France - Les adolescents délaissent le tabac pour le cannabis (27/01/2018)


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- Les adolescents délaissent le tabac pour le cannabis

La consommation de cannabis en quelques chiffres
Un rapport parlementaire préconise des amendes de 150 à 200 euros plutôt que la prison pour les consommateurs de drogue. Cette mesure vise surtout les fumeurs de cannabis. Quelques chiffres sur la substance illicite la plus consommée de France.
L’observatoire Français des drogues et toxicomanies (OFDT) a pu observer les habitudes de consommations de drogues de 200 mineurs. Ces derniers semblent rejeter la cigarette au profit du cannabis.
Les politiques de préventions portent leurs fruits, le tabac est de plus en plus rejeté par les adolescents. Mais, revers de la médaille, ils se tournent vers le cannabis. La quasi-totalité des moins de 18 ans a déjà testé au moins une drogue et a plaisir à raconter en détail cette « première fois ». C’est du moins ce que révèle le nouveau rapport de l’OFDT qui relate les données collectées lors de l’enquête Aramis.
200 mineurs nés entre 1996 et 2002, aux profils sociaux divers, ont été observés et interrogés pendant trois ans. L’objectif est de définir les perceptions, les motivations et les parcours de consommations des drogues (tabac, cannabis et alcool) parmi les mineurs. Ces données seront utilisées afin d’améliorer les politiques de santé publique.

Le tabac, passage obligatoire mais délaissé par les jeunes
Le premier contact avec le tabac se fait assez jeune, entre 9 et 16 ans, mais aucun n’a aimé cette première cigarette. « Bizarre », « pas bon », « étouffant », « cramé » voire même « dégueulasse » sont les termes les plus cités. L’odeur, le goût, la fumée, les conséquences sur la santé et sur l’aspect physique sont bien connus par les adolescents, même parmi les fumeurs. Mais l’objectif est de se surpasser et d’éprouver ses limites physiques dans une période de changements corporels importants : la puberté. Cette première cigarette, consommée loin du cadre familial est donc vécue comme un passage obligatoire. « J’ai un peu galéré pour apprendre à fumer mais après c’était mieux, c’est venu comme ça » (Chloé, 17 ans).
Mais au-delà de de côté « rite initiatique », le tabac est globalement désavoué par les jeunes. Les dégradations physiques et la mortalité associées, le caractère chimique, l’absence de substances psychoactives et le prix excessif éloignent les nouvelles générations du tabac. De plus, la cigarette étant interdite dans les lieux publics, sa consommation est rendue difficile et le caractère socialisant associé diminue.

Le cannabis, un produit vert ?
Contrairement à la cigarette, la consommation de cannabis est vécue comme une expérience positive, particulièrement lorsqu’il s’agit d’herbe. L’aspect social domine les récits, « essayer ensemble » est signe d’adhésion, de confiance et scelle l’amitié. « La première cigarette, ça fait rien, aucun effet, tandis que le joint, pendant un moment, t’es comme... t’es parti, dans ton monde à toi » (Thomas, 16 ans). Cette substance est largement diffusée, sa consommation banalisée et elle est particulièrement appréciée en raison de ses effets euphorisants. « Quand on vous demande par exemple “t’as déjà testé ?”, on va direct penser à la beuh, on va même plus penser à la cigarette » (Tania, 15 ans).
Par ailleurs, le cannabis jouit d’une image conviviale et plaisante dès la première prise chez les adolescents qui en apprécient le goût. Cette vision positive est renforcée car ils ne l’assimilent pas à la maladie, à la mort ou à l’addiction à la nicotine, contrairement au tabac. Par son image naturelle, pure, voire « bio », cette drogue est assimilée à un « produit vert et non chimique » dont les effets « plus doux et progressifs » sont vantés par les adolescents. Ces effets psychoactifs sont à la fois guettés, recherchés même s’ils sont parfois redoutés.

Ont-ils conscience des risques ?
Ils évoquent tous l’omniprésence du tabac et de l’alcool dans leur entourage et dans les images auxquels ils sont quotidiennement confrontés. Il leur semble impossible d’y échapper. Par ailleurs, les messages de préventions ou les photos sur les paquets neutres sont bien souvent jugés excessifs voire, mensongers.
Quel que soit la substance concernée, les campagnes sont souvent perçues comme décalées de leur réalité. « Sur le cannabis, pfff ! Je pense aux espèces de clips de prévention avec des jeunes mal coiffés et des écharpes. Ils essayent d’utiliser des expressions de jeunes mais généralement ils y arrivent pas » (Hugo, 15 ans).
L’historique familial joue toutefois un rôle essentiel dans la prise de conscience des adolescents. Plusieurs d’entre eux expriment leur réprobation face à une consommation excessive de leurs parents. Cette prise de conscience est source d’autorégulation chez ces jeunes. De plus ils ne veulent pas être associés à l’image du « marginal toxicomane » enfermé dans son addiction. Ils revendiquent tous une liberté individuelle et ne se perçoivent aucunement comme sujets à la dépendance.

Par Ouns Hamdi Le Figaro 27/01/2018
http://sante.lefigaro.fr/article/les-adolescents-delaissent-le-tabac-pour-le-cannabis/


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