Pathologies dermatologiques


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Ce site est destiné aux professionnels de santé. Dernier ajout le 22 janvier 2009.


SOMMAIRE



- Nouvelle Zélande - Fumer pourrait protéger de l’allergie ! 31/01/2008
- USA - Vieille peau et tabac : une preuve irréfutable 25/01/2008
- Taïwan - Plus un homme fume, plus tôt il perd ses cheveux 26/11/2007
- Tabac et psoriasis 12/11/2007
- France - Tabac et chirurgie 8/06/2006
- France - L’apport des dermatologues dans les campagnes anti-tabac 8/12/2004


- France - Tabac et chirurgie
Sous le titre « No smoking » L’EXPRESS indique que « le fumeur qui doit subir une opération chirurgicale tire le plus grand bénéfice à arrêter la cigarette deux mois avant l’intervention et à s’abstenir ensuite jusqu’à cicatrisation complète ». Indiquant que selon le bulletin de l’Institut de veille sanitaire, il s’épargne ainsi deux ou trois jours d’hospitalisation, l’hebdo explique que de même les risques d’infection de la plaie, de retard dans la consolidation des os, de passage en réanimation ou de lâchage de points de suture sont ramenés au niveau d’un non fumeur.

MILDT 8/06/2006

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- France - L’apport des dermatologues dans les campagnes anti-tabac
Doll a confirmé que le tabac n’est pas bon pour les docteurs : le suivi sur 50 ans de 31 496 médecins britanniques révèle une différence d’espérance de vie d’au moins 10 ans avec 30 fois plus de mortalité par cancer du poumon (1)…mais la notion de risque reste souvent perçue comme une limite faite pour être repoussée, et le recul de cette notion de risque se traduit par l’insuffisance d’impact des campagnes antitabac.
Ceci a incité à ouvrir une nouvelle voie d’information qui passe par la dermatologie. Les femmes, de plus en plus fumeuses, devraient être aux premières loges pour recevoir une information dermatologique dispensée par les professionnels de l’esthétique et de la coiffure préalablement enseignés : ces temps d’écoute privilégiés de la vie sociale féminine (et par conséquence masculine) permettent d’espérer que la crainte d’une détérioration visible de l’apparence décourage les fumeurs mieux encore que la peur d’une invisible affection bronchique.
En effet, la peau parle mieux au public des effets délétères du tabac que ne peut le faire un cliché pulmonaire, mais il reste à en prendre conscience. Longtemps ignoré, l’effet du tabac sur la peau représente pourtant une véritable opportunité d’éducation de santé contre le tabagisme (2). Dans une situation optimale d’écoute, la clientèle des professionnels de l’apparence est appelée à recevoir une information originale sur les risques cutanés du tabac, et à comprendre que l’image de la peau dégradée est emblématique d’une dégradation plus profonde qui touche toutes les structures conjonctives, épithéliales ou vasculaires de l’organisme, et ne se limite pas au problème du cancer.
Pour les coiffeurs, il est bon de dire que la souris C57/BL6 exposée pendant trois mois à la fumée, voit son pelage se clairsemer et se décolorer … La nicotine et la cotinine s’accumulent dans les poils, avec une destruction massive des cellules bulbaires, rejoignant le constat ancien de la fréquence d’une perte de cheveux ou de cheveux prématurément gris chez les fumeurs (3). Les esthéticiennes diront que dès 1856, la presse médicale s’intéressait au teint olivâtre et au visage ridé des fumeurs. Elles diront que l’effet vieillissant du tabac est similaire à l’effet des ultra-violets.
Divers travaux cliniques ont conclu que 46 % des fumeurs présentent un aspect comparable à l’élastose actinique avec des rides rayonnantes des joues, des rides plus profondes, un aspect grisâtre ou jaunâtre du teint. La réalité de cette élastose tabagique est confirmée par l’étude histologique (4) qui découvre qu’elle est beaucoup plus étendue et plus profonde que n’est l’élastose actinique. Le tabac induit une élastolyse, diminue les inhibiteurs anti-élastases, altère la synthèse (par inhibition de la lysyl oxydase) et achève d’altérer l’aspect cutané par un effet vasculaire …qui donne un teint terreux.
Quant à nos propres patients, nous continuerons de leur expliquer que leur maladie fait rarement bon ménage avec le tabac (en dehors de l’erythromélalgie) : aux patients acnéiques, nous rappellerons qu’il existe 41 % des fumeurs chez les acnéiques contre 24 % chez les témoins. Nous apprendrons l’effet délétère du tabac dans l’hydradénite suppurée, la dyshidrose, le lupus parfois, et toutes les pathologies vasculaires de cicatrisation difficile. Au terme d’une séance de coiffure ou de soins de peau, le fumeur ou le non encore fumeur aura compris que ses vaisseaux cutanés, ses fibres élastiques dermiques, ses enzymes et son DNA sont les cibles de l’agression sournoise d’un tabac dont la toxicité remonte jusque sur la peau. de ce qui n’est au début qu’une habitude sociale Une société qui privilégie l’apparence et s’enivre de communication a toute chance de profiter de cette nouvelle éducation de santé qui soutient les efforts de l’oncologie. En prenant garde à ne pas se faire assimiler à des professionnels de l’esthétique, les dermatologues devraient se réjouir à l’idée d’être acteurs de cette évolution des campagnes anti-tabac.

