Australie - L’exposition in utero favorise la survenue d’un tabagisme précoce chez le futur adulte (31/03/2007)


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- L’exposition in utero favorise la survenue d’un tabagisme précoce chez le futur adulte

La nicotine interférerait avec le développement du cerveau fœtal

Les enfants dont les mères ont fumé pendant la grossesse ont plus de risque de fumer régulièrement que ceux nés de mères n’ayant pas fumé pendant cette période, qu’elles aient ou pas fumé auparavant. L’exposition au tabac prénatal favorise un tabagisme régulier chez les futurs adultes. C’est la principale conclusion d’une récente étude australienne (1).
Les auteurs ont étudié une sous-population de l’étude MUSP. Ce vaste essai australien a effectivement inclus, entre 1981 et 1984, une cohorte regroupant 7 223 mères et leurs bébés, tous initialement suivis à l’hôpital Mater Misericordiæ de Brisbane (Queensland), puis régulièrement revus à 6 mois, 5 ans, 14 ans et 21 ans après la visite post-natale d’inclusion.
Abdullah Al Mamun et son équipe se sont donc intéressés à 3 058 femmes et à leur progéniture, les femmes étant suivies du début de la grossesse jusqu’aux 14 ans des enfants, eux mêmes suivis jusqu’à l’âge de 21 ans. Objectif : déceler une éventuelle relation entre le tabagisme maternel gestationnel et le développement de comportements tabagiques chez les enfants devenus de jeunes adultes.
Chez les mères, la consommation de tabac a été évaluée aux dates suivantes : 18 semaines de grossesse ; 3 à 5 jours après la délivrance ; puis 6 mois, 5 ans et 14 ans après la naissance. Elles ont été classées en 3 groupes : n’ayant jamais fumé et ne fumant pas ; ayant fumé avant, pendant et après la grossesse ; ayant fumé avant ou après mais pas pendant la grossesse. Le statut en tabac a également été colligé par 2 fois chez les enfants, à l’âge de 14 et 21 ans. Ils ont été classés en 5 groupes : n’ayant jamais fumé ; tabagisme précoce et occasionnel ou rare ; tabagisme précoce et régulier ; tabagisme tardif et occasionnel ou rare ; tabagisme tardif et régulier. Le tabagisme était considéré comme précoce s’il était débuté avant ou pendant la 14e année, et tardif s’il était débuté au-delà.
Résultats : plus de la moitié des femmes (53,1 %) disent n’avoir jamais fumé, plus d’un tiers (35,6 %) ont fumé à un quelconque moment de leur grossesse et 11,4 % ont fumé avant ou après la grossesse mais pas pendant. Le pourcentage de jeunes ayant commencé à fumer à partir de 15 ans ou qui fument régulièrement est plus élevé pour le sous-groupe dont les mères fumaient pendant la grossesse comparé au sous groupe dont les mères n’ont jamais fumé ou ont fumé mais en dehors de la grossesse ; le risque de développer un tabagisme régulier mais non précoce est 2,11 fois plus élevé dans le sous-groupe dont les mères fumaient pendant la grossesse comparé au sous-groupe dont les mères n’ont jamais fumé ou ont fumé mais en dehors de la grossesse. Le risque de fumer régulièrement et précocement (avant l’âge de 14 ans) est lui aussi 2,74 fois plus élevé chez les enfants nés de mères ayant fumé pendant la grossesse comparés à ceux dont les mères n’ont pas fumé pendant la grossesse. Enfin, le tabagisme maternel hors gestationnel est également associé à un tabagisme précoce et régulier de la descendance, mais à un moindre niveau.
Autres constats : comparées aux non-fumeuses, les femmes enceintes fumeuses sont plus jeunes, ont un niveau d’éducation et de revenus moindre, une vie de couple moins réussie et une plus grande tendance à consommer de l’alcool. Leurs enfants ont aussi certaines caractéristiques : la fratrie est plus nombreuse, ils ont moins souvent bénéficié d’un allaitement maternel et ils présentent davantage de problèmes sociaux, comportementaux et mentaux à l’âge de 5 ans.
Le tabagisme in utero agit de manière directe : il modifie le comportement futur de la descendance vis-à-vis du tabac. La nicotine, après être passée à travers le placenta, pourrait interférer avec le développement du cerveau fœtal. Elle modifierait notamment le système dopaminergique impliqué dans la régulation de différents produits (dont la nicotine) et pourrait ainsi perturber la réponse de ce même système à une présence ultérieure de nicotine.
L’exposition prénatale à la nicotine est aussi associée à une plus grande fréquence dans la progéniture concernée d’hyperactivité, d’agressivité et de troubles du comportement, tous facteurs favorisant la survenue d’un tabagisme durant l’adolescence.
Cette étude fournit des arguments chiffrés pour dissuader les femmes en âge de procréer de fumer et pour convaincre celles qui sont déjà enceintes et fument d’arrêter leur consommation tabagique.

Référence
1. Al Mamun A, et al. Does maternal smoking during pregnancy predict the smoking patterns of young adult offspring ? a birth cohort study. Tob Control 2006 ;15:452-7.

Revue Équilibres (INPES) 31/03/2007


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