces précautions ne protège totalement les enfants d’un tabagisme dit « ultrapassif » ou « de troisième main ».
En effet, les résidus toxiques provenant de la combustion du tabac peuvent rester incrustés sur les meubles, la moquette ou les vitres pendant des mois. Les jeunes enfants qui ont l’habitude de marcher à quatre pattes ou de jouer par terre seraient deux fois plus exposés à cette pollution intérieure que les adultes.
Or, rares sont les fumeurs informés des méfaits de ce tabagisme de « troisième main ». Il serait donc utile de leur rappeler les bénéfices d’un habitat 100 % non-fumeur. D’autant plus que l’époque est propice au changement de comportement vis-à-vis de la cigarette. La majorité des fumeurs se dit satisfait de l’interdiction de la cigarette dans les lieux publics et le Pr Bertrand Dautzenberg, président de l’Office français de prévention du tabagisme, affirme que déjà « 53 % des domiciles des fumeurs sont devenus sans tabac et que 21 % ont mis en place des règles ».

Le Figaro, www.lefigaro.fr, 13/01/2009

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- France - Les buralistes ont été gâtés

Dans un dossier intitulé « Ceux qui se sont enrichis sous la droite », MARIANNE estime que les buralistes « ont été gâtés ».
Le magazine considère que de tous les commerçants, ce sont ceux qui depuis 2002 « ont le mieux tiré leur épingle du jeu » avec « un contrat d’avenir » qui « a mis plus que du beurre dans l’herbe à Nicot ».
Relevant que selon l’Insee, de 2002 à 2005, en moyenne et par buraliste, le revenu lié au tabac a progressé de 18 % passant de 29 360 à 35 600 euros, l’hebdo juge que le mécanisme mis en place « a fait preuve d’une redoutable efficacité » car leur commission est passée de 6 à 8 % et qu’ensuite les aides ont compensé les pertes de revenu à hauteur de 50 % si le chiffre d’affaire baissait de 5 à 10 %, de 70 % pour une chute jusqu’à 25 %, et de 80 % au-delà.
Indiquant qu’au total 40 millions d’euros de « remise compensatoire » ont été distribués en particulier aux buralistes frontaliers, le journal relève que 110 millions d’euros de « remise additionnelle » ont été accordés à l’ensemble des débitants y compris ceux dont le chiffre d’affaire a progressé. Conclusion sur les propos du député Yves Bur qui au moment de la reconduction de ce contrat « rappelle que les aides ne sauraient être éternelles et constituer une rente ».

MILDT 27/11/2006

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- France - Vente de tabac aux moins de 16 ans : loi peu appliquée

Après avoir mené une enquête dans toute la France, l’Observatoire de l’application de la loi d’interdiction de vente de tabac aux moins de 16 ans communique ses résultats.
La lutte contre le tabagisme, tout particulièrement celui des enfants et des adolescents, est un axe majeur du « Plan Cancer » lancé par le Président Chirac en mars 2003. L’interdiction de vente de tabac aux mineurs de moins de 16 ans[1], entrée en vigueur par arrêté en septembre 2004, est une des mesures mises en œuvre pour répondre à cette priorité. Afin d’en évaluer l’effectivité le Ministère de la Santé a confié au Comité National contre le Tabagisme (CNCT), en partenariat avec la Ligue Nationale contre le Cancer, la mission de constituer un Observatoire de l’application de cette loi. Supervisée par cet Observatoire, une enquête de terrain a été menée par l’institut de sondage LH2.
La technique du « client mystère » est une procédure indétectable fournissant des résultats indiscutables
Inspirée d’expériences canadiennes et utilisée pour la première fois en France en Santé Publique, la technique du « client mystère » présente l’avantage de fournir des informations fiables sur les pratiques des débitants de tabac sans influencer leur comportement.
En janvier et février 2006, 400 « visites mystère » ont été réalisées dans des tabacs, bars-tabac et tabacs-presse répartis sur toute la France, dans des agglomérations de toute taille, aussi bien en milieu rural qu’en zone urbaine, afin de rendre compte, au mieux, de toute la diversité de situation de ces établissements.
Pour chaque établissement, un jeune de moins de 16 ans (soit de 12 ans soit de 15 ans) entrait dans un bureau de tabac et demandait à acheter un paquet de cigarettes. _ En même temps, un adulte s’assurait, séparément, de la présence de l’affichette légale d’interdiction de vente aux moins de 16 ans et du respect de l’interdiction de la publicité sur le lieu de vente, telle que prévue par la loi Évin.

Des résultats accablants
Premier constat : près de la moitié des débitants visités (45 %) ne respectent pas la loi en terme d’indication de l’interdiction de vente aux moins de 16 ans, soit parce que l’affichette légale n’est pas présente (dans plus d’un tiers des cas), soit parce qu’elle est non conforme (15 % des cas). Et quand elle est présente, l’affichette n’est souvent pas visible immédiatement (dans 29 % débits visités).
En revanche, dans près de la moitié des débits de tabac visités, on trouve de façon bien visible des publicités et des promotions - notamment sous forme de panneaux lumineux, de présentoirs cartonnés, d’autocollants ou autres supports ludiques - auxquelles les adolescents sont particulièrement sensibles et pourtant formellement interdites par la loi Évin.
Deuxième constat, encore plus alarmant : dans 93 % des établissements testés, le vendeur n’a pas cherché à connaître l’âge de son jeune client, ni demandé à voir une pièce d’identité, comme la loi le lui permet [2].
C’est ainsi que sur les 400 débitants de tabac visités, plus de 70 % (293 sur 400) ont accepté de vendre un paquet de cigarettes à un jeune de moins de 16 ans qu’ils ne connaissaient pas. Parmi les jeunes ayant participé à l’enquête, 87 % des adolescents de 15 ans et 61 % des enfants de 12 ans se sont vus accepter la vente de tabac.
Toutefois, la loi est utile, car parmi les 26 % de débitants de tabac qui ont refusé la vente aux moins de 16 ans, 70 % l’ont fait au motif de cette loi. De surcroît, les débitants respectueux de l’interdiction de vente aux mineurs de moins de 16 ans étaient deux fois plus nombreux parmi ceux qui avaient apposé l’affichette légale obligatoire que parmi ceux qui ne l’avaient pas fait.
Des recommandations seront proposées au cours des prochains mois après consultation des représentants des débitants de tabac, du Ministère du Budget, du Ministère de la Santé et de la Mission Interministérielle de Lutte contre la Drogue et la Toxicomanie, chargée de l’application de la loi.

[1] Article L 3511-2-1 du Code de la Santé Publique, « Il est interdit de vendre, dans les débits de tabac et tous commerces ou lieux publics, aux mineurs de moins de seize ans des produits du tabac ou leurs ingrédients, y compris notamment le papier et le filtre ».
[2] Article L 3511-2-1 du Code de la Santé Publique, « La production d’une pièce d’identité ou de tout autre document officiel munie d’une photographie et de nature à faire la preuve de l’âge de l’intéressé peut-être exigée par la personne chargée de la vente ».

www.cnct.fr 27/10/2006

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- France - Combien gagne un buraliste

LE PARISIEN ECONOMIE de lundi qui explique « combien gagne un buraliste », indique qu’ils sont rémunérés selon un système de remises fixées par arrêté ministériel et qu’ils touchent au minimum 8 % du montant de leurs livraisons. Rencontre avec Sylvie Lagarde du Café des sports de Champniers près d’Angoulême. Elle dit « En 2005, les ventes de tabac représentaient 42 % de notre chiffre d’affaire (291 000 euros, ndlr le Parisien) soit 4 % de moins que l’année précédente. Cette nouvelle interdiction de fumer va finir de nous asphyxier. Près d’un quart de notre clientèle pour le tabac, achète des cigarettes avant de prendre un café au bar en s’en grillant une. Je me demande bien comment ils vont faire avec cette nouvelle disposition ».
Le journal qui observe que le buraliste est à la fois un commerçant indépendant et un préposé de l’administration lié à l’État par un contrat de gérance, du fait du monopole du tabac, développe ensuite le système de rémunération mis en place (remises directe du fabricant de tabac, remise additionnelle sur les livraisons et remise compensatoire en cas de baisse du CA d’au moins 5 % par rapport à l’année de référence de 2002).
Évoquant ensuite les commissions sur les timbres postaux, amendes et fiscaux, (de 3 à 5 %), le journal fait également état d’une commission de 5 % sur les jeux (Française des Jeux) sachant que des négociations sont actuellement en cours pour mettre en place une rémunération supplémentaire sous forme de prime sur objectif.
D’après le journal, Sylvie juge toutefois que cela ne compensera pas les pertes liées à l’interdiction de fumer et elle souhaite « se diversifier au maximum » en gérant des cartes grises ou en vendant des billets de trains.
Le Parisien indique que Sylvie Lagarde et son mari s’octroient 2 000 euros de salaire pour des journées de travail de 6 h à 20 heures avec fermeture le dimanche après midi.