1 – Doll R et al. BMJ. 2004 Jun 26 ;328(7455):1519
2 – Trueb R. Dermatology 2003, 206, 189-91
3 – Mosley JBr Med J 1996, 313, 1916
4 – Frances CBr J Dermatol 1991, 124, 43-7

Information émanant de la Fédération Française de Formation Continue en Dermato-Vénéréologie
Pr. G. GUILLET, CHU Poitiers (g.guillet@chu-poitiers.fr ) Le journal faxé de dermatologie 8/12/2004

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- Nouvelle Zélande - Fumer pourrait protéger de l’allergie !
La fumée de tabac a divers effets sur le système immunitaire et particulièrement un renforcement de la fonction T suppressive. Il est donc logique de s’interroger sur les conséquences du tabagisme sur la sensibilisation allergénique. Un travail mené en Nouvelle Zélande tente d’éclaircir ce point. Les données d’une étude longitudinale menée à partir de 1972 sur une cohorte de naissance de 1 037 individus suivis pendant 32 ans ont été utilisées.
Des prick-tests cutanés avaient été pratiqués à l’âge de 13 puis de 32 ans pour 11 aéro-allergènes communs et le statut d’atopique déterminé par la positivité d’au moins un de ces tests. Parallèlement, on avait recueilli des informations sur le tabagisme qu’il soit actif ou passif ainsi que sur l’atopie familiale.
A l’âge de 13 ans, 52 % des garçons et 38 % des filles étaient atopiques. Cette différence entre les sexes n’était pas retrouvée à 32 ans : 61 % des hommes et 57 % des femmes avaient au moins un prick-test positif.
Il s’est avéré que les enfants de parents atopiques avaient un risque inférieur de sensibilisation à l’âge de 13 ans en cas de tabagisme de l’un de leurs parents (odds ratio, 0,55 ; P =0,009). Cette association n’était cependant pas significative après ajustement pour allaitement maternel, statut socio-économique…
Les individus ayant des parents atopiques avaient également un risque inférieur de sensibilisation entre l’âge de 13 et 32 ans en cas de tabagisme actif (odds ratio, 0,18 ;
P < 0,001). Cette association est restée significative après ajustement pour de multiples facteurs confondants.
Par contre, aucune association entre tabagisme passif ou actif et sensibilisation n’a pu être mise en évidence en l’absence d’antécédents familiaux d’atopie.
Bien sûr, sensibilisation ne veut pas dire allergie mais il semble néanmoins que le tabagisme actif pourrait protéger les enfants de familles atopiques. Ce n’est quand même pas une raison pour l’encourager !

Hancox R et coll. : Cigarette smoking and allergic sensitization : A 32-year population-based cohort study. J Allergy Clin Immunol 2008 ;121 : 38-42.
Dr Geneviève Démonet www.jim.fr 31/01/2008

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- USA - Vieille peau et tabac : une preuve irréfutable
Une observation tout à fait privilégiée rapportée dans les Archives of Dermatology confirme l’influence directe du tabac sur le vieillissement cutané. Les auteurs rapportent l’observation de 2 jumelles qui ont toujours vécu de façon similaire tant par leur activité professionnelle que par les latitudes sous lesquelles elles ont vécu. La seule différence notable était le fait que l’une des deux fumait (52 paquets/ année) alors que l’autre n’avait jamais fumé. Ces 2 femmes de 52 ans vivent, au moment où l’observation est relatée, dans le sud des États-Unis, leur niveau d’éducation est similaire, leur phototype identique (phototype II) et leurs histoires médicales se ressemblent avec des interventions tout à fait banales (hystérectomie, cholécystectomie, etc.). Elles n’ont utilisé ni l’une ni l’autre des produits cosmétiques à base de vitamine A acide et se sont exposées de façon similaire au soleil.
Les photos sont très parlantes, montrant une accentuation de la taille et de la profondeur des rides faciales chez la jumelle fumeuse alors que par ailleurs les signes d’héliodermie sont identiques chez les 2 sœurs.
Si l’on admet qu’effectivement les conditions d’existence sont tout à fait proches chez ces 2 patientes, le seul élément expliquant ce vieillissement cutané précoce, chez l’une d’entre elle, est bien le tabac.

Doshi DN et coll. : Smoking and skin aging in identical twins. Arch Dermatol 2007 ; 143 : 1543-6
Dr Patrice Plantin www.jim.fr 25/01/2008

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- Taïwan - Plus un homme fume, plus tôt il perd ses cheveux
Les chercheurs ont étudié 740 hommes entre 40 et 91 ans du district de Tainan sur Taïwan.
Les fumeurs chez qui la chevelure commence tôt à s’éclaircir devraient penser à temps à l’influence préventive d’un arrêt du tabagisme sur la calvitie, ont expliqué les chercheurs.
Les fumeurs sont presque deux fois plus nombreux à avoir une calvitie, comme le montre une étude de l’Université nationale de Taïwan.
Après avoir exclu d’autres risques de calvitie, les chercheurs sont arrivés à la conclusion que le risque des fumeurs était de 1,8 fois en moyenne et nettement plus élevé (2,3 fois) chez les hommes fumant 20 cigarettes ou plus par jour.

Source : Lin-Hui Su, Tony Hsiu-Hsi Chen, Association of Androgenetic Alopecia With Smoking and Its Prevalence Among Asian Men. A Community-Based Survey, in : Archives of Dermatology 2007 ; 143 : 1401 - 1406.
26/11/2007

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- Tabac et psoriasis
D’après LA TRIBUNE, les fumeurs sont davantage exposés au psoriasis, ainsi que le révèle une étude publiée dans l’Américan Journal of Medecine qui montre qu’en outre les fumeurs développent des formes plus graves.
Indiquant que la cause en serait les perturbations immunitaires induites par la fumée de cigarette, le journal rapporte que selon une étude menée sur des infirmières, cette maladie est augmentée de 78 % chez les fumeuses et de 37 % chez les ex fumeuses, sachant que même le tabagisme passif augmenterait ce risque, y compris chez les enfants soumis au tabagisme maternel in utero.

MILDT 12/11/2007

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