Dépendances non tabagiques


Accueil du site www.tabacologue.fr > Dépendances > Dépendances non tabagiques

Ce site est destiné aux professionnels de santé. Dernier ajout le 6 octobre 2011.


SOMMAIRE


- France - Jeux d’argent et de hasard /10/2011
- France - Abus de drogues et addictions : quel est le rôle de la transmission dopaminergique ? Apports des études d’imageries fonctionnelles 13/12/2007
- France - Dépendances nouvelles 18/04/2006
- France - Dépendance aux jeux vidéo et à Internet 13/04/2006



- France - Dépendances nouvelles

« Jeux vidéo, sexe, shopping : les nouvelles addictions » titre LE FIGARO du lundi 17/04/2006 qui publie une interview du Pr. Michel Reynaud (Hôpital Paul Brousse à Villejuif), lequel explique l’évolution des nouvelles connaissances en la matière.
Selon le Pr. Reynaud, « toutes les addictions sont une dérégulation de mécanismes naturels de prise de plaisir et de contrôle de la souffrance » sachant que « les plaisirs naturels peuvent devenir excessifs et se transformer alors en anorexie-boulimie, addiction sexuelle, jeu pathologique ou encore achat maniaque ».
Il souligne que « les addictions aux produits correspondent à une dérégulation brutale de ces mécanismes de gestion des plaisirs et des émotions par la dépendance à l’alcool, au tabac, au cannabis ». Affirmant que "le mécanisme de l’addiction est la recherche du plaisir et l’irruption de la souffrance si l’objet de l’addiction quel qu’il soit vient à manquer", le Pr. Reynaud note que jusqu’à présent « les psychanalystes s’intéressaient aux addictions sexuelles, et les cliniciens aux dépendances liées aux produits » et que plus récemment « les psychiatres (…) se sont penchés sur les addictions comportementales et ont montré qu’elle dépendaient des mêmes mécanismes physio-psychopathologiques que celles liées aux drogues ».
Il observe que certaines addictions « varient avec l‘environnement et l’offre du marché » ainsi l’arrivée massive du cannabis a favorisé cette addiction chez les jeunes de même que l’arrivée de nouveaux jeux vidéo ou autres. Il estime également « pas impossible » bien que « rien ne permette de l’étayer de manière documentée qu’une société non contraignante soit « facilitatrice » d’addictions ». Considérant qu’il est normal de prendre du plaisir, il note toutefois que « les plus vulnérables (…) risquent d’être dépassés, de perdre le contrôle » sachant que « le plaisir devient une addiction quand la source de plaisir devient le principal objet de motivation et que la vie ne finit par ne tourner qu’autour de cela ». Selon lui, les mécanismes « sont assez bien établis », les situations agréables, stimulant « la production de neuro -hormones qui font cracher de la dopamine, l’hormone du plaisir par excellence ».
Soulignant que « la mémorisation de l’expérience fait que sa simple anticipation mentale stimule déjà les neurohormones », il explique que « les addictions comportementales sont l’exacerbation de mécanismes naturels » alors que la dépendance aux produits « détourne les mécanismes du plaisir », les drogues se comportant « comme des leurres pharmacologiques qui viennent prendre la place de nos neuromédiateurs naturels ». Il relève que dans son service les deux tiers des consultants ont des problèmes avec l’alcool, les autres se partageant entre addictions au tabac, à la cocaïne, au cannabis, aux opiacés, mais qu’il y a aussi une unité avec des patients souffrant d’anorexie-boulimie et de dépendances comportementales (jeux, sexe, passion amoureuse). Il indique qu’en matière de prise en charge « il y a des fils conducteurs » et « une adaptation à chaque situation » avec pour objectif de « réapprendre au patient à retrouver du plaisir dans des situations multiples » et il explique « quand on arrête une addiction la vie est triste » pour préciser que selon le cas, la prise en charge se fait à travers des médicaments ou une psychothérapie.

