Grande Bretagne - Le propriétaire de Lucky Strike tente d’acheter Camel (21/10/2016)


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- Le propriétaire de Lucky Strike tente d’acheter Camel

Le propriétaire de Lucky Strike a annoncé vendredi qu’il mettait 47 milliards de dollars sur la table pour prendre le contrôle de Camel et d’autres marques aux États-Unis afin d’y concurrencer directement le fabricant des Marlboro.
Le cigarettier britannique British American Tobacco (BAT) a expliqué qu’il voulait acheter, via du cash et un échange d’actions, les 57,8 % des parts qu’il ne possède pas encore dans Reynolds American, dont il tient déjà 42,2 % du capital.
Si elle va à son terme, cette opération serait la plus importante consolidation dans le secteur depuis le rachat par le même Reynolds de son compatriote et concurrent Lorillard l’année dernière pour 27 milliards de dollars.
Le propriétaire des marques Dunhill, Lucky Strike, Kent et Rothmans (entre autres) a présenté jeudi soir cette proposition au conseil d’administration de Reynolds (marque Camel et Newport, entre autres), a expliqué un porte-parole de BAT à l’AFP.
La loi américaine l’oblige dès lors à rendre publique son intention, ce qu’il a fait en publiant un communiqué à la Bourse de Londres vendredi matin.
Le porte-parole a précisé que cette proposition était « amicale et informelle » et que les discussions en détail allaient maintenant s’ouvrir entre les dirigeants des deux entreprises.
Pour BAT, l’objectif consiste à mettre le pied aux États-Unis. Avec ses marques historiques Camel et Pall-Mall, Reynolds y est le numéro deux derrière Altria qui commercialise les fameuses Marlboro.
Malgré quelques difficultés, le marché américain reste le deuxième plus important au monde derrière le marché chinois, dominé par le mastodonte d’État China National Tobacco Corporation (CNTC).
D’après l’Organisation mondiale de la santé, le tabac tue chaque année près de 6 millions de personnes, et la moitié des fumeurs finissent par en mourir.
BAT a souligné que cette acquisition consoliderait sa place déjà importante dans les marchés émergents, où la consommation de tabac est en forte croissance, en Amérique du Sud, Afrique, Moyen-Orient et Asie, ainsi que dans les « principaux marchés des pays développés ».
Le porte-parole du groupe a précisé que ses ventes étaient partagées pour environ moitié dans les pays émergents et moitié dans les pays développés.
Le groupe britannique a aussi mis en avant qu’il serait un des leaders dans le domaine de l’e-cigarette. BAT vend notamment sa cigarette électronique Vype au Royaume-Uni, où elle l’a lancée en 2013, ainsi qu’en France entre autres.

Vers de nouvelles consolidations ?
Si la transaction va à son terme, BAT deviendrait la première entreprise cotée de tabac du monde en termes de chiffre d’affaires et de bénéfice opérationnel. En termes de nombre de cigarettes vendues, elle consoliderait sa troisième place mondiale, derrière CNTC et Philip Morris International qui vend notamment les Marlboro en dehors des États-Unis ainsi que les L&M et les Chesterfield.
BAT offre 56,50 dollars par action Reynolds - 24,13 dollars en cash et 32,37 dollars avec ses propres actions. L’offre représente une prime de 20 % par rapport à la valeur du titre Reynolds à la clôture de la Bourse de New York jeudi. Reynolds est valorisée ainsi à hauteur de 93 milliards de dollars.
Shane MacGuill, expert chez Euromonitor International, a jugé que l’opération « faisait sens car elle donnera à BAT l’accès au marché américain - très lucratif mais protégé par de hautes barrières » commerciales.
Reynolds, numéro deux du marché américain, a acquis l’an passé le numéro trois, Lorillard (cigarettes mentholées Newport). Il s’est posé ainsi en concurrent plus redoutable d’Altria et de ses Marlboro.
L’annonce de vendredi « présage une nouvelle période de consolidation dans l’industrie mondiale du tabac dans les années à venir, avec la réunification de Philip Morris International et Altria, avec au final peut-être deux acteurs majeurs du tabac mondial », a estimé Shane MacGuill.
La transaction devra toutefois franchir de nombreux obstacles, dont la validation des actionnaires des deux groupes, et celle des autorités de régulation.

Justin Sullivan AFP 21/10/2016

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