MILDT 23/10/2006

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- Gabon - Journée nationale sans tabac ni alcool

Dans le cadre de la célébration de la Journée nationale sans tabac, ni alcool qui se célèbre les 6 novembre de chaque année depuis 1998, le Dr Alphonse Louma Eyouga, président de la l’organisation non gouvernementale « Agir pour le Gabon » s’est entretenu vendredi à Libreville avec les journalistes de GABONEWS.
« Depuis que nous avons lancé la campagne anti-tabac et anti-alcool, nous n’avons pas bénéficié d’une quelconque aide de la part de l’État gabonais. Cela ne nous empêche pas chaque 6 novembre d’attirer l’attention de tous les consommateurs d’alcool et de toutes les autres drogues sur la nécessité de savoir que le tabac et l’alcool tuent et détruisent la vie familiale », a-t-il indiqué.
En l’absence de toute statistique susceptible d’indiquer l’impact réel de la campagne anti-tabac et anti-alcool, le Dr Louma fait visiblement contre mauvaise fortune bon cœur.
Dressant un bilan qu’il juge globalement positif, le Dr Louma qui dirige par ailleurs le Programme nationale de lutte contre le tabagisme et la drogue, soutient que l’État semble traîner les pieds pour mettre en place des structures pouvant permettre une prise en charge de tous les malades du tabac et de l’alcool.
Il fonde désormais son espoir sur la probable ratification de la convention de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour la lutte contre tabac dont le texte de loi est en discussion dans les deux chambres du parlement.
« Il faut que la Gabon ratifie cette convention avant décembre 2008, si non il sera le seul pays en Afrique qui ne l’aura pas fait », a-t-il martelé.
Reconnaissant que son action se heurte en outre à la force des lobbies d’alcool et du tabac, il a néanmoins espéré que le chemin déjà parcouru lui dicte de persévérer.
« Agir pour le Gabon » organise tous les 6 novembre depuis 1998 la journée nationale sans tabac ni alcool. Elle est l’occasion pour le Dr et son équipe de mener, pendant 24 heures, une croisade médiatique pour essayer d’infléchir la propension de certains gabonais à boire et fumer sans arrêt.

Gabonews, 7/11/2008
http://www.bdpgabon.org/articles/2008/11/07/gabon-journee-nationale-sans-tabac-ni-alcool-le-dr-alphonse-louma-eyouga-accentue-la-croisade/

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- France - Élaboration du prochain plan cancer

Un nouvel élan national pour la lutte contre le cancer : le Président de la République vient de confier au Pr Jean-Pierre Grünfeld, néphrologue à l’hôpital Necker à Paris, membre de l’Académie des sciences, une mission destinée à élaborer des recommandations pour le prochain plan cancer.
L’Institut National du Cancer, désigné comme « l’opérateur de référence » sur lequel s’appuiera le Pr Grünfeld, est mobilisé pour lui apporter son concours et l’accompagner dans cette mission.
Le Pr Grünfeld pourra notamment prendre appui sur les travaux d’état des lieux, d’évaluation et de bilan du plan cancer 2003-2007 menés en 2008 par le Haut Conseil de la santé publique, la Cour des Comptes et les administrations concernées (ministères de la santé, de la recherche, agences sanitaires).
Sur la base de ces différents éléments et du suivi des mesures du plan cancer 2003-2007 réalisé par ses équipes (documents téléchargeables sur le site de l’INCa www.e-cancer.fr, dossier Bilans Plan Cancer 2003-2007), l’INCa a déjà sensibilisé ses instances consultatives et gouvernantes (Conseil d’administration, Comité des malades, des proches et des usagers, Conseil scientifique international, Comité consultatif des professionnels de santé) à travers l’organisation de plusieurs séminaires d’échanges.
Les équipes de l’INCa sont totalement investies pour renforcer et poursuivre la mobilisation engagée contre le cancer qui demeure la première cause de mortalité en France.

Communiqué de presse du 21/10/2008
Contact presse : Vanessa Ralli Tél : 01 41 10 14 40, 06 61 18 06 52 vralli@institutcancer.fr

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- France - Vers des images choc sur les paquets de cigarettes

La ministre de la Santé Roselyne Bachelot y est "favorable", ses services y travaillent, les cigarettiers et les buralistes semblent résignés, des images de poumons cancéreux devraient bientôt être obligatoires sur les paquets de cigarettes.
Poumons malades, dents pourries, lésion impressionnante à la gorge remplaceraient ou s’ajouteraient au "fumer tue" qui figure déjà sur les emballages des cigarettes ou du tabac à rouler.
Récemment interrogée, Roselyne Bachelot s’est déclarée "absolument favorable" à ce que ces images dissuasives soient apposées sur les paquets vendus en France, comme c’est le cas en Belgique ou en Grande-Bretagne depuis le 1er octobre.
A sa demande, le bureau des pratiques addictives de la Direction générale de la santé (DGS) travaille, selon son chef Pascal Mehilan-Cheinin, à "sélectionner des images", "définir la superficie des encadrés" et "déterminer le délai de mise en œuvre" en concertation avec les fabricants et les distributeurs.
Les services du ministère s’appuient également sur les expériences des pays où la mesure est déjà en vigueur, pour établir les propositions qu’ils soumettront à la ministre.
Techniquement, il faudra "plusieurs mois", selon les industriels, pour faire imprimer ces nouveaux emballages, les acheminer dans les bureaux de tabac et aussi écouler tous les anciens paquets.
René Le Pape, qui présidait jusqu’à vendredi la confédération des buralistes, sait que les débitants de tabac "ne pourront pas y couper" mais souhaite que cette mesure, "qui va encore faire baisser les ventes et fragiliser des commerces", intervienne "le plus tard possible".
Vice-président des buralistes d’Ille-et-Vilaine, Michel Delamare s’interroge face à "un État qui se tire une balle dans le pied" en voulant encore "faire baisser la consommation d’un produit qui rapporte 80 % de taxes".
Pour le leader mondial du secteur, Philip Morris (Marlboro), l’important est "de discuter des modalités de mise en œuvre" d’une telle mesure. Le fabriquant ne veut pas se prononcer sur l’opportunité de ces images, jugeant primordial "que les consommateurs soient informés", a expliqué à l’AFP sa porte-parole Valérie Renoux.
Par la voix de son porte-parole Denis Fichot, Japan Tobacco International (Camel) "s’étonne qu’une telle mesure puisse être prise sans aucune étude d’impact préalable", sans qu’on ait "mesuré la valeur ajoutée de ces photos" par rapport aux messages imprimés sur les paquets depuis 2003.
Cependant une chercheuse en marketing social de l’Université de Rennes a remis au printemps une étude à l’Institut national du cancer (INCa) démontrant que les avertissements sanitaires sur les paquets de cigarettes gagneraient à être renouvelés au moyen d’images choc.
Selon Karine Gallopel-Morvan, plusieurs études internationales, menées au Canada, en Nouvelle-Zélande ou en Australie, et ses propres travaux concordent : "la taille des avertissements doit être supérieure à ce qu’elle est actuellement et il faut que ce soient plutôt des visuels, qui plus est des visuels plutôt choc".
"Les images choc attirent l’attention, cassent le marketing des industriels du tabac, incitent les fumeurs à se poser des questions", expliquait-elle alors à l’AFP.
"Ces images choc sur les paquets vendus en Belgique n’empêchent pas les Français d’aller acheter leurs cigarettes là-bas", relève Jacques Maurier, buraliste dans la Pas-de-Calais. Et pour cause, ajoute-t-il, "le paquet de Marlboro (le paquet le plus vendu en France, ndlr) y est à 4,60 euros (19 cigarettes) contre 5,30 (les 20) en France".

Romandie News (©AFP) 19/10/2008
http://www.romandie.com/infos/news2/
081019053332.rksaw4hp.asp

Encore une fausse bonne idée ! Qui vise-t-on ? A quand les paquets génériques ? (Ndlr)

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- France - Cigarettiers et douaniers unis contre la contrebande

