- France - « On ne sait quasiment rien » sur l’e-cigarette (29/05/2013)


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- « On ne sait quasiment rien » sur l’e-cigarette

De nombreuses ambigüités entourent la cigarette électronique qu’un groupe d’experts a préconisé mardi de mieux encadrer en France. Au Luxembourg, elle n’inquiète pas, du moins pour l’instant. Pourtant son impact sur la santé à long terme est encore inconnu. C’est ce qu’explique, le Dr Claude Guillaumin, responsable de l’unité de tabacologie du CHU d’Angers.

Pourquoi est-ce un produit ambigu ?
On peut se demander si c’est un produit de sevrage ou un produit de fumage. C’est incontestablement une grande réussite industrielle, avec quelques 150 magasins franchisés à travers la France. Cela signifie qu’il y a une vraie demande, mais je m’interroge sur les raisons qui amènent les consommateurs à utiliser ces cigarettes. Je crains qu’il s’agisse pour les industriels d’un outil pour promouvoir une nouvelle façon de fumer, d’autant qu’il s’agit pour l’instant d’un produit très peu contrôlé et que l’industrie du tabac a toujours rêvé d’inventer un nouveau produit. Si en revanche c’est un produit de sevrage, il s’agit d’un médicament et il paraît très surprenant de voir qu’on le propose à la population sans que son efficacité ou son innocuité ait pu être démontrées par des études scientifiques.

Que sait-on des effets de la cigarette électronique sur la santé ?
On ne sait quasiment rien. Alors que le tabac est utilisé depuis 500 ans, il a fallu attendre les années 50 pour découvrir les dangers du tabagisme. Il existe, de surcroît, différents types de cigarettes électroniques dont on ne connaît pas toujours précisément la composition. Les produits utilisés (généralement du propylène de glycol ou du glycérol, des arômes et de la nicotine) sont chauffés, donc transformés avant d’être inhalés. Et si une utilisation à court terme ne semble pas poser de problème, personne ne sait ce qu’il en sera si la personne fume des cigarettes électroniques pendant 20 ans. Les études sur la toxicité sont aujourd’hui quasiment inexistantes et les observations risquent de se faire in vivo.

Que pensez-vous des recommandations du rapport du groupe d’experts dirigés par le Pr Bertrand Dautzenberg ?
Les mesures vont dans le bon sens, même si je me suis posé la question du moratoire de l’interdiction. Dans mon hôpital, j’ai rencontré des patients qui ont arrêté de fumer grâce à l’e-cigarette mais il n’est pas certain que cette dernière permette de gérer les fluctuations émotionnelles aussi efficacement que la cigarette classique. Il est en tout état de cause important d’interdire de vapoter dans les lieux publics. Je ne peux pas imaginer que l’e-cigarette puisse être utilisée dans un couloir d’hôpital, à côté d’une bouteille à oxygène, cela risque de brouiller le message et de devenir un sujet de contestation ou de polémique. Je pense qu’il faut la traiter comme la cigarette. L’interdiction aux mineurs me paraît plus discutable, elle risque d’avoir l’effet inverse sur des adolescents.

L’essentiel Online/AFP 29/05/2013
http://www.lessentiel.lu/fr/lifestyle/bien_etre/story/On-ne-sait-quasiment-rien-sur-l-e-cigarette-18101260


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