Cannabis


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Ce site est destiné aux professionnels de santé. Dernier ajout le 17 décembre 2014.


Le cannabis est la substance psychoactives illicite la plus fumée dans de nombreux pays dont la France.
S’il peut être consommé seul sous forme d’herbe (marijuana), en France il est pour l’essentiel fumé à l’état de résine mélangée à du tabac. La technique d’inhalation de la fumée de cannabis est différente de celle du tabac, favorisant son contact avec la muqueuse bronchique et son impact sur la fonction respiratoire. Une fumée composée de tabac et de cannabis sera d’autant plus nocive.
Chez le fumeur de cannabis, les fréquences des signes d’irritation bronchique et des épisodes de bronchites aiguës sont augmentées.
Le cannabis a un effet bronchodilatateur rapide ; sa consommation chronique provoque une diminution de la conductance spécifique ; les études portant sur le déclin du VEMS sont discordantes. La fumée de cannabis et le tétrahydrocannabinol sont irritants pour l’arbre bronchique. Ils induisent des signes histologiques d’inflammation de la muqueuse bronchique, altèrent les capacités de défense antifungique et antibactérienne des macrophages alvéolaires.
L’inhalation de fumée de cannabis est un facteur de risque de cancer bronchique. L’arrêt de la consommation induira des bénéfices importants pour l’appareil respiratoire. Cela doit encourager les praticiens à proposer aux consommateurs des prises en charge de sevrage.

Dr Michel Underner 01/01/2013
Unité de tabacologie, service de pneumologie, centre de lutte antituberculeuse (CLAT 86),
CHU La Milétrie, BP 577, pavillon René-Beauchant, 86021 POITIERS CEDEX, France


SOMMAIRE


- France - Une molécule pour se désintoxiquer du cannabis 08/01/2014
- France - La garde des Sceaux étudie un assouplissement de la législation sur le cannabis 04/12/2013
- Nouvelle Zélande - Cannabis et ados : QI jusqu’à -8 points 11/09/2012
- France - L’OFDT publie Cocaïne, données essentielles 29/03/2012
- France Canada - Cannabis et mémoire à court terme 01/03/2012
- USA - L’exposition in utero au tabac et à la cocaïne laisse des traces cérébrales à l’adolescence 09/12/2011
- France - Les ados fument moins de cannabis mais plus de tabac 08/12/2011
- Brésil - Fumer du cannabis avant 15 ans ralentit le cerveau 25/11/2011
- France - Cannabis et troubles schizophréniques 19/03/2010
- France - Les « bangs » augmentent la toxicité du cannabis 27/01/2010
- France - Le cannabis dans la peau... 23/10/2009
- France - Alerte au cannabis de synthèse 28/09/2009
- Royaume-Uni - Le cannabis aussi dangereux que le tabac /07/2009
- France - Bilan positif pour les consultations cannabis 23/07/2009
- USA - Marijuana + tabac = risque de BPCO 14/04/2009
- USA - Cannabis : risque de cancer du testicule doublé 2/03/2009
- Nouvelle-Zélande - Fumer un joint a les mêmes effets que vingt cigarettes 29/01/2008
- Nouvelle-Zélande - Le joint a un véritable pouvoir cancérigène 29/01/2008
- Nouvelle-Zélande - Le cannabis aussi cancérigène que le tabac 18/12/2007
- USA - Emphysème : un joint de cannabis a les mêmes effets que fumer 2,5 à 5 cigarettes 10/12/2007
- USA - Cannabis beaucoup plus toxique que le tabac 31/07/2007
- USA - Le cannabis ne fait pas bon ménage avec le cerveau 26/02/2007
- France - Portrait du fumeur de cannabis 27/10/2006
- France - Comment savoir qu’un ado fume du cannabis 29/09/2006
- France - Cannabis, plus dangereux que le tabac 17/08/2006
- France - Test salivaire pour détecter le cannabis 12/07/2006
- France - Statut du cannabis 20/06/2006
- France - La dépénalisation du cannabis relancé ? 18/06/2006
- France - L’arrêt du cannabis est une épreuve sous-estimée 12/06/2006
- France - Le mythe de la faible dangerosité du cannabis 27/03/2006
- France - Cannabis : plus de goudrons et de CO que le tabac 03/2006
- France - Les ados préfèrent les joints à la cigarette 22/02/2006
- France - Association dangereuse : bang et cannabis 01/02/2006

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- France - Le mythe de la faible dangerosité du cannabis

Non contents d’être souvent soutenus par quelques personnages célèbres et de représenter une certaine idée de la liberté et de la jeunesse, les adeptes du cannabis ont longtemps cru avoir la science pour eux. Ils n’ont eu de cesse au cours de ces dernières années, où était discutée la trop grande – ou la trop faible ? – tolérance à l’égard de leur produit préféré d’affirmer que sa nocivité pour la santé était bien moins forte que celle du tabac, qui reste pourtant légalement vendu en France, sous le contrôle de l’état. Mais peu à peu, leurs arguments se sont émoussés. Certains nourrirent tout d’abord l’idée qu’une importante consommation de ce produit psycho actif pouvait accélérer chez des personnes prédisposées le fait de « décompenser » une maladie psychiatrique. D’autres mirent en avant le danger que fait courir le cannabis aux automobilistes, même s’il reste moindre que celui lié à l’alcool. Mais surtout, les études confirmant la nocivité de la fumée de cannabis pour la santé pulmonaire et cardiovasculaire se sont multipliées.
Ainsi, ce lundi 27 mars, l’Institut national de la consommation (INC) rend publics les résultats d’une étude réalisée en collaboration avec la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT) qui a fourni à l’institut le matériel nécessaire à la réalisation de son enquête. Quelque 280 cigarettes rieuses ont été confectionnées. Une machine qui permet, selon la norme internationale ISO, de mesurer pour les cigarettes les teneurs en nicotine et en goudron a été utilisée.
La Marlboro rouge a été choisie comme produit témoin.
Il est apparu que la fumée d’un « joint classique », constitué de résine de cannabis, présente « sept fois plus de goudrons et de monoxyde de carbone que celle du tabac », indique aujourd’hui le mensuel de l’INC. Le fumeur de cannabis inhalerait en outre deux fois plus de benzène et trois fois plus de toluène qu’un fumeur de tabac. La consommation « d’herbe pure » n’est guère préférable : les teneurs en goudron et en monoxyde de carbone dépassent toujours celle d’une cigarette. Pour les responsables de l’étude, « fumer trois joints par jour (…) fait courir les mêmes risques de cancers ou de maladies cardio-vasculaires que fumer un paquet de cigarettes ».

A. C.www.jim.fr 27/03/2006

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- France - Cannabis : plus de goudrons et de CO que le tabac

A la Une de 60 MILLIONS DE CONSOMMATEURS, ce titre : « Cannabis 7 fois plus de goudrons et de CO que le tabac ». En page intérieure, cette annonce « 3 joints = un paquet de cigarettes ».
Le magazine qui observe que si plus personne ne conteste les dangers du tabac, le cannabis jouit pour sa part d’une image de drogue « douce » voire « naturelle » notamment chez les jeunes, rappelle que la France est dans le peloton de tête les pays les plus consommateurs de cannabis en Europe selon les chiffres de l’enquête Espad réalisée en milieu scolaire dans une trentaine de pays européens. Soulignant que le cannabis est aussi la drogue illicite qui donne lieu au trafic le plus important, le journal précise que la résine de cannabis provient essentiellement du Maroc qui alimente 90 % du marché européen, l’herbe saisie provenant pour sa part de Belgique et des Pays Bas, et l’autoproduction étant le fait d’un quart des consommateurs. D’après le mensuel, les concentrations en THC n’ont cessé d’augmenter depuis les années 70 avec une progression des techniques de sélections, de manipulations génétiques et de culture. Suit un développement sur les effets du cannabis qui varient d’une personne à l’autre, sachant que « les plaisirs recherchés (…) masquent des méfaits qui apparaissent même à faible dose ».
Notant qu’en 2001 une étude de l’Inserm a recensé ces méfaits avec (perturbation de la mémoire immédiate, de la concentration intellectuelle, de la perception visuelle, de la vigilance et des réflexes, et à long terme possibilité de troubles psychiques ), la revue indique que le cannabis peut aussi engendrer une dépendance psychologique et révéler ou aggraver les manifestations de la schizophrénie, et qu’il a une responsabilité dans les accidents de la route, les risques étant d’autant plus importants qu’il est souvent associé à l’alcool.
Le mensuel précise par ailleurs que les conséquences de cette consommation sur le fœtus sont mal connues mais que des études américaines et canadiennes montrent des retards de développement chez celui-ci et des troubles divers chez le nouveau né.
Afin de comparer la toxicité de la fumée du cannabis à celle du tabac le journal a réalisé une série de tests à la machine à fumer, avec l’aide de la MILDT qui « a procuré la matière première ».
D’après le magazine, se sont les teneurs en nicotine, goudrons , monoxyde de carbone, benzène et toluène dans les fumées principales de joints de cannabis et de cigarettes Marlboro rouge qui ont été comparées et le résultat montre « qu’avec ou sans tabac, la fumée de cannabis est beaucoup plus toxique que celle du tabac » puisque « le joint de cannabis fait inhaler six à sept fois plus de goudrons et de monoxyde de carbone que la cigarette » ce qui signifie que « fumer trois joints tous les jours fait courir les mêmes risques de cancers ou de maladies cardiovasculaires que fumer un paquet de cigarettes ».
A noter un tableau sur les tests de fumage effectués « selon les paramètres de la norme internationale ISO 3308 avec un filtre carton » et ensuite « selon des paramètres plus proches des conditions réelles avec un filtre carton ».
Le journal qui précise que la première méthode sert à déterminer les mentions réglementaires en nicotine, goudrons et monoxyde de carbone (CO) inscrites sur les paquets de cigarettes, affirme avoir dressé plusieurs constats : « les joints avec tabac ont tous un fort rendement en nicotine » et les « rendements sont tous très supérieurs aux teneurs maximales autorisées pour les cigarettes manufacturées », quant aux teneurs en goudrons et CO, elles sont six à sept fois plus élevées que celles de la cigarette, avec pour le joint de résine et de tabac une inhalation deux fois plus forte de benzène et trois fois plus forte de toluène.
Soulignant que les joints d’herbe pure montrent pour leur part « une teneur en nicotine non négligeable », le magazine relève que le filtre de carton retient plus les goudrons mais n’a pas d’action sur le CO.
Évoquant la deuxième méthode où la machine a été réglée « selon des méthodes qui reproduisent mieux les pratiques réelles des fumeurs », la revue révèle que « les teneurs sont plus élevées que celles du fumage selon la norme ISO : deux fois plus environ pour la nicotine et les goudrons, trois fois plus pour le CO ; ainsi par rapport à la cigarette, le joint de résine délivre quatre fois plus de goudrons et près de 10 fois plus de CO.
(Selon cette dernière méthode, (en mg par cigarette) : nicotine : 2,95 herbe + tabac, 3,43 résine + tabac, (-) herbe pure, 1,86 Marlboro rouge - Goudrons : 103 H+T, 108 R+T, 86 HP, 28 MR - CO : 228 H+T, 212 R+T, 176 HP, 21,9 MR)
Dans un encart intitulé « comment nous avons procédé » 60 Millions de consommateurs explique que « pour des raisons évidentes de déontologie » il n’était pas question de se procurer le cannabis auprès de dealers et que le journal a collaboré avec la MILDT qui lui a procuré la matière première et permis d’obtenir « toutes les autorisations pour détenir et transporter les substances nécessaires » lesquelles ont été fournies par le laboratoire de police scientifique de Lyon ; un commissaire de police de la MILDT s’étant chargé du transport jusqu’au laboratoire d’expérimentation.
En encadré le Pr Bertrand Dautzenberg, pneumologue, affirme « les fumeurs de cannabis déclarent qu’ils aspirent plus profondément sur le joint et retiennent leur aspiration ; cela veut dire que dans les conditions réelles, ils inhalent encore plus de goudrons et autres substances » et il précise que dans les consultations « depuis peu on rencontre des adultes qui ne fument que de l’herbe et qui souffrent de graves maladies respiratoires (…) ou de cancers du poumon ». Selon lui « les fumeurs de trois à quatre joints par jour sont désormais plus fréquents ».
« Drogues douce, le cannabis ? » c’est la question que pose la directrice de la rédaction en page éditoriale. Assurant qu’il est « probablement vain d’imaginer une société sans drogue », Marie-Jeanne Husset estime qu’il « revient toutefois aux responsables de santé publique de trouver les moyens efficaces pour que l’expérimentation ne devienne pas usage régulier, abus, dépendance ». Notant que depuis le rapport Roques de 1998 on sait combien la distinction drogues licites ou illicites « a peu de sens en termes de dangerosité » avec 60 000 morts par an dus au tabagisme et 45 000 à l’alcoolisme, l’éditorialiste souligne qu’il a fallu des années pour que l’image du tabac et celle ( (…) plus timidement) de l’alcool changent ». Relevant « qu’aujourd’hui l’interdiction absolue de fumer dans tous les lieux publics et de travail (…) soulève peu d’opposition », la directrice de la rédaction observe que si le tabac est stigmatisé même par les jeunes, ceux-ci « ont une image bienveillante du cannabis, pour eux une drogue douce ». D’après elle, « les consommateurs doivent disposer d’une information loyale » pour évaluer les risques qu’ils prennent et c’est cette idée qui a guidé les travaux que le journal a mené sur le tabac depuis 1999. Marie Jeanne Husset considère que les résultats des tests publiés aujourd’hui « balaient un argument souvent avancé pour minimiser les risques : les adeptes du cannabis ne fument pas autant que ceux du tabac » puisque « en terme de pollution et de toxicité pour la santé, ils montrent que trois joints équivalent à un paquet de cigarettes ».