Soucieux d’endiguer les trafics de cigarettes, les douaniers nouent de discrets accords avec les plus grands manufacturiers internationaux afin d’obtenir de précieux « tuyaux ». À l’occasion de la destruction symbolique au rouleau compresseur de 230 kg de cigarettes contrefaites dans la cour d’honneur du ministère des Finances, Éric Woerth, chargé du Budget, a signé hier un nouveau protocole anti-fraude avec Japan Tobacco International. Troisième fabriquant mondial, la firme diffuse notamment sur le marché les paquets de « Benson & Hedges », dont les contrefaçons détruites hier n’étaient qu’un échantillon issu d’un stock de sept tonnes interceptées en juillet dernier en Picardie.
Les manufacturiers vont jusqu’à faire appel à des détectives privés pour connaître les méthodes des vendeurs clandestins.
Sous couvert du secret professionnel, les cigarettiers échangent des renseignements avec les spécialistes des douanes. Ces derniers en profitent pour apprendre à reconnaître les blondes et brunes frelatées venues de Chine ou des pays de l’Est. L’accord signé hier intervient après ceux contractés avec Philip Morris en 2005, puis British American Tobacco (BAT) en 2007. Numéro 2 mondial du tabac présent dans 180 pays, cette firme anglo-saxonne a mandaté la très réputée agence de détectives privés Geos Business Intelligence pour qu’une enquête de terrain soit réalisée à Lyon, afin d’identifier et d’analyser le trafic local de tabac.
Le document de 23 pages classé « confidentiel entreprise », porté à la connaissance du Figaro, dresse un état des lieux édifiant. Après avoir interrogé des buralistes, des vendeurs ambulants, des étudiants ou encore des SDF, les détectives ont surveillé les pubs, discothèques, lieux de prostitution, gares ou métros de l’agglomération. Considérant les routiers ou les agences de voyages comme « une source possible d’approvisionnement », les filatures ont dévoilé un système « extrêmement organisé » où se négocient sous le manteau des paquets de Marlboro, American Legend ou encore Rym.
Au moins 500 paquets vendus par jour
« Le paquet est toujours proposé à 3,50 euros l’unité », assure le rapport. Le client abordé dans la rue pourra aller jusqu’à négocier la cartouche à 30 euros… Le vendeur clandestin, présenté comme un « commercial » qui n’hésite pas à donner son numéro de téléphone, travaillerait quant à lui dans un climat de « compétition ». Photographié en plein deal, chacun d’entre eux est fiché avec la marque qu’il écoule, ses sources d’approvisionnement et ses lieux de revente. Le document estime qu’« au minimum 500 paquets sont vendus par jour » dans Lyon. Le rapport a été transmis au directeur général des douanes. Depuis le début de l’année, les saisies ont explosé. Pas moins de 151 tonnes ont été confisquées au premier semestre 2008, contre près de 77 tonnes lors de la même période de l’an dernier. L’envolée du prix du paquet chez les buralistes ne devrait faire que prospérer les trafics.

Christophe Cornevin, www.lefigaro.fr, 04/09/2008

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- France - Photos chocs sur les paquets de cigarette

Quelques semaines avant l’édition 2008 de la journée mondiale sans tabac, l’Institut national du cancer (INCa) publiait les conclusions d’une étude menée par Karine Gallopel-Morvan. Cette chercheuse en marketing social à l’université de Rennes, avait évalué l’efficacité des différents messages dissuasifs présents sur les paquets de cigarette.
L’analyse avait tout d’abord relevé que les avertissements écrits qui figurent depuis plusieurs années sur les paquets de tabac voyaient aujourd’hui leur impact diminuer. La nécessité de développer de nouvelles stratégies afin d’interpeller les fumeurs apparaissait donc au grand jour.
Dans cette perspective, Karine Gallopel-Morvan confirmait, à partir d’une enquête menée auprès de certains de nos concitoyens, l’efficacité de l’apposition de photos chocs sur les paquets de cigarette. Aussi invitait-elle le gouvernement à adopter une telle mesure.
Pourtant, face à ces méthodes sans détour, la France demeure réticente. Le 31 mai, le ministre de la Santé, Roselyne Bachelot a ainsi préféré renvoyer à la fin de l’année sa décision concernant l’ornement des paquets de cigarettes de photos présentant une gorge rongée par un cancer, un enfant sous masque à oxygène ou encore la comparaison entre des poumons sains et les poumons d’un fumeur.
Les photos chocs plébiscitées
Le choix du ministre sera peut-être influencé par les résultats du sondage mené ces dernières semaines sur notre site et qui montre qu’en la matière les professionnels de santé n’hésiteraient pas à user de la manière forte. Une majorité de nos lecteurs (66 %) s’est en effet déclarée favorable à l’apposition de photos chocs sur les paquets de cigarette, tandis que seuls 31 % des professionnels de santé ayant répondu au sondage ne verraient guère cette mesure d’un très bon œil. S’interrogeant peut-être encore sur la réelle efficacité d’un tel dispositif ou ne parvenant pas à définir dans quelle mesure un enjeu de santé publique doit justifier ce genre de provocation, 3 % des répondants ont estimé qu’ils ne pouvaient se prononcer. Les conclusions de notre enquête confirment que face à la lutte contre le tabagisme, les professionnels de santé se montrent aujourd’hui plus interventionnistes encore que les pouvoirs publics eux-mêmes.

Sondage réalisé du 27 juillet au 20 août auprès de 274 professionnels de santé internautes
A.H.www.jim.fr 27/08/2008
Info transmise par le Dr Anne Bretel (F-78)

Le « sondage » auprès de 274 professionnels de santé internautes n’en est pas un : il s’agit d’un vote. Qui sont ces 274 professionnels ? Personne ne le sait ! De plus, parler de sondage sur 274 votes paraît pour le moins exagéré voire pas scientifique du tout !
Les tabacologues savent que la dépendance ne se trouve pas dans le « cerveau raisonnable » mais dans le « cerveau robot » (dixit le Pr Molimard) et n’est donc pas accessible aux argumentaires « raisonnables » (si tu fumes tu vas être très malade). Les fumeurs savent que « fumer tue » et pourtant continuent à acheter leur paquet de 20. Demander à ajouter une photo, c’est croire que l’on fait qqchose pour la prévention : encore une fausse bonne idée tout droit sortie de l’imagination de non fumeurs ou d’anti-tabac qui ne connaissent rien à la tabacologie. Alors NON aux photos sur les paquets de cigarettes, mais OUI aux paquets génériques car les paquets actuels sont des vecteurs publicitaires ! (Ndlr).

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- France - L’assurance-maladie bénéficiera de tous les droits tabac et alcool

_Le journal français Les Échos observe que « la taxation à hauteur de 1 milliard d’euros des mutuelles va financer la CMU, ce qui permettra de flécher vers la CNAM les droits sur le tabac et l’alcool ».
Le journal explique en effet que « pour que la contribution demandée aux mutuelles et aux assurances allège le déficit de l’assurance-maladie, certaines ressources du Fonds de financement de la CMU seront réorientées vers la CNAM. Deux recettes principales sont visées : le fonds a perçu 480 millions d’euros de taxe alcool en 2007, et 411 millions d’euros de droits sur le tabac ».
Le quotidien relève que « pour le gouvernement, c’est aussi le moyen de faire bénéficier le régime général d’assurance-maladie de la totalité des droits tabac et alcool, une revendication de longue date des syndicats, alors que, pendant des années, ces taxes qui ont une forte connotation de santé publique ont également abondé le budget de l’État ».
Les Échos remarquent que « l’assurance-maladie pourrait cependant y voir un défaut : les taxes sur l’alcool et le tabac sont moins dynamiques que le marché des complémentaires santé, dont le chiffre d’affaires a progressé de plus de 50 % depuis 2001 ».

Revue de presse Mediscoop du 31/07/2008
http://www.sf-neuro.org/index1.php3?pageID=newsletter_mediscoop&id_newsletter=
2228&liste=0&site_origine=newsletter_mediscoop&nuid=
e00dc2c8377f90c22b474d65e4de9d10&midn=2228#
70d749c8d1d663f997c126dc4621347a

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- France - Réduction des particules fines dans l’air ambiant

L’Afsset publie ce jour un rapport et un avis d’expertise sur la pollution de l’air par les particules fines et son impact sur la santé.
L’avis conclut qu’on ne peut trouver de seuil de pollution au-dessous duquel il n’y aurait pas d’impact sanitaire. De plus les expositions fréquentes à des niveaux modérés de pollution ont plus d’impact sanitaire que les pics, en France.
L’agence recommande donc de donner la priorité à la réduction des pollutions à la source (combustion du bois, du charbon et du fioul, industries, transports, agriculture…).
La mise en œuvre de seuils d’information et d’alerte relatifs aux particules ne présente globalement pas de bénéfice sanitaire substantiel. Elle permet toutefois d’informer les populations sensibles (femmes enceintes, enfants, personnes âgées, personnes souffrant de pathologies cardiovasculaires ou respiratoires) et de les inviter à adapter leurs comportements lors de pics.
Cette expertise de l’Afsset a été commanditée en août 2007 par les ministères chargés de l’écologie et de la santé. La mise en place d’une nouvelle méthode de mesure à partir du 1er janvier 2007, prenant en compte la fraction volatile des particules, avait conduit à une augmentation des concentrations mesurées.
Ces épisodes ont amené les ministères à mettre en place un dispositif d’information du public – notamment des personnes sensibles – en cas de pics de pollution. Une circulaire ministérielle du 12 octobre 2007 fixe des seuils d’information et d’alerte, respectivement à 80 µg/m3 et 125 µg/m3 en moyenne sur 24 heures.
En mai 2008, une nouvelle directive européenne sur la qualité de l’air a fixé des objectifs de réduction de la concentration moyenne en particules dans l’air ambiant, avec des échéances s’étalant entre 2014 et 2020. En revanche elle n’a pas retenu pour les particules de seuils d’information et/ou d’alerte, contrairement aux cas du dioxyde d’azote, du dioxyde de soufre ou de l’ozone.
Le Grenelle de l’environnement a conclu qu’il fallait mettre en place un plan « particules » avec un objectif de 15 μg/m3 (PM 2,5), valeur cible en 2010 et obligatoire en 2015, soit une réduction de 30 % de la pollution, et avec atteinte à terme de la valeur guide de l’OMS (10 μg/m3).

