France - 9 idées fausses dissuadent d’arrêter le tabagisme (01/12/2016)


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- 9 idées fausses dissuadent d’arrêter le tabagisme

Des idées tenaces qui peuvent freiner les fumeurs indécis.
1. En réduisant ma consommation de cigarettes quotidienne, je réduis les risques pour ma santé
Il n’existe pas de seuil au-dessous duquel le risque de cancer du poumon ou de maladies cardiovasculaires est nul. Selon une étude publiée en 2005 dans la revue Tobacco Control, fumer entre 1 et 4 cigarettes par jour est ainsi associé à un risque 3 fois plus élevé de mourir d’un infarctus. Vis-à-vis de ce risque, il n’y a donc pas de « petit » ou de « gros » fumeur. De plus, le tabagisme multiplie par au moins 10 à 25 le risque de développer un cancer du poumon par rapport à un non-fumeur. L’objectif est donc d’arrêter le plus tôt possible, quelle que soit la quantité quotidienne de tabac consommée.

2. Cela ne sert à rien d’arrêter de fumer puisque l’air pollué que je respire est aussi dangereux
Selon une étude publiée en 2005, les microparticules de l’air - qui proviennent en grande partie de la combustion du carburant, du gaz naturel et du charbon - sont à l’origine d’environ 5 % des morts par cancer de la trachée et cancer du poumon. Le tabagisme reste de loin le principal facteur de risque : selon le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer), il est responsable de 8 cancers sur 10 chez l’homme et de 7 cancers sur 10 chez la femme.
Au total, 80 à 85 % des cas de cancer du poumon seraient attribuables au tabac. D’autres facteurs de risque sont connus, tels que l’exposition professionnelle à l’amiante, au radon (mines d’uranium), l’arsenic, le nickel, le chrome, les goudrons... À noter que les risques de présenter un jour un cancer du poumon suite à une exposition à l’amiante sont 50 fois plus importants si la personne est fumeuse.

3. J’ai 50 ans, il est trop tard pour arrêter de fumer
En 2015 en France, l’espérance de vie à la naissance s’élevait à 85 ans pour les femmes et à 78,9 ans pour les hommes (Insee). Or seulement un an après avoir écrasé sa dernière cigarette, le risque d’infarctus diminue de moitié et celui d’avoir un AVC rejoint celui d’un non-fumeur. Après 5 ans sans fumer, le risque de cancer du poumon diminue quasiment de moitié.
Les bénéfices du sevrage tabagique s’observent quel que soit l’âge auquel on arrête de fumer et quelle que soit la quantité de cigarettes fumées. Il n’est donc jamais trop tard pour arrêter, même si on a fumé beaucoup et longtemps.

4. Les cigarettes ‘light’ sont moins nocives
Dans les cigarettes dites « légères », un filtre composé de micro-perforations est supposé diluer la fumée en laissant passer davantage d’air. Le but escompté est l’inhalation d’une quantité moins importante de substances toxiques. Mais avec ses lèvres et ses doigts, le fumeur bouche les perforations. De plus, les cigarettes light contiennent autant de nicotine que les cigarettes classiques. Alors qu’ils pensent fumer des cigarettes allégées en nicotine, les fumeurs ont tendance à garder la fumée plus longtemps dans les poumons et à fumer davantage pour atteindre la même quantité de nicotine qu’avec une cigarette classique.
En septembre 2003, les appellations « light », « légères » ou « mild » ont été interdites mais leur part n’a que très peu diminué depuis. Alors qu’elles représentaient 30 % des cigarettes vendues en 2005, ce taux était de 27,5 % en 2009. Une imprégnation des consommateurs due à 20 ans de présence en rayon.

5. Le tabac à rouler est plus ‘naturel’ que les cigarettes industrielles
Environ 24 % des fumeurs utilisent du tabac à rouler. Il est en particulier préféré des jeunes en raison de son coût plus bas. Le prix moyen, papier compris, se situe environ à 4,10 € pour 20 cigarettes roulées contre 6 € pour 20 cigarettes manufacturées. D’autres consomment du tabac à rouler parce qu’ils le considèrent comme moins toxique. Or la dangerosité du tabac à rouler réside dans sa combustion : non seulement il contient plus de nicotine et de goudron mais « le tabac, moins bien tassé, brûle mal ; les cigarettes roulées s’éteignent plus facilement, mais la combustion se fait à une température plus basse, engendrant une fumée plus toxique », souligne l’un des bulletins santé de l’association Droits des Non-Fumeurs (DNF).
Le papier joue également un rôle important (composition, grammage, porosité, additifs) puisque celui-ci influe sur la combustibilité et la toxicité. Enfin, la manière de fumer une cigarette roulée est différente : l’inhalation est plus profonde et plus longue, et elle se fait en plus de bouffées qu’une cigarette manufacturée.
Globalement, les conséquences sur la santé sont semblables à celles des cigarettes classiques. Cependant, les fumeurs de tabac à rouler sont exposés à des concentrations d’oxydants, de radicaux libres et de carcinogènes provoquant un stress oxydatif plus élevé qu’avec les cigarettes manufacturées, selon une étude publiée dans la revue Mutation Research en 2011.