60 MILLIONS DE CONSOMMATEURS 03/2006

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- France - Association dangereuse : bang et cannabis

Les pneumologues s´inquiètent depuis quelques années des risques pulmonaires auxquels expose la consommation de cannabis. Certains nouveaux modes de consommation de cette drogue, comme ceux en rapport avec les pipes à eau artisanales ou « bang », pourraient accroître ce danger.
Ainsi, les médecins des hôpitaux d´instruction des armées de Brest et de Metz viennent-ils de rapporter quatre observations de complications respiratoires, dont l´une mortelle chez un jeune homme de 19 ans, avec ce type de toxicomanie.
Chez ce jeune homme, la consommation à deux reprises de cannabis avec une pipe à eau artisanale a débouché sur la survenue d´un syndrome alvéolo-interstitiel bilatéral diffus avec hémorragie alvéolaire nécessitant une réanimation, puis entraînant le décès.
La toxicité de ce mode de consommation du cannabis semble être expliquée par la production d´anhydres d´acides dégagés lors de la combustion. Ces substances paraissent exercer à la fois des effets toxiques directs au niveau pulmonaire et favoriser la survenue d´une hémorragie intra-alvéolaire.

D´après Grassin F. et al. Abstract 213. Décès après « bang de cannabis ».
10e Congrès de pneumologie de langue française 27-30 janvier 2006, Nice.
www.egora.fr 01/02/2006

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- France - Les ados préfèrent les joints à la cigarette

Selon une étude de l’’Inserm, réalisée en 2003 auprès de 16 000 adolescents de 12 à 18 ans, les jeunes Français goûtent plus facilement le cannabis que la cigarette (30,3 % contre 27,5 %).
Marie Choquet, co-auteur de l’étude, ajoute que « tous les usagers de cannabis sont consommateurs de tabac, et pas l’inverse ».
Les 15-18 ans sont les plus concernés : à 18 ans, ils sont près de trois sur cinq à avoir fumé du cannabis, contre 14 % des 14 ans.
Les experts rappellent les effets dévastateurs d’une consommation précoce : dépendance comportementale, addiction au tabac, risque de développer des pathologies mentales...

Le Quotidien du Médecin 22/02/2006

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- France - L’arrêt du cannabis est une épreuve sous-estimée

Tout le monde connaît les grandes difficultés que le fumeur de tabac rencontre pour arrêter de fumer. Les symptômes du sevrage au cannabis sont moins connus et pourtant ils sont également importants. A connaître avant de se lancer dans une consommation régulière…

Cannabis et symptômes de sevrage
Le cannabis a la réputation d’être une drogue douce dont on peut se débarrasser facilement. Une étude américaine vient de montrer qu’elle cache bien son jeu… Sur 2 613 consommateurs ayant arrêté cette drogue, les médecins ont observé deux grandes catégories de symptômes :
– des signes de ralentissement (envie de dormir, fatigue, bâillements, mollesse psychique et physique) ;
– des signes anxio dépressifs (dépression, sueurs, palpitations, anxiété, douleurs musculaires, agitation, tremblement, insomnie).
Les symptômes les plus courants étaient la fatigue (28 %), l’envie de dormir (24 %), un ralentissement psychomoteur (21 %) et l’anxiété (16 %).

Le cannabis ça fatigue et l’arrêt aussi
L’asthénie ou fatigue est donc très courante et contribue à expliquer les dangers du cannabis au volant, que l’on vienne d’en prendre ou que l’on ait arrêté d’en prendre depuis quelque temps. Une campagne radio vise actuellement à sensibiliser les moins de 25 ans au danger du cannabis pris avant de conduire : il double le risque d’accident mortel, ce risque étant multiplié par 16 en cas de prise simultanée d’alcool.

Tabac et cannabis : la combinaison classique
Arrêter le cannabis est d’autant moins facile que la question se pose souvent du sevrage simultané du tabac, voire de l’alcool. En pratique, en dehors de la prise très occasionnelle de cannabis, deux cas de figure sont souvent rencontrés :
– la prise quotidienne de tabac et de cannabis, un joint étant souvent fumé le soir avant de se coucher,
– la prise de cannabis et d’alcool lors de « défonces » le week-end, le tabac étant quotidien.
Dans les deux cas de figure, il est important de se faire suivre par un médecin car le risque de dépression est réel, ce risque constituant la cause principale des échecs de sevrage tant au cannabis qu’au tabac. Et c’est avec lui qu’il sera possible d’établir la meilleure stratégie, avec arrêt isolé du cannabis ou arrêt simultané du cannabis et du tabac.
Notons aussi que dans les deux cas, fumer du cannabis de manière isolée ou, au contraire, en pleine excitation collective constitue une pratique particulièrement à risque qu’il vaut mieux repérer et éviter. Le sevrage sera d’autant plus délicat.

Dr Philippe Presles www.egora.fr 12/06/2006
Dr Catherine Bailly. Panorama du Médecin 29/05/2006. N°5020.

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- France - La dépénalisation du cannabis relancé ?

Trente ans après « L’appel du 18 joint » de 1976 publié dans Libération à une dépénalisation du cannabis, cet appel est relancé, alors que « la France reste l’un des pays européens les plus répressifs », souligne Libération à la Une.
Une question que le quotidien développe sur 3 pages, mettant notamment en lumière « l’obsession anti cannabique » de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie et les « petits arrangements avec l’interdit » puisque le cannabis se banalise « dans les lycées et les collèges ».
Le Figaro souligne de son côté que « le cannabis envahit la vie des adolescents » avec 15 % des jeunes de 17 ans (qui) fument plusieurs joints par semaine, au péril de leur santé et de leur scolarité ».
Tandis que Le Journal du Dimanche s’intéresse aux 80 boutiques recensées en France qui proposent tout le matériel pour faire pousser du chanvre.

Libération - 17/18 juin 2006, Le Figaro - 19 juin 2006, Le Journal du Dimanche - 18 juin 2006

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- France - Statut du cannabis

L’AFP signale que Laurent Fabius, candidat à l’investiture socialiste, s’est prononcé hier contre la dépénalisation de l’usage de cannabis. Il affirme « les drogues sont dangereuses. Je crains si on autorise le cannabis que ce soit une espèce d’encouragement » pour ajouter « je ne dis pas du tout qu’il faut mettre en prison ceux qui utilisent le cannabis, mais je crois que (la dépénalisation) serait reçue comme un signal négatif ».

MILDT 20/06/2006

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- France - Test salivaire pour détecter le cannabis

PARIS MATCH, signale en brève que dès l’an prochain, la police disposera d’un test salivaire destiné à détecter le cannabis chez les conducteurs « en lieu et place du test urinaire actuel ».
Le magazine précise que toute personne refusant de s’y soumettre encourra deux ans de prisons, 4 500 euros d’amende et une suspension de permis de trois ans.

MILDT 12/07/2006

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- France - Cannabis, plus dangereux que le tabac

Dans un article intitulé « Cannabis, plus dangereux que le tabac », FEMME ACTUELLE indique que si la majorité de la population sait que le tabac est nocif, la plupart « ignore que la consommation de cannabis l’est davantage ».
Observant que « la France est en deuxième position en Europe en matière de cannabis », « 60% des jeunes fumant des joints tous les jours selon l’étude Escapad », le magazine met en garde contre les « réels dangers pour la santé » du cannabis tant sur le plan psychologique que physique.
Pour le docteur Laurent Karila, spécialiste des addictions à l’hôpital Paul-Brousse à Villejuif, « bien que cela ne soit pas encore totalement démontré, le cannabis pourrait aussi entraîner, le temps passant, les mêmes cancers de la gorge, des poumons ... liés à la combustion des produits retrouvés dans la fumée comme pour le tabac ».
L’hebdo fait état du test réalisé par 60 Millions de consommateurs en avril 2006 qui a « démontré que la fumée de cannabis est beaucoup plus toxique que celle du tabac » : « fumer trois joints par jour, entraîne les mêmes risques que fumer un paquet de cigarettes ».
Et, le magazine de conclure en indiquant que des spécialistes en addiction tentent d’aider les jeunes en consultation.

MILDT 17/08/2006

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- France - Comment savoir qu’un ado fume du cannabis

C’est le PARISIEN qui souligne que selon l’enquête ESCAPAD, contrairement à celle de la cigarette, la consommation de cannabis des ados ne diminue pas. Pour le Pr Jean Constentin, auteur de « Halte au cannabis ! » (Éditions Odile Jacob), il s’agit « même d’une véritable pandémie ».
Le journal rapporte que selon ce membre de l’Académie de médecine, les jeunes « sont de plus en plus nombreux à avoir commencé au collège » alors que « plus le consommateur est jeune plus les effets sont nocifs » car le cannabis « se fixe dans le cerveau, or le développement cérébral n’est achevé qu’à 20 ans ».
Suivent quelques « conseils » du journal pour « savoir si votre ado fume des joints ». « Le blanc de son œil est injecté de sang » et « il a le regard un peu moins vif », selon le Pr Constentin « l’effet sur les yeux dure quelques heures après la consommation » - « Il tousse souvent » : c’est lié à une baisse de sécrétion de la salive provoquée par le THC, d’autant que le cannabis contient sept fois plus de goudrons que le tabac, ce qui selon Jean Constentin rend les risques de problèmes pulmonaires « sept fois plus importants » - « L’argent de poche file à vive allure » ou « le nouveau blouson de cuir disparaît » alors qu’il n’achète plus de CD : « une barrette de shit » soit « une dizaine de joints, coûte entre 20 et 30 euros » - « La fenêtre de sa chambre est toujours ouverte, même en hiver » : « l’odeur du cannabis est très forte, ils sont donc obligés d’aérer leur chambre, sachant que « les plus malins » fument des « bangs », pipes à eau qui sont sans odeur - « il cache des sachets de « tisane » dans son placard » : « beaucoup de parents ne savent pas que le cannabis se présente soit sous forme d’herbe soit sous forme de barrette. ». Le Pr Constentin suggère de faire analyser la substance dans un labo ou chez le pharmacien, tous deux soumis au secret médical - « Il a de moins bonnes notes à l’école ». « Le THC se fixe dans le cerveau et agit directement sur la mémoire ou sur la concentration ». Le médecin qui explique « qu’un bon élève qui fume du cannabis verra tôt ou tard chuter ses résultats » donne ensuite un cours aux parents sur les différentes appellations du cannabis chez les jeunes - « Que faire ? ». Réponses : établir un dialogue avec l’enfant, tenter de comprendre pourquoi il fume, l’amener chez un médecin spécialisés, sachant que la MILDT a mis en place un réseau de consultation cannabis (voir www.drogues.gouv.fr ).