Synthèse de l’expertise de l’Afsset
L’expertise de l’Afsset dresse les conclusions suivantes :
A ce jour, les connaissances scientifiques mettent en évidence des effets indésirables des particules dans l’air ambiant sur la santé de l’homme, qu’il s’agisse d’exposition de court terme ou d’exposition chronique. Cependant il n’est pas possible d’observer un seuil de concentration en particules en deçà duquel aucun effet sanitaire ne serait constaté.
Ce sont les expositions fréquentes, à des niveaux modérés de pollution, qui sont responsables de l’essentiel de l’impact sanitaire, et non les pics de pollution. En effet 97% de l’impact sanitaire est attribuable à des niveaux modérés, mais fréquents (inférieur à 50µg/m3) et seulement 3% aux pics. Ainsi, pour protéger la santé de la population vis-à-vis du risque lié aux particules dans l’air ambiant, la mise en place d’un dispositif d’information et d’alerte sur les pics de pollution particulaire ne saurait jamais être aussi efficace qu’une action sur le niveau moyen de la pollution aux particules.
La mise en œuvre de seuils d’information et d’alerte relatifs aux particules permet toutefois une meilleure protection des populations sensibles lors de pics. Elle sensibilise aussi le public à la question de la pollution atmosphérique.
Au vu de ces éléments, l’Afsset recommande de :
1. réduire à la source les émissions de particules, pour réduire l’exposition des personnes
Les sources d’émission primaire de particules devront être ciblées. Selon le Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique (CITEPA), il s’agit de la combustion du bois, du charbon et du fioul dans le résidentiel et le tertiaire (27 % des émissions), de l´industrie manufacturière (28 %) et de l´agriculture/sylviculture (30 %). Dans les zones urbaines, les transports contribuent également de manière importante (passant par exemple de 11 % au niveau national à 30 % en Ile de France).
2. cibler la communication vers les publics les plus sensibles
Il s’agit des femmes enceintes, nouveau-nés, enfants, personnes âgées, de personnes atteintes de pathologie cardiovasculaire ou respiratoire (antécédents d’infarctus du myocarde, asthme, etc.), de diabète ou d’obésité. Les personnes vivant près de sources de pollution (axes routiers, sites industriels, zones d’activité agricole, etc.) méritent aussi d’être considérées du fait d’une exposition plus importante.
3. considérer conjointement pour une fixation de seuils d’information et d’alerte dans la réglementation
– Les données épidémiologiques du Programme de surveillance air et santé (Psas) de l’Institut de veille sanitaire (InVS). Elles donnent un excès de risque pour la santé (décès anticipés, hospitalisation…) pour différents niveaux de pollution aux particules.
– La distribution statistique des niveaux journaliers de particules au niveau national.
Trois exemples de valeurs possibles sont présentés : 50, 80 et 125 µg/m3 pour les PM10. La première correspond à la valeur guide « court terme » de l’Organisation mondiale de la santé, 50 µg/m3 à ne pas dépasser plus de 3 jours par an ; les deux suivantes (80 et 125 µg/m3) correspondent aux seuils proposés par le CSHPF en 1996 et actuellement appliqués (circulaire ministérielle du 12 octobre 2007).

Conférence de presse de Afsset 23/03/2009

Les fumeurs répandent des milliard de particules autour d’eux, c’est une des causes de la nocivité du tabagisme passif (Ndlr)

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- France - Le prix des cigarettes devrait repartir à la hausse en 2010

Certains industriels ne sont pas opposés à un relèvement du prix des cigarettes après deux ans de stabilité. Les associations antitabac et le ministère de la Santé le souhaitent aussi. La consommation ne baisse plus et les fabricants veulent reconstituer leurs marges.
Les nouveaux tarifs du tabac entrant en vigueur aujourd’hui (20/07/2009) font état d’une parfaite stabilité pour les cigarettes. Seuls les cigares voient leurs prix progresser de 4 %. Mais ce n’est sans doute que partie remise. Les intérêts de nombreux acteurs convergent en effet pour un relèvement, modéré, du prix des cigarettes début 2010. Le sénateur Alain Vasselle (UMP), dans son rapport préparatoire au débat d’orientation des finances publiques, a mis le sujet sur la place publique, la semaine dernière, en proposant une hausse du minimum de perception pour l’État de 155 euros à 164 euros pour 1 000 cigarettes, ce qui occasionnerait selon lui 430 millions d’euros de recettes fiscales supplémentaires.
La hausse du minimum de perception aurait pour conséquence de forcer les fabricants à relever leurs tarifs les plus bas. Le gouvernement souhaiterait néanmoins ne pas avoir à se servir de cette arme, et, arguant du fait que les industriels sont libres de fixer leurs prix, préférerait que ces derniers agissent d’eux-mêmes. C’est ce qui s’était produit lors de la dernière hausse (6 % en moyenne), intervenue à l’été 2007, qui avait permis d’empêcher une remontée de la consommation tout en accroissant légèrement les recettes perçues par l’État (9,6 milliards d’euros en 2008, contre 9,5 milliards en 2007). Et ce, sans toucher à la fiscalité.
Mais il faut pour cela que tous les fabricants jouent le jeu, ce qui n’est évidemment pas garanti. « La hausse du minimum de perception permettrait d’éviter une éventuelle guerre des prix », constate un industriel, favorable à un relèvement des tarifs afin de reconstituer des marges écornées par les hausses d’impôt de 2003-2004.

Relèvement modéré et progressif
« Il n’y a pas encore eu de discussion interministérielle, mais il serait logique que les tarifs augmentent après deux ans de stabilité, explique une source gouvernementale. Est-ce aux fabricants de le faire ou à l’État au travers du minimum de perception ? Le résultat serait le même. » Une chose est sûre, le ministère de la Santé est favorable à une hausse des prix, alors que le marché du tabac a légèrement progressé en volume sur les cinq premiers mois de l’année, et que les associations de santé publique poussent à une nouvelle offensive antitabac. Le gouvernement observe également un tassement des ventes transfrontalières, les tarifs ayant été un peu relevés en Espagne, notamment.

Décisions après l’été
Plusieurs freins persistent, néanmoins. D’abord, Bercy veut éviter d’ouvrir un nouveau front avec les buralistes. A l’automne dernier, Éric Woerth avait fermement écarté toute hausse de la fiscalité sur le tabac pour le début 2009, alors que le sujet était évoqué. Le ministre du Budget était alors en pleine discussion avec les buralistes pour finaliser leur « contrat d’avenir » 2008-2011, qui stipule d’ailleurs que les professionnels devront être associés aux discussions avant toute évolution de la fiscalité.
Le gouvernement veut éviter d’avoir à accorder de nouvelles compensations aux buralistes. Pour cela, le relèvement des prix devra être modéré et progressif au fil des ans, afin de ne pas provoquer une cassure sur le marché, comme en 2004. Afin également de limiter l’impopularité de la mesure. L’Élysée n’a pas encore été saisi du dossier. Les décisions seront prises à la rentrée.

Étienne Lefebvre Les Échos 20/07/2009
http://www.lesechos.fr/info/france/02072539964-le-prix-des-cigarettes-devrait-repartir-a-la-hausse-l-annee-prochaine.htm

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- France Île de la Réunion - Licence de vente de tabac : inquiétude et colère des petits commerçants

Jusqu’à présent, contrairement à la métropole, la vente de cigarettes restait relativement libre dans les départements et territoires d’Outre-mer. Disponible dans les stations services et les points chauds, les fumeurs pouvaient acheter leur tabac dans différents commerces. Depuis le 1er août 2011, la situation a changé. Les distributeurs doivent désormais disposer d’une licence particulière pour pouvoir vendre des cigarettes, délivrée par le Conseil Général.
En rendant la licence obligatoire, l’amendement Payet vise à réduire drastiquement le nombre de magasins vendant du tabac. En juillet 2011, il existait environ 2 000 points de vente sur l’île. Un chiffre qui pourrait descendre à 1 070 après la mise en application de ce texte de loi. Les petits commerçants craignent la fin pure et simple de leur activité. En effet, dans certains magasins de proximité, la vente de tabac représente près de 40 % du chiffre d’affaires.
L’objectif affiché par la sénatrice porteuse de ce texte est avant tout un but de santé publique. Anne-Marie Payet estime en effet que réduire le nombre de points de vente peut permettre de lutter contre le tabagisme. Mais ibrahim Patel, le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de la Réunion affiche son scepticisme quant à l’efficacité d’une telle réforme. En conférence de presse ce matin, le président a surtout souligné le coup d’arrêt qui allait être infligé à de nombreux commerces. S’ils se retrouvent privés du droit de vendre du tabac, beaucoup de petites épiceries de quartier risquent de mettre la clé sous la porte. L’achat de cigarettes était souvent l’occasion pour les clients d’acheter d’autres produits du quotidien.
D’autres points du texte suscitent l’interrogation des professionnels : le prix inconnu de la licence, les critères sur lesquels elle sera délivrée...La mise en place de cette nouvelle mesure inquiète les commerçants, qui y voient "la mort" de leur activité. Selon l’amendement, il est prévu de maintenir un point de vente pour un quota de 750 habitants sur l’île.

