France - Le gouvernement a cédé au lobby du tabac (19/02/2015)


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- Le gouvernement a cédé au lobby du tabac

Interview
Pour la députée PS de la Gironde et cancérologue, l’adoption d’un nouveau mode de calcul de la taxe du tabac résulte de la pression des cigarettiers et des buralistes.
Lefigaro Avec ce nouveau mode de calcul de la taxe du tabac, le gouvernement a-t-il cédé aux lobbys ?
Michèle Delaunay. - Oui, clairement, le gouvernement a cédé au lobby du tabac. Les buralistes ont exercé une forte pression. Lors des débats, les députés de droite comme de gauche utilisaient les éléments de langage que nous envoient les buralistes. Tout y était, à la virgule près : le soi-disant risque de contrebande, la « mort » des buralistes, notamment les transfrontaliers. C’est Bercy qui a voulu cet amendement mais ce n’est pas de sa seule initiative. Matignon et l’Élysée étaient derrière.

Quel est le poids des buralistes aujourd’hui en France  ?
Ce sont 28 000 personnes qui travaillent souvent en couple mais leur poids est très surestimé. Les politiques les considèrent comme très dangereux en raison du nombre de clients, environ un million, qui passent chaque jour dans leurs bureaux de tabac. N’oublions pas que le tabac est vendu par les buralistes au nom de l’État. Les parlementaires les craignent, à tort : si, dans les villages, ils sont peut-être encore des leaders d’opinion, ce n’est plus le cas dans les grandes villes. Leur hantise est cette pétition de 2013 qui avait recueilli 4 millions de signatures. Derrière les buralistes, il y a bien sûr les cigarettiers. Plus les premiers font du chiffre, plus les seconds les récompensent via des primes. Leur capacité de nuisance est énorme : les bénéfices les plus importants sont faits chez les buralistes situés à proximité des établissements scolaires, collèges et lycées. Ce qui veut dire que les buralistes vendent du tabac aux mineurs. Enfin, la Cour des comptes soulignait, dans son rapport annuel de 2013, que « le montant total du soutien, toutes aides confondues, s’est élevé à 2,6 milliards d’euros entre le 1er janvier 2004 et fin 2011, soit en moyenne un peu plus de 300 millions d’euros par an ».

Où en est la mise en place des class actions en France ?
Rappelons d’abord que le tabac, véritable hécatombe sanitaire, tue chaque année en France 73 000 personnes, dont 44 000 par cancer. Les familles de ces 73 000 morts devraient pouvoir se retourner contre les fabricants et les vendeurs pour mise à disposition d’une arme de mort. Nous travaillons pour caler juridiquement cette question dans le cadre de la loi santé. Nous avons une porte d’entrée avec le danger de l’addiction qui n’est mentionné nulle part. Les class actions mettraient peut-être fin à la banalisation de la consommation du tabac.

Anne Jouan - lefigaro.fr 19/02/2015
http://sante.lefigaro.fr/actualite/2015/02/19/23415-michele-delaunay-gouvernement-cede-lobby-tabac


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