MILDT 29/9/2006

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- France - Portrait du fumeur de cannabis

LE MONDE explique que ce portrait peut être dressé grâce au bilan des 280 consultations cannabis rendu public par l’OFDT.
Le journal qui rappelle que ces consultations ont été créées en 2005 dans le cadre du plan gouvernemental de lutte contre les drogues, précise qu’elles sont destinées aux jeunes usagers de cannabis afin d’évaluer leur consommation et leur offrir si nécessaire une prise en charge thérapeutique. Le journal qui revient sur ce bilan, précise que 80 % des usagers sont des garçons et que les niveaux de consommation sont élevés puisque 45 % des jeunes déclarent un usage quotidien (parmi eux 53 % fument au moins 5 joints par jour), 20 % font état d’une consommation régulière (10 à 29 fois par mois) et 35 % sont des usagers occasionnels (10 prises par mois).
Autre point noté par le quotidien, alors que 40 % des garçons sont adressés par orientation judiciaire, chez les filles au contraire les demandes spontanées arrivent en tête à 41 %. Précisant que se sont les jeunes adressés par la justice qui présentent les diagnostics de dépendance les moins importants, le quotidien souligne que le nombre de consultations varie selon la gravité de l’usage mais que les consommateurs qui font l’objet d’un diagnostic alarmant peuvent être orientés vers une structure spécialisée. Selon Didier Jayle, président de la MILDT, pour qui l’étude de l’OFDT démontre la validité du dispositif, « il n’y avait pas de lieu identifié jusqu’alors pour la prise en charge du cannabis destiné à la fois aux jeunes et à leurs parents. Les consultations touchent vraiment leur cible, les jeunes qui ont un problème de dépendance, et elles démontrent qu’il était important de changer les représentations sur le cannabis ».

MILDT 27/10/2006

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- Nouvelle-Zélande - Le cannabis aussi cancérigène que le tabac

L’usage à long terme de cannabis augmenterait le risque de cancer du poumon avec ou sans tabac associé. Telle est la conclusion d’une étude menée par des chercheurs néo-zélandais et publiée en février 2008 dans la revue spécialisée European Respiratory Journal.
Dans une étude rétrospective portant sur plusieurs dizaine de patients atteints d’un cancer du poumon, des chercheurs de l’institut de recherche médicale de Nouvelle-Zélande à Wellington, concluent que le cannabis est au moins aussi toxique que le tabac et que le risque de cancer du poumon est proportionnel à la fréquence et la durée de consommation de cannabis.
L’équipe du chercheur Richard Beasley démontre ainsi que fumer des joints pourrait endommager les voies respiratoires de manière plus importante que le tabac. La fumée d’un joint contient en effet, 2 fois plus de d’hydrocarbures polycycliques aromatiques, substances hautement cancérigènes, qu’une cigarette [1]. La façon de fumer augmenterait également le risque de cancer du poumon, les joints étant généralement fumés sans filtre et pratiquement dans leur totalité.
Pour arriver à de telles conclusions, l’équipe de chercheurs a étudié le cas de 79 personnes âgées de moins de 55 ans, toutes atteintes d’un cancer du poumon, qu’elle a comparé à un groupe de 324 autres patients. Chacun d’entre eux a répondu à un questionnaire portant sur ses habitudes de fumeur, les éventuels précédents familiaux en termes de cancers, son occupation professionnelle, sa consommation d’alcool et de cannabis.
Pour les auteurs, les résultats obtenus sont très significatifs : parmi ceux dont la consommation de cannabis est importante (un joint par jour pendant 10 ans ou deux joints par jour pendant 5 ans), le risque de cancer du poumon serait 5,7 fois plus élevé que chez les autres patients. L’étude montre également que, sur une longue période de consommation de cannabis, le risque de cancer augmenterait de 8% par an.
Fumer un seul joint présenterait ainsi un risque de cancer du poumon équivalent à la consommation de 20 cigarettes. Étant donné le nombre très élevé de consommateurs de cannabis chez les adolescents et les jeunes adultes à travers le monde, les chercheurs craignent la multiplication de cancers du poumon d’ici les prochaines années.
En France, 1,2 million de personnes fume régulièrement du cannabis et 550 000 en font un usage quotidien, selon les données de l’Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies. Parmi eux, on note une proportion importante de jeunes de moins de 17 ans. Les jeunes Français figurent en effet, parmi les plus gros consommateurs de cannabis en Europe.

http://erj.ersjournals.com/current.shtml#ORIGINAL_ARTICLES__LUNG_CANCER
[1] Par ailleurs, selon une autre étude menée par des chercheurs canadiens, un joint dégagerait 20 fois plus d’ammoniaque et 5 fois plus d’oxyde d’azote et de cyanure d’hydrogène, produits identifiés pour leurs effets néfastes sur le système immunitaire et la circulation sanguine.
Sources : American Chemical Society (2007, December 18). Marijuana Smoke Contains Higher Levels Of Certain Toxins Than Tobacco Smoke. ScienceDaily. http://www.sciencedaily.com/releases/2007/12/071217110328.htm

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- Nouvelle-Zélande - Le joint a un véritable pouvoir cancérigène

Oui, le joint de cannabis a un véritable pouvoir cancérigène. Il est même tellement prononcé qu’il équivaudrait à celui de vingt cigarettes de tabac ! Voilà la conclusion pour le moins inquiétante d’une nouvelle étude conduite par une équipe de chercheurs Néo-Zélandais.
Le Pr Richard Beasley et ses collègues de l’Institut de Recherche médicale de la Nouvelle-Zélande ont suivi pendant 5 ans 102 patients de moins de 55 ans et atteints d’une tumeur au poumon. Tous ont été interrogés par questionnaire sur leur consommation d’alcool et surtout, de cannabis.
Le résultat fait froid dans le dos. Dans le groupe ayant consommé plus de 10 joints-année - cela correspond à la consommation d’un joint par jour sur dix ans ou deux joint par jour pendant 5 ans- le risque d’avoir un cancer bronchique a été multiplié par 6, « après ajustement des autres variables, dont le tabagisme » précise Richard Beasley. Au long cours, l’étude révèle que le risque de cancer du poumon augmente de 8 % par joint-année. Et pour cause, la fumée de cannabis contient deux fois plus d’hydrocarbures cancérigènes que celle des cigarettes !
La façon de fumer accroît aussi le risque, « les joints étant généralement consommés sans filtre et presque jusqu’au bout, ce qui augmente la quantité de fumée inhalée ». Les dépôts de substances carcinogènes dans les bronches se trouvent donc facilités. Dernier point, « l’absorption de monoxyde de carbone dans le sang serait cinq fois plus importante après un joint qu’après une cigarette ».
C’est la première fois que le pouvoir cancérigène du cannabis est ainsi clairement mis au jour. Les quelques études épidémiologiques réalisées à ce jour chez l’homme aboutissaient à des résultats contradictoires. Leur biais principal était la difficulté à séparer le pouvoir cancérigène du cannabis de celui de la cigarette, les deux étant souvent consommés ensemble. Pour Richard Beasley, il est primordial que « les programmes de santé publique incluent aussi des campagnes destinées à réduire l’usage du cannabis, en particulier chez les jeunes ». Une logique bien éloignée de celle qui avait cours dans les hautes sphères de l’État. Souvenez-vous : « fumer un joint chez soi est certainement moins dangereux que boire de l’alcool avant de conduire, pour soi et aussi pour autrui ». Cette phrase a été prononcée par Lionel Jospin, en 2002.

Source : Journal Européen de Pneumologie, Vol. 31, N° 2
http://www.destinationsante.com/fr_depeche.php?id_rubrique=126&id_article=24132&cat=1

Destination Santé 29/01/2008

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- Nouvelle-Zélande - Fumer un joint a les mêmes effets que vingt cigarettes

Fumer un seul joint de cannabis a le même effet cancérigène que fumer vingt cigarettes d’un coup, selon une étude menée par des chercheurs Néo-Zélandais et publiée en ligne par la revue spécialisée European Respiratory Journal.
Selon eux, le risque de cancer du poumon augmente aussi pour un fumeur de marihuana avec la durée et quantité de joints consommés. Richard Beasley, de l’Institut de recherche médicale de Nouvelle-Zélande et son équipe ont étudié le cas de patients souffrant d’un cancer du poumon âgés de moins de 55 ans. Tous ont fourni des informations complètes sur leurs habitudes de fumeur, leurs maladies héréditaires, leur profession et leur consommation d’alcool et de cannabis.

Consommateurs
Ceux qui avaient fumé plus de vingt joints au cours de leur vie ont été interrogés plus en détail. Un groupe de 79 personnes souffrant d’un cancer du poumon a ainsi pu être comparé à un groupe de 324 autres patients.
Un des résultats de l’étude montre que dans le groupe de consommateurs fréquents de cannabis (un joint par jour durant dix ans ou deux joints quotidiens pendant cinq ans), le risque de cancer du poumon est 5,7 fois plus élevé que chez les autres patients. Les auteurs en concluent que fumer du cannabis est aussi dangereux que de griller vingt cigarettes.
"Bien que notre étude porte sur un groupe relativement restreint, elle démontre clairement que l’usage de cannabis sur une longue période accroît le risque de cancer du poumon", a souligné M. Beasley. Une de ses études précédentes avait déjà montré que les fumeurs de cannabis souffraient de respiration sifflante, de toux, d’oppression de la poitrine, d’expectorations.

Poumons
Selon les chercheurs, la consommation de cannabis est associée à une dégradation du fonctionnement des bronches, avec obstruction respiratoire, ce qui sollicite davantage les poumons. Ils ont également mis en évidence un effet dose-réponse : plus la consommation augmente, plus les dommages sont importants.
Selon eux, le cannabis contient aussi vingt fois plus d’ammoniaque - également dangereuse pour la santé - qu’une cigarette. Les chercheurs expliquent que les effets du cannabis sur les poumons sont liés à la manière dont il est fumé (sans filtre, fumée à une température plus élevée...). Les fumeurs de cannabis ont aussi tendance à inhaler plus profondément la fumée et à la retenir plus longtemps.

http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/150386/2008/01/29/Fumer-un-joint-a-les-memes-effets-que-vingt-cigarettes.dhtml

belga/7sur7 De Persgroep Publishing. 29/01/2008

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- USA - Un joint de cannabis a les mêmes effets que fumer 2,5 à 5 cigarettes

Le cannabis est la drogue la plus répandue à travers le monde. A long terme, la fumée de cannabis est reconnue pour causer une bronchite chronique et une obstruction bronchique. Toutefois, la prévalence de l´emphysème et les relations dose-réponse et dose-équivalence avec le tabac ne sont pas connus.
339 volontaires fumeurs de cannabis seul (groupe 1), tabac seul (groupe 2), cannabis tabac (groupe 3) et non fumeurs (groupe 4) ont subi des EFR, un scanner et un questionnaire. Une relation dose-réponse entre la fumée de cannabis et une diminution du rapport de Tiffeneau et une augmentation de la CPT était retrouvée.
Concernant l´obstruction bronchique, 1 joint de cannabis a le même effet que 2.5 à 5 cigarettes.
La fumée de cannabis était associée à une diminution de la densité du parenchyme pulmonaire sur le scanner thoracique.
Un emphysème macroscopique était détecté chez 1 sujet/75 du groupe 1, 15/92 du groupe 3, 17/91 du groupe 2 et 0/81 du groupe 4.