Pas de signature D’après Linfo.re 08/07/2011
http://www.linfo.re/-Societe-/Licence-de-vente-de-tabac-inquietude-et-colere-des-petits-commercants

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- France - Dopage à la nicotine : du tabac mélangé à du verre pilé…

En matière de dopage chez les sportifs, la nicotine serait devenue très tendance chez les tricheurs.

De la nicotine dans les urines des sportifs
Une étude du laboratoire antidopage de Lausanne de 2011 a révélé un pourcentage élevé de nicotine dans l’analyse de 2 200 échantillons d’urines, prélevés chez des sportifs de haut niveau représentant 43 sports.
Cette étude est reprise par le professeur Jean-Louis Montastruc, directeur de l’antenne médicale Midi-Pyrénées de prévention du dopage, dans son dernier bulletin d’information. Or les sportifs ne sont pas des fumeurs… « Il ne s’agit pas de la nicotine de nos cigarettes car un athlète a plutôt intérêt, s’il veut maintenir ses performances, à ne pas fumer, confirme le Professeur Montastruc. Il s’agit de tabac en poudre (Ndlr : appelé aussi « tabac à mâcher ») qui est glissé entre la lèvre supérieure et la gencive, et connu sous le nom de snus. »

Du verre pilé pour créer des microlésions
Et, pour augmenter l’effet de la nicotine, certains auraient pris l’habitude de mélanger ce tabac avec du verre pilé, « afin de créer des microlésions de la muqueuse buccale et favoriser l’absorption sanguine de la nicotine ».
La nicotine, absorbée par ce biais, stimule rapidement le système nerveux : elle améliore l’attention, favorise la mémorisation, et a une action anxiolytique… Autant de facteurs qui peuvent améliorer la performance sportive de façon significative.

Le ski et le hockey sur glace particulièrement touchés
Les sports les plus représentés seraient le ski et le hockey sur glace. Mais des pourcentages non négligeables de nicotine ont été trouvés aussi chez des sportifs pratiquant le biathlon, le basket-ball, le volley-ball, le rugby, le football…
Les risques liés à cette pratique sont nombreux pour la santé du sportif : « Cardiovasculaires (développement d’hypertension artérielle, troubles du rythme cardiaque, morts subites), psychiatriques (trouble du comportement voire même suicide) et enfin cancers (notamment de la cavité buccale ou pancréatique) », précise le Pr Montastruc, pharmacologue.
L’agence mondiale antidopage a placé la nicotine à son programme de surveillance pour l’année 2012.

Omnisports 06/01/2012
http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Dopage-a-la-nicotine-du-tabac-melange-a-du-verre-pile..._39382-2029255_actu.htm

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- France - La grogne des non-fumeurs

Près de cinq ans après l’interdiction de fumer dans les lieux publics, mise en application le 1er février 2007 dans les entreprises, les non-fumeurs veulent aller plus loin. Grâce à cette loi, ils ont commencé à goûter aux joies d’un monde presque sans fumée. Aujourd’hui, un certain nombre d’entre eux déchantent. Sont-ils devenus plus sensibles aux effluves du tabac ou est-ce l’interdiction qui se délite ?
64 % des Français indiquent avoir été en contact avec de la fumée de cigarette dans un endroit dans lequel il est interdit de fumer au cours des six derniers mois, selon un sondage Harris Interactive réalisé pour Droits des non-fumeurs (DNF). Selon l’association, qui milite pour une extension des zones sans cigarette, c’est donc la loi qui s’essouffle. "Les dérives ne sont pas réprimées, relève son président, Gérard Audureau. Même lorsque l’on signale des infractions à la police. Dans les entreprises, les contrôles de l’inspection du travail sont inexistants." L’association enregistre une explosion de signalements sur le tabagisme au travail mais aussi… à la maison. Les volutes qui se faufilent dans les couloirs, glissent sous les portes, virevoltent de balcons en fenêtres sont devenus insupportables pour certains non-fumeurs. "Les gens se plaignent des désagréments de la fumée de leur voisin. C’est un phénomène nouveau", note Gérard Audureau. Comme ce jeune couple avec bébé, exaspéré par la fumée de leur voisin de fenêtre. "Le syndic de l’immeuble n’a pas pu régler le problème car il ne s’agissait pas des parties communes de l’immeuble. La plainte de ces jeunes parents a également été déboutée par un tribunal de proximité", rapporte Céline Fournier, membre de DNF. "Nous leur conseillons d’invoquer la loi sur les troubles anormaux du voisinage, qui concerne essentiellement le bruit mais qui n’est pas limitative. Cela peut aboutir sur des arrangements à l’amiable", explique Gérard Audureau.
Dans un collège du Nord, un professeur de technologie se plaint pour sa part des odeurs qui flottent dans sa salle de classe, située à côté d’une petite réserve utilisée par les fumeurs. "Des boudins ont été installés sous les portes pour bloquer la fumée mais le chef d’établissement refuse de prendre les choses en main", se désole l’enseignant, qui a saisi le procureur et écrit au recteur de son académie.

La cigarette me dérange même dans la rue
Autre lieu d’affrontement privilégié des fumeurs et des non-fumeurs : les terrasses. 60 % des personnes interrogées pour l’association déclarent également avoir subi le tabagisme passif aux terrasses de cafés et de restaurants. La moitié d’entre eux précise en avoir été gênés. "La cigarette me dérange même dans la rue. Avant, je n’osais pas faire de remarque. Aujourd’hui, en terrasse, je demande aux gens d’éteindre leur cigarette s’il y a trop de fumée. J’ai l’impression d’avoir la loi avec moi", témoigne Camille, cadre parisienne de 37 ans.
"Les Français sont plus exigeants, Maintenant, les relents de cigarettes les dérangent partout. Sur les plages, en terrasse, les gens n’acceptent plus de se faire enfumer, analyse le député Yves Bur, qui s’apprête à remettre au ministre le rapport d’un groupe de travail pour une stratégie de lutte contre le tabac à long terme. Les fumeurs ont dicté leur loi pendant des années. Aujourd’hui, c’est au tour des non-fumeurs de vouloir imposer leurs exigences." Elles pourraient un jour être entendues. L’été dernier, la décision du maire de La Ciotat de réserver un bout de plage aux non-fumeurs, sur l’exemple de New York, a séduit. Les trois quarts des Français se sont dits favorables à cette initiative.

Par Agnès Leclair Le Figaro.fr 27/01/2012
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/01/27/01016-20120127ARTFIG00535-tabac-la-grogne-des-non-fumeurs.php

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- France - Et si on interdisait le tabac ?

Il y a 5 ans (1/02/2007), le gouvernement français imposait l’interdiction de fumer dans la plupart des lieux publics fermés (les bars, restaurants, etc., y ont été soumis à partir du 1er janvier 2008). Depuis, les choses se sont encore durcies et l’objectif est désormais de « dénormaliser » le marché du tabac, dixit le député Yves Bur qui – dans le cadre d’un groupe de travail chargé d’évaluer l’application en France de la Convention-cadre de lutte anti-tabac de l’OMS (CCLAT) – devrait dévoiler dans les prochains jours de nouvelles « propositions assez fortes » en ce sens.
Sous l’impulsion de la CCLAT et dans leur lutte contre le tabagisme, de nombreux États ont, en effet, multiplié leurs réglementations anti-tabac. Au point que la question de sa prohibition n’est plus une simple lubie dans certains pays. Des projets de loi en ce sens ont déjà vu le jour, entre autres, en Finlande ou en Islande. Le Bhoutan, en Asie, a même franchi le pas en interdisant totalement la vente de tabac en 2004. En France, la Ligue contre le cancer souhaite imposer une « sortie du tabac » à l’horizon 2030.
« Le fait est que face à une demande qui « refuse » de disparaître, la lutte anti-tabac s’engage de plus en plus dans une logique de prohibition de facto du tabac. Elle consiste à étouffer de façon graduelle – et à terme totale – le marché officiel de tabac », souligne Valentin Petkantchin, auteur de l’étude.

