France - Les bars à oxygène (24/04/2008)


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- Les bars à oxygène

Beaucoup de vent pour rien...
Depuis un mois, le bar à oxygène proposé au chic institut Bleu comme Bleu, tout près des Champs-Elysées, vante les mérites du « premier shoot légal ». Dix minutes de bonheur à 10 euros. Le bar à oxygène, dernière trouvaille des lieux de bien-être, suscite de la part des médecins, comme du public, au mieux curiosité, sinon scepticisme. Sans qu’un risque ait pu être identifié.

Un « shoot légal » à 10 euros les 10 minutes (dr)
Ça ressemble à un narguilé, sauf qu’à la place du tabac c’est de l’« oxygène surenrichi » qui est inhalé. Le foyer du narguilé est remplacé par un concentrateur qui extrait l’oxygène, contenu normalement à 20 % dans l’air ambiant, et le concentre à 95 % (en rejetant à part l’azote et les autres composants de l’air). « Cet O² qui sort du concentrateur est d’aussi bonne qualité que celui qui est habituellement contenu dans les bouteilles d’O² (soumises, elles, à une AMM, car vendues dans le commerce pour toutes les applications de l’oxygénothérapie) », assure un document du distributeur de l’Oxybar en France. « Il faut savoir, précise encore le document, que l’usage récréatif de l’O² médical en bouteilles n’est pas autorisé en France (notamment les fameuses canettes munies d’un masque permettant une inhalation directe d’un O² prétendument pur). L’O² du bar à oxygène traverse, lui, un flacon barboteur humidificateur pour se charger des arômes dégagés par les huiles essentielles naturelles garanties sans effet allergisant ou irritant qui constituent la base de nos cocktails ».
D’après Oxybar toujours, l’oxygène est concentré à 95 % (+/– 3 % de pureté) grâce à « une technologie utilisée par la NASA, le système PSA (Pressure Swing Adsorption) qui utilise des tamis moléculaires spéciaux pour séparer l’air en ses divers constituants ».
Depuis quelques années, des bars à oxygène ont fleuri dans les « lieux de bien-être » de Saint-Tropez et éclosent à l’occasion de soirées de la Côte d’Azur. On en trouve aussi dans certains casinos (Deauville, Enghien…). Au début de l’année, un bar à oxygène proposant le « premier shoot légal » a ouvert dans un salon de beauté de la capitale (voir ci-dessous).
Une reconversion pour les bars à narguilé ? Le Dr Béatrice Le Maître (de l’Unité de coordination de tabacologie du CHU Côte-de-Nacre, à Caen) a testé le bar à oxygène qui est installé dans le casino de Deauville. « Sur le plan médical, je reste assez sceptique. Je pense que c’est simplement un gadget, mis en valeur par une jolie lumière tamisée. Des petits embouts jetables sont distribués, donc c’est correct au point de vue hygiénique. J’ai l’impression que les gens n’en font qu’un usage ponctuel, dans une ambiance festive... Ils ne restent pas branchés une heure dessus. Les huiles essentielles ont de toute façon une certaine efficacité... et c’est toujours mieux que de boire de l’alcool, respirer un air enfumé ou se shooter à autre chose ! » Le risque allergique n’est cependant pas totalement écarté. « On ne contrôle pas trop les colorants qui sont des produits chimiques ».
Les bars à narguilé, contraints de fermer leurs portes depuis l’interdiction de fumer dans les lieux publics, pourraient être tentés par une reconversion... à l’oxygène. « A la limite, le narguilé à oxygène me semblerait plus dangereux. On peut imaginer que le matériel choisi serait le moins cher possible, utilisé par plusieurs personnes, sans contrôle ».
Rien ne laisse penser cependant pour le moment que l’Oxybar suscite les passions. « Chaque fois que j’ai mis les pieds à Deauville, je n’ai jamais vu personne au bar à oxygène », témoigne le Dr Le Maître.
Certainement pas celle, en tout cas, du Pr Albert Hirsch, vice-président de la Ligue nationale contre le cancer, qui se dit « ni pour ni contre ». « Pour moi, cela reste du domaine de la convivialité. Même si cette arrière-pensée selon laquelle cet appareil aurait un intérêt pour la santé me dérange tout de même, car l’oxygène, c’est la vie. Moins on en parle, mieux ce sera ». Taisons-nous, donc.

Audrey Bussière Le Quotidien du Médecin 24/04/2008
Transmis par le Dr Geneviève Sajus (F 93)


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