S Aldington et coll. Effects of cannabis on pulmonary structure, function and symptoms. Thorax 2007 ; 62 : 1058-1063.

Dr Olivier Sanchez, www.egora.fr, 10/12/2007

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- USA - Cannabis beaucoup plus toxique que le tabac

L’AFP, LE PARISIEN et LA CROIX signalent que, selon une étude néo zélandaise, le cannabis est beaucoup plus toxique que le tabac.
L’AFP rapporte que, selon cette étude publiée par la revue Thorax, fumer un seul joint a les mêmes effets sur les poumons que fumer 2 à 5 cigarettes d’un coup.
Indiquant que l’équipe de l’institut de recherche médicale de Wellington a divisé un échantillon de 339 adultes en quatre groupes : ceux fumant uniquement du cannabis, ceux fumant uniquement du tabac, ceux fumant les deux et ceux ne fumant pas du tout, l’agence observe que tous ont été soumis à des examens des poumons (scanner à rayons X) et à des tests respiratoires.
L’agence rapporte que selon les chercheurs, l’équivalence de 2,5 à 5 cigarettes pour un joint est cohérente avec les formes de carboxyhémoglobine (forme d’hémoglobine toxique car associée à de l’oxyde de carbone à la place de l’oxygène) et de goudron, de 3 à 5 fois plus élevés pour un joint que pour une cigarette.
D’après l’agence, les fumeurs de cannabis souffraient de respiration sifflante, de toux, d’oppression de la poitrine, d’expectorations, ce que les chercheurs expliquent par le fait que la consommation de cannabis est associée à une dégradation du fonctionnement des bronches, avec obstruction respiratoire, et que cela sollicite davantage les poumons, sachant d’autre part que plus la consommation augmente plus les dommages sont importants.
L’agence qui relève qu’en revanche, l’emphysème susceptible d’évoluer vers une insuffisance respiratoire chronique, n’a été constaté que chez les fumeurs de tabac ou chez ceux l’associant au cannabis, souligne que les chercheurs expliquent les effets du cannabis sur les poumons par la manière dont il est fumé (sans filtre, température plus élevée, inhalation plus profonde et rétention plus longue de la fumée).
LE PARISIEN parle de « coup de tabac sur le cannabis » et reprend les grandes lignes de l’étude (voir AFP). Le Pr. Dautzenberg, président de l’Office français de prévention du tabagisme, qui avec 60 Millions de consommateurs, a mené à l’aide d’une machine à fumer, un test comparant la combustion de cigarettes classiques, d’herbe pure, d’herbe avec du cannabis et d’herbe avec du tabac, affirme « Nous en étions arrivés à peu près aux même conclusions : le cannabis ou l’herbe produisent entre 3 et 5 fois plus de monoxyde de carbone que la cigarette ».
Évoquant les effets néfastes respectifs de la cigarette (emphysème) et du joint (dégradation des bronches avec obstruction respiratoire), le quotidien souligne que selon le Pr Dautzenberg, « En Occident, il n’y a pratiquement pas de fumeurs de cannabis qui ne fument pas aussi du tabac » et ils multiplient donc les risques pour leur santé.

MILDT 31/07/2007

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- USA - Le cannabis ne fait pas bon ménage avec le cerveau

D’après le journal LA TRIBUNE, on savait déjà que les fumeurs quotidiens de cannabis ont des performances scolaires ou professionnelles altérées, mais on comprend mieux désormais les mécanismes physiologiques grâce aux travaux de chercheurs américains montrant que le THC bloque la libération de l’acétylcholine dans l’hippocampe, zone fortement impliquée dans le processus de mémorisation.
Le quotidien explique que le défaut d’acétylcholine se traduit par une très nette diminution de l’activité électrique au niveau de l’hippocampe.

MILDT 26/02/2007

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- USA - Cannabis : risque de cancer du testicule doublé

Rare dans la population générale, le cancer du testicule est cependant le cancer le plus fréquent chez les jeunes hommes de 15 à 35 ans. La consommation régulière de cannabis pendant l’adolescence multiplie par deux le risque de développer ce type de cancer...
Le cancer du testicule est un cancer rare, mais en progression depuis quelques décennies. Depuis les années 50, le nombre de cas de cancers des testicules a augmenté de 3 à 5 % par an dans de nombreux pays, et notamment en Europe.
Parallèlement à cette progression, la consommation du cannabis a augmenté dans les mêmes proportions. Enfin, les testicules sont un des rares organes à présenter des récepteurs à la substance active du cannabis qui est le tétrahydrocannabinol (THC). C’est à partir de ces constats que des chercheurs ont souhaité explorer plus en avant une possible relation entre cannabis et cancer du testicule.

Le cannabis multiplie par deux le risque de cancer du testicule
Ils ont simplement comparé deux groupes d’hommes, les uns en bonne santé, les autres atteints d’un cancer du testicule (370 hommes de 18 à 44 ans). Après avoir analysé leur consommation de drogue actuelle et passée, ils constatent que les fumeurs occasionnels de cannabis ont un risque de cancer du testicule augmenté de 70 % par rapport aux non-fumeurs de marijuana. Quant à ceux qui en font usage régulièrement (au moins une fois par semaine depuis leur puberté), ils voient leur risque de développer un cancer du testicule multiplié par deux.
Les auteurs précisent que cet accroissement du risque concerne uniquement les cancers du testicule de type non-séminome, qui sont les plus rares (40 % des cancers du testicule), mais aussi les plus agressifs, et qui concernent tout particulièrement les plus jeunes (entre 20 et 35 ans). Par opposition, les cancers séminomes surviennent plus tardivement, à partir de 35 ans et jusqu’à 60 ans.
Rappelons que la consommation de cannabis, tout comme celle de tabac, entraîne des conséquences beaucoup plus marquées au cours de l’adolescence, c’est-à-dire sur des organismes fragiles et dont le développement n’est pas encore complètement terminé.
Malheureusement, les dégâts de la marijuana ne se limitent pas au cancer du testicule. Le cannabis a d’autres effets sur l’appareil reproducteur masculin : baisse de la testostérone, infertilité, impuissance…

Schwartz Stephen et coll., Cancer, février 2009.

Isabelle Eustache, journaliste santé e-santé 02/03/2009 (S’abonner gratuitement)

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- USA - Marijuana + tabac = risque de BPCO

Selon une étude nord-américaine, qui contredit des travaux précédents, si elle est fumée seule la marijuana ne serait pas associée à un risque de symptômes respiratoires ou de BPCO. En revanche, il apparaît une synergie entre tabac et marijuana.
Après le tabac, la marijuana (cannabis) est la seconde substance inhalée dans la population générale, avec 160 millions de consommateurs dans le monde entier. Tant dans les pays développés que dans les pays en développement, la majorité de ceux qui fument du tabac ont également déjà consommés de la marijuana.
On s’est interrogé sur l’impact de la marijuana sur les poumons car la fumée de tabac et la fumée de cannabis contiennent bon nombre de substances chimiques similaires dangereuses.
Les effets adverses du tabac sur les poumons sont déjà bien établis. En revanche, le potentiel de la fumée de cannabis sur les poumons est mal compris.
Il a été montré qu’une consommation élevée sur une courte période de cannabis peut endommager les poumons (Tashkin et coll., N Engl J Med, 1976). Le fait d’en consommer à long terme est associé à des symptômes respiratoires. Une étude récente, publiée en 2007 dans « Thorax », a suggéré que le cannabis accroît le risque de BPCO. Cela dit, les effets combinés du tabac et de la marijuana ne sont pas clairs. C’est dans ce contexte qu’une équipe nord-américaine (Wan Tan et coll.) a voulu déterminer les effets, d’une part combinés, d’autre part indépendants, de la fumée de tabac et de la fumée de marijuana sur le risque de symptômes respiratoires et de BPCO, cela chez 878 adultes âgés de 40 ans ou plus dans la population générale.

Un effet dose
Dans cette population d’étude, la prévalence d’un antécédent de consommation de marijuana était de 45,5 % et celle d’un antécédent de consommation de tabac était de 53,1 %.
Pour ce qui est d’être un consommateur actuel (c’est-à-dire en avoir fumé dans les douze derniers mois), la prévalence est de 14 % pour la marijuana et de 14 % également pour le tabac.
Par rapport aux non-fumeurs, les sujets qui rapportent ne fumer que du tabac (mais pas ceux qui rapportent ne fumer que de la marijuana) avaient plus souvent des symptômes respiratoires (odds ratio : 1,50) et avaient un risque accru de BPCO (OR : 2,74). Quant aux sujets qui étaient des consommateurs actuels à la fois du tabac et de la marijuana, ils avaient un risque accru de manifestations respiratoires (OR : 2,39) et de BPCO (OR : 2,90) ; cela si la dose cumulée de marijuana dépassait 50 cigarettes (ce qui suggère un effet dose).
Les risques de symptômes respiratoires et de BPCO étaient liés à une action synergique entre la marijuana et le tabac.
« Bien que des études ont de façon constante lié l’usage à long terme de marijuana à une augmentation du risque de signes respiratoires, les travaux ayant étudié le rôle de la fumée de marijuana dans le développement de la BPCO ont donné des résultats contradictoires. » Le manque d’association entre la marijuana et la BPCO dans cette étude est similaire à ce qui a été rapporté dans une étude américaine qui a porté sur une population de jeunes ayant déjà fumé 100 cigarettes de marijuana. Mais elle diverge d’une étude sur des adultes de Tucson, selon laquelle le fait de fumer « autre chose que du tabac » (a priori de la marijuana) est associé à une baisse de la fonction respiratoire. Elle diverge aussi, rappelons-le, de l’étude publiée dans « Thorax » en 2007, selon laquelle la marijuana élève le risque de BPCO.

CMAJ, 14/04/2009, pp. 814-820.

Dr Emmanuel de Viel Le Quotidien du Médecin 14/04/2009

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- France - Bilan positif pour les consultations cannabis

Une enquête française de L’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) révèle que 50 % des jeunes dépendants au cannabis parviennent à réduire leur consommation grâce à des consultations spécialisées.
Selon les statistiques, 30 % des consultants renoncent à être pris en charge après la première séance.
Les jeunes Français restent les champions européens de la consommation de cannabis : à 17 ans, la moitié d’entre eux l’ont déjà testé tandis que 10 % déclarent en avoir fumé au moins dix fois au cours du mois précédent les enquêtes en population générale. En 2004, des « consultations jeunes consommateurs pour un problème d’addiction » ont été créées pour faire face à ces situations problématiques qui dépassent l’autorité parentale, les établissements scolaires ou encore les milieux judiciaires.
L’objectif est de prendre en charge des jeunes gens devenus dépendants au point d’être en butte à des problèmes sociaux ou judiciaires. L’OFDT vient de publier cette semaine, dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), les résultats d’une enquête réalisée par Ivana Obradovic montrant que 50 % des jeunes gens assidus à ces consultations ont réussi à réduire leur consommation.
Contrairement à ce que clamaient les mouvements de libéralisation du cannabis dans les années 1980-1990, l’usage fréquent de cette drogue a des effets sanitaires non négligeables, notamment psychiatriques, en particulier chez les sujets les plus fragiles. Ces complications, qui peuvent être à l’origine d’une déscolarisation, justifient la mise en place de consultations dédiées.
Qui sont ces « accros » au cannabis ? L’enquête, qui a porté sur 3 788 jeunes ayant consulté entre le 20 mars et le 20 avril 2007, révèle qu’il s’agit de garçons dans 81 % des cas, âgés en moyenne de 23 ans (26 % ont plus de 25 ans, 17 % sont mineurs). Avant 20 ans, la plupart sont élèves ou étudiants, avec une forte proportion d’apprentis par rapport à la population générale.
La très grande majorité consomment régulièrement du cannabis, deux sur cinq en prenant tous les jours, et la moitié de ceux-là fument plus de cinq joints par jour. Les fumeurs quotidiens sont caractérisés par la précocité de l’expérimentation de ce produit.
Surtout, il apparaît que l’usage quotidien est souvent associé à des motivations d’ordre thérapeutique (« pour lutter contre l’angoisse ») ou encore à des usages de routine (« par habitude, avec un sentiment de dépendance »), mais assez peu à un usage festif ou hédoniste.
La consommation de cannabis a été liée à la schizophrénie, sans que l’on ait toutefois clairement établi s’il s’agit d’un facteur causal ou d’une « automédication » face à une maladie encore non diagnostiquée. Tous les consultants ou presque fument aussi du tabac, un sur quatre boit régulièrement de l’alcool et une proportion non négligeable consomme de la cocaïne, de l’ecstasy, ou encore de l’héroïne. Il faut savoir que la moitié de ces jeunes ont été adressés par la justice. Pour l’autre moitié, il s’agit d’une démarche réalisée à la demande de la famille ou émanant du monde scolaire ou médico-social.