Une « bouffée d’oxygène » pour le marché noir
Or, quand le marché officiel est mis « hors jeu », le marché noir prend systématiquement le relais pour satisfaire la demande, à l’image de ce qui s’est passé au Bhoutan.
C’est aussi la leçon de l’une des expériences occidentales les plus sévères en la matière, la prohibition d’alcool aux États-Unis entre 1920 et 1933. Après une baisse initiale, la consommation est repartie à la hausse par la suite. Elle aurait été 5 fois plus importante en 1929 qu’en 1921.
Une prohibition du tabac serait d’autant plus contre-productive qu’il existe d’ores et déjà un marché noir de cigarettes bien organisé :
• un trafic illicite estimé à 11% du marché mondial ;
• un « manque à gagner » en termes de recettes fiscales non-collectées pour les États européens d’environ 10 milliards d’euros ;
• 20% des achats effectués en dehors du réseau officiel en France, dont 5% provenant du trafic illicite (contrebande, contrefaçon et ventes sur Internet).
Ce marché illicite, nourri par une fiscalité de l’ordre de 80 % du prix de détail d’un paquet en France – se substituera à l’offre légale, si les actions toujours plus prohibitives des pouvoirs publics finissent par la faire disparaître. Or, une telle situation présente des effets pervers que ce soit en matière de santé ou de finances publiques.

Une consommation plus dangereuse
D’une part, les consommateurs font face sur le marché illicite à un manque d’information chronique et à des produits de moindre qualité, parfois plus dangereux pour la santé.
• les boissons vendues au « noir » lors du « régime sec » avaient une teneur en alcool 2,5 fois plus élevée et pouvaient contenir des substances dangereuses pour la santé (alcools industriels) ;
• les cigarettes de contrebande, produites dans l’illégalité, peuvent avoir des niveaux de cadmium et de plomb – des métaux nocifs pour la santé – 6,5 et 13,8 fois plus importants que dans les cigarettes originales de marque.
Les politiques visant à pénaliser les achats sur le marché officiel condamnent paradoxalement les fumeurs à se fournir en produits illicites potentiellement plus nocifs pour leur santé, souligne l’étude de l’IEM.

Des finances publiques dégradées
D’une part, les politiques prohibitionnistes menacent l’ensemble de la filière légale de tabac et les recettes fiscales que l’État en retire. Cette activité représente en 2010 :
• 3,4 milliards d’euros de revenus pour les fabricants de tabac, les distributeurs et les 28 000 buralistes en France ;
• environ 13,2 milliards d’euros en TVA et droits de consommation ;
• d’autres recettes, liées à la fiscalité des entreprises (impôt sur les sociétés, etc.).
D’autre part, la prohibition du tabac nécessite le déploiement de moyens policiers, judiciaires, etc., supplémentaires pour lutter contre le trafic illicite. Il s’agit de ressources qui ne peuvent du coup pas être utilisées pour protéger la population contre de vraies agressions. La population dans son ensemble risque également de souffrir de l’augmentation du crime organisé avec son lot de violence et de corruption qui l’accompagnent.
L’étude de l’IEM conclut : dans cette logique néo-prohibitionniste, la lutte anti-tabac risque de s’enliser et de devenir une lutte sans fin contre le trafic de tabac. Les effets pervers de toute nouvelle proposition visant la « dénormalisation » de l’offre légale de tabac ne devraient plus être ignorés.

L’étude Et si on interdisait tout simplement le tabac ? est disponible sur le site de l’Institut Économique Molinari : https://www.contrepoints.org/?p=67403.

Valentin Petkantchin IEM 02/02/2012
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- France - Les fumeurs sont manipulés par les industriels...

« Cet ouvrage se veut avant tout un cri d’alerte autant qu’un témoignage pour l’avenir », avertit Martine Perez, médecin et journaliste au Figaro. Interdire le tabac. L’urgence ! est une longue enquête en « Tabagie », avec analyse des coûts, diagnostics médicaux, profils psychologiques des intoxiqués mais aussi des industriels. Quels sont leurs méthodes et leurs réseaux, où sont les complicités, parfois étatiques ? « Alors qu’il tue chaque année 60 000 personnes en France et 5 millions dans le monde, pourquoi le risque sanitaire « tabac » est-il laissé de côté ? Pourquoi n’assiégeons-nous pas les usines de fabrication de cigarettes pour sensibiliser à leurs effets mortifères ? », s’interroge le Dr Perez. « Il s’agit de voir comment la France, à l’instar de la Finlande, pourrait s’engager à l’horizon 2020, par exemple, dans l’interdiction définitive du tabac ». Un livre qui, assurément, fera débat - dont nous vous présentons quelques extraits en avant-première.

Extraits
Sur le plan personnel, je suis libérale. Les interdictions de quelque côté qu’elles surgissent me dérangent le plus souvent. Mais il y a quelque chose d’indécent à entendre tous les jours dans les médias des appels à « sortir du nucléaire », à voir des députés s’opposer fermement aux biberons au bisphénol A, à assister aux arrachages réguliers de plans d’OGM, à lire des réquisitoires incessants contre les antennes-relais ou les pesticides. Et à ne rien faire, ne rien dire face aux 5 millions de victimes du tabac dans le monde. Des morts dont on ne parle pas, pour lesquels il n’y a ni compassion, ni indignation. Et vis-à-vis desquels les groupes si médiatiques censés agir au nom de la santé publique, et qui s’émeuvent souvent de tout et de rien, ne disent pas un mot. Si l’on totalise les cancers, les maladies ou les morts liés à ces produits tant décriés (nucléaire, OGM, bisphénol, antennes-relais...), on n’atteint sans doute qu’une microscopique proportion des millions de décès annuels liés au tabac dans le monde. Il ne s’agit pas de minimiser les risques éventuels du nucléaire ou des 21 pesticides, mais dans la hiérarchie du danger, le tabac vient très loin devant, sans la moindre ambiguïté : le tabac tue dix mille fois plus par an en France que tous ces risques additionnés au cours des trente dernières années. (...) Mettez 16 fumeurs dans une pièce : l’un mourra d’un cancer du poumon, un autre d’un cancer de la vessie, trois par maladie cardio-vasculaire... La moitié des fumeurs mourront des conséquences du tabac. Imaginez qu’aujourd’hui un industriel mette sur le marché un produit récréatif qui causerait autant de morts, il se retrouverait tout de suite en prison avec une peine maximale, ou risquerait la chaise électrique dans les États américains qui n’ont pas aboli la peine de mort.

Les stratégies pour nous faire fumer
D’accord, le tabac provoque des maladies mortelles, plus que tout autre produit licite, mais est-ce une raison suffisante pour l’interdire ? Et si l’usage du tabac ne relevait après tout que de la responsabilité et de la liberté de chacun ? Et si les fumeurs avaient fait un choix libre et consenti de « tirer » sur les cigarettes ? Et s’ils étaient maîtres de commencer et d’arrêter comme bon leur chante ? Mais les fumeurs sont-ils vraiment libres ? Disons-le tout net : non ! Le pouvoir hypnotique et chimique du tabac transforme une soi-disant liberté en dépendance. La liberté d’une consommation, quelle qu’elle soit, c’est de pouvoir l’interrompre quand on l’a décidé. Les fumeurs ne le peuvent plus. Ils sont manipulés, trompés par les industriels, et leur liberté n’est en ce domaine qu’un leurre, une illusion. On sait tout ou presque aujourd’hui du complot organisé pendant des décennies par les cigarettiers pour fabriquer de toutes pièces une épidémie de tabagisme, afin de faire fumer la plus grande partie de la population mondiale (...). Dès la fin des années 1960, en fait, les professionnels du tabac ont organisé de manière délibérée des campagnes de désinformation tous azimuts en réaction aux premières initiatives visant à alerter les pouvoirs publics et les fumeurs des dangers qu’ils encourent. Ces campagnes ont dès l’origine été conduites au niveau mondial. La publication des millions de pages issues des archives des industriels rendue possible grâce au procès contre les cigarettiers américains en 1998, montre que ceux-ci considéraient l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme l’ennemi public numéro un. (...) Comment mener à bien et de manière souterraine, cette guerre permanente et invisible ? La solution la plus simple choisie par les industriels était d’avoir des agents secrets au sein du personnel de l’OMS. Dans cet objectif, dans un premier temps, ils ont recruté des anciens fonctionnaires de l’OMS ou de l’ONU afin d’établir des contacts précieux avec les experts de ces institutions. Dans un second temps, pour être plus efficaces, ils ont réussi à placer leurs propres consultants à l’intérieur même de l’Organisation, les rétribuant pour défendre leurs intérêts. Le rôle de ces consultants était de manipuler le débat scientifique public concernant les effets du tabac sur la santé. De manière globale, avec des moyens financiers colossaux, ils ont inspiré les travaux de chercheurs soi-disant « indépendants » pour influencer, discréditer, déformer les résultats de la recherche concernant les risques du tabagisme actif et passif. Ils ont financé des contre-recherches et des coalitions scientifiques uniquement pour critiquer des études sur le pouvoir mortifère du tabac afin de repousser le plus tard possible les mesures législatives. Le résultat le plus spectaculaire de cette stratégie a été la présentation déformée des résultats de l’étude de 1998 sur le tabagisme passif du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). La distorsion par l’industrie des résultats continue encore aujourd’hui de conditionner l’opinion publique et les politiques et de les faire douter. Au cœur de ce réseau d’espionnage aux mille ramifications, quelques personnages troubles ont joué un rôle central. S’ils sont mentionnés nommément dans les documents secrets de l’industrie du tabac, ils persistent à affirmer leur honnêteté intellectuelle...

