France - Quels liens entre tabagisme et schizophrénie ? (01/11/2008)


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- Quels liens entre tabagisme et schizophrénie ? (01/11/2008)

La fréquence de la consommation de tabac chez les personnes souffrant de schizophrénie est nettement plus élevée (60 à 90 % des sujets selon les études) que dans la population générale (23 à 30 %) ou dans d’autres troubles psychiatriques (1).
Les schizophrènes fument beaucoup, en moyenne 22 à 27 cigarettes par jour, 90 % d’entre eux ayant commencé avant même le début des troubles psychiatriques. Ils inhalent la fumée plus profondément, et leur taux d’extraction de nicotine par cigarette est plus élevé que celui des sujets sains. Leur dépendance tabagique est sévère, avec un score moyen de 6 à 7 au test de Fagerström, et associée à d’autres dépendances, en particulier à l’alcool et au cannabis.
Les schizophrènes ont une espérance de vie réduite, de 15 ans en moyenne aux États-Unis, en partie liée à la mortalité par suicide (10 à 20 fois plus fréquent qu’en population générale) mais aussi et surtout liée aux troubles cardiovasculaires. Les risques de mortalité par affections cardiovasculaires et respiratoires sont respectivement jusqu’à 6 et 5 fois plus élevés chez les schizophrènes. Cette augmentation du risque est pour une grande part liée au tabac.
Si l’on pensait que l’ennui en milieu hospitalier pouvait concourir au tabagisme, plusieurs études récentes avancent de nouvelles hypothèses pour expliquer ce phénomène chez les schizophrènes :
 l’automédication apparaît comme le facteur le plus déterminant : le tabac a un effet positif sur les symptômes cognitifs de la maladie, en favorisant la transmission glutamatergique et dopaminergique au niveau du cortex préfrontal. Par ailleurs, le tabac pourrait atténuer certains effets indésirables induits par les traitements neuroleptiques administrés aux patients ;
 l’existence de facteurs génétiques communs de vulnérabilité à la dépendance au tabac et à la schizophrénie paraît aussi entrer en jeu. Toutes ces données plaident pour une approche thérapeutique spécifique du sevrage. L’arrêt du tabac chez les patients atteints d’affections psychiatriques a d’ailleurs fait l’objet d’une conférence d’experts rapportée au 2e Congrès de la Société Française de Tabacologie.

1. Dervaux* A, et al. Smoking and schizophrenia : epidemiological and clinical features. L’Encéphale 2008 ;34:299-305.
*Service d’Addictologie, centre hospitalier Sainte-Anne, 1 rue Cabanis, Paris, France. a.dervaux@ch-ste-anne.fr
Résumé en anglais (un comble pour une étude française !) : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18558153

La schizophrénie (2)
Cette maladie psychiatrique se manifeste par des épisodes aigus associant délire, hallucinations, troubles du comportement et par la persistance de divers symptômes chroniques pouvant constituer un handicap important.
Elle concerne environ 0,7 % de la population mondiale et 600 000 personnes en France.
(2) Orphanet INSERM SC 11 - Plate-forme maladies rares - Hôpital Broussais Paris

http://www.inpes.sante.fr/TA/TA93/actu_scien1.htm
Tabac Actualités n° 93, 01/11/2008


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