États-Unis - Tabagisme occasionnel et parois artérielles chez les 20 à 26 ans (01/11/2008)


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 Tabagisme occasionnel et parois artérielles chez les 20 à 26 ans (01/11/2008)

Que le tabagisme soit un facteur majeur de risque cardiovasculaire, chacun en est largement informé. Toutefois, certains peuvent encore se réfugier derrière l’idée que fumer peu, moins d’un paquet de cigarettes par semaine par exemple, les met à l’abri de ce risque cardiovasculaire imputable au tabac. Ils ont tout faux, comme en atteste cette étude américaine !
Le tabagisme a un effet cardiovasculaire délétère, notamment du fait de son action sur les parois artérielles, en particulier sur la fonction endothéliale et la vasodilatation médiée par le flux sanguin, avec l’oxyde nitrique (NO) pour principal médiateur. Cette dysfonction est l’un des principaux mécanismes de l’athérosclérose, cette atteinte progressive des parois artérielles qui peu à peu s’épaississent, perdent leur élasticité et forment des plaques dites d’athérome, plaques qui obstruent peu à peu la lumière interne de l’artère, jusqu’à parfois l’obstruer complètement, comme dans le cas de l’infarctus, cardiaque ou cérébral.
Une réduction de la lumière de l’artère mais surtout une diminution de la vasodilatation endothélium-dépendante sont donc des facteurs prédictifs de complications cardiovasculaires. Ces paramètres peuvent être mesurés de différentes façons, notamment par mesure de la vitesse du flux sanguin avant et après divers stimuli, ou par échographie doppler, les ultrasons permettant de mesurer très précisément le calibre des vaisseaux sanguins. Dans cette nouvelle étude (1), les auteurs ont utilisé ces techniques pour évaluer l’impact immédiat, sur les parois artérielles de sujets jeunes et en bonne santé, d’un tabagisme occasionnel.

Des adultes jeunes et en parfaite santé
Deux groupes de jeunes gens ont été constitués, de 6 hommes et 3 femmes chacun, âgés de 20 à 26 ans, tous en bonne santé, sans aucun antécédent cardiovasculaire. Le premier groupe servait de témoin, avec 9 individus n’ayant jamais fumé ; dans le deuxième groupe, les 9 sujets étaient tous des fumeurs occasionnels, c’est-à-dire fumant moins d’un paquet par semaine depuis au moins un an.

Un seul stimulus
Les tests furent réalisés deux fois par jour, à 10 h et 14 h, pour contrer les variations dites nycthémérales, c’est-à-dire explicables par l’horloge biologique.
Les sujets devaient s’abstenir de tout exercice physique important, de prise d’excitant (caféine) ou de médicament pouvant avoir un éventuel effet vasculaire. Enfin, dans le groupe « fumeurs », les sujets, qui n’avaient pas fumé depuis au moins 2 jours, subissaient les tests deux fois de suite : une première fois pour obtenir les mesures « de base », une deuxième fois après avoir fumé 2 cigarettes. Les tests visaient à mesurer la vasodilatation endothélium-dépendante. Pour faciliter les mesures, les auteurs n’ont eu recours qu’à un seul stimulus : une ischémie partielle, donc une privation des tissus en oxygène par baisse notable de la circulation sanguine provoquée artificiellement par la mise en place d’un brassard pneumatique placé autour du bras et gonflé pendant des temps variables (0,5 ; 1 ; 2 ; 5 et 10 minutes). La vitesse du flux sanguin et le diamètre de l’artère radiale étaient mesurés cinq minutes après chaque phase d’ischémie.

Deux cigarettes suffisent !
Les deux groupes étaient similaires en termes d’âge et de poids. Comparée à celle des non fumeurs, et dans des conditions d’ischémie, la vasodilatation endothélium-dépendante était réduite de 35,9 % (diminution significative) chez les fumeurs après consommation de deux cigarettes.
Pour les auteurs, ces résultats, corroborant ceux d’autres études, montrent que le tabagisme occasionnel peut altérer très rapidement la physiologie des parois artérielles et ainsi contribuer très précocement à la survenue des premiers stigmates de l’athérosclérose. Autrement dit, il n’y a pas de tabagisme « sans risque cardiovasculaire », et ce risque apparaît très tôt dans la vie du fumeur.

(1) Stoner L, et al. Occasional Cigarette Smoking Chronically Affects Arterial Function. Ultrasound in Medicine & Biology ; 16/09/2008
Résumé en anglais : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18799254

Tabac Actualités n° 93, 11/2008
http://www.inpes.sante.fr/TA/TA93/actu_scien3.htm


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