Les coûts réels du tabac
L’économie du tabac est un univers complexe. Il y a les chiffres bruts, officiels, qui semblent indiquer que le tabac coûte plus cher en termes de santé à l’État qu’il ne rapporte en taxes - une thèse qui rend difficilement compréhensible son maintien sur le marché. Mais, dans cette équation difficile, il faut aussi tenir compte d’une économie souterraine, par le biais de laquelle l’industrie du tabac finance de nombreuses fondations de tous ordres (y compris médicales), s’intéresse aux partis politiques (droite et gauche confondues) et aux think tanks d’obédiences variées, dont l’objectif est le trafic d’influence. L’absence de combat déterminant contre l’industrie du tabac ne peut se comprendre sans ces données occultes, qui représentent une galaxie opaque dont les limites sont difficiles à mesurer. Ce trafic d’influence concerne tous les pays où l’industrie du tabac est présente. Imaginez qu’une armée étrangère massacre toute la population de Quimper. Que ferait l’État ? Il déclarerait immédiatement la guerre. Le tabac tue 60 000 personnes chaque année - soit l’équivalent de la population de Quimper - et en rend malades des dizaines de milliers d’autres. Nous avons tous autour de nous des amis, des parents, des oncles ou des tantes morts d’un cancer du poumon ou d’un infarctus lié au tabac. Mais que fait notre pays ? Loin de déclarer cette guerre salvatrice, il en tire des profits indus. Il taxe le tabac et finit par gagner suffisamment d’argent, si bien qu’il pactise avec l’ennemi plutôt que de lancer l’offensive. L’industrie du tabac a un allié de taille : l’État qui engrange des recettes fiscales dont il est difficile de se passer en période de crise. L’État est devenu lui aussi dépendant du tabac ! Mais celui-ci n’est pas aussi rentable que l’on pense pour l’État. Tout dépend de la manière dont est évalué ce qu’il rapporte et ce qu’il coûte. (...) Les économistes ont élaboré différents modèles et distinguent généralement les coûts directs, comme les dépenses engagées pour soigner les malades du tabac, des coûts indirects, comme les journées de travail perdues et leur indemnisation en raison des arrêts maladie. Selon la manière de calculer et ce que l’on met dans l’assiette « coût du tabagisme », les données disponibles diffèrent. Même en prenant en compte les taxes (13 milliards d’euros), ainsi que les retraites non versées du fait de la mort prématurée, le coût net du tabagisme en 2005 serait de l’ordre de 47 milliards d’euros, qui se répartissent comme suit : environ 18 milliards pour les dépenses de santé, 18 milliards de pertes de productivité, 7,5 milliards de pertes de revenus, 4 milliards pour les prélèvements obligatoires non perçus... D’autres ont même démontré que la réduction du tabagisme est bénéfique au développement économique et à l’emploi. Le tabac détourne en effet une partie des revenus des particuliers des autres secteurs de consommation.

Augmenter le prix du tabac, l’arme la plus efficace
Pour interdire progressivement le tabac en France, il faudra mener dans notre pays une politique fiscale sans concession. L’augmentation du prix du tabac est un levier simple et efficace pour réduire les consommations, bien plus que les campagnes de prévention. (...) Dans le cadre du Plan Cancer, la France avait augmenté les taxes sur le tabac : entre 2002 et 2004, le prix du paquet le plus vendu est passé de 3,6 à 5 euros. Cette taxation a entraîné une chute de 33 % des ventes de cigarettes manufacturées entre 2002 et 2004 et une baisse du nombre de fumeurs. En 1999, 34,5 % de la population fumait contre 30,4 % en 2003. Ainsi, l’augmentation des prix du tabac en France entre 2002 et 2004 a provoqué une réduction de plus d’un tiers des ventes, et c’est de l’ordre de 1,8 million de fumeurs qui se sont arrêtés pendant cette période. L’expérience française démontre que lorsque le prix des cigarettes augmente suffisamment, les ventes baissent, et que lorsqu’il stagne, les ventes font de même. Il est donc contradictoire et illusoire de vouloir diminuer le tabagisme en France, avant de le faire définitivement disparaître, sans accroître la fiscalité des produits du tabac. Pour la Banque mondiale et l’Organisation mondiale de la santé, l’augmentation du prix est la méthode la plus efficace pour faire baisser les ventes de tabac. Une augmentation de 10 % du prix réellement payé par le fumeur réduit de 4 % les ventes dans les pays développés, de 8 % celles destinées aux jeunes et dans les pays en voie de développement dont le pouvoir d’achat est plus faible. Pour être efficaces, les augmentations de prix doivent être dissuasives. Trop faibles, elles restent sans effet. Les taux supérieurs à 10 % ont démontré leur efficacité en France. Par ailleurs, les effets d’une augmentation de prix s’épuisent et les ventes stagnent au bout de dix-huit mois à deux ans. Il faut donc les répéter régulièrement, par exemple de 10 % par an. Depuis le gel fiscal de quatre ans en 2004, du fait de la protestation des buralistes relayant les arguments de l’industrie du tabac, la politique fiscale sur les produits du tabac s’est limitée à de trop faibles augmentations. Résultat, la part des fumeurs quotidiens a augmenté de 2 points, passant de 27,1 % en 2005 à 29,1 % en 2010. Entendue par le député Yves Bur, dans le cadre de son rapport de mars 2012 sur une nouvelle politique de lutte contre le tabac, la direction de la Sécurité sociale affirme que les rares et insuffisantes augmentations de taxes, décidées au coup par coup au cours des cinq dernières années, n’ont pas fait diminuer les volumes consommés, alors que l’État, lui, est régulièrement soupçonné d’entretenir une forme d’entente avec les industriels...

L’augmentation du prix protège les plus précaires
L’Organisation mondiale de la santé estime que les jeunes, qu’il faut impérativement protéger pour préserver leur avenir, sont trois fois plus sensibles au facteur prix que les populations plus âgées. Les personnes les plus démunies sont, de façon constante, plus enclines à réduire leur consommation ou à s’arrêter complètement face à une augmentation de prix. Dans le cas des jeunes, un coût élevé du tabac est particulièrement efficace dans la prévention : c’est une forte incitation à ne pas commencer, et cela permet d’arrêter une initiation avant l’entrée dans le cycle de la dépendance. L’argument selon lequel taxer le tabac ne ferait qu’aggraver la situation des plus démunis est inadmissible, puisqu’il laisse sous-entendre qu’il vaudrait mieux ne pas l’augmenter pour qu’ils puissent continuer à fumer et se détruire ! Au contraire, les personnes en situation de précarité ont besoin de plus de soutien pour s’arrêter, et la politique fiscale est l’un des bras armés les plus efficaces dans ce but. Une idée souvent avancée par l’industrie du tabac et ses alliés est que l’augmentation des prix est accompagnée d’un accroissement de la contrebande. Il est certain que si l’augmentation notable des prix satisfait le ministre de la Santé qui voit baisser les ventes de tabac, et le ministre des Finances qui, lui, augmente ainsi ses recettes, les cigarettiers observent, eux, au contraire, une baisse de leur chiffre d’affaires. Les documents internes de l’industrie du tabac ont démontré que ceux- ci organisaient eux-mêmes cette contrebande. Dans une perspective de santé publique, c’est l’État qui doit agir franchement, car les augmentations décidées par les fabricants sont organisées pour être sans effet sur la consommation. Ainsi, lors de l’augmentation du 5 août 2007 annoncée comme étant de 6 %, les Gauloises blondes n’ont augmenté que de 2,1 % et les Ducal (les moins chères du marché) que de 4,4 %. Les fumeurs compensent l’augmentation en passant d’une marque de cigarettes plus chère à une moins chère et/ou en passant des cigarettes au tabac à rouler ou aux cigarillos moins taxés sans raison logique évidente. Au total, l’augmentation dissuasive et répétée des prix par un accroissement des taxes de tous les produits du tabac est la méthode centrale d’une politique efficace pour diminuer le tabagisme en France. L’histoire des trente dernières années de lutte contre le tabagisme en France en apporte la preuve, les variations favorables et défavorables du tabagisme y étant intimement liées.