MILDT 18/04/2006

Retour au sommaire



- France - Dépendance aux jeux vidéo et à Internet

L’histoire, que la presse a largement rapportée, interpelle : un jeune homme, qui restait 20 heures par jour devant son ordinateur, a dû finalement être hospitalisé... Bien qu’aucune enquête épidémiologique ne permette d’évaluer la fréquence de la « cyberaddiction », les médecins tirent la sonnette d’alarme.
Le Pr Michel Lejoyeux, chef des urgences psychiatriques de l’hôpital Bichat (Paris) veut surtout attirer l’attention des parents sur les signes qui doivent les alerter, en particulier les symptômes dépressifs : découragement, tristesse, absence d’envie. En effet, cette addiction recouvre très souvent un autre trouble du comportement et se développe chez des adolescents dépressifs ou souffrant de troubles de la personnalité ou encore d’états psychotiques débutants.
Au moindre doute, il faut en parler à son médecin et demander l’avis d’un pédopsychiatre qui pourra détecter une addiction associée (cannabis, alcool) ou une psychose qui débute. En effet, explique le Pr Lejoyeux, le recours anormal à Internet traduit un refus du réel comme c’est le cas, par exemple, pour la schizophrénie.
Il n’est évidemment pas question d’interdire aux enfants de jouer avec une console ou de se connecter à Internet, ça ne suffit pas à créer la maladie, mais d’apprendre aux ados à repasser à des relations réelles, et non plus seulement virtuelles, et de leur proposer d’autres activités (sport, cinéma, sorties...) pour reprendre contact avec la réalité. Sinon, l’enfant ou l’ado risque de se déconnecter peu à peu au profit du virtuel, de s’isoler socialement et d’aller droit à l’échec scolaire et professionnel.

Panorama du Médecin 13/04/2006

Retour au sommaire



- Abus de drogues et addictions : quel est le rôle de la transmission dopaminergique ? Apports des études d’imageries fonctionnelles