6. La cigarette électronique est aussi dangereuse que le tabac
Aujourd’hui, les connaissances scientifiques ne permettent pas d’établir formellement la dangerosité de la cigarette électronique. Cependant, dans son avis 2016, le Haut Conseil de la Santé publique indiquait que les cigarettes électroniques pouvaient être considérées comme un outil d’aide au sevrage tabagique. Contrairement au tabac, consommé par combustion, la vapeur des liquides d’e-cigarette ne contient ni monoxyde de carbone, principal agent responsable des maladies cardiovasculaires, ni goudron, ni hydrocarbure cancérigène responsables des divers cancers liés au tabagisme. On peut parfois retrouver des traces de substances cancérigènes (comme les nitrosamines) à des concentrations inférieures à celles de l’air intérieur. Un fumeur devenant utilisateur exclusif de cigarette électronique diminue son risque de développer des maladies imputables au tabagisme. Cela n’exclue pas que d’autres risques liés à l’usage de l’e-cigarette soient identifiés dans les années à venir.

7. Faire du sport compense les risques liés au tabagisme
En 2000, 60 % des fumeurs interrogés dans le cadre d’une étude française pensaient que le sport protégeait leur corps des dangers de la cigarette. Pourtant, il n’en est rien. Le tabagisme affecte notamment le système respiratoire et le système cardio-vasculaire, mais aussi les muscles. Au passage de la fumée, les agents irritants, comme l’acétone, attaquent les muqueuses respiratoires. Les goudrons, avec leur myriade de substances cancérigènes, ont quant à eux un effet toxique sur les tissus et les muqueuses. Cette combinaison enflamme les bronches et provoque la toux.
À ces effets s’ajoutent les effets de la nicotine. À chaque inhalation, cette molécule entraîne une contraction des voies respiratoires, ce qui diminue la capacité respiratoire. De plus, le monoxyde de carbone entraîne une « asphyxie » des muscles, des poumons et du cœur, qui ne peuvent alors pas supporter d’exercice physique intense. Les muscles souffrant d’un manque d’oxygène, les crampes et les douleurs deviennent plus fréquentes, tandis que la récupération à l’effort devient plus difficile. Enfin, le risque de thrombose est augmenté.

8. Les risques liés à la cigarette ne touchent que les seniors
En 2012, l’âge moyen au diagnostic du cancer du poumon était de 66 ans chez l’homme et 65 ans chez la femme. Mais il peut aussi frapper les personnes plus jeunes. Dès la vingtaine, des cancers liés au tabagisme peuvent se déclarer, et le risque augmente avec l’âge. En France, 34 % des décès qui surviennent chez les hommes âgés de 36 à 69 ans sont attribuables au tabagisme, et 4 % pour les femmes.

9. Le tabagisme rapporte plus d’argent à l’État qu’il n’en coûte à l’Assurance-Maladie
En 2013, la publication des comptes de la sécurité sociale indiquait que l’État français avait, cette année-là, perçu 11,2 milliards d’euros grâce aux taxes sur les cigarettes. Cependant, un rapport réalisé en 2015 par l’économiste Pierre Kopp pour l’Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies (OFDT), indique que le coût social du tabac atteint 122 milliards d’euros chaque année. La facture finale s’élève donc à 111 milliards d’euros pour la société.

Il vaut mieux arrêter tout d’un coup que petit à petit
C’est ce que montrent les résultats d’une étude publiée en mars 2016 par des chercheurs de l’université d’Oxford (Angleterre) dans la revue Annals of Internal Medicine. 697 fumeurs ont été répartis en deux groupes : ceux supposés arrêter de fumer de façon brutale, et ceux disposant de 2 semaines pour réduire leur consommation avant d’arrêter définitivement. Au bout de 4 semaines, 39 % des fumeurs du groupe « arrêt progressif » avaient arrêté de fumer. Après 6 mois, ils n’étaient plus que 15,5 %. Les patients du groupe « arrêt brutal » étaient 49 % puis 22 % après respectivement 4 semaines et 6 mois.
Néanmoins, des chercheurs du réseau Cochrane ont réalisé une analyse de 10 études comparant les taux de sevrage de ces 2 méthodes. Aucune d’entre elles n’a montré une efficacité supérieure. Il revient donc au fumeur de choisir l’une d’elle, accompagnée ou non de substituts nicotiniques.

D’après Cécile Thibert Le Figaro 01/12/2016

http://sante.lefigaro.fr/article/tabac-ces-9-idees-fausses-qui-vous-dissuadent-d-arreter?een=b7c7903f4ace21c067d3e3e55a1103a6&m_i=DR9yESOVOdj0W4BIPAFcjkW2yp_nd5QyPHVqnISoYoWja3zi4HCJeBO_A2Pvol1NKxSYPmY_O9Yg_ySD7lXLn5goCljU7Q9DDx&seen=6#xtor=EPR-300-[actualites]-20161130


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