France - Comment le coaching aide à arrêter de fumer (15/09/2015)


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- Comment le coaching aide à arrêter de fumer

Qui dit rentrée, dit bonnes résolutions. Peut-être est-ce le bon moment pour vous d’éteindre votre dernière cigarette ? Justement, le ministère de la Santé lance son application mobile pour arrêter de fumer. Une bonne idée ? Éclairage de Philippe Guichenez, tabacologue.

Selon le dernier Baromètre santé, 59,5% des fumeurs quotidiens ont envie d’arrêter de fumer. Mais de l’envie au passage à l’acte, le processus peut être long et complexe. Et si décider d’arrêter de fumer n’est pas chose facile, il faut ensuite gérer l’après : les hésitations, les tentations, mais aussi les rechutes, inévitables.
Une aide personnalisée, de type "coaching" peut donc être intéressante pour être encouragé dans cette démarche, mais aussi soutenu dans les moments de doute. Ainsi, consulter un tabacologue augmente les chances de réussite. Et pour cause : ce spécialiste du sevrage tabagique propose une prise en charge globale lors de consultations individuelles et personnalisées, associant substituts nicotiniques, médicaments et soutien psychologique. Autre solution : Tabac Info Service et ses conseils dispensés par des spécialistes du tabac par téléphone. Un service décliné depuis peu en version "mobile" via une application pour smartphone. Des outils statistiques pour visualiser le temps écoulé depuis la dernière cigarette fumée, des jeux où l’on valide les progrès réalisés sur le plan de la santé ou encore des conseils pratiques de professionnels de santé pour résister à l’envie soudaine de fumer... Telles sont les possibilités offertes par ces nouveaux coachs virtuels.
Tabacologue, conseil par téléphone ou via une application mobile... L’idée est toujours la même : proposer un service s’apparentant à du coaching personnalisé.
« Coach par téléphone ou médecin en direct lors d’une consultation de tabacologie, l’objectif est d’assurer au fumeur un meilleur suivi », affirme le Dr Philippe Guichenez, pneumologue-tabacologue au centre de tabacologie de l’hôpital de Béziers, avant de rappeler que seuls 10 % de ceux qui arrêtent seuls, y parviennent réellement au bout d’un an. Avec l’aide d’un tabacologue, ils sont 25 %.

Évaluer sa motivation
Pour augmenter les chances de réussite, il est nécessaire de commencer par une bonne évaluation de ses capacités à arrêter de fumer, rappelle le tabacologue. « Le fumeur est-il au "stade de contemplation", c’est à dire qu’il se pose encore des questions et hésite en permanence entre l’envie d’arrêter et le plaisir qu’il a à fumer ? Ou au contraire, est-il passé au "stade de décision", donc prêt à s’engager dans le sevrage ? » Autrement dit, est-ce vraiment le bon moment pour arrêter ? Pour le savoir, il existe des tests, que l’on peut faire avec un spécialiste du tabac mais également accessibles via les applications de coaching, qui visent à évaluer la motivation, mais aussi le niveau d’anxiété. « C’est très important que le fumeur puisse évaluer ses craintes et se situer par rapport à son envie d’arrêter de fumer, car souvent il n’a pas confiance en lui et en ses capacités à tenir l’objectif », poursuit le tabacologue. Dans l’idéal, c’est encore mieux si le fumeur peut réaliser une mesure du monoxyde de carbone (CO) dans l’air expiré qui témoigne de l’intensité de l’inhalation. « Elle varie beaucoup d’un fumeur à l’autre, mais sans être le reflet de la quantité de tabac fumé. Certaines personnes fument peu mais ont un taux élevé en CO. Et vice versa. Aussi, le fait de connaître cette valeur a une importance non négligeable dans la motivation des fumeurs à arrêter de fumer », précise le Dr Guichenez.

Bénéficier d’un soutien personnalisé
Cet aspect est évidemment crucial lors d’une prise en charge spécialisée avec un tabacologue. La première consultation est ainsi déterminante pour bien évaluer la motivation du fumeur, mais aussi pour lui proposer une aide personnalisée, qui maximisera ses chances de sevrage réussi. « Certains fument beaucoup, certains depuis longtemps, d’autres ont des personnalités anxieuses ou stressées, d’autres encore ont des pathologies associées, comme la BPCO », décrit Philippe Guichenez. Résultat, dans chaque cas, la réponse médicamenteuse à leur proposer ne sera pas la même, ni même les besoins en terme de soutien psychologique. Une thérapie comportementale peut être indiquée pour aider le fumeur à gérer les situations automatisées, par exemple l’envie de fumer en présence de collègues de travail. « Par ailleurs, "selon les profils, on propose un arrêt brutal ou une réduction progressive de la consommation, notamment pour les fumeurs anxieux, qui ne se sentent pas capables d’arrêter de fumer ».
Une fois la feuille de route posée, cette notion de suivi personnalisé demeure indispensable. Aussi, les applications d’aide au sevrage proposent des aides et soutiens affinés selon le profil du fumeur, sa progression, mais aussi ses besoins quotidiens. Elles aident par exemple à comptabiliser les jours sans tabac, les cigarettes non fumées ou encore les économies réalisées. L’application développée par Tabac Info Service propose en particulier un onglet "trophées" en fonction des progrès réalisés. L’onglet "passe-temps" propose quant à lui des petits jeux pour combler les envies soudaines de cigarette. « Dans ma pratique, je propose un accompagnement personnalisé en complément d’une aide médicamenteuse, généralement sur une durée d’un an, explique Philippe Guichenez. Pendant cette période, les patients peuvent me contacter par mail ou par téléphone dès qu’ils en ressentent le besoin. De mon côté, je m’efforce d’être disponible, à l’écoute et le plus chaleureux possible. Cette alliance thérapeutique est indispensable ! ».
Prendre son temps. N’imaginez pas que vous allez arrêter plus vite avec un service de type coaching. L’idée est au contraire, de proposer un suivi étalé dans le temps. « Je dis souvent à mes patients qu’arrêter de fumer n’est pas un sprint, mais une course de fond ! ». En outre, ce soutien sur la durée aide à relativiser les craintes et angoisses à l’idée de craquer à nouveau. Mais aussi à gérer les rechutes, qui sont « la règle et non l’exception », selon le tabacologue. Le fait d’en parler, de connaître les causes (prise de poids, stress, dépression, moments de convivialité...) aide les fumeurs à mieux les gérer. Savoir qu’il faut en moyenne quatre rechutes avant d’arrêter de fumer, aussi.

D’après Anne Xaillé JournalDesFemmes.com 15/09/2015
http://sante.journaldesfemmes.com/addictions-psychiatrie/1364724-appli-telephone-tabacologue-comment-le-coaching-aide-a-arreter-de-fumer/


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