France - Ces médecins qui défendent l’e-cigarette (15/11/2013)


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- France - Ces médecins qui défendent l’e-cigarette

Cent médecins de toutes les spécialités médicales signent un appel en faveur de la cigarette électronique pour lutter contre les méfaits du tabac.
Pour le Dr Jean-Michel Klein, président du Syndicat national des ORL, il était temps de réagir : « Il faut arrêter de dire et d’écrire n’importe quoi sur la cigarette électronique ! Si nous ne connaissons pas tout d’elle, nous constatons que les malades vont mieux quand ils vapotent que quand ils fument. Et si cet outil nous permet de sauver quelques-unes des 73 000 personnes que le tabac tue en France chaque année, alors il est de notre devoir de nous y intéresser ».
Le Dr Philippe Presles, tabacologue, auteur d’une méthode pour tenter d’arrêter de fumer avec la cigarette électronique qui paraît cette semaine, a la conviction que l’on tient enfin l’outil pour en finir avec le tabac. Sans souffrir de manque, de stress, ou d’inquiétude de grossir.
Après une longue étude sur le sujet et une constatation au quotidien sur certains patients, il a mesuré les qualités et les défauts de la vaporette. Et il la juge indéniablement plus efficace que les autres méthodes à base de substituts nicotiniques. Le Dr Presles va même très loin en affirmant que « cette invention sera probablement celle qui sauvera le plus de vies humaines au 21e siècle, tout en procurant aux fumeurs, ces hédonistes dans l’âme, un nouveau plaisir à explorer ». Plus modéré, l’Office français de prévention du tabagisme, auquel il a été demandé un rapport officiel, constate un consensus pour dire que l’e-cigarette est infiniment moins nocive que la cigarette.

Les praticiens se mettent à espérer
Les consommateurs semblent les premiers supporteurs de ce nouveau jouet inventé en 2003 par un pharmacien chinois du nom de Hon Lik. L’engouement est mondial. Explosion aux États-Unis et en Europe, croissance exponentielle en France. Plus de un million de Français vapotent, soit l’équivalent de 7 à 8 % des fumeurs du pays. Si la moitié reconnaît l’utiliser pour faire des économies, huit sur dix affirment que leur démarche est avant tout médicale, avec le souci de moins s’intoxiquer.
Les médecins, d’abord réticents face à cette vaporette qui fait de la fumée comme la cigarette, en reproduit la gestuelle et peut contenir de la nicotine, sont nombreux à modérer leur scepticisme. Tout simplement parce qu’ils constatent des effets bénéfiques sur leurs patients. Ceux qui la défendent le plus sont les tabacologues et les pneumologues. Selon les spécialistes, elle ne serait vraiment fiable que depuis un couple d’années, ce qui a notamment faussé les résultats de certaines études de dangerosité réalisées avec d’anciens modèles. Les réticences qui persistent sont plus liées à une position de principe, celle du zéro cigarette car le tabac tue. L’e-cigarette va à l’encontre de ce postulat, car son usage vient souvent en complément d’une consommation de tabac. « Même si dans les faits, il est indéniable que l’on a des cas de personnes qui arrêtent totalement le tabac en quelques jours », confirme Philippe Presles. Alors que les tentatives d’arrêt du tabac enregistrent un taux d’échec de 80 % dans les six mois qui suivent, les praticiens se mettent à espérer en cet outil qui pourrait constituer un nouvel enjeu de santé publique.
Pragmatiques, les cent médecins signataires de l’appel pour que la cigarette électronique soit conseillée contre le tabac estiment que chaque cigarette qui n’est pas grillée grâce à l’e-cigarette est un gain. La position réglementaire de la France, qui reste assez ambivalente, ne les satisfait pas totalement. Sur l’idée que la vaporette pourrait être une porte d’entrée vers le tabac chez les jeunes, par exemple, Philippe Presles nuance : « chez eux, c’est l’interdit qui attire. Mais l’effet de mode porte la cigarette électronique. Elle pourrait permettre à la moitié des 40 % de jeunes qui fument d’arrêter en partie ou totalement le tabac. Faut-il renoncer à cette aubaine ? ».
Même débat sur l’interdiction dans les lieux publics, ce qu’imagine faire l’actuel gouvernement. Ce serait un principe de précaution mal appliqué, selon certains médecins. L’un des atouts mis en avant par les utilisateurs de vaporette est qu’on peut l’utiliser là où la cigarette est interdite. Aux États-Unis, les géants du secteur du tabac, comme British American Tobacco, Lorillard ou Reynolds American, ont tous lancé une e-cigarette à grand renfort de publicité avec ce seul argument : la liberté d’usage et le plaisir sans les inconvénients du tabac. Et s’il y a une chose qu’on ne peut pas mettre en doute, c’est leur grand sens du marketing.

Christophe Doré lefigaro.fr 15/11/2013
http://sante.lefigaro.fr/actualite/2013/11/15/21521-ces-medecins-qui-defendent-cigarette

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