Des contextes plus favorables
Ces consultations visent à parvenir au sevrage, ou tout au moins à réduire la consommation. Il apparaît cependant que 30 % des consultants renoncent au sevrage après la première séance : il s’agit en général de garçons, demandeurs de renseignements plus que d’aide au sevrage. Pour ceux qui ont persévéré, 50 % déclarent au bout de six mois avoir réduit leur consommation de cannabis, 47 % affirment l’avoir stabilisée et 3 % l’avoir augmentée. Les taux de succès les plus importants sont observés parmi ceux venus spontanément ou encore adressés par l’Éducation nationale ou un professionnel de santé. Certains contextes sont plus favorables que d’autres, comme le fait d’être scolarisé ou d’avoir une bonne intégration socioprofessionnelle.
Certes, ces données sont biaisées, dans la mesure où elles portent en partie sur une population sous contrainte judiciaire. Néanmoins, elles confirment le message qu’une prise en charge adaptée peut réduire les consommations de cannabis problématiques.

Martine Perez LeFigaro.fr 23/07/2009
http://www.lefigaro.fr/sante/2009/07/22/01004-20090722ARTFIG00540-bilan-positif-pour-les-consultations-cannabis-.php

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- Royaume-Uni - Le cannabis aussi dangereux que le tabac

L’équipe du Dr Singh de l’université de Leicester a découvert que le cannabis pouvait endommager l’ADN humain, favorisant ainsi le risque de développer un cancer. La fumée de marijuana se révélerait donc aussi dangereuse que la fumée de cigarette.
L’étude visait à déterminer de quelle manière les facteurs héréditaires peuvent influencer le risque environnemental de développer un cancer. Concernant le cannabis, s’il était déjà établi que la fumée de marijuana avait des effets néfastes sur les poumons, son potentiel cancérigène était encore mal connu.
Les chercheurs ont soumis des cellules animales de thymus de veau à un échantillon condensé de fumées de marijuana et de tabac. Le constat est que la fumée de marijuana cause plus de dommages à l’ADN décondensé et aux cellules que la fumée de tabac. Mais cette dernière cause des dommages aux chromosomes, ce que ne fait pas la fumée de marijuana.
La fumée de tabac contient 4 000 substances chimiques, dont 60 classées carcinogènes. Le cannabis contient lui 400 substances chimiques, 60 sont dites cannabinoïdes. Sa faible combustibilité fait qu’il contient néanmoins 50 % de substances carcinogènes de plus que le tabac. L’acétaldéhyde, substance toxique présente dans les deux produits, a été particulièrement ciblée par les chercheurs.
Le Dr Singh ajoute : "Fumer trois ou quatre cigarettes de cannabis par jour entraîne les mêmes dégâts au niveau des membranes muqueuses des bronches que fumer 20 cigarettes par jour. Ces résultats montrent bien les dégâts potentiellement occasionnés par la fumée de cannabis sur l’ADN ; aussi la consommation de cannabis se révèle-t-elle dangereuse pour la santé humaine et peut provoquer le développement d’un cancer".

Source : Maxisciences.com /07/2009
http://www.maxisciences.com/cannabis/cannabis-aussi-dangereux-que-le-tabac_art3170.html

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- France - Alerte au cannabis de synthèse

Le quotidien Libération constate que « depuis 5 ans, du THC de synthèse est disponible sur Internet, mettant en alerte les autorités sanitaires ». De plus, ces « substituts au chanvre connus sous le nom de spice, proposés en toute légalité sur Internet depuis au moins 5 ans, se sont révélés contenir des substances plus puissantes que le THC, le principe actif du cannabis ».
Le journal rappelle que « depuis la fin février, le spice est illégal en France, 3 des cannabinoïdes qu’il contient le plus fréquemment étant désormais inscrits sur la liste des stupéfiants ».
Le quotidien observe que « même si quelques cas de surdose auraient été observés en Allemagne, ces cannabinoïdes, consommé en quantité « raisonnable », devraient a priori ne poser ni plus ni moins de problèmes que le THC. Cependant diverses analyses ont montré que les teneurs en produits actifs pouvaient varier de 1 à 10 suivant les sachets, ce qui peut réserver de très mauvaises surprises ».
Libé cite un rapport européen, paru cet été, qui indiquait que « comme certains composés peuvent être actifs à très faibles doses, la possibilité de surdoses accidentelles avec un risque de complications psychiatriques sévères ne peut être exclue ».
Enfin, il faut savoir que « nulle étude clinique ou toxicologique n’est disponible pour l’instant ».

D’après Édouard Launet Libération 28/09/2009
http://www.liberation.fr/societe/0101593668-spice-cannabis-bis

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- France - Le cannabis dans la peau...

Le cannabis (cannabis sativa L) est une plante de l’ordre des urticales et de la famille des cannabaceae. Le chanvre (cannabis sativa L sativa) a une teneur réduite en THC (tétrahydrocannabinol) contrairement au chanvre indien (cannabis L sativa indica) ou au chanvre afghan (cannabis L sativa afghanica). On trouve plus de 60 dérivés cannabinoïdes dans les diverses variétés de chanvre...
Le cannabis peut être consommé sous forme de fleurs séchées femelles (marijuana), de résine de cannabis pur (haschisch) ou coupé avec d’autres plantes ou substances (shit). Il est fumé (en mélange avec du tabac) ou ingéré (space cake, infusions...). Si les effets « récréatifs » du cannabis s’estompent en quelques minutes ou heures, il faut une semaine pour éliminer la moitié de la dose consommée...
En plus des effets respiratoires bien connus liés au tabac, le cannabis a des effets secondaires muqueux : conjonctivite, sécheresse buccale avec langue pâteuse, parodontite, stomatite, mais aussi œdème de la luette et du palais, probablement par un mécanisme toxique. Cet angio-œdème survient rapidement après la consommation de cannabis et persiste plusieurs heures ou jours. La peau est également concernée : des cas d’urticaire de contact (doigts) sont connus chez les cultivateurs de cannabis.
Les utilisateurs peuvent présenter un prurit généralisé qui peut être exploré par des prick-tests cutanés (avec la cigarette du patient et une feuille de cannabis). Des cas d’asthme, voire d’anaphylaxie ont aussi été rapportés. Le cannabis n’est cependant pas toujours en cause : des moisissures peuvent contaminer la plante et provoquer des réactions allergiques.
Une autre complication sévère vise les artères périphériques des jeunes adultes gros consommateurs de cannabis. L’artérite débute par des phénomènes de Raynaud ou une coloration violacée des extrémités et des petites ulcérations des extrémités. Seul un traitement précoce (aspirine et arrêt de la consommation de cannabis) peut permettre une revascularisation totale.

Tennstedt D Cannabis et peau. 30e cours d’actualisation en dermato-allergologie (Bordeaux) : 24-26/09/2009.
Dr Geneviève Démonet 23/10/2009

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- France - Les "bangs" augmentent la toxicité du cannabis

Près d’un jeune Français sur deux a déjà fumé du cannabis. Fait inquiétant, l’usage du bang se développe parmi eux, les exposant à des dangers supplémentaires. Un phénomène qui inquiète les pneumologues réunis à Marseille pour le Congrès de Pneumologie de langue française.
Joint, bang, narguilé, infusion, vaporisateur, gâteaux… autant de manières différentes de consommer du cannabis. Mais toutes ne présentent pas le même danger. Zoom sur les effets néfastes du bang, mis en évidence par deux études menées à Brest.

Qu’est-ce qu’un "bang" ?
Le "bang" est un objet utilisé pour inhaler de la fumée de cannabis après qu’elle soit passée dans de l’eau. Également dénommé "pipe à eau", ou "douille", il comprend un tube principal, qui va permettre d’inhaler, un tube secondaire qui communique avec le bas du tube principal, et une douille, petit réceptacle destiné à recevoir le cannabis (sous forme d’herbe en général).
Même si des bangs en verre ou en bambou sont commercialisés, la plupart du temps les utilisateurs les fabriquent eux-mêmes, utilisant une bouteille en plastique ou une canette en aluminium pour le tube principal et un stylo ou un bout de tuyau en PVC pour le tube secondaire.

Comment s’utilise-t-il ?
Le bang s’utilise en mettant la bouche sur l’extrémité ouverte du tube principal, qui contient de l’eau au fond, et en brûlant le cannabis situé dans la douille. La fumée dégagée par cette combustion est très dense, elle va passer dans le tube secondaire, traverser l’eau sous forme de bulles et remonter vers l’utilisateur, qui aspire d’un coup toute la fumée.
A la différence d’un joint (cigarette contenant du cannabis), qui se fume progressivement, le bang permet donc l’absorption brutale d’une quantité beaucoup plus importante en une seule inhalation. Une différence comparable à la prise "cul sec" d’un verre d’alcool fort par rapport au "sirotage" d’un armagnac. Ce phénomène de recherche d’une "défonce rapide" peut également être rapproché du "binge drinking", hyper-alcoolisation dangereuse pratiquée par environ 25 % des adolescents de 17 ans, selon l’enquête Escapad 2008.

Le "bang" expérimenté par un tiers des jeunes ?
Ce mode de consommation, très intense et donc plus dangereux, a malheureusement tendance à se répandre chez les jeunes, dont une partie ont tendance à chercher avant tout la "défonce". Afin d’évaluer l’importance de ce phénomène, une enquête a été menée auprès de 309 élèves de 15 à 22 ans d’un lycée technique de Landerneau et présentée en novembre dernier au 3e congrès de la Société française de tabacologie1,3.
Sur ces 309 élèves, à 96 % des garçons, 198 (64 %) avaient déjà consommé du cannabis. Parmi ces 198 jeunes, 191 (96,5 %) l’ont fumé sous forme de joints, et 49 (25 %) l’ont inhalé par le biais d’un narguilé, sorte de pipe à eau géante. Et 105 (53 % ou 34 % de l’ensemble des lycéens interrogés) ont déjà pris du cannabis sous forme de bang ! Parmi ces 105 lycéens, 65 ont simplement "expérimenté" le bang, 19 l’utilisent "occasionnellement" et 21 sont des consommateurs réguliers (au moins 10 bangs lors des 30 derniers jours).
Ces chiffres, même s’ils mériteraient d’être précisés par une enquête nationale, traduisent donc une recherche occasionnelle ou régulière de "défonce aiguë" chez plus de la moitié des expérimentateurs de cannabis, ce qui représente une prise de risque sanitaire et sociale inquiétante.

