France - Syndrome métabolique et insulino-résistance (23/04/2008)


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- Syndrome métabolique et insulino-résistance

Le tabagisme, un problème de poids
Fumer tue. Par cancer et maladies cardio-vasculaires. Cela, on le savait. Mais aussi par l’installation d’un syndrome métabolique et d’une insulino-résistance. La minceur des fumeurs n’a en effet qu’un temps. Une modification de la répartition des graisses au profit de l’abdomen se produit et entraîne des conséquences néfastes à long terme sur le poids et de façon plus générale sur la santé.

Un effet direct de la nicotine sur le métabolisme hormonal (AFP)
On devrait donner à lire l’article du Dr Arnaud Chiolero (Lausanne) à tous les jeunes qui se mettent à fumer en pensant que ce geste fait maigrir. Bien sûr, la consommation d’une cigarette fait augmenter le métabolisme énergétique de base de 3 % pendant l’heure qui suit. Bien sûr aussi, la dépense énergétique quotidienne des fumeurs (24 cigarettes par jour) passe de 2 230 à 2 445 calories par jour. Mais il faut aussi prendre en compte l’effet direct de la nicotine sur l’équilibre hormonal : dans un premier temps, il se produit une modification de la répartition des graisses qui conduit à leur accumulation centrale ; ce qui, par le biais de l’installation d’un syndrome métabolique, conduit à une insulino-résistance. Dans un délai plus ou moins long, selon la sensibilité individuelle génétique au syndrome métabolique, une obésité abdominale difficilement réversible s’installe. Bref, la cigarette peut aussi faire grossir.
Du jeune fumeur mince au gros fumeur plus âgé. Les médecins suisses prennent aussi en compte d’autres données qui pourraient expliquer les modifications de poids observées chez les fumeurs autant en termes de perte que de prise de poids.
La nicotine est dotée d’un effet anorexigène aigu. Pendant les deux heures qui suivent la consommation d’une cigarette, la faim diminue et la sensation de satiété est obtenue avec une quantité moindre de nourriture. L’apport calorique restreint associé à une majoration de métabolisme de base suffisent à expliquer l’effet du tabac sur le poids. Ces phénomènes se produisent de façon plus aiguë chez les jeunes. A cet âge les fumeurs ont une activité physique parfois augmentée par rapport aux non-fumeurs en raison de l’effet stimulant de la nicotine. Bref, tous ces facteurs combinés expliquent que les jeunes fumeurs soient globalement plus minces que les non-fumeurs des deux sexes.
Mais, un jour, le fumeur vieillit. Pour le Dr Chiolero, « on peut distinguer deux cas de figure. Soit – en raison de la nocivité du tabac – ils développent des maladies (cancers ou pathologies en rapport avec une alcoolisation associée) qui, au cours de leur développement, s’associent à une perte de poids, et, dans ce cas, ces fumeurs maigrissent. Soit leur capacité à l’effort diminue en raison de troubles respiratoires ou d’artériopathie des membres inférieurs, leurs habitudes alimentaires généralement mauvaises influent progressivement sur leur santé et leurs capacités de métabolisation de l’alcool diminuent et, dans ce cas, les fumeurs grossissent ».
L’installation d’une obésité abdominale. Il faut aussi ajouter que, d’un point de vue métabolique, il s’installe une insulino-résistance propre au tabagisme qui peut potentialiser celle due aux mauvaises habitudes alimentaires, à la sédentarité et à l’installation d’une obésité abdominale et, dans ce cas, la prise de poids s’installe de façon durable et il est bien difficile de perdre ces kilos en trop. Pour peu que le fumeur soit d’un milieu socio-économique bas, la situation est encore plus difficile en termes de surpoids, sauf, bien sûr, si une pathologie néoplasique se développe. Chez les sujets à faibles revenus – une part non négligeable des fumeurs dans le monde – le prix d’achat du tabac est tel que des choix doivent être faits en termes de dépenses journalières. Une grande majorité d’entre eux préfère continuer à dépenser leurs ressources limitées dans le tabac plutôt que dans une nourriture saine. Et le fast-food (dans les pays où ce type d’alimentation est disponible) et la nourriture grasse (dont le pouvoir de satiété est plus important) influent eux aussi sur le tour de taille, donc sur l’installation d’un syndrome métabolique, dont les conséquences peuvent être dramatiques.
La perte de poids des premières années de tabagisme est donc un leurre et, une fois de plus, des études scientifiques prouvent que le tabac n’est pas bon pour la santé.

Am J Clin Nutr », 2008 ; 87 : 801-9.
Dr Isabelle Catala Le Quotidien du Médecin 23/04/2008
Transmis par le Dr Geneviève Sajus (F 93)

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