De nombreux neurotransmetteurs — dont le GABA, le glutamate, l’acétylcholine, la sérotonine, et les opioïdes endogènes — ont été impliqués dans les effets addictifs de différents toxiques ou drogues. Parmi tous les neurotransmetteurs, la dopamine est incontestablement celui qui fait l’objet de nombreuses études. Quelle est la contribution de la dopamine : à l’effet à court et long terme favorisé par les drogues qui provoquent une dépendance ; et à la vulnérabilité qui rend — devant une drogue donnée — les uns plus rapidement dépendant que les autres ? Voici les questions auxquelles Volkow et al. (2007), se proposent de répondre, en s’aidant d’une mise en perspective des résultats d’études d’imageries fonctionnelles pratiquées dans le domaine de l’addiction.
La dopamine joue un rôle crucial dans le renforcement lié à la consommation d’une drogue
Rappelons d’emblée que les neurones dopaminergiques de l’aire tegmentale ventrale et de la subtantia nigra pars compacta codent pour la "prédiction de l’erreur", c’est-à-dire la discordance entre une récompense attendue et une récompense obtenue. Cet effet de surprise active la décharge dopaminergique et facilite probablement l’apprentissage à partir des erreurs…
Les drogues susceptibles de provoquer une dépendance augmentent la concentration extracellulaire de dopamine dans les régions limbiques, y compris au niveau du striatum ventral (nucleus accumbens). Ainsi, le méthylphénidate comme la cocaïne augmentent la concentration de dopamine via l’inhibition du transporter de la dopamine, alors que l’amphétamine et la métamphétamine favorisent la sécrétion de dopamine des terminaisons dopaminergiques. L’effet de l’exposition à une drogue sur les récepteurs dopaminergiques a été évalué grâce au raclopride, un ligand marqué au carbone 11. L’administration intraveineuse de méthylphénidate augmente la concentration de dopamine striatale et est associée à la perception d’une euphorie, à l’inverse d’une administration orale. En d’autres termes, à l’instar des mécanismes de renforcement liés à la nourriture et au sexe, la propriété renforçante de l’effet de la consommation d’une drogue est clairement liée à sa capacité de promouvoir une sécrétion — phasique — de dopamine mais d’une magnitude et durée supérieures à la normale. En conclusion, l’activité phasique des neurones dopaminergiques est quantitativement corrélée à la prédiction d’erreur positive et reflète la probabilité et la magnitude de cette récompense !
La dopamine joue un rôle dans les effets à long terme des drogues : implication dans l’addiction.
La principale question qui émerge est de savoir comment, du rôle joué dans le renforcement, la dopamine promeut-elle l’addiction ? In fine, par sa propriété renforçante — voire hédonique — la dopamine signale la « salience » d’un événement (par exemple, la consommation d’une drogue), sa valeur motivationnelle et favorise un apprentissage conditionné (vide infra). Ainsi s’établit un cercle vicieux : la consommation de la drogue provoque un renforcement, d’où augmentation de la sécrétion de dopamine striatale, laquelle biaise la motivation vers la consommation de la drogue, d’où un apprentissage (puis une réponse) conditionnée, prélude vers la constitution d’une habituation. De plus, la consommation répétée de la drogue et la sécrétion de concentration supra-physiologique de dopamine, vont progressivement promouvoir des modifications (plastiques) moléculaires et morphologiques au sein des structures limbiques régulées — entre autres — par la dopamine (pour revue, voir Schultz, 2000). L’apport des études en imagerie fonctionnelle a permis de montrer qu’au stade d’addiction, suite à la consommation chronique de la drogue, on observe chez les patients une diminution de la disponibilité des récepteurs dopaminergiques striataux D2 (notamment au sein du nucleus accumbens), ce qui est susceptible de contribuer à un certain degré de désensibilisation et finalement à la perte des propriétés motivationnelles des autres stimuli que la drogue. C’est ainsi que pourrait s’expliquer la perte d’intérêt pour les stimuli naturels de l’environnement, observée chez les patients drogués. A ce stade, la consommation de la drogue est aussi un moyen pour les patients de mobiliser leur système motivationnel pour se sentir bien !
Une étape importante dans les mécanismes de l’addiction : la réponse conditionnée.
La dopamine est impliquée dans la réponse conditionnée, en accord avec son rôle dans la prédiction de l’erreur (vide supra). La réponse conditionnée est la capacité d’obtenir une réponse spécifique devant un stimulus neutre lorsque celui-ci a été au préalable couplé — de manière répétée, c’est le conditionnement — avec un stimulus conditionnant (c’est-à-dire signifiant), par exemple la drogue. Des études expérimentales ont montré que la répétition d’un tel conditionnement s’accompagnait d’une sécrétion de dopamine striatale d’abord dans la portion ventrale (ou limbique) puis dorsale (sensori-motrice), lors de la présentation du seul stimulus neutre. Rappelons que cette portion dorsale du striatum est impliquée dans la gestion des habitudes. Ce schéma d’activation/recrutement progressif du striatum ventral puis dorsal impliqué dans la gestion des habitudes, constitue les bases physiopathologiques susceptibles d’expliquer — en partie — le comportement automatique conduisant les patients à la recherche et la consommation compulsive de la drogue !
Dopamine et dysrégulation des systèmes de la récompense et de régulation du comportement.
La diminution précédemment décrite de la disponibilité des récepteurs dopaminergiques D2 chez les patients et le dysfonctionnement du circuit de la motivation ainsi généré, sont corrélés, en absence de la drogue, à un hypo métabolisme des cortex orbito-frontal et cingulaire antérieur, structures limbiques impliquées dans la motivation mais également dans la prise de décision et l’inhibition comportementale. Inversement, en présence de la drogue un hyper métabolisme, dont l’intensité est corrélée au désir de la drogue, est observé au sein de ces structures limbiques. Comme ces structures sont impliquées dans le contrôle inhibiteur et la prise de décision, Volkow et al. avancent l’hypothèse selon laquelle ces anomalies pourraient constituer le corrélat anatomo-physiologique de la consommation compulsive de la drogue et des troubles de la décision et du contrôle inhibiteur (faisant rechercher la consommation de la drogue malgré la conscience de son caractère nocif) observés chez les patients drogués.
La dopamine joue-t-elle un rôle dans la vulnérabilité vis à vis de la drogue ?
Il est maintenant largement établi que nous ne sommes pas tous égaux devant la drogue. Les facteurs de vulnérabilité inclus des facteurs génétique — dont par exemple le polymorphisme, controversé, des récepteurs D2 —, environnementaux (niveau socio-économique défavorisé et le stress) et la présence d’une comorbidité psychiatrique (troubles thymiques). Certains travaux ont examiné la courbe dose/réponse (renforcement) provoquée par l’administration de méthylphénidate. Le niveau de disponibilité des récepteurs dopaminergiques D2 est significativement plus bas chez les patients rapportant une sensation agréable après l’administration de méthylphénidate, alors qu’il est plutôt élevé chez ceux rapportant une sensation désagréable. Des résultats comparables ont été retrouvés chez l’animal qui présente une aversion pour la consommation d’alcool en cas de disponibilité d’un nombre important de récepteurs dopaminergiques. Si tel est le cas, les mécanismes par lesquels la variabilité de la disponibilité à l’état de base, des récepteurs dopaminergiques rend compte de la vulnérabilité à une drogue ne sont pas clairs.
Conclusion
La transmission dopaminergique joue un rôle crucial dans les mécanismes de l’addiction. Les propriétés renforçantes d’une drogue dépendent de l’intensité et la rapidité de la sécrétion de dopamine. Cette sécrétion dopaminergique, notamment au niveau du striatum dorsal, favorise également l’acquisition de comportement conditionné, au cœur de la motivation pour la drogue. Inversement, la consommation chronique de la drogue et la sécrétion supra-physiologique de dopamine ainsi provoquées favorise à long terme une « down-regulation » des récepteurs dopaminergiques D2 au sein des régions limbiques, prélude au dysfonctionnement des cortex orbitaire et cingulaire antérieur, régions limbiques impliquées dans la prise de décision, la motivation, et le contrôle comportemental. D’où des comportements compulsifs, une impulsivité et des troubles du contrôle inhibiteur.