Des symptômes respiratoires fréquents et inquiétants
Les auteurs de l’enquête, qui font partie du service de pneumologie de l’hôpital d’instruction des Armées de Brest1, ont noté des symptômes respiratoires fréquents chez les utilisateurs de bang :

  • Une toux inhabituelle pour un fumeur de tabac, dans 33 % des cas ;
  • Un essoufflement aigu, également très fréquent (32 %), ressenti « immédiatement après le bang » ;
  • Des douleurs thoraciques, qui apparaissent chez 10,5 % d’entre eux ;
  • Des expectorations inhabituelles, présentes dans 19 % des cas.
    Ces crachats peuvent être noirâtres, on les appelle dans ce cas des suies (mentionnés par 15 %). Ils peuvent également contenir du sang (7,6 %). Ces crachats de sang, appelés hémoptysies, se retrouvent également chez les utilisateurs de narguilé (14 % d’entre eux). Seul un jeune qui ne fumait que des joints a mentionné une hémoptysie.
    Autre risque aigu non mentionné par cette enquête, le pneumothorax, décollement du poumon "favorisé par une inhalation profonde de fumée, à glotte fermée ou par des efforts de toux associés à un blocage respiratoire"3.
    Rappel : le cannabis et ses goudrons peuvent aussi, à terme, provoquer une bronchite chronique ou un cancer du poumon, même s’il est fumé pur, sans tabac, par exemple avec un bang.

Les bangs en plastique, encore plus toxiques ?
Les auteurs ont remarqué que les jeunes qui ont eu du sang dans leurs expectorations se servaient de bangs en matière plastique, avec de l’eau utilisée comme filtre. Est-ce la combustion du plastique qui fait saigner les poumons ? Les pneumologues ont tendance à le penser, s’appuyant également sur le cas d’un jeune de 19 ans, consommateur exclusif de cannabis sous forme de bangs, qui est décédé d’une hémorragie pulmonaire massive à l’hôpital des Armées de Brest en 2005. Son autopsie a montré une que cette hémorragie était d’origine toxique, en raison de la présence d’anhydrides d’acides dégagés lors de la combustion partielle de la bouteille en plastique du bang utilisé 4.
Il est cependant possible que les saignements mentionnés par ces lycéens soient liés aux produits de coupe, fréquemment utilisés pour gonfler le volume du cannabis vendu : henné, cires, paraffine, colles, huiles de vidange, déjections animales, ou encore microbilles de verre, silice 3 peuvent ainsi se retrouver brûlés en même temps que le cannabis dans le bang ou le joint et agresser les muqueuses respiratoires.

Les signes respiratoires incitent à l’arrêt
Point positif de cette enquête, dans 19 % des cas la survenue de symptômes respiratoires conduit les jeunes à arrêter d’utiliser le bang, en majorité définitivement. 9,5 % freinent leur consommation, tandis que deux élèves ont cité d’autres causes d’arrêt liées à l’effet même du bang ("perte du contrôle de soi", "bad trip"). Néanmoins, la majorité continue malgré les symptômes et les risques.
Il est donc important de leur rappeler, même si le dialogue n’est pas toujours facile en famille sur ce sujet, que la "défonce" liée au bang est dangereuse, à la fois en raison de la perte de contrôle (comparable à une ivresse aiguë) et de l’effet intense sur les poumons, en particulier avec un Bang en plastique. La consultation d’un médecin généraliste ou d’un addictologue, éventuellement par le biais des Consultations Jeunes Consommateurs, peut ainsi aider à passer un cap, à se sevrer d’un usage nocif du cannabis.

Dr Jean-Philippe Rivière, 27/01/2010

1 - "Bang et narguilé : des modes de consommation
http://www.doctissimo.fr/html/dossiers/drogues/cannabis/14169-bangs-augmentent-toxicite-cannabis-02.htm

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- France - Cannabis et troubles schizophréniques

En février 2010, l’observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) évalue à 1,2 millions les consommateurs réguliers et à 500 0000 les consommateurs quotidiens en France et souligne que pour certains « fumer du cannabis devient « normal, au double sens d’un acte « non réfléchi », « automatique » et d’une adhésion à la « norme » du groupe social auquel adhère l’individu ». L’initiation se fait en moyenne à 15 ans, moins dans le cadre festif qu’au quotidien, au contact d’autres jeunes. La fin de l’adolescence et la période de prise d’indépendance sont fréquemment des moments de consommation compulsive.
Le cannabis augmente les troubles psychiques, il convient de différencier les troubles non schizophréniques et les troubles schizophréniques.

Les troubles psychiques non schizophréniques
Ces effets psychiques dépendent de la dose et de la concentration sanguine maximale et de la sensibilité individuelle. Il s’agit de :
- l’ivresse cannabique. A faible dose, il s’agit d’une euphorie, d’une modification des perceptions du temps, d’une intensification des perceptions ; à forte dose, il s’agit d’états de dépersonnalisation, de déréalisation, d’illusions visuelles ou auditives ;
- de troubles anxieux avec attaques de panique le plus souvent, ou syndrome de dépersonnalisation correspondant à un trouble anxieux qui dure quelques semaines ;
- des bouffées délirantes aigues avec plus d’association à des troubles du comportement auto ou hétéro-agressifs. Leur résolution sous traitement neuroleptique est rapide. On ne retrouve ni trouble de la personnalité préalable, ni symptôme résiduel ni bizarrerie dysphorique. Ces épisodes ne doivent pas être banalisés, car la vulnérabilité ainsi révélée peut s’exprimer ultérieurement sous la forme d’un trouble chronique (schizophrénie ou trouble bipolaire) (7) ;
- Le syndrome amotivationnel, avec indifférence affective, inhibition, pauvreté intellectuelle et ralentissement de la pensée. Lié aux prises continues et anciennes, ce trouble régresse en quelques semaines d’abstinence (1).

Cannabis et schizophrénie
Le cannabis est un facteur de vulnérabilité vis à vis de la schizophrénie. Ce risque est proportionnel à l’augmentation de la consommation, -même sans aller forcément jusqu’à un usage intensif ou une dépendance - et à l’âge de début de consommation inférieur à 15 ans. Plus la consommation est ancienne, plus le risque est élevé.
Un génotype de la schizophrénie est retrouvé chez 10 % de la population mais 10 % seulement de ces porteurs vont développer la maladie. C’est dans ce groupe que l’exposition au cannabis augmenterait le risque. Le Pr Laqueille précise que « le cannabis est un facteur de risque de troubles schizophréniques dans une population spécifique présentant une vulnérabilité préexistante pour ces troubles. Il peut accélérer le cours évolutif, voire décompenser des troubles qui ne se seraient pas manifestés ». Une étude portant sur 45 000 conscrits suédois montre qu’une consommation de cannabis égale ou supérieure à 50 fois par an sur une période de cinq ans entraîne une prévalence de 6 à 6,7 % de cas de schizophrénie.
Chez ces sujets, le cannabis va provoquer un début plus précoce de la maladie, l’augmentation du taux de rechutes, une plus grande sévérité des épisodes et une moindre adhésion aux soins (3).

Un phénomène de comorbidité
Les schizophrènes ont une consommation de cannabis environ six fois plus élevée que dans la population générale (4). Divers modèles tentent de rendre compte de cette comorbidité singulière.
- L’hypothèse de l’automédication : le cannabis est consommé à visée auto-médicatrice par le patient schizophrène pour calmer son angoisse de dépersonnalisation et son anxiété cependant cette consommation accroît l’incidence des rechutes et des hospitalisations.
- L’hypothèse pharmaco-psychotique. Le trouble psychotique prédit la consommation de cannabis, la consommation de cannabis prédit la psychose.
- Des facteurs neurobiologiques communs. Les mécanismes cérébraux impliqués dans cette association sont mal connus, mais ils pourraient concerner des dysrégulations des systèmes de transmission cannabinoïde et dopaminergique qui inter agissent de façon significative (1,6).

Dépister, prévenir
« La consommation du cannabis et ses conséquences est toujours sous estimée par les consommateurs comme par l’entourage. Lorsque les parents s’en rendent compte, la consommation est déjà abusive » insiste Xavier Laqueille. Et « il y a une sous-verbalisation de cette consommation ».
Face à un jeune, il faut se souvenir que l’adolescence est une période particulièrement exposée aux substances psychotropes et ne pas hésiter à aborder ce sujet en consultation dans l’optique à la fois d’une information sur les risques de graves troubles psychiques et d’un repérage précoce.
Rechercher une consommation chez un jeune présentant un premier épisode psychotique est impératif.

Bibliographie
(1) - Laqueille X. Le cannabis est-il un facteur de vulnérabilité des troubles schizophréniques ? Archives de Pédiatrie Vol 16, 9, Sept 2009 : 1302-1305
(2) - Drogues et usage de drogues : État des lieux et tendances récentes 2007-2009. Observatoire français des drogues et des toxicomanies. www.ofdt.fr
(3) - Schizophrénies débutantes : diagnostic et modalités thérapeutiques. Conférence de consensus ; janvier 2003
(4) - Dervaux A. ; Laqueille X. ; Bourdel M. C. ; Le Borgne M. H. ; Olie J. P. ; Loo H. ; Krebs M. O. Cannabis et schizophrénie : données cliniques et sociodémographiques. Encéphale 2003, 29, (1), 11-17
(5) - Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM), Mise à jour 2004 de l’expertise collective : Cannabis, quels effets sur le comportement et la santé ? Inserm 2004
(6) - Laqueille X. Aspects psychiatriques de la consommation de cannabis. Informat psychiat 2003 ; 79, 3 : 207-13
(7) - Verdoux H. ; Tournier M. Cannabis et troubles psychotiques, quel lien étiologique ? Presse Médicale, 2004, 33, (8), 551-554

www.legeneraliste.fr 19/03/2010
http://www.legeneraliste.fr/layout/Rub_FMC.cfm?espace=FMC&id_rubrique=101843&id_article=25251

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- Brésil - Fumer du cannabis avant 15 ans ralentit le cerveau

Une étude publiée dans le Bristish Journal of Psychiatry montre qu’une consommation précoce réduit la flexibilité et les fonctions cognitives du cerveau.
Les consommateurs réguliers de cannabis qui ont commencé à fumer avant l’âge de 15 ans obtiennent de moins bons résultats quand on étudie les capacités de leur cerveau que ceux qui ont commencé à fumer après.
Des chercheurs de l’université fédérale de Sao Paulo estiment que leurs travaux publiés dans la revue spécialisée, le Bristish Journal of Psychiatry, montrent que la consommation précoce de cannabis a des effets néfastes sur les fonctions cognitives. Et ce beaucoup plus qu’une consommation plus tardive.

Déficit des fonctions cognitives
Les chercheurs ont interrogé 104 consommateurs chroniques de cannabis et leur ont fait passer des batteries de tests neuropsychologiques. Ces derniers comprenaient des tests de l’attention, de persévérance, et étudiaient la faculté à bâtir des concepts abstraits ainsi que les capacités visuelles et physiques des adolescents.
Sur les 104 adolescents, 49 avaient commencé à fumer avant 15 ans et 55 après. Il n’y avait pas de différence significative de quotient intellectuel (QI) entre tous les participants à l’étude.
Les conclusions des chercheurs font réfléchir : la consommation précoce et chronique de cannabis induit un déficit des fonctions cognitives.
Le Dr Maria Fontes qui a conduit les travaux explique ainsi les résultats : « Nous savons que l’adolescence est une période pendant laquelle le cerveau est plus sensible aux effets neurotoxiques du cannabis. Car à cet âge, le cerveau est encore en développement ».

Anne Jouan le Figaro santé 25/11/2011
http://sante.lefigaro.fr/actualite/2011/11/25/16139-fumer-cannabis-avant-15-ans-ralentit-cerveau

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- France - Les ados fument moins de cannabis mais plus de tabac

Une enquête conduite chez les Français de 17 ans confirme également la progression des ivresses répétées.
Alcool, tabac et drogues sont des substances que l’on expérimente souvent à l’adolescence. C’est aussi un âge où le cerveau est plus vulnérable aux addictions. D’où l’intérêt d’interroger les jeunes de 17 ans en profitant de la journée d’appel à la préparation de la défense. Réalisée tous les trois ans à cette occasion par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), l’étude « Escapad » révèle dans sa version 2011 que si les adolescents consomment moins de cannabis qu’il y a trois ans, ils renouent avec la cigarette et boivent plus d’alcool. Une tendance inquiétante qui est toutefois contrebalancée par une petite progression des jeunes n’ayant jamais touché à l’un ou à l’autre.
Sans surprise, l’enquête réalisée en mars 2011 auprès de 32 249 jeunes âgés de 17 ans, montre que l’alcool, le tabac et le cannabis restent les trois produits psycho-actifs les plus diffusés dans cette classe d’âge.
La consommation régulière d’alcool (au moins dix fois dans les trente derniers jours) progresse, passant de 8,9 % en 2008 à 10,5 % en 2011. En outre, l’augmentation des ivresses répétées et régulières, déjà en progression en 2008, se confirme, tant chez les filles que chez les garçons.

