France - Sevrage tabagique en officine : il est temps de mettre le paquet ! (02/10/2014)


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- Sevrage tabagique en officine : il est temps de mettre le paquet !

Le tabagisme tue 73 000 personnes par an, (soit 200 par jour) et un fumeur sur deux meurt du tabac. En présentant, jeudi dernier, son programme national de réduction du tabagisme, la ministre de la santé, Marisol Touraine, a notamment souligné la nécessité de mobiliser les professionnels de santé au repérage et à la prise en charge du tabagisme. Là encore, comme en cas de consommation inappropriée d’alcool, les officinaux peuvent intervenir efficacement de par leurs connaissances, leur expérience et leur proximité du public. Le conseil de l’Ordre a d’ailleurs répondu très rapidement « présent » par la voix d’un communiqué intitulé : « Sevrage tabagique : les pharmaciens sont au rendez-vous ! ». Ces derniers peuvent intervenir dans la motivation à l’arrêt du tabac, l’évaluation du niveau de dépendance, l’aide pharmacologique à l’arrêt, le suivi personnalisé des personnes en cours de sevrage et, si besoin, en orientant les fumeurs vers une consultation spécialisée. A noter que des programmes de formation et de multiples outils sont d’ores et déjà à la disposition des pharmaciens, en particulier sur le site du Cespharm (Comité d’éducation sanitaire et sociale de la pharmacie française) (1).

Pas si simple !
Impliquer les pharmaciens dans le sevrage tabagique, ce n’est pas nouveau. Il y a déjà plus de 15 ans l’ANAES indiquait que le pharmacien pouvait jouer un rôle stratégique dans la lutte contre le tabagisme. « Les pharmaciens se doivent de souligner les risques importants de fumer, encourager l’abstinence tabagique, conseiller et accompagner le fumeur qui cesse de fumer » (conférence de consensus ANAES 1998, « Arrêt de la consommation du tabac »). Cependant, comme cela était rappelé récemment dans un cours du DIU Tabacologie de l’Institut Rhône-Alpes Auvergne de tabacologie (2), le développement du sevrage tabagique à l’officine « c’est possible, nécessaire mais… encore difficile ». Les freins relevés sont liés à l’exercice officinal (manque de temps, absence d’espace de confidentialité), aux pharmaciens (absence de reconnaissance de cet acte de prévention, motivation, compétence), et aux fumeurs (difficulté de vaincre la dépendance et de se confier). Une plus grande implication des pharmaciens nécessite non seulement une réorganisation de l’exercice professionnel (lieu de confidentialité, personne formée et motivée, multiplication des entretiens de courte durée, homogénéisation des tarifs des substituts nicotiniques), mais aussi une véritable reconnaissance du rôle du pharmacien en tant que professionnel de santé, son intégration dans un réseau, et la reconnaissance de l’acte de prévention (2). Pas sur que les mesures actuelles et à venir aillent dans le bon sens…

Isabelle Birden JIM 02/10/2014

Références
(1)WWW.cespharm.fr
(2)“Intervention du pharmacien d’officine en tabacologie“. DIU - Tabacologie - Clermont-Ferrand - 21 mai 2014 - M.J. Pojer-Médeville et Pr M.P. Sauvant-Rochat.
http://www.jim.fr/medecin/actualites/pro_societe/e-docs/sevrage_tabagique_en_officine_il_est_temps_de_mettre_le_paquet__147860/document_actu_pro.phtml

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