France - La Moselle teste une méthode inédite de sevrage tabagique (23/02/2009)


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- La Moselle teste une méthode inédite de sevrage tabagique

Le Réseau Lorraine Stop Tabac est parvenu à d’excellents résultats en combinant suivi personnalisé et aide au financement des traitements.
Après un an d’arrêt du tabac, 44,13 % d’abstinents. Le pourcentage annoncé par le Réseau Lorraine Stop Tabac est basé non pas sur les déclarations des patients, mais sur la mesure objective du taux de monoxyde de carbone retrouvé dans leurs poumons. Un franc succès, quand on sait qu’en matière de lutte contre le tabagisme, les bons résultats se situent d’ordinaire autour de 25 à 30 % de maintien de l’arrêt du tabac au bout d’un an. Cette réussite est à mettre au compte d’un dispositif expérimental basé sur une approche globale du fumeur et un suivi de proximité.
L’idée est née au sein d’une association créée par trois médecins et une sage-femme, Amelucta, qui tient une consultation de tabacologie à Behren-lès-Forbach depuis juin 2004. Tous les quatre s’étaient rendu compte qu’il existait une forte demande, mais que, pour assurer une prise en charge efficace, il fallait s’assurer la présence de professionnels médicaux formés, et que l’on ne pouvait pas se limiter au seul suivi d’un traitement.
En s’inspirant d’un réseau existant dans le Vaucluse, et avec le financement de l’Union régionale des caisses d’assurance-maladie et de l’Agence régionale de l’hospitalisation, ils ont alors mis en place un programme ambitieux. Celui-ci ne repose pas sur une méthode de sevrage ou un type de traitement de substitution en particulier, mais sur une présence humaine forte.

978 patients suivis en trois ans
Ainsi, sur le territoire de santé de Moselle-Est (Forbach, Sarreguemines, Sarrebourg), couvrant 340 000 habitants, 33 médecins généralistes – dont quelques hospitaliers – et 14 sages-femmes ont suivi chacun quatorze heures de formation à la consultation de tabacologie (comprenant des techniques d’entretien de motivation). Cinquante-neuf pharmacies ont été sensibilisées, des tracts distribués dans de nombreux lieux publics, et des interventions ont été menées en entreprise et en milieu scolaire, explique Mathiam Mbemgue, administrateur du réseau.
En trois ans, 978 patients ont été suivis : on leur a fait signer une « charte d’engagement » et ils ont rempli un imposant questionnaire sur leurs habitudes de vie et de fumeurs. Il leur a été proposé de pouvoir, durant trois mois, bénéficier de cinq consultations de tabacologie et d’une prise en charge de la moitié de leur traitement quel qu’ils soit (substituts nicotiniques tels gommes et patchs, ou médicaments comme le Zyban ou le Champix), ce qui est bien supérieur au remboursement de la Sécurité sociale.
"Dès la première consultation, on identifie les risques de rechute"
Surtout, ces patients ont à leur disposition, s’ils en ressentent le besoin, deux diététiciens et un psychologue, eux aussi formés par le réseau. Objectif : prévenir la rechute. « Les raisons les plus fréquentes de rechute sont la prise de poids, que certaines personnes vivent mal, et le manque de suivi psycho-comportemental pour faire face aux coups durs », affirme le docteur Francis Raphaël, tabacologue cofondateur du réseau.
« Dès la première consultation, on identifie les risques de rechute pour mieux y être préparé », poursuit-il. Les médecins, dont les consultations sont plus longues car elles reposent sur une grande écoute et qui s’engagent à faire remonter au réseau de nombreuses informations, sont, eux, payés double. Pour gérer le réseau, s’assurer d’une bonne circulation de l’information et du respect des engagements de chacun, deux personnes ont été recrutées : un spécialiste des réseaux de formation – Mathiam Mbemgue – et une assistante chargée notamment d’orienter les fumeurs vers le professionnel le plus proche et de rappeler systématiquement, un an après leur sortie du dispositif, tous ceux qui l’ont suivi. L’idée est de les inviter à consulter à nouveau, afin de savoir s’ils sont restés abstinents.
L’expérience arrive aujourd’hui à la fin de sa durée de trois ans. Au vu de ses bons résultats – sur les 546 patients ayant terminé leur suivi depuis un an et ayant consulté à nouveau, 241 n’ont pas recommencé à fumer –, elle pourrait être renouvelée pour trois nouvelles années.

Élise DESCAMPS (à Behren-lès-Forbach, Moselle) La Croix 23/02/2009
http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2365916&rubId=4076#haut

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