Le cannabis tente moins
Les adolescents sont aussi plus nombreux à fumer quotidiennement, avec 31,5 % des sondés, soit 2,6 points de plus qu’en 2008. Une reprise regrettable mais « il ne faut pas oublier que ce nombre était en baisse régulière entre 2000 et 2008 », rappelle Olivier Le Nezet, l’un des auteurs de l’étude. En 2000, 41 % des jeunes fumaient tous les jours.
Le cannabis, en revanche, perd du terrain après un pic observé au début des années 2000. L’expérimentation (avoir essayé au moins une fois dans sa vie) continue de marquer le pas, tandis que l’usage régulier baisse, passant de 7,3 % en 2008 à 6,5 % en 2011. Ils étaient 12 % en 2002. « On était arrivé à un niveau particulièrement haut par rapport aux pays européens », analyse Olivier Le Nezet.
D’une façon générale, le nombre de jeunes n’ayant jamais touché à ces produits a augmenté depuis 2008. C’est le cas de 32 % des adolescents pour le tabac (+ 2,7 points), de 58,5 % pour le cannabis (+ 0,7) et de 9 % pour l’alcool (+ 1,6). La proportion de ceux qui n’ont expérimenté aucun des trois grimpe aussi à 6,6 % (+ 1,5) mais reste faible.

La cocaïne reste marginale
Le président de la Mission interministérielle de la lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt) Étienne Apaire insiste sur la baisse des expérimentations. « C’était le premier objectif du plan gouvernemental 2008-2011 », se félicite-t-il. Selon lui, c’est le résultat des diverses campagnes de prévention menées ces dernières années, ainsi que de l’application des sanctions prévues par la loi. « 39 % des jeunes qui ne touchent pas à la drogue disent entre autres que c’est parce que c’est interdit », rappelle-t-il.
Du côté des produits moins utilisés, la baisse de la consommation de cocaïne est plus inattendue. Le nombre de jeunes gens ayant expérimenté cette drogue reste limité et passe de 3,3 % à 3 %, malgré la baisse du prix du gramme et une plus grande disponibilité du produit. Toutefois, nuance Olivier Le Nezet, « c’est un produit que l’on a tendance à expérimenter plus tard dans la vie ».
Quant aux poppers (vasodilatateurs euphorisants), dont l’expérimentation avait connu un net bond en 2008 (13,7 %), ils n’ont plus été testés que par 9 % des sondés en 2011. Ces produits ont été interdits à la vente depuis la dernière enquête Escapad en 2008.

Pauline Fréour Le Figaro.fr 08/12/2011
http://sante.lefigaro.fr/actualite/2011/12/08/16364-ados-fument-moins-cannabis-mais-plus-tabac

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- USA - L’exposition in utero au tabac et à la cocaïne laisse des traces cérébrales à l’adolescence

L’exposition prénatale à la cocaïne entraîne des troubles du comportement dans l’enfance et une diminution de volume de la matière grise et des structures sous corticales. Cette drogue provoque des perturbations de la circulation vasculaire cérébrale.
Ses effets sont néanmoins difficiles à étudier en raison de l’usage concomitant d’autres substances, surtout du tabac. La nicotine provoque elle-même une diminution de volume et de densité dans plusieurs aires cérébrales. Bien que les altérations de la substance grise soient les plus fréquemment rapportées dans les troubles du comportement, le circuit fronto-strial est également impliqué.
Peu de données sont disponibles sur l’effet de la cocaïne et du tabac sur l’intégrité de la substance blanche. L’IRM avec technique d’imagerie du tenseur de diffusion permet de mesurer le déplacement des molécules d’eau au sein des différentes structures en évaluant la position, l’orientation et l’anisotropie des faisceaux.
Une équipe de Providence (USA) a recruté de façon prospective deux groupes de 20 adolescents dont les mères avaient été suivies pendant la grossesse : un premier dont l’exposition à la cocaïne avant la naissance avait été confirmée par l’examen du méconium et un second groupe contrôle, non exposé, apparié au premier pour tous les paramètres pouvant interférer. Aucun des adolescents n’avait été exposé aux opiacés ou à la marijuana, ni n’avait d’autisme ou de retard mental. Dans le 1er groupe 15 des 20 adolescents avaient également été exposés au tabac et dans le second 8/20. Ces sujets ont été explorés entre 13 et 15 ans, en imagerie du tenseur de diffusion et évalués par l’échelle de recherche des sensations (Sensation Seeking Scale).
L’imagerie de tenseur de diffusion et l’analyse par région d’intérêt ont permis de mesurer 2 paramètres : l’anisotropie fractionnée (AF) et la diffusion moyenne (DM) dans 5 régions du corps calleux.
Aucune différence significative n’a été trouvée entre les adolescents exposés à la cocaïne et les non exposés, pour les mesures d’AF et de DM, dans chaque région du corps calleux, bien que le groupe exposé ait montré une tendance (P=0,06) à une anisotropie fractionnée plus élevée dans les projections de l’aire motrice supplémentaire et du cortex pré-moteur. L’exposition ante natale au tabac était associée à une diminution de l’anisotropie fractionnée dans les projections des mêmes régions, après ajustement pour les facteurs covariables appropriés (P=0,03). L’AF était en relation avec davantage de recherches de sensations chez ces adolescents.
En conclusion, le tabac affecte l’intégrité de la substance blanche, en relation avec la recherche de sensations. Des neurotoxines pourraient être en cause.

Liu J et coll. : Impact of prenatal exposure to cocaine and tobacco on diffusion tensor imaging and sensation seeking in adolescents. J Pediatr. 2011 ;159:771-5
Pr Jean-Jacques Baudon jim.fr 09/12/2011

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- France Canada - Cannabis et mémoire à court terme

C’est une réalité qui est désormais largement reconnue après avoir été longtemps rejetée : le cannabis altère les facultés cognitives. Ce que l’on sait moins en revanche, c’est la manière dont il exerce cet effet redoutable. Un travail franco-canadien a mis à jour l’importance de certains récepteurs neurologiques pour notre mémoire à court terme.
Les équipes de Giovanni Marsicano (Unité INSERM 862, Institut François Magendie de Bordeaux) et Xia Zhang de l’Université d’Ottawa au Canada, viennent en effet d’élucider le mécanisme par lequel les cannabinoïdes endommagent la mémoire dite « de travail ». Celle qui permet de réaliser des opérations aussi courantes que la réflexion, la lecture, l’écriture, le calcul...
Les auteurs ont étudié le rôle des récepteurs CB1, particulièrement abondants au niveau des terminaisons nerveuses du cerveau. Après des tests sur la souris, ils ont noté que les cannabinoïdes, une fois liés à ces récepteurs, diminuent l’efficacité de connexions entre neurones au niveau de l’hippocampe, une structure cérébrale essentielle aux fonctions de mémoire. C’est elle aussi, qui est affectée chez les victimes de la maladie d’Alzheimer.
Cette découverte met non seulement en lumière le rôle des récepteurs CB1, mais offre également une meilleure compréhension de l’effet du cannabis sur le cerveau. Certes, ses effets néfastes sont ainsi mieux expliqués, mais comme tout revers a sa médaille, « cela devrait permettre d’optimiser le potentiel thérapeutique des cannabinoïdes, aujourd’hui limité par d’importants effets indésirables associés à leur consommation », conclut Giovanni Marsicano.

Source : INSERM Interview de Giovanni Marsicano, 01/03/2012

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- France - L’OFDT publie Cocaïne, données essentielles

C’est une monographie consacrée au 2e produit illicite le plus consommé en France.
La place de la cocaïne en France a considérablement évolué au cours des 15 dernières années, rendant cette drogue (sous sa forme poudre ou sous celle du crack et du free base) incontournable dans le paysage des substances illicites et son observation, absolument indispensable. Alors que l’Europe, dans son ensemble, est devenue une cible privilégiée pour les producteurs et les trafiquants, le prix du produit a baissé, permettant sa diffusion bien au delà des couches sociales plutôt aisées qui le consommaient jusque là. Dans le même temps, la problématique sanitaire s’est faite plus prégnante et les représentations évoluent.
Chargé depuis 1993 de l’observation du phénomène des drogues en France, l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) analyse ces différents points dans un ouvrage collectif, réalisé par des spécialistes de diverses disciplines : épidémiologie, statistique, démographie, sociologie, médecine et économie. L’approche se veut rigoureuse et pédagogique, Cocaïne, données essentielles s’adressant au lecteur professionnel mais aussi au non spécialiste. Sept thématiques sont abordées et complétées par des annexes :
Présentation et histoire du produit
- Offre de cocaïne (géopolitique, trafics et chiffre d’affaires)
- Consommations (niveaux, évolution et géographie)
- Profil des consommateurs
- Enjeux sanitaires
- Cadre légal et réponses publiques
- Représentations et perceptions
Soucieux de remplir au mieux sa mission d’information auprès des pouvoirs publics, des professionnels, des acteurs de terrain et des citoyens, l’OFDT diffuse gracieusement cet ouvrage (comme il l’avait fait pour Cannabis, données essentielles en 2007). Celui-ci peut également être téléchargé depuis son site internet www.ofdt.fr.