Références :
Volkow N, Fowler JS, Wang G-J, Swanson JM, Telang F.
Dopamine in drug abuse and addiction. Results of imaging studies and treatment implication. Archives Neurology 2007 ; 64(11) :1575-1579
Volkow N and Li Ting-Kai.
Drug addiction : the neurobiology of behavior gone awry.
Nature Reviews Neurosciences 2004 ; 5 :963-970
Schultz W.
Multiple reward signals in the brain. Nature Reviews Neurosciences 2000 ; 1(3) :199-207

Par Jean-Luc Houeto (CHU de Poitiers), publication le 30/11/2007
Transmis par Pascale Somero - OFT 13/12/2007

Retour au sommaire



- France - Jeux d’argent et de hasard

Dans le cadre de son Baromètre santé 2010 et en collaboration avec l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), l’Inpes a mené une analyse sur les pratiques des jeux de hasard et d’argent. Réalisée en amont de la loi du 12 mai 2010 concernant l’ouverture à la concurrence et à la régulation de ce secteur, cette étude est inédite en France.

Retour sur les premiers résultats (http://www.inpes.sante.fr/30000/pdf/tendances77.pdf).
Les personnes ayant joué au moins une fois dans l’année ont d’abord été identifiées sur l’ensemble de l’échantillon du Baromètre santé 2010 (25 034 personnes âgées de 18 à 75 ans). L’étude s’est ensuite concentrée sur les joueurs dits actifs, c’est-à-dire ayant joué au moins 52 fois et/ou misé au moins 500 euros dans l’année.

Majoritairement des hommes
Selon l’enquête, les joueurs actifs représentent 12,2 % de la population générale : 15,6 % des hommes et 8,8 % des femmes. Ils sont âgés en moyenne de 47 ans. Par ailleurs, ils sont moins diplômés : 87,0 % des joueurs actifs possèdent un niveau inférieur ou égal au baccalauréat (vs 76,2 % de l’ensemble de la population interrogée) ; un peu plus d’un sur cinq n’a aucun diplôme (21,6 % vs 17,1 %).

Profil du joueur excessif
Déjà mis en œuvre dans d’autres enquêtes internationales, l’outil de repérage du jeu problématique ICJE – indice canadien du jeu excessif – a été utilisé dans le cadre de cette première étude française, faisant apparaître 1,3 % de joueurs dits « problématiques » : 0,9 % (400 000 personnes) présentent un risque modéré de se trouver en difficulté par rapport au jeu et 0,4 % sont des joueurs excessifs en grande difficulté face à celui-ci (200 000 personnes). Ces derniers sont majoritairement des hommes (75,5 %), d’une moyenne d’âge de 41 ans. Ils s’adonnent à davantage de jeux que les autres et jouent plus souvent en ligne. Leurs mises sont également plus élevées : supérieures à 1 500 euros par an pour près de la moitié (vs 7,1 % pour l’ensemble des joueurs actifs). En outre, ils se distinguent par leur précarité financière et leur faible niveau d’études : 57,8 % déclarent un revenu mensuel inférieur à 1 100 euros et plus d’un sur trois ne possède aucun diplôme (36,3 %).

Des addictions multiples
L’étude met aussi en évidence une relation significative entre les pratiques de jeux les plus à risque et les consommations d’alcool, de tabac et de cannabis. Ainsi, 26,3 % des joueurs excessifs présentent un risque de dépendance à l’alcool (vs 3,2 % en population générale) et 50,5 % d’entre eux affichent une consommation à risque (vs 15,5 %). De plus, 64,2 % sont des fumeurs quotidiens (contre 29,7 %) et 6,1 % déclarent avoir consommé du cannabis au cours du dernier mois (contre 4,4 %).
Cette première enquête place la France à un niveau relativement bas par rapport aux autres pays ayant mené ce type d’investigation. Avec un taux de 1,3 % de joueurs « problématiques » (soit 600 000 personnes), elle se situe en effet derrière les États-Unis et l’Australie (environ 5 %), l’Italie, le Canada, la Belgique ou encore la Grande-Bretagne (2 %). En revanche, elle est à un niveau proche de celui de la Suisse (1,3 %) ou des Pays-Bas (0,9 %).

Equilibre la lettre de la prévention de l’INPES n° 75 /10/2011
http://www.inpes.sante.fr/index2.asp?page=CFESBases/equilibre/numeros/75/jeux_argent_hazard.asp

Retour au sommaire


{{}}

Association francophone des diplômés et étudiants en tabacologie (Afdet) - 15 rue de la Chapelle - F-95310 ST OUEN L'AUMONE
Tél. : +33 (0)95 057 55 77 - Siret 508 296 027 00016 Code NAF 9499Z
Plan du site | Nous écrire | Informations légales | Espace privé | © Copyright 2007 2017 Afdet