France - Dangers du tabac pendant la grossesse (23/09/2006)


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- Dangers du tabac pendant la grossesse

Encore beaucoup de femmes enceintes à convaincre !
Les femmes qui fument pendant leur grossesse sont encore nombreuses, comme le montre une enquête de la Communauté périnatale de l’agglomération versaillaise auprès d’un millier d’entre elles. Sans compter celles qui sont victimes du tabagisme passif. Il faut les convaincre de l’intérêt du sevrage et de l’aide qu’on peut leur apporter pour ce faire : le délai d’action est court mais le bénéfice pour le fœtus immédiat.
LA COMMUNAUTÉ périnatale de l’agglomération versaillaise (CPAV), que préside le Dr Maurice Toledano, est une association loi 1901 qui s’est donnée pour objectifs d’améliorer la qualité du suivi des femmes enceintes et d’harmoniser les pratiques médicales. Pour mieux prendre en compte les besoins et les attentes des femmes, elle réalise des enquêtes de terrain. Après s’être penchée sur les attentes en matière de suivi périnatal (« le Quotidien » du 10 février), la CPAV a décidé de s’attaquer au tabagisme pendant la grossesse, dont les dégâts sont connus ou devraient l’être (risque de prématurité multiplié par trois, risque de retard de croissance intra-utérin augmenté, hypoxie chronique, pathologies ORL accrue, risque de mort subite du nourrisson multiplié par quatre).
Avant de proposer des actions concrètes, il fallait évaluer la situation. Cela a été fait par questionnaire proposé aux femmes venues consulter dans les quatre maternités partenaires et chez les praticiens et les sages-femmes exerçant en libéral. Au total, 1 006 femmes ont répondu, soit 30 % des grossesses du bassin de vie pendant la période de l’enquête (un semestre), dont les résultats seront présentés officiellement le 28 septembre*.
Les chiffres ne sont pas différents de ceux obtenus dans de nombreuses autres études : 14 % des femmes fument durant leur grossesse ; 42,3 % des femmes interrogées étaient d’anciennes fumeuses (5,8 % avaient arrêté en vue de leur grossesse et 15 % au début de leur grossesse) et 27 % d’entre elles ont connu des rechutes. A cette proportion, il faut ajouter les 19 % de non-fumeuses qui sont victimes de tabagisme passif.
D’autres résultats sont non moins intéressants dans l’optique d’interventions futures : les 14 % de femmes enceintes qui fument ont à 60 % un conjoint qui fume également et à 17 % une atmosphère de travail tabagique. On peut ainsi définir une population à haut risque, celle des femmes doublement exposées, qui représentent 15,7 % des fumeuses et 2,2 % de la population globale.
Les maris aussi. L’enquête conduit aussi à distinguer deux groupes de fumeuses : celles à forte consommation (plus de dix cigarettes par jour) et qui cherchent de l’aide pour le sevrage ; et celles qui fument au maximum dix cigarettes par jour et qui pensent ne pas avoir besoin d’aide. Le fait que 84 % des femmes enceintes qui fument aient réduit leur consommation – souvent sans aide – montre qu’il y a une prise de conscience du danger, mais aussi qu’elles pensent pouvoir lutter seules contre le syndrome de manque. La fumeuse enceinte élabore vis-à-vis de son entourage un discours de réduction de sa consommation pour valider son comportement tabagique, commente en substance le Dr Toledano, sans comprendre qu’elle s’intoxique tout autant.
Pour le président de la CPAV, comme pour ses confrères, seul l’arrêt total du tabac pendant la grossesse est efficace – avec un bénéfice immédiat puisque se faisant sentir sur le fœtus dès les premières vingt-quatre heures de sevrage. Mais il faut en convaincre les femmes. Et les convaincre qu’une aide au sevrage efficace et durable peut leur être apportée. Dès que possible, il faut la proposer : dès la première rencontre avec la femme enceinte, qu’il s’agisse de la déclaration de grossesse, de l’inscription en maternité ou d’une consultation pour des pathologies non liées à la grossesse. Il faut aussi « éduquer les maris », première source de tabagisme passif et, aux dires des femmes qui ont recommencé à fumer après un arrêt, raison majeure de leur rechute.
Le CPAV va passer aux actes, avec des ateliers de sevrage. Une innovation, puisque le sevrage se fait habituellement en consultation individuelle.
Dans les ateliers collectifs (un par semaine et par maternité), les fumeuses partageront leurs expériences et bénéficieront de la dynamique du groupe. Rendez-vous dans un an pour l’évaluation de l’expérience.

Renée Carton
Article transmis par Geneviève Sajus (F-93) 23/09/2006


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