Quelques faits et chiffres à propos de la cocaïne et du crack
- La cocaïne est issue des feuilles de cocaïer, un arbuste essentiellement présent en Bolivie, en Colombie et au Pérou. Après différentes transformations, on obtient le chlorhydrate de cocaïne (sous forme de poudre). Le crack ou free base correspond à une forme solide modifiée, après chauffage et adjonction d’un agent alcalin. La cocaïne et ses dérivés figurent sur la liste des stupéfiants fixée par les conventions internationales.
- La production annuelle mondiale de cocaïne est estimée à environ un millier de tonnes. Le marché européen est aujourd’hui quasi équivalent au marché américain. Le produit est acheminé en Europe via différents trajets dont une route africaine, en plein essor. Près de 11 tonnes de cocaïne ont été saisies en France en 2011, marquant une très forte hausse (50 % environ) par rapport à 2009 et 2010.
- 20 % et 30 % pour la poudre et entre 50 % et 70 % pour le crack. Différents adultérants (substances actives presque toujours médicamenteuses) et diluants (sucres) sont ajoutés au produit. Le prix moyen du gramme de cocaïne s’élève à 60 euros contre 80 euros en 2000.
- Le chiffre d’affaires de la cocaïne en France peut être évalué à environ 900 millions d’euros pour un volume de 15 tonnes d’une poudre dosée à 30 % (entre l’importation et la revente finale près de 9 tonnes de produits de coupe seraient ajoutés, ramenant le niveau de pureté de 70 % à 30 %). Le montant du CA de la cocaïne est proche de celui du cannabis estimé en 2007. Mais les volumes sont très différents, ceux du cannabis s’établissant à 200 tonnes, soit environ 13 fois plus. La rentabilité de la cocaïne serait un facteur explicatif de la reconversion de certains réseaux de trafiquants de cannabis sur le territoire.
- La loi du 31 décembre 1970 interdit la détention, l’achat et l’usage de stupéfiants en France. Les interpellations pour usage de cocaïne et de crack (4 679 personnes en 2010) ont quadruplé depuis 1995 et représentent 3,5 % du total des procédures pour usage simple (90 % pour le cannabis). Pour les catégories usage-revente et trafic, les interpellations cocaïne/crack (2 786) représentent 12,7 % de l’ensemble.
- L’usage de cocaïne dans l’année concerne 400 000 personnes en France tandis qu’au total on estime à 1,5 million le nombre d’expérimentateurs. Cette substance est donc 10 fois moins consommée que la 1re drogue illicite, le cannabis. Toutefois, entre 1992 et 2010, l’expérimentation de cocaïne des adultes a fortement augmenté, passant de 0,8 % à 3,8 % ; entre 2000 et 2010, l’usage dans l’année a progressé de 0,3 % à 0,9 %. L’Europe compte 4 millions d’usagers dans l’année et 14,5 millions d’expérimentateurs. La France se classe à un niveau intermédiaire, l’Espagne et le Royaume-Uni figurant parmi les pays de tête.
- Fréquemment polyconsommateurs, les usagers de cocaïne et de free base présentent des profils variés. Les plus insérés socialement, non repérés au plan judiciaire et ne sollicitant pas le système de soins, sont dits usagers cachés. Dans les centres de soins d’accompagnement et de prévention en addictologie, 17 % des personnes ont consommé de la cocaïne dans le mois.
La plupart étant avant tout des usagers d’opiacés, seuls 4,3 % citent la cocaïne comme produit leur posant le plus de problèmes. Dans les centres d’accueil et de réduction des risques pour les usagers de drogues, 40 % des personnes ont consommé de la cocaïne dans le mois. Les usagers les plus précaires sont souvent des crackers surtout présents en région parisienne et aux Antilles. En métropole leur nombre est estimé autour de 15 000 individus.
- Sans qu’il existe de seuil prédictif et alors que leur fréquence n’est pas mesurable en population générale, des répercussions sur la santé, consécutives à une consommation de cocaïne aiguë ou chronique, peuvent survenir. Les conséquences au plan physique peuvent être essentiellement d’ordre cardiaque, neurologique, pulmonaire, ORL et dermatologique.
Par ailleurs, les prévalences de troubles psychiques sont plus fortes chez les sujets traités pour leur dépendance. Enfin, on dénombre au minimum 30 décès chaque année par surdose impliquant la cocaïne (seule ou en association avec d’autres substances psychoactives).
- Il n’existe pas de traitements médicamenteux spécifiques à la cocaïne (qui soient comparables aux traitements de substitution aux opiacés pour les usagers d’héroïne). Des solutions pour réduire le craving (envie irrépressible de consommer) ont été testées. Par ailleurs, des chercheurs tentent de mettre au point un vaccin anti-cocaïne bloquant le passage de la substance au plan cérébral.
- Près de 9 Français sur 10 estiment que la cocaïne est dangereuse dès son expérimentation. Chez les consommateurs, quelques signes d’altération d’une image jusqu’ici plutôt valorisée apparaissent : ils sont sans doute dus aux conséquences sanitaires des usages sur le long terme, alors que le rapport qualité/prix du produit est jugé en dégradation.

Communiqué de presse OFDT 29/03/2012
Contact presse : Julie-Emilie Adès - 01 41 62 77 46 - julie-emilie.ades@ofdt.fr

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- Nouvelle Zélande - Cannabis et ados : QI jusqu’à -8 points

La parole est à la santé publique
C’est un tournant sur le sujet sensible qu’est le cannabis, la substance illicite la plus consommée dans le monde. Grâce à des études cliniques et épidémiologiques de qualité, publiées dans les meilleures revues scientifiques, les préoccupations sanitaires prennent désormais le pas sur le débat idéologique. La dernière en date, parue en ligne le 27 août dans les Comptes rendus de l’Académie américaine des sciences (PNAS), est particulièrement frappante.
Après avoir suivi un millier d’individus pendant vingt ans, des chercheurs néo-zélandais et anglo-saxons concluent qu’une consommation régulière et prolongée de cannabis, commencée à l’adolescence, peut entraîner une altération des performances intellectuelles. Avec une baisse du quotient intellectuel (QI) à l’âge adulte allant jusqu’à 8 points. Ce niveau est loin d’être anodin, insistent les auteurs de l’article. "Les personnes qui perdent 8 points de QI à l’adolescence ou dans la vingtaine peuvent être désavantagées par rapport à leurs pairs du même âge, dans la plupart des aspects importants de la vie et pour les années à venir", écrivent-ils. Et de rappeler que le QI est corrélé à de nombreux paramètres : accès à des études supérieures et à un bon emploi, performances au travail, niveau de revenus, mais aussi tendance à développer des maladies cardiaques ou un Alzheimer, risque de décès prématuré...
Sur le fond, les conclusions de l’étude néo-zélandaise ne sont pas vraiment surprenantes. Des atteintes cognitives - troubles de mémoire, de l’attention et de la concentration, manque de motivation - ont été décrites depuis longtemps chez les consommateurs de cannabis au long cours. Mais Madeline Meier et ses collègues enfoncent le clou sur la vulnérabilité du cerveau adolescent à cette drogue. Et la démonstration est d’autant plus crédible qu’elle s’appuie sur une méthodologie béton, et inédite. Jusque-là, les données provenaient surtout d’enquêtes rétrospectives comparant les performances intellectuelles de fumeurs de cannabis à celles de sujets témoins, non-consommateurs. Ici, les participants ont été enrôlés avant qu’ils ne goûtent au haschich, et ont été suivis régulièrement pendant deux décennies. Tous appartiennent à la cohorte dite de Dunedin (du nom de la ville néo-zélandaise où ils résident), qui étudie de façon prospective plusieurs aspects de la santé et du comportement de 1 037 individus, depuis leur naissance -en 1972-1973.
Pour ce volet cannabis, les volontaires ont été interrogés, de façon confidentielle, sur leur consommation et leur dépendance, à cinq reprises : à 18, 21, 26, 32 et 38 ans. Des tests neuropsychologiques ont été pratiqués à l’âge de 13 ans et 38 ans. Un déclin marqué du quotient intellectuel (jusqu’à 8 points entre les deux mesures) a été retrouvé chez ceux qui ont commencé leur expérimentation dans l’adolescence, et qui sont ensuite devenus des fumeurs réguliers - au moins quatre fois par semaine -, pendant une longue période. "L’altération était globale, portant sur les cinq domaines du fonctionnement neuropsychologique, et elle ne pouvait pas être expliquée par d’autres facteurs comme un moindre degré d’éducation ou l’usage d’alcool ou d’autres drogues", précisent les auteurs. Au-delà des tests, elle semble avoir eu un impact sur leur existence puisque les amis et membres de la famille de ces consommateurs réguliers initiés très tôt au cannabis ont remarqué chez leurs proches des troubles de mémoire et des pertes d’attention.
Autre point important, l’arrêt ou la réduction de la consommation de la drogue n’a pas restauré complètement les capacités intellectuelles. Une initiation plus tardive, à l’âge adulte, ne s’est en revanche pas accompagnée d’une baisse des performances aux tests de QI, soulignent Madeline Meier et ses collègues.
"Certains pensaient que les troubles de la mémoire et de l’attention disparaissaient à l’arrêt de la prise de cannabis. Cette étude montre que les perturbations sont peut-être irréversibles, et suffisamment importantes pour être gênantes dans la vie quotidienne", commente Philippe Arvers, médecin épidémiologiste et addictologue (Centre de recherche du service de santé des armées, Grenoble). "C’est un très beau travail, dont l’intérêt majeur est dans la démonstration de l’interaction du cannabis avec le développement cérébral, renchérit le professeur Mickaël Naassila, directeur du Groupe de recherche sur l’alcool et les pharmacodépendances (Inserm, Amiens). Cela renforce l’idée qu’il faut retarder le début de la rencontre avec cette drogue."
Dans cette cohorte néo-zélandaise, le sous-groupe des sujets les plus vulnérables aux effets du cannabis sur le QI (début précoce, usage régulier et prolongé de la drogue) correspond à un effectif modeste : une quarantaine de personnes, soit 5 % de la population étudiée, note de son côté Jean-Luc Martinot, pédopsychiatre et directeur de recherche à l’Inserm (unité imagerie et psychiatrie - www.u1000.idf.inserm.fr ; CEA, universités Paris-Sud et Paris-Descartes). "Cet élément incite à la prudence dans l’interprétation des résultats, tout comme le fait que seuls des comportements ont été mesurés. Il n’y a pas eu d’analyses objectives au niveau cérébral, en imagerie par exemple", insiste le chercheur français.
Analyser les cerveaux d’une cohorte d’adolescents en IRM anatomique et fonctionnelle, c’est justement ce qu’est en train de faire Jean-Luc Martinot, dans le cadre d’un projet européen, dont le but est de rechercher des liens entre les facteurs biologiques et d’environnement qui influencent la santé mentale et les addictions des jeunes.
Terra incognita avant l’an 2000, le cerveau des adolescents commence seulement à livrer quelques secrets sur son développement. "On sait maintenant, grâce aux examens d’imagerie, que la maturation cérébrale normale s’accompagne d’une diminution de l’épaisseur de la substance grise, qui correspond à une sélection des circuits neuronaux contrôlant les régions sous-corticales, explique Jean-Luc Martinot. Cette perte de volume commence dans la partie postérieure du cerveau, siège de fonctions sensorielles, puis elle gagne les régions antérieures, qui contrôlent l’impulsivité, les émotions, les interactions sociales... Il y a aussi des modifications au niveau de la substance blanche, avec un renforcement de la connectivité entre les neurones." Pour ce spécialiste, l’adolescence est une période sensible : "Les facteurs environnementaux, affectifs ou toxiques comme les drogues, ont des interactions encore méconnues avec les stades de maturation du cerveau."
Selon Mickaël Naassila, ce processus dure jusqu’à environ 20-25 ans, mais le cerveau adulte garde ensuite une certaine plasticité, avec formation en permanence de nouveaux neurones. Que se passe-t-il quand cet organe en plein remaniement rencontre des substances addictives ? Ont-elles toutes les mêmes effets ? Certains sont-ils prédisposés plus que d’autres à sombrer dans une addiction ?
"Le seul produit réellement neurotoxique est l’alcool, qui attaque directement les membranes des cellules cérébrales, précise le psychiatre Michel Reynaud, chef du département de psychiatrie et d’addictologie à l’hôpital universitaire Paul-Brousse, et coauteur de Addiction au cannabis (Médecine-Sciences Flammarion, 2009). Le tabac, le cannabis, l’héroïne et les autres drogues ont en commun de perturber le fonctionnement de récepteurs qui modulent la transmission dopaminergique. Ils agissent ainsi sur les voies de la récompense, de la gestion des émotions, de la motivation..." Un mode d’action qui, selon l’addictologue, explique la particulière vulnérabilité à ces produits dans l’adolescence.
Les dégâts de l’alcool sur le jeune cerveau sont les mieux connus, grâce à des expériences sur des modèles animaux et des études cliniques. Il a ainsi été établi que l’alcoolisation précoce, sous forme de "bitures express" (binge drinking des Anglo-saxons), entraîne des lésions anatomiques, et notamment une réduction du volume de l’hippocampe, une petite structure qui a un rôle majeur dans l’apprentissage et les processus de mémorisation. Mickaël Naassila, qui étudie le cerveau de centaines d’étudiants en collaboration avec une équipe britannique, s’attend aussi à trouver chez les binge drinkers une hyperactivité dans les noyaux amygdaliens - impliqués dans les émotions - et un retard de maturation cérébrale.
Quid du cannabis ? "Des études chez des consommateurs adultes ont permis de détecter des déficits anatomiques de régions contribuant aux émotions et à la mémoire (hippocampe, amygdale), indique Jean-Luc Martinot. Nos propres travaux, chez des adultes dépendants au cannabis et au tabac, ont mis en évidence une baisse de 20 % des transporteurs de la dopamine. C’est presque de l’ordre de ce que l’on peut voir dans des maladies neurologiques. Chez l’adolescent, on manque encore de données, y compris sur le développement normal." L’étude européenne en cours devrait permettre d’en savoir plus.

D’après Sandrine Cabut LE MONDE 11/09/2012
http://www.lemonde.fr/sciences/article/2012/09/06/le-qi-en-fumee_1756723_1650684.html

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