L’interdiction du tabac, un processus en étapes
Il est possible d’interdire le tabac, comme d’autres substances qui le sont déjà, telles que le cannabis, l’héroïne ou la cocaïne, toxiques elles aussi, mais qui provoquent pourtant mille fois moins de morts chaque année. Une telle mesure n’est concevable bien sûr qu’étalée dans le temps avec un plan qui, étape par étape, définira des actions successives pour arriver à une élimination progressive, en dix ans par exemple, comme quelques pays viennent de le faire. Certains contestent cette interdiction. On connaît peu ou prou leurs objections et leurs arguments, exposés avant même que l’éventualité de cette interdiction n’ait été clairement formulée et que la mise en application d’une telle mesure - certes révolutionnaire - n’ait été détaillée. Les uns renvoient à l’échec de la politique de prohibition de l’alcool aux États-Unis dans les années 1920, les autres au danger d’abandonner le marché du tabac aux trafiquants et aux mafias. Sont également invoqués, pêle-mêle, la liberté de l’individu, le droit de vivre dangereusement, la dimension culturelle de l’usage de la cigarette, la nécessité pour toute société de laisser libre cours à des pratiques transgressives pour autant qu’elles ne nuisent pas à l’entourage, l’impossibilité d’enrégimenter toute une population au nom du bien, de la faire vivre dans un univers aussi aseptisé que fictif. Et puis encore : le droit au plaisir (qui n’est pas le dernier des droits de l’homme), même risqué, l’impossibilité de prédire avec une certitude absolue qui mourra d’un cancer du poumon, de crise cardiaque ou de sa belle mort. Et chacun de citer le cas du vieil oncle rétif ou de la grand-mère indocile qui a fumé jusqu’à un âge canonique après avoir enterré le reste de la famille... Bref, l’interdiction du tabac serait dans le meilleur des cas une belle idée, mais irréalisable voire utopique. Quoi qu’ils en disent, le tabac est le plus grand scandale de santé publique du XXe siècle et, si rien ne se passe, du XXIe siècle. La France pourrait aussi être pionnière si elle acceptait d’envisager un plan sur dix ans, au terme duquel le tabac serait banni de la terre hexagonale. Aucun État n’envisage une telle mesure du jour au lendemain, car, une fois la volonté politique affirmée, beaucoup doit être encore fait pour aider les fumeurs à arrêter, empêcher l’initiation des jeunes, réorienter au plan économique tous ceux qui en vivent. Rien n’est impossible. L’Europe a bien réussi à interdire l’amiante, l’absinthe, le bisphénol... »

« Interdire le tabac. L’urgence ! Le plus grand scandale de santé publique », par Martine Perez, Éditions Odile Jacob, 256 p., 17,90 euros. En librairie le 15 mai 2012.

Par Patrice De Méritens lefigaro.fr 10/05/2012
http://sante.lefigaro.fr/actualite/2012/05/10/18187-fumeurs-sont-manipules-par-industriels

Tout n’est pas bon dans cet ouvrage ! Exemple : … Les personnes les plus démunies sont, de façon constante, plus enclines à réduire leur consommation ou à s’arrêter complètement face à une augmentation de prix …. Ah bon, on nous a enseigné le contraire ! C’est ça la dépendance, on est hors du domaine de la raison ! Martine Perez ne doit pas être un tabacologue diplômé. A vérifier. (Ndlr)

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- France - Le tabagisme, le plus grand des dangers pour la santé

Nous vivons une époque paradoxale qui s’alarme à juste titre des risques réels et connus liés à la pilule mais qui reste de marbre ou presque face aux dangers du tabagisme : 73 000 morts annuels, des dizaines de milliers de cancers du poumon, d’infarctus, d’insuffisance respiratoire…
Aujourd’hui, la population est particulièrement sensible à la question des risques sanitaires : le bisphénol A a été interdit après une évaluation uniquement expérimentale. Les parabènes également, sans réelle raison, mais au nom du principe de précaution. Les antennes-relais sont mises en cause périodiquement, alors qu’aucun décès ne leur a jamais été imputé. Le Médiator a fait la une des journaux pendant un an, parce que ses effets secondaires avaient été cachés et qu’il aurait provoqué de 500 à 2 000 décès en 33 ans.
Les dangers du tabagisme sont régulièrement mentionnés, certes, mais de manière banalisée, sans jamais vraiment émouvoir, ni les décideurs, ni les politiques, ni l’Assurance-maladie. Comme si tout cela était normal. Pourtant dans l’échelle des facteurs de risque auxquels la population est exposée, le tabagisme est le plus élevé sans aucun doute. On estime qu’un tiers des cancers en France sont dus au tabagisme. Près de 30 % de la mortalité dite prématurée, c’est-à-dire avant 65 ans, peut aussi lui être attribué.

De plus en plus de fumeuses
Le tabagisme n’est pas responsable seulement d’une augmentation de la mortalité. Le chiffre des décès, impressionnant en soi, masque en réalité les centaines de milliers de personnes dans notre pays, handicapées du fait d’une insuffisance respiratoire grave, d’une artérite des membres inférieurs, ou d’une maladie chronique due au tabagisme.
Sur le plan du cancer, il est à l’origine chaque année de 30 000 cancers du poumon, En outre, il favorise celui de la bouche, de la gorge, du pancréas, de la cavité nasale, du pharynx, de l’œsophage, de l’estomac… L’alcool ayant à ces niveaux, un effet multiplicateur sur le risque. La vessie est l’autre grande cible du tabagisme : les fumeurs ont cinq fois plus de risque de développer une tumeur de cet organe.
Plus mal connu de la population est l’impact du tabagisme sur les maladies cardio-vasculaires : 15 000 décès par infarctus chaque année seraient la conséquence d’une addiction à la cigarette. Le tabagisme est particulièrement impliqué dans les infarctus des jeunes, avant 45 ans. Cinq cigarettes par jour augmentent le risque de 38 %, deux paquets quotidiens le majorent de 900 % !
Les mécanismes sont connus : l’air inhalé de la cigarette contient, entre autres, du monoxyde de carbone qui prend la place de l’oxygène au niveau de l’hémoglobine, créant à chaque bouffée, une micro-asphyxie et un spasme artériel… Les mêmes mécanismes sont responsables de l’artérite des membres inférieurs : le patient ne peut plus marcher longtemps, est obligé de s’asseoir de plus en plus souvent, et finit par souffrir même au repos… Dans notre pays, 800 000 personnes en souffrent, 5 000 sont amputées chaque année : le tabagisme est le principal facteur de risque.
Il n’y a pas beaucoup de publicité n’ont plus sur la broncho-pneumopathie chronique obstructive, une autre complication fréquente et grave. Près de 800 000 individus en sont atteints en France, 90 % à cause du tabagisme. Cette maladie commence comme une banale bronchite, évolue vers un essoufflement puis, dans les formes les plus sévères, (100 000 sujets concernés) impose de se déplacer avec une bouteille d’oxygène, sans laquelle le patient étouffe.
Enfin, on ne peut passer sous silence les effets très toxiques du tabagisme de la femme enceinte sur l’enfant qu’elle porte. « C’est en France que les Européennes fument le plus pendant la grossesse, expliquent les députés Jacquat et Touraine. Cela retentit très défavorablement sur les indicateurs de périnatalité… »

D’après Martine Perez le Figaro 01/03/2013
http://sante.lefigaro.fr/actualite/2013/03/01/19952-cigarette-plus-grand-dangers-pour-sante
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- France - Le tabagisme coûte 47 milliards d’euros par an à la collectivité

L’estimation inclut les dépenses de santé mais aussi les pertes de revenus, d’impôts et de productivité liées à une mortalité anticipée.
47 milliards d’euros c’est 3 % du PIB et l’équivalent de 772 euros par habitant, a rappelé en décembre la Cour des comptes dans un rapport sur l’évaluation des politiques de lutte contre le tabagisme. « Ce coût mériterait toutefois d’être davantage étudié », soulignait son président, Didier Migaud, car un flou sur ce sujet nourrit une idée récurrente selon laquelle le tabac rapporte de l’argent à l’État, « ce qui est à l’évidence faux ».
Réalisé par des chercheurs en 2006, ce calcul global inclut des coûts directs, c’est-à-dire la prise en charge sanitaire des pathologies attribuables au tabac, et des coûts indirects. Il s’agit des pertes de revenus, de productivité et de fiscalité liées à la morbidité et à une mortalité anticipée. Les dépenses de prévention et les incendies sont également comptés.
En ce qui concerne les frais de santé, l’étude estime à 18,3 milliards le coût de la prise en charge, en ville ou l’hôpital, des maladies cardio-vasculaires, des maladies respiratoires et des cancers. Il est parfois suggéré que l’évaluation du coût du tabagisme devrait être minorée des économies liées à une mortalité anticipée - sur les dépenses de retraites notamment. L’étude évoque un « gain » de 7,5 milliards pour le régime des retraites, ainsi que d’une économie d’environ 800 millions pour l’Assurance-maladie. « À supposer qu’elle soit mieux connue, cette soustraction aboutirait, d’une manière éthiquement très discutable, à ce que la collectivité traite comme un avantage la disparition prématurée d’une part significative de ses membres dans des conditions de pathologies particulièrement douloureuses », relevait le rapport de la Cour des comptes.
La Direction générale de la santé souligne de son côté que la difficulté méthodologique propre à ce type d’études repose sur deux asymétries : les recettes et les dépenses générées par le tabac ne sont pas administrées par les mêmes ministères, et « leur temporalité est immédiate pour les recettes et décalées de quelques années pour les dépenses de santé ».

Delphine Chayet La lettre d’info du Figaro 06/06/2013
http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2013/06/06/20002-20130606ARTFIG00499-le-tabac-coute-47-milliards-d-euros-par-an-a-la-collectivite.php?m_i=VgSVjwMSGFDyX%2BpAYt9r%2BQcJ%2BHn_SwddEWSqjdSWnLLhaO7VJ

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